Les jacks de Kyoka s'enclenchent dans l'émetteur avec un déclic métallique lourd. Instantanément, une impulsion électrique traverse l'appareil de Momo. À travers tout le Japon, les écrans de télévision, les panneaux publicitaires de Shibuya, les radios des voitures et les téléphones portables coupent leurs programmes. La propagande de la Commission s'efface, remplacée par un écran noir, puis par l'image en direct du toit de Yuei, balayé par les vents et les projecteurs.
Au centre de l'écran, Kyoka Jiro. Ses oreilles saignent, son costume est déchiré, mais son regard traverse l'objectif avec une force qui pétrifie les millions de spectateurs rivés à leurs écrans.
Elle prend une profonde inspiration. Sa voix, portée par son Alter et amplifiée par la technologie de Yuei, résonne dans chaque foyer du pays avec une clarté absolue.
Kyoka Jiro : « Citoyens du Japon... Regardez-nous. Regardez bien ce toit. On nous a traités de monstres. On nous a traités de terroristes. La Commission vous a dit qu'elle protégeait la nation, mais ce soir, elle a tiré sur nos familles. Elle a envoyé des snipers et des armes chimiques interdites dans l'infirmerie de notre école pour masquer ses propres crimes. »
En arrière-plan, les caméras capturent en direct les explosions des hélicoptères de la Commission et le mur de boucliers de la 1-A et de la 1-B qui lutte pour la protéger. Les preuves visuelles sont irréfutables.
Kyoka : « Ils ont plongé Denki Kaminari dans le coma. Ils ont tiré sur nos pères. Et il y a quelques minutes à peine... ils ont lâchement assassiné Ren Kurogami, alias Grip, parce qu'il s'est interposé pour nous sauver. Il n'était pas un criminel. C'était un héros à sa manière. » »
Pendant que Kyoka parle, les fichiers piratés par Hawks et le détective Tsukauchi commencent à défiler en incrustation sur tous les écrans : les ordres écrits du Directeur, les enregistrements audio ordonnant de « tout faire sauter » et d'utiliser le gaz moutarde, ainsi que les transactions financières occultes de la Commission.
Dans les rues de Musutafu et de Tokyo, le choc laisse place à une immense vague de colère. Les citoyens découvrent l'horreur. Les forces de police régulières, réalisant qu'elles ont été manipulées par des dirigeants corrompus, commencent à baisser leurs armes et à se retourner contre les agents de la Commission.
Sur le toit, le Commandant des agents de la Commission, réalisant que le monde entier est témoin de leurs actes en direct, lâche son arme, blême. Ses troupes reculent, brisées psychologiquement. Ils ont perdu la guerre médiatique. Ils ont perdu le soutien du peuple.
Kyoka jette un regard vers Denki, qui lui adresse un sourire faible mais rempli d'une immense fierté, puis vers Izuku et Bakugo, dont la détermination n'a jamais été aussi pure.
Kyoka (sa voix vibrant d'une émotion intense) : « Nous sommes les élèves de Yuei. Nous ne reculerons pas. La Commission est tombée. Et maintenant, justice va être rendue pour Grip. »
Elle débranche ses jacks. Le signal se coupe, laissant le Japon dans un silence solennel. Le blocus est brisé, les masques sont tombés. L'assaut final contre le bunker du Directeur peut commencer, et cette fois, c'est la nation entière qui marche aux côtés de Yuei.
Le chaos n'est plus seulement physique, il devient institutionnel. Dans les sous-sols obscurs du quartier général de la Commission, le "Directeur" et son cercle restreint sont pris d'une crise de démence collective en voyant le signal de Kyoka.
Le Directeur (les mains tremblantes sur le bouton de commande) : « C'est une trahison ! Une trahison totale ! Si nous ne pouvons plus contrôler le récit, nous allons brûler le théâtre tout entier ! Activez le protocole "Table Rase". Faites exploser les charges de démolition placées sous Yuei ! Éliminez tout le monde : les élèves, les traîtres, et même nos propres agents encore sur place ! Ne laissez personne sortir vivant ! »
Mais le Directeur a commis une erreur fatale : il a sous-estimé ses propres subordonnés.
Dans la salle de contrôle principale, les analystes, les techniciens et les officiers de terrain (ceux qui croyaient réellement servir la sécurité nationale) ont vu les preuves. Ils ont vu le gaz, le meurtre de Grip, les ordres sur les familles. Le vernis de loyauté craque.
L'Officière en chef de la logistique, qui gérait les communications, se lève brusquement, son pistolet de service braqué non pas vers les écrans, mais vers le Directeur.
L'Officière : « Assez ! Vous nous avez menti ! Vous avez fait de nous des criminels de guerre ! »
Un coup de feu retentit. La salle de contrôle bascule dans une guerre civile intestine. D'un côté, les fanatiques fidèles au Directeur ; de l'autre, la "bonne partie" de la Commission, des hommes et des femmes qui refusent de devenir les bourreaux de la nouvelle génération.
Sur le toit de Yuei, alors que les agents extrémistes s'apprêtent à lancer un dernier assaut désespéré pour faire taire les élèves, le ciel s'illumine. Mais pas par les missiles de la faction corrompue.
Les hélicoptères qui encerclaient l'école changent brusquement de trajectoire. Leurs projecteurs ne visent plus les élèves, mais les positions des snipers de la faction extrémiste qui sont cachés sur les bâtiments adjacents.
Voix dans les haut-parleurs des hélicoptères : « Ici l'Unité de Coordination de la Commission ! L'ordre de tir est annulé ! Répète, ordre annulé ! Agents au sol, déposez les armes immédiatement ! La hiérarchie est suspendue ! »
Un pont de secours est déployé. Les agents "loyaux" à la morale interviennent pour intercepter les fanatiques qui tentaient de miner les fondations de l'école. C'est une course contre la montre : si les charges explosent, Yuei s'effondre avec tout le monde à l'intérieur.
La bataille change de nature. Ce n'est plus Élèves contre Commission. C'est : Les Héros de Yuei + La Commission Réformée vs Les Extrémistes de l'Ombre.
Izuku, Bakugo et Todoroki voient des agents de la Commission courir à leurs côtés, non pour les arrêter, mais pour les protéger des tirs des fanatiques.
Un Agent (tenant son badge à la main, les larmes aux yeux) : « On ne savait pas... Nous sommes vraiment désolés. Dites-nous ce qu'il faut faire pour arrêter le Directeur ! »
Izuku (le regard tourné vers le bunker) : « Ils ont des charges explosives sous le lycée ! Il faut localiser le détonateur principal dans leur centre de commandement souterrain ! »
Le Directeur, retranché, voit ses écrans virer au rouge. Ses troupes font défection. Les héros approchent. Il regarde le détonateur, un rictus sadique aux lèvres, prêt à tout anéantir plutôt que de subir le jugement des hommes.
Mais il est trop tard. Les portes du centre de commandement explosent sous un coup combiné de la force de Bakugo et de la glace de Todoroki. Izuku Midoriya est en tête, ses yeux brillant d'une lueur implacable, entouré par des agents de la Commission qui ont changé de camp.
La chute du régime est en marche. Le Directeur est acculé, seul dans son bunker, face à ceux qu'il a tenté de détruire.
Juste au moment où la balance penche enfin du côté de la justice, le ciel au-dessus de Yuei vire au sang.
Ce que tout le monde avait oublié dans ce conflit interne, c'est que la chute de la Commission arrangeait les affaires d'un autre joueur, bien plus sinistre. Tapie dans l'ombre depuis le début des affrontements, la Ligue des Vilains observait. Pour Shigaraki et ses sbires, voir le gouvernement s'entretuer avec les héros était un spectacle réjouissant. Mais voir les héros triompher et s'unir avec la Commission réformée ? Hors de question.
Si le Directeur échoue à détruire Yuei, la Ligue va s'en charger elle-même et plonger le pays dans un chaos définitif.
Soudain, une substance noire et visqueuse commence à bouillonner dans les airs, se propageant sur le toit, dans la cour d'honneur et près des brèches de l'infirmerie. Les portails de Black Mist (Kurogiri) s'ouvrent par dizaines.
Un rire rauque et dément résonne à travers les ondes radio piratées.
Tomura Shigaraki : « Quel gâchis... Les chiens de l'État s'entretuent et les petits héros pensent avoir gagné ? Vous êtes pathétiques. Si la Commission n'a pas le courage de finir le travail, on va vous montrer ce qu'est une vraie purge. Amusez-vous bien avec nos animaux de compagnie. »
De chaque portail émerge l'horreur absolue : des Nomus. Et pas de simples exécutants. Ce sont des dizaines de Nomus de haut rang (Near-High Ends), dotés de muscles hypertrophiés, de cerveaux apparents et de multiples Alters de régénération et de destruction.
Les créatures hurlent, un cri strident qui glace le sang des élèves et des agents de la Commission désormais alliés.
À l'Infirmerie : Un Nomu massif doté de quatre bras armés de lames osseuses émerge directement devant la brèche. Shoji et Kirishima, épuisés, se remettent immédiatement en garde pour protéger les parents blessés et Denki inconscient.
Sur le Toit : Trois Nomus ailés foncent à une vitesse supersonique, arrachant les pales de l'un des hélicoptères de la Commission réformée qui tentait de sécuriser la zone. L'appareil s'écrase dans un fracas de tôle froissée.
Dans la Cour : Une horde de monstres prend en tenaille les classes 1-A et 1-B, annulant instantanément l'avantage tactique qu'ils venaient d'obtenir sur les fanatiques du Directeur.
Face à cette menace cauchemardesque, la distinction entre les uniformes n'existe plus. Un sergent de la Commission, qui pointait son arme sur Bakugo quelques minutes plus tôt, se tourne vers lui, le visage décomposé.
Le Sergent : « Gamin ! Tes explosions peuvent percer leur blindage ? Nos munitions standards rebondissent sur leur peau ! »
Katsuki Bakugo (un sourire féroce et sauvage aux lèvres, l'étincelle du combat rallumée) : « Ne m'appelle pas gamin, le bureaucrate ! Reste derrière moi et canarde leurs yeux quand je les aurai sonnés ! »
Izuku Midoriya se repositionne au centre du chaos, les éclairs du One For All crépitant à 100% de sa puissance disponible. Le deuil de Grip est toujours là, mais il se transforme en une énergie pure.
Izuku (hurlant à s'en décrocher la mâchoire) : « TOUT LE MONDE EN POSITION DE COMBAT ! Ne laissez aucun de ces monstres approcher des bâtiments ! Classes A, B, agents de la Commission... battez-vous ensemble ! »
La guerre civile pour la vérité vient de se transformer en une bataille pour la survie de l'humanité. Les Nomus chargent, mais ils font face à un mur que la Ligue n'avait pas prévu : l'alliance indéfectible des futurs héros et des forces de l'ordre réformées.