Katsuki x OC: Flamme et Marée

Chapitre 3 : Pluie

962 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 05/02/2026 00:34

La pluie tombait sans relâche sur le campus, ses gouttes martelant le toit de l'infirmerie et la laissant avec une sensation de calme presque surnaturel. Emi inspira profondément, savourant l'odeur humide de la terre et du béton mouillé. Pour elle, la pluie n'était jamais un obstacle, mais un moment suspendu où tout semblait plus pur, plus simple.


Assise à son bureau, elle rangeait du matériel, observant à travers la fenêtre les élèves de la 2-A s'entraîner sous le ciel gris. Les éclats de voix, les chocs des coups et les cris se mêlaient au roulement de l'averse, formant une étrange symphonie.


Puis, Shoto Todoroki entra. Il avait l'air légèrement trempé, un sourire discret accroché aux lèvres.


— Je... me suis un peu... blessé, dit-il, comme si c'était un secret.


Emi releva les yeux, un peu surprise. Elle connaissait Shoto de vue, mais se retrouver seule avec lui la mettait dans un état étrange. Son cœur battait un peu plus vite. Elle observa ses traits parfaits sous la pluie, ses cheveux encore humides collés à sa nuque, et sentit une curiosité mêlée d'admiration s'installer. Il est vraiment beau... et calme, mais il y a quelque chose dans son regard... je dois rester professionnelle... mais c'est difficile... pensa-t-elle.


— Montre-moi, dit-elle avec douceur, en s'approchant de lui.


Shoto retira doucement son pull, laissant apparaître une éraflure sur son bras. Emi posa ses mains au-dessus de la blessure, laissant l'eau glisser entre ses doigts. Elle sentait sa magie réagir, comme toujours, illuminant légèrement sa paume.


— Hmm... c'est... ça soulage la douleur, murmura Shoto, les yeux fixés sur l'eau qui ondulait sous ses doigts.


Il ne semblait pas se contenter de la douleur physique.


— Si je te donne un exemple... dit-il après un moment, je veux savoir... est-ce que ton Alter pourrait aider quelqu'un à apaiser des mauvais souvenirs ou une douleur qui reste dans le cœur ?


Emi rougit légèrement. Elle n'avait jamais réfléchi à cette utilisation. Ses mains tremblaient un peu, mais elle répondit calmement :

— Je... je pense que oui. Peut-être. Je ne peux pas être sûre, mais... si je ressens la peine ou la peur de quelqu'un, je pourrais peut-être l'aider à se sentir plus léger.


Shoto hocha la tête, les yeux plissés, comme s'il pesait chaque mot.


— Et si quelqu'un avait du mal à dormir à cause de ce qu'il a vécu ? Ou qu'il revit sans cesse un mauvais souvenir... tu penses que ça pourrait l'apaiser ?


Emi inspira profondément, essayant d'imaginer la douleur invisible que la magie ne pouvait toucher directement.

— Je crois que oui... je pourrais au moins aider à calmer l'esprit. Mais ce n'est pas facile... ça demande beaucoup de concentration, murmura-t-elle.


Shoto esquissa un léger sourire, presque imperceptible, qui fit battre le cœur d'Emi un peu plus vite. Elle sentit la chaleur monter à ses joues, gênée de se laisser affecter par sa simple présence. Pourquoi est-ce que je me sens si... fascinée par lui ? Je dois rester concentrée...


Le silence s'installa un instant, uniquement troublé par le roulement de la pluie et le léger souffle de leurs respirations.


— Merci, dit Shoto enfin, en retirant doucement son bras guéri. Je voulais juste comprendre... ton Alter est... spécial.


Emi hocha la tête, le regard baissé, les mains encore légèrement humides. Elle se sentait à la fois honorée et nerveuse, touchée par son intérêt mais consciente de sa timidité maladive.


La pluie continuait de tomber, créant un rideau argenté autour d'eux. Quand Shoto se retourna pour partir, leurs regards se croisèrent une dernière fois, et Emi sentit un frisson parcourir son dos.


Elle se surprit à sourire, à la fois heureuse et confuse.


La poignée tourna brusquement sans le moindre coup frappé.


La porte s'ouvrit avec un claquement sec.


— Tch. Y a quelqu'un ?

Bakugo entra comme une déflagration mal polie. Il s'arrêta net en voyant Shoto assis sur le lit d'examen, bras encore humide des reflets aqueux de l'Alter d'Emi.

Son regard passa de l'un à l'autre. Trop vite. Trop attentif.


— Bakugo ? dit Emi, surprise. Tu es blessé aussi ?


En réalité, cela faisait plusieurs minutes qu'il attendait de l'autre côté de la porte. Assez pour entendre la conversation. Assez pour trouver ça louche. Todoroki qui parle. Todoroki qui questionne. Todoroki qui s'intéresse à quelqu'un.


Bizarre.


— Ouais. Rien de grave, grogna-t-il. J'me suis ouvert pendant l'entraînement.


Shoto observa la scène en silence, devinant très bien que cette visite n'avait rien d'un hasard.


— Assieds-toi, dit Emi doucement. Je regarde ça.


Elle s'approcha. Même geste. Même calme. Même attention. L'eau quitta la bouteille pour se lover entre ses doigts comme un ruban vivant. La lumière bleutée glissa sur la peau de Katsuki.


Il fronça les sourcils.


La douleur disparut presque instantanément.


Mais ce n'était pas ça qui le perturbait.


C'était la sensation. Cette douceur tranquille. Cette présence qui n'essayait pas de l'impressionner, pas de le calmer, pas de le juger. Juste... là.


Pourquoi ça fait du bien, ça ?

Qu'est-ce qu'elle me fait celle-là?


— Voilà, dit Emi avec un petit sourire. C'est refermé.

Il retira son bras trop vite.


— Ouais. Merci.


Ton brusque. Oreilles légèrement rouges. Il se leva déjà.


— Bakugo, lança Shoto d'une voix neutre, tu saignais pas il y a cinq minutes.


— Ferme-la.

Il sortit aussitôt. Porte ouverte. Porte claquée.


Silence.


Emi cligna des yeux.

— J'ai dit quelque chose de mal ?


— Non, répondit Shoto. Pas du tout.


Mais son regard, lui, brillait d'un amusement discret.

Laisser un commentaire ?