Danse avec moi, loin de cet enfer || Le choix de Toya Todoroki

Chapitre 47 : Une dernière nuit ensemble

3654 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 07/10/2026 16:49

Note : Je remet le chapitre en ligne après m'être rendu compte qu'avoir un unique chapitre en contenu pour adultes affectait la visibilité de la fic entière. J'ai donc décidé de censurer toute la fin, qui comportait originalement une scène d'intimité explicite. Si vous voulez la lire quand même, je vous invite à retrouver l'histoire sur Wattpad, sous le même nom avec mon même pseudonyme. Désolée pour la gêne occasionnée !


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Leur repas terminé, après avoir remercié chaleureusement leur hôtesse, Yumei et Fuyumi prennent congé de Tōya et Keigo. Les bassins d'eau chaude sont de toute façon séparés entre hommes et femmes, et chacun compte profiter d'une bonne nuit de sommeil après une baignade nocturne bien méritée. Les deux amies offrent un dernier gros câlin d'anniversaire à Tōya avant de partir de leur côté, laissant les garçons en tête à tête.

« Bon ! C'est maintenant qu'on profite des bains, pas vrai ? », s'enthousiasme le héros.

Tōya acquiesce d'un petit signe de tête silencieux, et ils arrivent rapidement à l'endroit indiqué. Ils dépassent un rideau marqué par le caractère "homme" pour arriver au vestiaire, une pièce particulièrement chaude au parquet usé par des décennies de pas nus de visiteurs. Ils trouvent leurs serviettes blanches impeccablement pliées dans des paniers en osier, et Keigo tend les siennes à Tōya avec un sourire. Mais il est vite surpris par l'air dubitatif de son partenaire. Dans un éclair de lucidité, le héros se rappelle alors que ce dernier n'a jamais dû mettre les pieds dans un onsen de sa vie, ou du moins, plus depuis son enfance. Ce dont il ne doit pas avoir beaucoup de souvenirs.

« Tu as deux serviettes. La grande, tu peux la laisser ici pour te sécher plus tard. L'autre, on l'emporte avec nous au bain.

— Mais..., rétorque Tōya, les sourcils froncés. Elle est beaucoup trop petite pour couvrir quoi que ce soit... »

La confusion sur son visage est tellement inattendue et sa remarque si innocente que Keigo ne peut s'empêcher de laisser échapper un rire amusé, ce qui fait grimacer l'ex-vilain. L'homme ailé s'approche de son compagnon, entoure son cou de ses deux bras et enroule une mèche de ses cheveux blancs autour d'un de ses index, l'air soudain sérieux.

« Tu sais, les sources chaudes, c'est à poil. La serviette, c'est juste pour essuyer ta transpiration. »

En prononçant ces mots, il effleure les lèvres de Tōya avec les siennes, puis se décolle de lui quand ce dernier se met à rougir. Pour illustrer ses propos, il ôte son caleçon et invite le jeune Todoroki à en faire de même. Puis, il détache la ceinture de son propre yukata et le laisse glisser de ses épaules jusqu'au sol, dévoilant son corps nu particulièrement bien bâti, un sourire espiègle sur le visage. Il est très amusé de voir à quel point cette vue fait buguer Tōya, qui ne parvient pas à décoller ses yeux de ses muscles. Il s'empare de sa propre petite serviette qu'il jette nonchalamment sur son épaule et attend, une main sur sa hanche.

« Alors quoi, on y va ?

— Hum...

— Tu as peur de te montrer nu devant moi ? Tu sais... Ce ne serait pas la première fois. »

Tōya acquiesce d'un signe de tête silencieux, mais il est évident que sa gêne est toujours présente. Keigo peut bien le comprendre : ça ne doit pas être évident pour lui de dévoiler ses cicatrices en public, même s'ils ne sont que tous les deux. Le héros est peiné de constater que le corps de son partenaire est un réel complexe chez lui... alors que lui-même n'a eu aucune difficulté à l'aimer dès le premier regard.

Plus que jamais, il voudrait aider Tōya à avoir plus confiance en lui. À reconnaître ses qualités, à accepter ses défauts. Le chemin risque d'être encore long jusqu'à ce qu'il parvienne enfin à s'aimer tel qu'il est, mais Keigo est prêt à le parcourir avec lui. À l'accompagner tout du long, et à le rassurer autant de fois qu'il en aura besoin.

Alors il lui tend la main, un sourire encourageant sur le visage.

« Je peux ? »

Tōya entremêle ses doigts aux siens, et Keigo réduit à nouveau l'écart entre eux. Il dénoue lentement la ceinture du yukata de son partenaire, un peu émoustillé par ce geste, et ôte le vêtement qui vient rejoindre le sien au sol. Ils se dévorent un instant du regard, nus tous les deux l'un contre l'autre en pensant inévitablement à d'autres choses, mais l'heure n'est pas à ça maintenant. Après tout, ils sont en public, et ils ne sont pas à l'abri d'autres voyageurs tardifs qui pourraient les rejoindre à tout moment.

Alors ils se ressaisissent. Tōya ôte ses piercings, Keigo ses boucles d'oreilles, et ils ramassent leurs yukata pour les plier soigneusement et les ranger dans les paniers prévus à cet effet. Une fois prêts, ils se dirigent vers la salle de douche, dans laquelle ils s'asseyent sur des tabourets pour se laver et se savonner, et ils sont enfin disposés à se rendre aux sources.


L'endroit est enchanteur. Le silence de la nuit offre un calme dont les deux garçons ont rarement l'habitude avec leurs vies mouvementées, et la vue sur la montagne derrière est absolument imprenable. Les sources elles-mêmes sont modestes mais joliment décorées, entourées de grosses pierres arrondies et séparées du bassin des femmes par un vieux panneau en bois très haut. Dans un coin, un tronc de bambou sculpté balance au gré de gouttes d'eau qui tombent sur l'une de ses extrémités, heurtant le sol avec un petit "poc" apaisant à intervalles réguliers.

Par contre, le froid hivernal vient rapidement mordre leurs peaux nues. Alors que Tōya n'en est pas incommodé le moins du monde, Keigo frissonne et se précipite vers l'eau pour en prendre la température. Il n'attend pas un instant pour y entrer, poussant un grand soupir de soulagement une fois complètement installé, ses petites ailes déplumées dressées pour ne pas toucher l'eau.

« Oh mon dieu. Quel bonheur ! Il faisait si froid !

— T'es vraiment une petite nature...

— Eh ! Je suis pas né avec une résistance naturelle aux basses températures, moi, môsieur. Au contraire, les oiseaux et l'hiver, ça fait deux ! »

Tōya lève les yeux au ciel, puis se penche au bord de l'eau pour évaluer la température du bout de ses doigts. Il a soudainement l'air indécis.

« Tu penses que c'est une bonne idée ? Pour mes cicatrices ?

— Eh bien, figure-toi que je me suis posé la question aussi ! Quand je suis parti faire des courses, je suis passé à la pharmacie, et j'ai demandé des conseils pour ta situation. Il n'y a aucun problème si tes plaies sont bien cicatrisées. J'ai même acheté un baume pour toi, au cas où !

— Ouah. Le héros dans toute sa splendeur, là. »

Keigo est ravi de la remarque, même si elle est clairement sarcastique, ce qui fait soupirer Tōya en même temps qu'il affiche un léger sourire.

« Allez, viens là ! »

L'ex-vilain acquiesce sans un mot de plus et entre précautionneusement dans l'eau chaude, grimaçant légèrement à cause de la sensation de picotement sur ses cicatrices qui, heureusement, semble très vite lui passer. Ils prennent tous les deux un peu de temps pour s'accoutumer à la différence de température entre l'intérieur et l'extérieur de l'eau, puis profitent d'être seuls pour se blottir l'un contre l'autre amoureusement. Il ne leur faut pas beaucoup plus de temps pour commencer à s'embrasser, d'abord tendrement puis de plus en plus vigoureusement, emballés tous les deux par cette intimité retrouvée et le goût de l'interdit. Mais ils sont soudain saisis par une voix féminine qui appelle leurs prénoms avec beaucoup d'entrain.

« Keigo ! Tōya ! Vous êtes là ?? »

Les cœurs des deux amants ont fait un bond dans leurs poitrines : pendant quelques secondes, ils ont bien cru qu'on venait de les surprendre. Ils comprennent que Yumei et Fuyumi viennent d'arriver dans leur propre bassin, et se sourient maladroitement en s'écartant l'un de l'autre. Ils attendront d'être retournés à leurs chambres pour entreprendre quoi que ce soit d'autre d'intime... pour le moment, il ne tient qu'à eux de profiter de la relaxation offerte par la source chaude.




Leur chambre est étroite mais cosy. En plus du lieu de couchage, elle comprend une petite table basse, deux sièges et une alcôve décorée de quelques œuvres d'art. Pendant qu'ils profitaient du bain, la tenancière s'est appliquée à installer leurs lits : deux futons moelleux étendus à même le sol, l'un à côté de l'autre, avec deux origamis en forme de grue posés par-dessus leurs oreillers.

Keigo s'installe sur l'un des deux lits, contemplant entre ses doigts les motifs délicats du papier utilisé pour l'origami.

« Il y a une thématique d'oiseau récurrente ce soir, j'aime bien ! »

Pour accompagner ses mots, quelques-unes des plumes qu'il avait laissées dans la pièce se mettent à virevolter joyeusement. Tōya ne répond pas, et vient simplement s'asseoir en tailleur sur son propre futon. Depuis qu'ils sont sortis des sources, il est redevenu très silencieux et affiche à nouveau un air soucieux sur son beau visage. En l'observant davantage, le héros remarque également que ses mains tremblent et qu'il tente de les dissimuler maladroitement dans les plis de son yukata.

Inquiet, Keigo se déplace pour s'installer face à son partenaire, et prend ses mains entre les siennes pour éviter qu'il ne continue à se cacher.

« Eh... Ça n'a pas l'air d'aller fort depuis tout à l'heure. Tu veux qu'on en parle ? »

Tōya pince ses lèvres, visiblement embêté que tous ses efforts pour masquer ses soucis n'aient pas réussi à payer. Il baisse les yeux et sa voix se brise, l'invitation de Keigo ayant pour effet de faire monter l'émotion à sa gorge.

« Excuse-moi. J'arrive pas trop à encaisser ce qu'il se passe. Il y a quelques heures, j'étais encore avec l'Alliance... Et là, je suis en train de vivre tout ça avec vous. Je... Je devrais être heureux, pas vrai ? Le repas tous ensemble, les sources, les petites attentions... J'ai jamais eu tout ça, jamais, de toute ma vie. Mais... j'y arrive pas, Kei... »

Il lâche les mains de Keigo pour enfouir les siennes à l'intérieur des épaisses manches de son yukata.

« Dans ma tête... J'ai une voix qui me rappelle sans cesse que j'ai trahi mes amis. Que j'ai failli provoquer la mort de mes deux frères... et puis, que j'ai participé à tuer des milliers de civils en montant sur le dos de Gigantomachia pour partir avec l'Alliance. Je ne mérite rien de ce qui m'arrive pour le moment... »

Il se recroqueville et enfouit son visage dans ses mains, dissimulé derrière sa masse de cheveux blancs. Keigo comprend. Le mental de Tōya ne pourra pas être miraculeusement réparé par quelques petits plaisirs de la vie quotidienne, et ils vont devoir redoubler d'efforts pour l'aider à surmonter toute cette culpabilité. Malheureusement, le héros n'est pas un professionnel de la santé mentale, et ils vont d'abord devoir passer par la case "prison" avant que le jeune homme ne soit correctement pris en charge.

Pour l'heure, Keigo peut juste être une présence rassurante à ses côtés. Et, même s'il a l'impression de se sentir impuissant, il ne réalise pas à quel point son aide signifie le monde pour Tōya.

Le cœur de l'oiseau se serre quand il entend de discrets bruits de sanglots venant de son partenaire. Ce dernier fait tout pour réprimer ses émotions, mais il finit par être secoué de petits spasmes sans parvenir à verser de larmes.

« Pardon, Keigo... Je voudrais tellement être à la hauteur pour te rendre heureux, mais... Je sais pas si j'y arriverai...

— Chuuut, lui souffle doucement le héros en le serrant contre son torse. Tu me rends heureux en étant simplement toi-même. On arrangera le reste ensuite, je te le promets. »

Tōya acquiesce d'un signe de tête et vient se blottir dans le creux des bras et des jambes de son partenaire. Ils restent comme ça un long moment, pleins d'amour l'un pour l'autre, puis Keigo se permet de briser cet instant de tendresse. Peut-être qu'il ne pourra pas régler les problèmes de Tōya maintenant, mais au moins, il peut lui faire comprendre que ses tourments sont légitimes et qu'il ne doit pas en avoir honte.

« Tu sais, Tō... Tu n’es pas le seul à... À être rongé par la culpabilité. »

Étonné par cette confession inattendue, Tōya se décolle de son compagnon pour le dévisager en silence. À sa surprise, il constate que l’oiseau a le regard fuyant et affiche désormais une petite mine, lui aussi. L’ex-vilain ne dit rien, l’invitant à poursuivre sa réflexion.

« Tu as fini par le comprendre... Je suis un éternel optimiste. Même au milieu d’une catastrophe, je vois toujours l'espoir et les dénouements positifs. C’est... je suis comme ça. J’ai toujours cru que cet aspect de ma personnalité était une force, mais dans des situations comme celles qu’on a vécues ces dernières semaines, j’ai parfois l’impression d’être à côté de la plaque. De passer trop rapidement à autre chose. Alors que... »

Il baisse le menton d’un air coupable.

« Maintenant, je le sais. Ce n’est pas en ayant le regard constamment tourné vers l’avenir, vers l’espoir au bout du chemin, que j’arriverai à me faire pardonner, ou à me pardonner tout court. Je... mmh... Parfois, j’ai l’impression d’agir comme un lâche, de fuir mes propres problèmes. »

Le jeune Todoroki semble véritablement étonné par son témoignage, mais au moins, il a l’air déjà un peu moins stressé. Ce qui donne à Keigo la force de continuer à se confier.

« Par exemple... Je ne me suis pas remis de la mort de Twice. Mais, tu vois, je fais instinctivement mon possible pour ne plus y penser. Et ça, c’est mal... Les abus que j’ai subis dans l’enfance, les traumatismes, tout ça... je les étouffe constamment. Résultat, je suis sans cesse tiraillé : entre l’envie de fuir mes démons pour garder la tête haute, et cette immense culpabilité qui cherche à me tirer en arrière. Et au final, j’ai l’impression de manquer de respect à tout le monde. Ceux que je laisse derrière moi, et... moi-même. »

Il relève enfin les yeux pour les plonger dans ceux, brillants, de son partenaire.

« Tu es loin d’être le seul, Tōya. On a tous des faiblesses, des erreurs dont on n’arrive pas à se remettre, de la culpabilité enfouie en nous. Mais toi, tu es décidé à faire face à tes fautes. Tu vas te rendre à la police, tu te rends compte ? La force dont tu fais preuve pour avoir pris cette décision, elle est admirable. Et ça, ça vaut tous les pardons du monde ! »

Keigo remarque que Tōya se retient de pleurer à nouveau, ce qui le fait sourire tendrement. Il pose son index sur la joue de son amant pour la caresser doucement, touché par cette sensibilité nouvelle qu’il parvient désormais à lui montrer sans honte.

« Alors, accepte ta culpabilité. Ne la fuis pas, comme moi j’ai tendance à le faire. Affronte-la de face, et dans quelques années, quand les procédures judiciaires seront derrière nous... tu verras à quel point tu seras réellement libre.

— Oh, Keigo... J'aimerais pouvoir t'aider, moi aussi, mais...

— Non, ne t'en fais pas. Ce n'est pas pour ça que je t'en parle. Je veux juste que tu cesses de t'en vouloir d'être simplement humain.

— Je... Je vois. Merci, Kei... »

Ce dernier échange a l'air de faire réfléchir le jeune homme aux cheveux blancs. Il lui faudra encore du temps pour accepter et s'adapter à sa nouvelle réalité, mais Keigo est persuadé qu'il est déjà en bonne voie. Cependant, Tōya rajoute d'une voix hésitante :

« Et si... Et si on ne pouvait plus se voir, quand je serai en prison... Comment je vais réussir à affronter ça sans toi... ? »

Le pincement au cœur que le héros ressent en cet instant est féroce. Encore un coup de son optimisme à toute épreuve : il s’est tellement persuadé que la reddition de Tōya était une bonne chose qu’il avait refusé jusqu’ici de voir la réalité en face. La séparation qui les attend sera loin d’être facile... Tōya devra affronter toutes ces épreuves seul, et tout ce que Keigo peut faire désormais, c’est l’encourager suffisamment pour qu’il trouve la force de le faire.

Pour réponse, il l’invite à nouveau dans ses bras et pose un petit baiser sur sa tempe.

« Je viendrai te voir autant qu’on me le permettra. Tu ne seras pas seul dans ce combat, Tōya, je te le promets. »


Un blanc s’installe entre eux, qui contemplent chacun silencieusement le futur qui les attend, le cœur lourd. Keigo a tout de même l’impression que ses paroles sont parvenues à apaiser son compagnon, au moins un peu. Cependant, il remarque que les tremblements des mains de Tōya n’ont pas cessé, et ça commence à l’inquiéter. Alors, il l'invite à s'installer à nouveau face à lui, décidé à aller jusqu'au bout de leurs conversations difficiles.

« Ça va ? Tu as encore des angoisses ? Tu as besoin de quelque chose ?

— Je... »

Tōya a l'air véritablement honteux, ce qui fait un peu paniquer Keigo même s'il s'assure de ne pas le montrer.

« Désolé. Quand on s'est séparés, je me suis mis à fumer. Beaucoup. »

L'oiseau soupire. Bien sûr... Le manque de cigarette doit inévitablement accentuer son stress et son inconfort. La meilleure solution aurait été de soulager Tōya en lui permettant de fumer modérément, mais malheureusement, c'est actuellement hors de sa portée. Tout ce qu'il peut faire en cet instant, c'est tenter de le distraire pour qu'il pense à autre chose.

Alors, il pose ses deux mains sur le visage de son compagnon et commence à le caresser doucement. Pour son plus grand bonheur, Tōya semble commencer à s'apaiser. Pendant qu'il procède, Keigo prend son temps pour analyser tous les traits du visage de son amoureux, détaillant ses longs cils blancs, les cernes marquées et les cicatrices sous ses yeux, les trois piercings sur sa narine droite, sa lèvre supérieure superbement dessinée. Il se perd un long moment dans ces iris bleus dont il est devenu accro dès le premier regard, hypnotisé par toutes les émotions qu'ils véhiculent à eux seuls. Tōya n'est pas étranger à cette fascination que Keigo a pour ses yeux, et cette dernière semble même lui plaire, parce qu'il finit enfin par sourire timidement.

Petit à petit, les doigts du héros descendent le long de la peau de son amant jusqu'à ses clavicules, puis se retrouvent coincés dans leur progression par son vêtement. Quand Tōya lui donne l'autorisation de le déshabiller, Keigo fait glisser les manches du yukata pour ne le laisser qu'à la ceinture. Son regard s'arrête sur ce torse qu'il aime tant, et les pensées qu'il avait commencé à développer un peu plus tôt dans les vestiaires de l'onsen lui reviennent subitement à l'esprit. Ses joues deviennent soudain toutes rouges, et avant que son partenaire ne puisse l'interroger à ce propos, il se penche vers lui pour déposer ses lèvres sur les siennes.

Les deux amoureux s'embrassent longuement, passionnément. Après la discussion difficile qu'ils viennent d'avoir, leurs esprits sont désormais libérés de leurs angoisses. Leurs corps, disposés à se laisser porter par les émotions intenses qu'ils ressentent pour l'autre, ainsi que le désir qu'ils réfrènent depuis plusieurs heures maintenant. Keigo pousse doucement Tōya en arrière pour venir se positionner sur lui, entourant ses jambes nues des siennes.


Et ils laissent ainsi libre cours à leurs envies. Ils s'aiment longuement, intensément, passionnément, goûtant au corps de leur partenaire comme jamais ils n'en ont eu l'occasion avant. Et quand ils ont atteint le sommet, ils s'arrêtent, essoufflés, collés l'un à l'autre comme s'ils ne voulaient se lâcher pour rien au monde.


Ils ont tout donné ce soir. Après tout, ils savent l'un et l'autre qu'il s'agit peut-être de leur unique et dernière fois...

Parce que, s'il y a une chose qu'ils ont bien comprise de toute cette histoire, c'est qu'ils ne sont pas maîtres de leurs destins.



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Note : Petite anecdote : la confusion de Tōya face à la taille de la mini-serviette de l'onsen est une histoire vraie, c'était exactement ma réaction quand j'ai compris que je ne pouvais pas me cacher dessous et que je devais me balader nue devant tout le monde 😂 Rien de tel que de s'inspirer de la vie réelle pour ce genre de petits détails ahah

On se retrouve dimanche pour la dernière ligne droite de notre récit, avec l'arrivée au commissariat !

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