Paris n'oublie jamais

Chapitre 5 : Chapitre 4

Par lolaxx08

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Marinette soupira et tenta à plusieurs reprises de fermer sa ceinture, sans succès.

— Allez, on se calme, Marinette. Tout va bien se passer.

Luka, assis à côté d’elle, l’aida à boucler sa ceinture alors que l’avion commençait sa descente.

— Merci… mais ça, on ne le sait pas.

— On ne sait pas quoi ?

— Si tout va bien se passer. Normalement, c’est maman qui vient nous chercher à l’aéroport, et il y a toujours beaucoup de monde. Et si je croisais quelqu’un que je connais…

— Marinette, respire. Si tu croises quelqu’un que tu connais, cache-toi derrière moi. Et puis, tu sais, je pense que les gens seront ravis de te revoir.

— Habituellement, j’adore ton attitude positive, mais là, j’ai juste envie de hurler.

Il sourit avant de reprendre :

— Qu’est-ce que tu voudrais ?

— Ne pas remettre un pied à Paris… Enfin, pas comme ça.

— Marinette…

— Oui, je sais. Je ne peux pas fuir la capitale de la mode si je veux devenir styliste.

— J’aurais plutôt dit que tu ne pouvais pas rester loin de ta famille pour toujours, mais ta proposition fonctionne aussi.

La phrase arracha un sourire à Marinette. Elle regarda ensuite par le hublot et vit le sol se rapprocher dangereusement. Malgré toutes les choses qu’elle était capable de faire en tant que Ladybug, elle n’aimait pas prendre l’avion.

Et pourtant, elle avait déjà été dans l’espace.

Enfin, presque.

L’avion atterrit sans problème. Alors qu’ils descendaient et récupéraient leurs bagages, Luka observa Marinette. Il ne craignait pas vraiment que quelqu’un puisse la reconnaître. La jeune adolescente qu’ils avaient connue avait disparu.

Elle avait grandi, bien plus qu’il ne l’aurait imaginé. Ses traits s’étaient affinés. Elle n’avait plus la silhouette svelte et encore adolescente d’autrefois, mais une allure élancée, plus adulte et plus féminine.  Même ses vêtements, sa démarche et jusqu’à sa coiffure ne rappelaient plus vraiment la Marinette qu’ils avaient connue.

Elle lissa entre ses doigts la tresse qu’elle avait ramenée sur le côté. Ses cheveux noirs étaient désormais traversés d’une longue mèche rouge, devenue sa signature de styliste. Elle tira sa valise du tapis roulant, puis s’arrêta pour regarder son ami.

— Tu n’as pas de bagage enregistré, Luka ?

Il reprit ses esprits et sourit.

— Non, je ne reste pas longtemps. Mon sac à dos me suffit amplement.

Elle lui sourit et ils prirent la direction de la sortie.

— Tu as bien de la chance. Depuis que je travaille, je ne sais plus me contenter d’une seule valise.

— Et tu n’as même pas encore dévoilé ta véritable identité. Tu sais, je ne comprends toujours pas comment tu as fait, ces dernières années. Entre tes études, tous ces concours de stylisme, tes emplois à mi-temps et Ladybug, à Paris comme à New York…

Marinette sourit sans répondre, mais Luka voyait la fatigue dans son regard. Il savait qu’elle s’était plongée dans le travail et dans son rôle de Ladybug pour oublier ce qui s’était passé avant son départ.

Avant qu’il puisse ajouter quoi que ce soit, ils aperçurent Sabine et Juleka en pleine discussion. Sabine releva la tête, sourit et leur fit un grand signe de la main. Marinette accéléra aussitôt le pas et se jeta presque dans les bras de sa mère.

— Mamounette !

— Ma chérie, tu es magnifique !

Luka sourit avant d’enlacer Juleka à son tour. Sa sœur avait peu changé, même si elle avait grandi et portait désormais les cheveux plus courts, sans chercher à cacher son visage. Avec les années, elle était devenue nettement moins timide. Elle était maintenant infirmière.

— Luka, je suis contente de te revoir.

— Moi aussi, petite sœur…

Marinette et sa mère finirent par se séparer. Juleka et elle échangèrent alors un regard gêné.

— Je suis contente de te revoir aussi, Marinette. Tu as beaucoup changé.

Marinette trifouilla sa tresse avant de répondre :

— Toi aussi, Juleka. Luka ne m’avait pas dit que tu viendrais.

— J’ai changé mes horaires. Je sais qu’il ne restera pas longtemps. Et je te promets que je ne dirai rien à personne… même pas à Adrien.

Le cœur de Marinette se serra et elle détourna le regard.

— Oh… merci. Adrien est encore à Paris ?

— Oui. De manière générale, tous nos… enfin, tout le groupe est encore plus ou moins dans le coin. Je crois même qu’Ivan travaille ici, à la sécurité de l’aéroport.

— Oh… je vois. Eh bien, comme le dit l’expression, le monde est petit.

Luka intervint alors :

— Et le travail, ça se passe bien, Juleka ?

Sa sœur se désintéressa presque aussitôt de Marinette pour parler de son travail. Elle semblait véritablement passionnée. Ils en profitèrent pour se diriger vers le parking où la voiture de ses parents était garée.

— Enfin… je suis désolée, j’ai un peu monopolisé la conversation, finit par dire Juleka.

— Non, pas du tout. Tu es tellement passionnée par ton travail, Juleka, je trouve ça admirable. Marinette aussi parle toujours du sien avec autant de passion et, pour l’arrêter… je crois que rien ne pourrait fonctionner. déclara Sabine avec un grand sourire. 

Elle  aida Marinette à mettre sa valise dans le coffre.

— Tu travailles aussi, Marinette ?

— Oui… J’ai dû faire pas mal de petits boulots pour payer mes études.

— Oh, et maintenant, tu fais quoi ?

Marinette tenta de sourire, mais Luka répondit à sa place :

— Malheureusement, elle ne peut pas encore te le dire, Juleka. Elle a signé un accord avec son nouveau patron à Paris.

Marinette lui lança un regard reconnaissant. Juleka hocha la tête.

— Tu as décidé de revenir à Paris, alors ? C’est une bonne nouvelle. Tu nous… Tu manquais tellement à tes parents.

— Oui. Enfin, ce ne sera pas toute l’année, mais j’y passerai une bonne partie de mon temps.

Tout le monde s’installa dans la voiture, et Sabine prit la route en direction de la boulangerie familiale. Marinette avait à peine franchi la porte qu’elle fut soulevée de terre et écrasée contre son père.

— Ma petite chouquette ! Je suis tellement content que tu sois revenue !

— Moi aussi, Papounet, mais j’aimerais pouvoir respirer…

Tom la relâcha aussitôt en s’excusant, avant de retourner derrière les vitrines et d’en sortir une boîte de macarons.

— J’ai préparé plein de bonnes choses pour toi. Et ceux-là sont spécialement pour toi.

Marinette regarda la boîte remplie de macarons rouges et noirs, puis sourit.

— Merci, Papounet.

Elle en prit un pour le goûter et ferma les yeux de bonheur en découvrant sa saveur.

— Oh… les bonnes pâtisseries m’avaient tellement manqué. Ils sont vraiment nuls pour ça, en Amérique.

Elle avait à peine terminé sa phrase qu’elle se retrouva de nouveau prisonnière d’une étreinte intense de la part de son père.

— Ma petite chouquette ! Je suis tellement heureux qu’ils te plaisent !

Sabine posa une main sur l’épaule de son mari.

— Tom, pose notre fille par terre. Elle doit être épuisée avec le décalage horaire et le trajet en avion.

Tom la reposa aussitôt et reprit :

— Oui, tu as raison. Je vais monter ta valise dans ta chambre !

Il attrapa la grosse valise et partit trop rapidement pour que Marinette puisse le retenir. Luka sourit avant de reprendre :

— Bon, on se voit demain, Marinette ? Je vais passer un peu de temps avec Juleka et ma mère.

Elle hocha la tête.

— Merci de m’avoir accompagnée, Luka.

— Si tu as besoin, n’hésite pas.

Elle le salua alors qu’il s’éloignait avec Juleka dans la rue, puis entreprit de monter dans son ancienne chambre.

Rien n’avait changé depuis son départ. Quelques affaires avaient été déplacées, surtout lorsque sa mère venait y faire le ménage, mais la pièce semblait être restée figée cinq ans en arrière. Marinette observa les différentes photos accrochées aux murs, puis les détacha rapidement avant de les ranger dans le premier tiroir qu’elle trouva.

Sa mère monta au même moment avec une tasse de thé chaud. Elle remarqua aussitôt les photos retirées.

— Marinette… si tu veux, on peut entièrement refaire ta chambre.

Marinette s’assit sur le rebord de la fenêtre et accepta la tasse.

— Je ne sais pas, maman… Je ne sais même pas si je vais rester ici. J’ai assez d’argent de côté pour louer un appartement.

Sabine sourit, mais Marinette remarqua immédiatement son regard déçu.

— Mais ça peut attendre quelques mois, ajouta-t-elle. Le temps qu’on se retrouve tous les trois.

— Tu sais, Marinette, il y a un peu plus de cinq ans, quand tu nous as tout raconté, nous étions très inquiets. Ça a été très difficile pour nous de te laisser partir sans même savoir où tu allais.

— Mamounette…

— Bien sûr, tu as toujours tenu ta promesse de nous donner régulièrement de tes nouvelles. Mais, pour ton père, ça a été difficile de perdre sa petite fille.

— Je pense comprendre, mais je ne pouvais plus rester à Paris. C’était trop… beaucoup trop difficile.

— Je sais, ma chérie. C’est pour ça que nous t’avons laissée partir. Alors reste un peu à la maison, s’il te plaît. On peut acheter de nouveaux meubles, repeindre ta chambre et faire tout ce que tu veux pour qu’elle redevienne la tienne.

Marinette regarda autour d’elle avant de répondre :

— Oui, d’accord. Mais je paie. Je veux bien un coup de main pour monter les meubles, repeindre et décorer, par contre.

Sa mère sourit et déposa un baiser sur son front.

— Tu es devenue tellement grande, ma chérie. Essaie de te reposer un peu avant le dîner. Ta grand-mère va venir. Elle a hâte de te revoir.

— Elle est venue à New York il y a un mois.

— Tu la connais.

Sabine se releva et quitta la pièce, laissant Marinette seule dans sa chambre. La dernière fois qu’elle s’y était retrouvée, elle avait pris la décision fatidique de partir.

Elle s’allongea sur son lit et entendit la petite voix de Tikki.

— Marinette ? Tu vas bien ?

— Cette chambre me paraît tellement petite, maintenant…

— C’est parce que tu as grandi.

— Sûrement… Enfin, ne plus faire les allers-retours en Cosmobug me fera du bien aussi.

Elle se retourna dans son lit, puis finit par sortir sur la petite terrasse. La vue avait un peu changé, devenant plus verte. La maire avait fait un travail formidable. Marinette s’appuya sur la rambarde et profita de la brise fraîche.

— On m’a dit que tu étais de retour, mais je ne pensais pas que c’était vrai.

Elle sursauta et fut surprise de découvrir Chat Noir sur le toit, en train de la regarder. Marinette rougit et chercha ses mots. Elle ne savait pas vraiment quoi lui dire. Leur relation était devenue difficile lorsqu’elle portait le costume de Ladybug, mais elle ne lui avait pas parlé directement en tant que Marinette depuis cinq ans non plus.

— Chat Noir… tu patrouillais ?

— On peut dire ça. Tu as grandi.

— On ne peut pas rester éternellement une adolescente… Pourquoi ai-je l’honneur de te voir ?

— J’ai appris que tu étais partie. Je voulais savoir si tu allais bien.

— Oui, je vais bien, répondit-elle aussitôt en le regardant dans les yeux.

Il descendit sur la terrasse. Lui aussi avait grandi et la dépassait maintenant de quelques centimètres.

— Je n’ai pas vraiment l’impression que tu sois sincère.

— Si, je vais bien. Tu sais, je ne comprends pas vraiment pourquoi tu es là. Nous n’étions pas si proches que ça avant mon départ.

— J’ai toujours aimé secourir les demoiselles en détresse. Et encore plus celles qui osent me porter secours quand j’en ai besoin.

Le cœur de Marinette se serra. Est-ce que Chat Noir avait découvert sa véritable identité ?

Il sourit avant de reprendre :

— Ne fais pas cette tête-là. Je parle du nombre de fois où tu t’es mise en danger pour me laisser le temps de respirer. Tu sais, pour quelqu’un de « normal », c’est assez extraordinaire de faire ce genre de choses.

— Oh, oui… Enfin, je ne réfléchissais pas vraiment à ma sécurité dans ces moments-là. J’étais un peu inconsciente.

— J’aurais dit courageuse, mais inconsciente, ça me va aussi.

Elle rougit avant de reprendre :

— Enfin… je vais très bien. Alors merci d’être passé prendre de mes nouvelles.

Elle lui sourit, et il hocha la tête.

— De rien. Je voulais juste voir de mes propres yeux que tu étais revenue.

— Donc, tu ne patrouillais pas ! reprit-elle, faussement vexée, en esquissant un sourire.

Elle crut le voir rougir.

— Bien sûr que si ! Mais j’ai entendu ton nom pendant ma patrouille, alors je voulais vérifier. Enfin… je dois y aller ! À plus, Marinette !

Elle le regarda partir, s’élevant grâce à son bâton avant de disparaître en sautant de toit en toit. Un sourire resta un instant sur ses lèvres.

Elle aurait tant aimé que Ladybug et Chat Noir retrouvent cette complicité.






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