Kirkaeshere, «Petit tonnerre», traduction du russe

Chapitre 1 : Petit tonnerre

Chapitre final

1465 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 26/11/2025 13:31

— Héra, Hérouchka, Hérounechka — généralement, une telle série de mots n'augurait rien de bon, ce à quoi la déesse s'était habituée au cours de ses décennies de mariage avec Zeus.

Se détournant du berceau d'Arès, elle se tourna vers son mari. La première chose que vit la reine des dieux fut le minois satisfait d'Athéna, vêtue d'un affreux costume jaune, puis elle remarqua le visage tout aussi heureux de son époux, qui tenait sa fille dans ses bras. 


— Zeus, qu'as-tu mis à l'enfant ? demanda Héra, déjà prête à changer la tenue de sa belle-fille pour lui mettre des vêtements normaux.


— Dans le vêtement d’un éclair ! répondit Zeus d'un ton satisfait, avec un large sourire. Athéna acquiesça, soutenant son père.

— C'est toi qui l'as fait ? demanda Héra, sans trop y croire. 

Cependant, au vu de la qualité du costume, on pouvait dire que Zeus l'avait vraiment fait lui-même.


— Athéna a aussi contribué, un peu, dit Zeus en mettant sa fille sur le sol. 


Athéna se mit à courir dans la pièce en agitant les bras et en criant « Boum ! » à chaque fois. 


— Elle pense pouvoir lancer les éclairs comme son papa, dit Zeus avec une certaine fierté en observant sa fille.


Héra sourit en levant les yeux au ciel. 


— Petite chouette, vole par ici, s'il te plaît ! appela la reine des dieux sa belle-fille, mais au lieu de manifester son enthousiasme habituel, la fillette fronça les sourcils et gonfla les joues en s'arrêtant. Héra eut l'impression qu'un nuage allait apparaître au-dessus de la tête d'Athéna.


— Je ne suis plus une petite chouette ! s'écria-t-elle en tapant du pied.


— Ah bon ? Alors qui es-tu, hein ? 

Héra s'approcha de sa belle-fille et s'accroupit pour la regarder dans les yeux.


— Je suis une fée de la foudre, comme papa ! s'exclama fièrement la petite fille, les mains sur les hanches. 

La déesse décida alors d'adopter une autre approche.


— Tu es donc une fée de la foudre ? Mais comment peux-tu être une fée de la foudre sans éclairs ? demanda Héra en appuyant affectueusement sur le bout du nez de sa belle-fille. 

Athéna secoua la tête.

— Tu veux avoir des éclairs ? 

— Comme papa ? demanda la petite fille avec enthousiasme, n'en croyant pas ses oreilles. 

— Comme papa, lui assura la reine des dieux avec un sourire. 

Athéna acquiesça avec impatience. 

— Alors allons-y ! Héra te donnera la foudre, et papa restera avec ton petit frère à la place de maman, dit la déesse en souriant et en prenant sa belle-fille par la main. 

Jetant un regard noir à son mari, « essaie seulement de réveiller l'enfant, je t'arrache la tête », la reine des dieux emmena sa belle-fille dans l'atelier.


***


— Dis-moi... Est-ce vraiment si difficile ? Il suffisait de rester assis à côté de l’enfant que ta femme a mis une heure à coucher, dit Héra en se retenant à peine. 


Athéna et elle étaient revenues quelques minutes plus tôt, et pendant que la petite fille vantait à son petit frère la foudre (et son nouveau costume), Héra réprimandait son mari. 


— Chérie, il s'est réveillé tout seul, honnêtement, tenta de se justifier Zeus. Voyant que cela ne fonctionnait pas, il décida d'aborder la question sous un autre angle : 

— Mais au moins, il ne pleure pas ! C'est déjà ça ! 

— À cause de toi, pleurer, c'est ne pas se respecter, dit Héra entre ses dents en donnant une tape derrière la tête à son mari.


Pendant ce temps, Athéna continuait à montrer sa foudre à son frère en la lançant en l'air. Mais le petit était plus intéressé par ses mains que par les foudres en peluche de sa sœur.

Zeus vit une opportunité et enlaça Héra par-derrière. La déesse ne broncha pas, mais lança un regard noir à son mari. Il ne recula pas.


— Ma bien-aimée... murmura Zeus d'une voix rauque.

La déesse du mariage sentit un frisson lui parcourir le dos, mais le dieu du tonnerre ne se calma pas. 

— Pardonne à ton imbécile... continua-t-il. 

Héra renifla, mais finit par sourire. Elle se tourna vers lui et prit son visage entre ses mains. 


— Je te pardonne, que pourrai-je faire d’autre ?

Et elle scella ses paroles d'un baiser passionné. Zeus lui rendit son baiser en enlaçant sa femme par la taille. Ils se penchèrent l’un vers l'autre, leurs fronts se touchant.


— Beurk, c'est dégoûtant ! entendirent-ils Athéna qui tira la langue en grimaçant comme si elle avait mangé un citron. 

Les deux adultes éclatèrent de rire.

— Pourquoi beurk ? demanda Héra en s'asseyant à côté de la petite fille. Toi aussi, tu embrasseras un jour ton mari comme ça.


La petite fille se redressa fièrement et déclara d'une voix assurée : 

— Je ne me marierai jamais ! L'amour, c'est pour les idiots !

Cela amusa les rois de l'Olympe.


— Tu penses que Héra et moi sommes des idiots ? demanda Zeus avec un sourire. 


Athéna comprit ce qu'elle venait de dire et fronça les sourcils.

— Non... répondit la petite fille avec hésitation, avant d'ajouter :

— Peut-être…

— Ah, peut-être ? !

Zeus se mit à chatouiller Athéna. La gamine rit en essayant de repousser son père, mais sans succès. Elle tomba par terre, Zeus la rattrapa et continua à la chatouiller.


— Papa ! Papa, arrête ! dit la petite fille en rigolant.

Héra se mit à s’esclaffer aussi en regardant son mari et sa belle-fille s'amuser. Non... pas sa belle-fille. Athéna était sa fille, même si elle n'était pas de son sang.


Arès commença à faire des caprices, comme s'il voulait lui aussi participer à la fête. Héra prit son fils dans ses bras et le serra contre elle. Le petit essaya de se dégager pour se joindre à son père et sa sœur. La reine des dieux éclata de rire.


— Tu veux te jeter au cœur de la bataille ? demanda Héra avec un sourire, ce à quoi le petit répondit par de petits cris qui attirèrent l'attention de Zeus et d'Athéna. 

La fillette rit, amusée par les cris de son petit frère.


— Papa, chatouille mon petit frère pour qu'il sourie aussi ! s'écria la petite fille en s’amusant. 


Zeus prit son fils des bras de sa femme et le posa précautionneusement sur le sol comme s'il était en porcelaine fragile. Lorsque son père mit son nez sur le ventre d'Arès, ce dernier lui donna un coup de pied réflexe au menton. Héra et Athéna se moquèrent en regardant le visage perplexe de Zeus et le visage déjà souriant d'Arès.


— Le grand dieu du tonnerre a été vaincu par son propre fils, dit en se marrant la reine des dieux.


— Je ne savais pas qu'il avait un tel coup de pied, dit Zeus en se frottant l'endroit où il avait été frappé. 


Athéna, quant à elle, s'occupait de son petit frère, en lui faisant plier et déplier les jambes, ce qui faisait glousser et remuer le bébé.


Héra observait les enfants avec un sourire jusqu'à ce que Zeus ne l'attire vers lui. La déesse sur les genoux de son mari, qui jouait avec ses cheveux. 

— Quoi ? demanda Héra avec un sourire.  

— Je t'aime, j'aime tes cheveux, dit Zeus en passant sa main dans la coiffure de Héra. J'aime tes mains, ta peau, continua-t-il en touchant ses mains, passant ses doigts de ses ongles à ses avant-bras. Et j'aime tes yeux, que je retrouve maintenant dans ceux de notre fils, murmura Zeus à son oreille.


Le regard de Héra se porta immédiatement sur Arès et Athéna. Une fillette aux yeux gris et à la chevelure châtain foncé, presque noire, et un nourrisson aux yeux bleus et aux cheveux blond foncé : ces enfants avaient reçu les plus beaux traits de leurs parents respectifs.


— Nos enfants sont parfaits... murmura Héra en regardant son mari. 

Zeus sourit et attira sa femme vers lui pour l'embrasser, ce à quoi la déesse répondit avec plaisir. 


Athéna grimaça à nouveau, feignant d'avoir envie de vomir, tandis qu'Arès se moquait de ses grimaces.

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