Danse avec moi, loin de cet enfer || Le choix de Toya Todoroki

Chapitre 11 : C'est un secret ~

3400 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 31/05/2026 13:10

La journée du lendemain s'annonce aussi belle que les précédentes. Occupé à sa patrouille matinale, Hawks flâne dans les rues calmes de Musutafu en compagnie d'Anis, l'acolyte avec qui il effectue généralement ses rondes. Souriant, il prend le temps de saluer les civils ravis de les croiser, d'apprécier le soleil, de se vider l'esprit autant que possible. Il ressent un besoin désespéré de faire une pause et de retrouver un peu d'insouciance. Surtout après la nuit qu'il vient de passer, seul dans son petit appartement, à se morfondre en imaginant les pires scénarios catastrophes. Un comble, d'ailleurs, pour lui dont l'optimisme est habituellement intarissable et quasiment légendaire.

Des tas de pensées parasites l'ont tourmenté jusqu'au sommeil. Et si j'avais pris une mauvaise décision ? Que se serait-il passé si je n'avais pas ramené Yumei au Front ? Est-ce que j'ai bien fait de contacter Aizawa à la place de la Commission ?

Résultat, il est si épuisé par cette seconde nuit presque blanche qu'il ressent une réelle nécessité de déconnecter de sa mission d'infiltration. Et puis de toute façon... il ne peut rien changer, ni rien faire de plus pour le moment. Alors, autant se concentrer pleinement sur son travail.


Malheureusement pour lui, il y est ramené de force au détour d'une rue commerçante. À sa grande surprise, il croise le professeur de UA qu'il essayait tant bien que mal de chasser de son esprit. Ce dernier, adossé à la façade d'une boutique, semble avoir prévu son arrivée. Rien de plus facile pour celui avec qui il établit chaque semaine les itinéraires de patrouille de leurs deux agences.

Bon... la pause sera pour un autre jour, donc.


« Tiens ? Ce ne serait pas ce bon vieux Aizawa !

— Essaie de t'abstenir avec des adjectifs comme "vieux", blanc-bec. »

Hawks ne peut s'empêcher de pouffer de rire. Il fait signe à Anis de continuer sans lui et qu'il la rattrapera après avoir salué son collègue.

« Quel bon vent t'amène ? Je suppose que tu n'as pas bravé la foule pour chiller au soleil en pleine rue animée.

— J'ai repensé à notre discussion hier... Et j'ai eu envie de te recommander un livre.

— Un livre ? »


Aizawa sort alors un petit bouquin illustré de la poche arrière de son pantalon. Il le tend au héros ailé, le regard plein de sous-entendus. Hawks s'en empare et inspecte la couverture.

« "Tout pour une relation saine"... ?

— Tu m'as fait un peu peur hier, à t'emballer autant pour cette fille. Alors j'ai pensé qu'un livre sur la gestion de couple te serait utile. »

Le jeune homme ne peut s'empêcher de se demander s'il possédait déjà cet ouvrage dans sa bibliothèque, mais il n'ose pas lui poser la question. Il ouvre le livre pour le feuilleter rapidement, et s'arrête quelques secondes quand il remarque une feuille de papier pliée en deux entre les pages. Bingo : son collègue n'avait pas chômé cette nuit.

« Eh bien, merci ! Je suis sûr que ce bouquin contient plein de bons conseils ! J'espère que tu n'as pas passé la nuit à faire des recherches et à lire des avis pour le choisir... ?

— Mmh. Tu sais que je ne fais jamais les choses à moitié.

— Ah ah, oui je le sais... »


Hawks sent une pointe de culpabilité titiller son cœur, mais il fait tout pour garder l'air le plus souriant possible. Décidément, Aizawa est vraiment un homme en or et un héros formidable.

« Je vais devoir retourner à ma patrouille. Merci encore pour le livre !

— Hawks ? »

Le jeune homme ailé, qui était déjà prêt à partir, se retourne vers son collègue.

« Je me suis investi dans ton histoire amoureuse, alors je compte sur toi pour me tenir au courant de l'évolution de votre relation. Maintenant que tu m'as pris comme confident, je ne te lâcherai pas.

— Bien sûr ! Je ne savais pas que tu étais friand des ragots, senpai !

— Il y a plein de choses que tu ne sais pas sur moi... »

Hawks n'a aucune idée de ce qu'il doit comprendre de cette dernière phrase. Face à l'air aussi sérieux du professeur, il n'ose pas rebondir dessus.

« Eh bien... Passe une bonne journée ! À la prochaine. »

Et il décolle aussitôt, impatient de boucler son travail pour pouvoir retourner au Front en fin d'après-midi.



* * *



Le premier jour d'installation de Yumei au Manoir s'était terminé sans autre incident majeur. Après un peu de repos bien mérité, elle avait retrouvé Twice et Himiko (ou plutôt, ceux-ci l'avaient réveillée au milieu de sa sieste) et ils avaient continué ensemble la visite des lieux. Le soir, elle avait eu l'occasion de souper en compagnie de presque tous les membres de l'ancienne Alliance des Super-Vilains encore en liberté. Seuls Tomura Shigaraki et Dabi manquaient à l'appel.

Le brûlant criminel n'avait pas refait surface depuis leur confrontation quelques heures auparavant. Mr. Compress, que Yumei avait rencontré pour la première fois pendant le repas, leur avait appris qu'il se comportait étrangement et qu'il avait l'air encore plus solitaire et frustré que d'habitude. Bien entendu, aucun des nouveaux camarades de la jeune femme n'était au courant de la dispute qui avait éclaté entre eux un peu plus tôt, et elle avait jugé plus prudent de faire comme si elle ignorait autant la situation qu'eux.

Mais elle s'inquiétait, elle aussi. Elle ne savait que trop bien l'effet que ses visions pouvaient avoir sur le mental, surtout quand la personne concernée n'était pas préparée à l'expérience au préalable. Et elle se sentait véritablement coupable de lui causer autant de soucis.


Le soir, elle était retournée se coucher dans la chambre de Hawks. On lui avait assuré qu'on lui préparerait sa pièce personnelle pour le lendemain, qui était actuellement un bureau inutilisé. Mais ça ne lui déplaisait pas de retourner dormir dans les quartiers de l'homme-oiseau, au contraire. Elle s'était habituée à cette petite pièce sobre et familière. Et puis, elle avait un besoin crucial de se sentir en sécurité pour le moment, et se réfugier dans les draps du héros lui donnait naïvement l'impression d'être protégée à distance par ce dernier.


Le lendemain, elle avait passé la matinée à flâner dans la résidence. Découvrir les habitudes des lieux, constituer ses repères, et prendre un peu de temps pour réfléchir à son changement de vie. Elle ne pouvait pas toujours traîner avec les membres de l'ex-Alliance, qui avaient tous « beaucoup de travail » comme ils le lui avaient expliqué, mais elle avait réussi à manger en tête-à-tête avec Spinner qui lui avait posé beaucoup de questions sur son ancien job. Ça lui avait fait du bien d'être honnête avec lui : après cette discussion, il semblait commencer à se détendre un peu plus en sa compagnie.


À présent, on venait de lui indiquer que sa nouvelle chambre était prête à l'accueillir. Alors qu'elle était en train de refaire le lit du héros ailé et de récupérer ses maigres effets personnels, celui-ci s'annonce en toquant à la porte, puis entre avec un visage rayonnant.

« Hé, Yumei ! Ça fait un bail !

— Hawks ! »

L'ancienne journaliste se tourne vers lui, un sourire sincère étirant ses lèvres. Parmi ses nouveaux amis, le héros reste la personne avec qui elle se sent la plus à l'aise pour le moment et sa présence la ravit toujours autant. Elle remarque qu'il entre dans la pièce avec un grand sac bien rempli. Curieuse, elle enchaîne :

« Comment était ta journée ?

— Excellente ! Même si je n'avais qu'une envie, c'était qu'elle passe plus vite pour pouvoir te revoir. »


Les joues de la jeune femme s'empourprent alors qu'il lâche un petit rire gêné. Il s'empresse de changer de sujet, soulevant son paquet pour le lui tendre.

« Comme promis, je t'ai amené des vêtements. Je ne connais pas tes goûts, alors j'ai pensé confort avant tout... »

Elle inspecte le contenu du sac, éberluée.

« Tu... tu as acheté tout ça pour moi ?! Je suis confuse ! Je ne peux même pas te rembourser...

— T'inquiète. Tu n'as qu'à te dire que ce sont ceux qui essaient actuellement de t'arrêter qui te les payent, comme ça tu culpabiliseras moins. »

Il souligne sa remarque d'un petit clin d'œil espiègle.

« D'accord... Oh là là, je ne sais pas où me mettre... mais merci beaucoup, Hawks.

— Je n'attends rien en retour. Ne t'en fais pas. »


Il marque une légère pause, lâchant un petit soupir.

« Et toi, ta journée ?

— Ça a été. J'ai rencontré Mr. Compress hier soir. Les membres de l'ancienne Alliance sont très soudés, c'est surprenant... et plutôt agréable en même temps. Et on m'a attribué une chambre, je m'apprêtais justement à m'y installer.

— Et Dabi ? Il ne t'a plus embêtée ?

— Non. Je ne l'ai pas revu depuis hier... »

Hawks acquiesce, visiblement soulagé. Il reprend ensuite, sortant un petit livre de la poche de sa veste de héros.

« Ah, je voulais te prêter ça aussi ! »

Yumei s'empare du bouquin, étonnée, et tombe des nues en lisant l'intitulé de la couverture. Elle ne comprend pas du tout pourquoi le héros lui ferait une aussi mauvaise blague.

« Un... un livre de développement personnel pour son couple... ?

— Oui, alors... je ne sais pas trop si ça te plaira. Mais ouvre-le, il y a une double page à l'intérieur qui sera particulièrement intéressante pour toi, je crois. Je suis curieux que tu me dises ce que tu en penses. »


Elle s'exécute, en proie à une grande confusion. Elle comprend rapidement à quelle double page il fait référence. Au milieu du livre se trouve un bout de papier plié en deux comportant un texte manuscrit, calé dans la tranche. Elle tourne le livre à 90 degrés pour parvenir à lire l'écriture en pattes-de-mouche de son propriétaire.


> Yumei Sasaki, 24 ans, Japonaise. Journaliste chez Juzo News.

>

> Nièce du défunt Mirai Sasaki, alias Sir Nighteye (fille unique de son frère).

>

> Rien à signaler sur ses parents ou le reste de sa famille.

>

> Fiancée à Kugo Nobuhisa, un employé de bureau qui ne semble rien présenter de suspect. Ce dernier a cependant commis quelques délits avant d'atteindre sa majorité : bagarres de rues et un vol en magasin.

>

> Alter enregistré légalement : Troisième Œil. Peut prédire l'avenir d'une personne qui touche l'œil sur son front, avec 24h entre deux utilisations. Les visions, par nombre de 5 à 8, se dévoilent comme un caillou qui ricoche sur l'eau : d'abord très nettes puis de plus en plus diffuses. Elle est également capable de prédire des futurs alternatifs si on le lui demande. Ses visions ne sont donc pas nécessairement destinées à se produire.

>

> État d'avancement de l'enquête sur elle : accusée d'avoir poignardé Monsieur Nobuhisa, l'arme du crime a été retrouvée auprès de corps calcinés par Dabi. La police enquête encore pour trouver un lien de complicité entre eux, mais penche plutôt pour la théorie d'un enlèvement par l'Alliance. Ou un recrutement ?

>

> Besoin d'informations : est-elle enlevée, ou là de sa propre volonté ? Mobile de la tentative d'homicide inconnu.

>

> PS : SI ELLE EST EN CONTACT AVEC L'ALLIANCE, NE JAMAIS LEUR RÉVÉLER LA NATURE DE SON ALTER.


Au fur et à mesure que ses yeux parcourent les lignes, elle devient livide. Aussitôt sa lecture terminée, elle relève un visage blême en direction de Hawks.

« Co... Comment tu...

— Chuuut. C'est un secret ~ »

Le jeune héros porte son index à ses lèvres, le regard changé. Il a beau arborer son éternel sourire, son air est beaucoup plus sérieux, voire grave. Yumei comprend qu'elle n'a pas intérêt à mentionner tout haut le contenu de la lettre, et referme aussitôt le livre, l'enfouissant directement au milieu du sac de vêtements.


Le héros continue, parlant à nouveau normalement, de son habituelle voix enjouée.

« Je ne m'étais pas trompé ? Ce bouquin te plaît ? »

Elle ne parvient pas à répondre. À ce stade, elle n'est plus en mesure de comprendre les intentions du jeune homme. Cherchait-il à l'aider, ou à la coincer ? Qui avait écrit ce mot ? Qui Hawks avait-il mis dans la confidence ? Était-il lui-même un véritable allié du Front, ou un agent double ?

Elle repasse dans son esprit la dernière phrase, écrite en lettres capitales avec le mot JAMAIS souligné. De toute façon, elle n'avait pas l'intention de parler de son alter à qui que ce soit d'autre que Dabi : elle pouvait bien imaginer ce qu'il se passerait si on voulait la forcer à nouveau à l'utiliser. Mais l'urgence qui transparaît dans ce mot manuscrit lui fait très peur. Hawks reprend :

« Je comprends que tu sois secouée d'émotions, après tout, je t'ai couverte de cadeaux ! Ne t'en fais pas, je vais te laisser un peu de temps pour changer de chambre. On se revoit au repas du soir ! »

Sur ce, il quitte aussitôt la pièce, laissant Yumei seule avec l'esprit bouillonnant et un tas de sentiments contradictoires déchirant son cœur.



Le soir, après avoir pris une bonne douche et enfilé quelques-uns de ses vêtements tout neufs (un t-shirt gris court avec le logo d'une marque de sport, un pantalon ample et confortable noir et des baskets blanches), Yumei se rend au réfectoire. Elle repère très vite Twice et Spinner, déjà installés à la même place que la veille. Le temps de se servir son repas au buffet de la cantine, elle regagne la table pleine de conversations animées. Tous les membres de l'ex-Alliance, ainsi que Hawks, sont déjà en train de discuter avec légèreté autour de leurs bols remplis d'ingrédients variés.

Tous les membres... sauf Dabi.


Elle s'assied en face de Hawks, mais elle se sent encore très mal à l'aise en sa présence. Le héros en est visiblement conscient, parce qu'il lui renvoie un de ses sourires rassurants qui veut dire : "Tout va bien".

« Ils te vont très bien, tes vêtements ! Et je ne dis pas ça parce que c'est moi qui les ai choisis ! »

Elle lâche un petit rire et le remercie avant de commencer à manger. En réalité, le streetwear est assez loin de son style vestimentaire habituel, beaucoup plus sobre et classique. Elle n'a jamais été du genre à s'intéresser à la mode, et elle préfère généralement les vêtements passe-partout qui sont corrects à porter aussi au travail. Son changement de look est à l'image de son changement drastique de vie, et ce n'est pas spécialement pour lui déplaire.

« Bah, dis-donc Hawks ?! Tu offres déjà des cadeaux à Yumy ? Tu ne m'en as jamais offerts, à moi ! » lâche Himiko d'un air boudeur.

S'ensuit une chamaillerie bon enfant qui fait sourire la jeune femme. Mais quand elle s'apprête à prendre part à la discussion pour défendre Hawks, elle est coupée net dans son élan.


Dabi vient de passer à côté d'eux, habillé d'un pull noir large avec la capuche rabattue sur sa tête, mains dans les poches, sans même prendre la peine de s'arrêter à leur hauteur. Yumei, Mr. Compress et Twice, qui sont assis du même côté, l'observent se servir à manger puis aller s'installer à une table un peu plus loin comme si tout était normal, seul, un pied ramené sur la cuisse de son autre jambe.

Après les descriptions qu’on lui a faites de l'individu, Yumei a fini par comprendre que Dabi est peu sociable et parfois très énigmatique. Elle ne saurait donc pas dire si cette situation est si inhabituelle. Ce qui la surprend, par contre, c’est que le noiraud a pris soin de s’installer face à elle, à plusieurs mètres d’écart, et qu’il la dévisage maintenant d’un regard sombre et plus que brûlant.

Il ne prend même pas la peine de toucher à son repas, son pied à terre tapant nerveusement sur le revêtement du réfectoire à intervalles irréguliers.


« Wow ! Il nous fait quoi, là, Dabi ?! On pue, c'est ça ?! Je me suis lavé, je le jure ! »

En guise de réponse à la remarque de Twice, les autres vilains haussent les épaules, indécis.

« Je vous le dis, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez lui pour le moment, renchérit Compress en posant ses baguettes sur son bol. Il est comme ça depuis que Yumei est arrivée ici. »

La jeune femme remarque plusieurs paires d'yeux se tourner vers elle. Elle déglutit, pas trop sûre de ce qu'elle est censée répondre dans cette situation.

« C'est... heu... C'est ma faute, je crois ? On s'est disputés tous les deux...

— Oh, des problèmes de cœur ?! » s'exclame Himiko, décidément obsédée à vouloir justifier toute interaction de Yumei avec Dabi comme une potentielle relation amoureuse.

Elle remarque que Hawks a perdu son sourire. Il la dévisage d'un air insondable, visiblement méfiant de ce qu'elle s'apprête à dire.

« Non, Himiko, je t'ai dit que je n'ai pas de sentiments pour Dabi... »

Yumei ne peut s'empêcher de lever les yeux au ciel en prononçant cette phrase.

« On n'est juste pas d'accord sur notre conception du monde idéal, lui et moi, et je pense que ça l'a vexé. »


Par la même occasion, elle décide de renvoyer son regard noir à Dabi, croisant les deux billes d'un bleu intense qui sont toujours rivées sur elle. Ce dernier semble surpris, levant un sourcil et s'agitant légèrement sur sa chaise.

« Et c'est quoi, ton monde idéal, Yumei ? » lui demande alors Spinner.

Yumei fait exprès de prendre une grande bouchée de riz au même moment, histoire de se laisser quelques secondes de plus pour réfléchir à sa réponse. Elle mâchouille nerveusement le bout de ses baguettes en même temps, mal à l'aise de la situation dans laquelle elle s'est encore fourrée.

« J'imagine que... je rêve d'un monde où on aurait tous une place pour notre individualité. Où on serait tous libres d'être qui on est, sans avoir besoin de nous cacher. Je ne sais pas encore quelle est la meilleure manière de l'atteindre, mais j'ai espoir que le Front y parvienne. »

Son cœur bat la chamade dans sa poitrine. Mais Spinner a l'air satisfait de sa réponse, alors elle se permet de continuer :

« Alors que Dabi semble, mmh... beaucoup plus porté sur le chaos et la destruction, y compris de lui-même. Il n'a pas apprécié quand je lui ai dit qu'il y avait peut-être d'autres manières de parvenir à ses objectifs... »


Aussitôt ces mots prononcés, Yumei aperçoit du coin de l'œil Hawks pousser un soupir soulagé. Elle a réussi à éviter de parler de travers. Mieux, même : involontairement, elle vient de lancer un grand débat au sein de son groupe, détournant l'attention d'elle-même et de Dabi. Tous y apportent leurs opinions, leurs arguments et contre-arguments. Satisfaite d'avoir réussi à attirer de la sympathie sur elle, elle se permet de terminer son repas le cœur un peu plus léger. Reposant son bol sur la table, elle croise le regard du héros en face d'elle. Ce dernier lui adresse un message sans prononcer un son avec sa voix, et elle peut lire sur ses lèvres : "Tu as été parfaite."

Elle lui renvoie un sourire timide, toujours mal à l'aise avec lui malgré tout, puis son regard glisse à nouveau vers la table où se trouve le jeune manieur de flammes.


Mais ce dernier est parti sans qu'elle ne le remarque, laissant la moitié de son repas abandonné derrière lui.

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