L'Héritier par

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Univers Parallèle / Action / Aventure

1 Sozokujin

Catégorie: G , 4319 mots
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Les derniers rayons du soleil s'estompaient uns à uns, annonçant implicitement la venue de la lune dans le ciel d'été. Un léger vent soufflait depuis l'est, faisant se balancer doucement les branches et leurs feuillages, détachant les feuilles les plus fragiles qui virevoltaient au gré des courants d'air avant d'achever leur chute sur les herbes roussies par la lumière et la chaleur de l'astre diurne.


En haut de l'un de ces arbres se trouvait un jeune homme, qui profitait des dernières lueurs du jour pour terminer des esquisses diverses et variées. Une d'entre elles représentant les paysages alentours, une autre un petit village de campagne, et enfin une troisième. Celle-ci était inachevée,on pouvait y voir un jeune homme au teint pâle, le visage souriant. De légères cernes sous ses yeux qui aurait pu permettre à la personne représentée de mentir sur son âge, donnant un air à peine plus âgé. Des cheveux noirs aux quelques reflets bleutés, ébouriffés et coiffés en une sorte de chignon négligé. Mais le détail le plus marquant de ce portrait était son regard, non pas l'expression de celui-ci qui semblait joyeuse, mais plutôt l'originalité de ses pupilles. Dessinées à l'encre rouge, elle lui donnait une allure presque menaçante, bien que l'ensemble des autres caractéristiques du croquis laissait entrevoir un visage joyeux. Ce dernier croquis se révélait être un auto-portrait, ayant perdu l'inspiration son auteur eu pour une idée de se représenter lui-même, le plus fidèlement possible. Il le signa "Sozokujin".


L'air se rafraîchissant de plus en plus, Sozokujin quitta sa branche en sautant avec agilité jusqu’au pied de l'arbre. Il rangea son matériel dans une petite sacoche en cuir, restée au pied de l'arbre, celle-ci étant encore chaude il était aisé de deviner que le peintre l'avait laissée ici toute la journée à la merci du soleil. Il se contenta de la garder dans ses mains, jugeant inutile de s'en affubler pour un si court trajet. Il se mit alors à marcher vers un village. Celui-ci se trouvait à la frontière sud du pays du Feu avec le pays de l'Eau. De ce fait il était devenu une sorte de point de passage pour les marcheurs aguerris qui préféraient prendre le temps d'admirer les paysages plutôt que passer quelques heures dans un train et de ne pas profiter du voyage. Cela occasionnait parfois quelques querelles entre les anciens du villages et ces gens de passages, mais rien de réellement alarmant. Ne représentant aucun atout stratégique, le petit hameau a toujours été épargné par les guerres. Seuls les bandits et autres ninjas renégats avaient pu s'attaquer quelquefois au lieu.


Il mit une vingtaine de minutes à rallier les premières fermes du villages, assez anciennes, mais tout de même épargnées par le passage du temps. Malgré l'heure, assez tardive, il n'était pas rare de voir quelques fermiers encore travailler dans les champs. Sozokujin ignorait tout de leurs vies, les voyant chaque jours, il lui arrivait d'esquisser ces hommes et ces femmes dont le dur travail permettait aux villageois de vivre. Quittant les fermes, il s'approchait de plus en plus de la place du village, un petit espace circulaire où l'on organisait tout les événements, des mariages aux simples anniversaires ou, plus tristement les enterrements. Quelques personnes erraient encore sur la place, échangeant quelques ragots avant de tous rejoindre leurs lieux de vie. Quelques-une d'entrent elles firent un signe à Sozokujin, qui fit de même en retour. Il lui fallut encore quelques minutes pour rejoindre sa demeure, du moins celle de sa grand mère chez qui il habitait. Arrivé devant le pas de la porte, il se mit encore cette même réflexion, qui était finalement devenue une habitude, comment cette maison pouvait encore tenir debout. On lui avait appris que sa famille avait été la première à s'installer dans la région, et qu'elle avait fini par y faire prospérer ce petit hameau, auquel ils donnèrent leur nom : Shakotori. La bâtisse était donc ici depuis de nombreuses années.


Il poussa la porte pour entrer, enlevant chacune de ses chaussures avec le pied opposé puis il alla dans la pièce à vivre de la maison. Celle-ci se révéla avoir été décorée de manière très simple, quelques meubles fait de bois, et quelques peintures, certaines signées du nom de Sozokujin, étaient accrochées sur le mur vieillissant. Une cheminée de pierres, massive, qui permettait de réchauffer l'atmosphère et les cœurs de tous ceux qui se trouvait près de celle-ci. S'avançant, Sozokujin remarqua une ombre se déplacer vers lui très doucement, puis soudainement une petite fille se jeta sur le jeune homme.


-"Grand frère Sozo' !" S'écria joyeusement la jeune enfant. Sozokujin l'attrapa par la taille et la fit virevolter dans les airs en riant.


-"Alors comme ça tu voulais me faire peur petite canaille ! Il faut mieux te cacher Kanashimi si tu veux espérer y arriver !" dit le jeune homme à celle qui l'avait surprise. Cette dernière, riait aux éclats dans ses bras.


-"Eh bien, eh bien, on dirait que ton grand frère est enfin rentré à la maison." Déclara une voix féminine. Celle-ci, familière aux deux enfants était celle de leur grand mère. S'approchant doucement, la vieille dame souriait en entendant les rires de ses petits enfants.


"Maintenant petite Kanashimi, va donc mettre la table pendant que Sozokujin et moi préparons le dîner." Demanda la grand-mère à sa petite-fille. Elle fit la moue avant de s’exécuter, elle semblait simplement déçue de ne pas pouvoir jouer tout de suite avec son grand frère. Sozokujin rejoignit sa grand-mère, et ils se mirent à préparer le dîner échangeant tout deux quelques moments de leurs journées respectives. Tout deux étaient très différents physiquement, sa grand-mère avait le teint plus mat, les cheveux bruns grisonnant avec l'âge, des yeux verts noisettes. Ils n'avaient aucune caractéristiques physiques en communs. Il en était de même pour sa petite sœur, qui partageait les mêmes caractéristiques que la doyenne de famille. Sozokujin, savait par sa grand-mère qu'il avait été recueilli alors qu'il n'était qu'un nourrisson, elle lui avait racontée qu'il avait été déposé devant sa porte une nuit d'orage, et que c'était sa fille qui l'avait découvert. Ne pouvant se résoudre à abandonner l'enfant à son sort, la famille Shakotori décida de le recueillir, et de l'élever comme un fils. Il ignorait tout de ses véritables origines, qui pouvait être ses parents, et pourquoi l'avait-il abandonner ainsi ? Kanashimi était quand à elle une véritable Shakotori, malheureusement sa mère perdit la vie lors de son accouchement. A compter de ce jour, Sozokujin se souvenait que leur père s'était mis à boire, il avait contracté des dettes aux jeux et avait fini par s'attirer les foudres de quelques mafieux d'une ville voisine. Il fut retrouvé mort dans une ruelle, poignardé dans le dos. Il s'est alors occupé de sa sœur et de sa grand mère comme un père et un fils aidant du mieux qu'il le pouvait.


Lorsqu'il eut grandi, il s’intéressa aux arts du ninjutsu, mais il se refusa d'abandonner sa famille pour apprendre les voies du ninja et décida de s'instruire par lui-même en réunissant suffisamment d'argent pour acheter des ouvrages sur le ninjutsu. Il se révéla être très doué pour ceux-ci, il avait appris beaucoup de techniques avec un certain naturel comme s'il les avait toujours connues. Il participa à de nombreux concours et représentation étant plus jeune. Ce n'est que depuis deux ans que le jeune homme constata des progrès fulgurant, qui étrangement semblaient liés à l'apparition de ces pupilles rouges. Il avait fait quelques recherches sur le sujet, et mais n'avait rien trouvé de très probant, ce qu'il trouva très étrange mais cela ne le préoccupa pas énormément. Il passait la majeure partie de ses journées à s’entraîner dans une vieilles carrières de pierre, abandonnée depuis plusieurs années il savait que là-bas il ne pourrait jamais blesser personne ni endommager quelconque bâtiment. Mais il ne négligeait pas sa famille pour autant, et essayait de se montrer le plus présent possible.


Une odeur délicate s'échappait de la cuisine, ce qui ne manqua pas d'attirer l'attention de la jeune Kanashimi qui salivait comme une morte-de-faim. Le remarquant, Sozokujin, prit une petite tasse et y servit une louche du potage qu'ils avaient préparés lui et sa grand-mère, sans même le remercier elle dévora la mixture ce qui ne manqua pas de faire rire son grand frère.


-"Eh bien, tu meurs de faim à ce que je vois, mais cela ne t'empêche pas d'être polie non ?" lança la grand-mère, amusée par la scène mais agacée par le comportement de sa petite fille. Cette dernière demanda pardon à son grand frère et le remercia en souriant. Son sourire était le plus grand et satisfaisant des remerciements pour lui, il lui sourit en retour et invita toute la petite famille à se rendre à table. Tous s'installèrent et dégustèrent leur dîner dans la bonne humeur, discutant de tout et de rien. Sozokujin décida d'amuser la tablée en créant un petit colibri de flammes en usant de ses compétences ninjas. Kanashimi était émerveillée, ses yeux pétillant d'admiration en étant la preuve, quand à leur grand-mère celle-ci était plus inquiétée par les déplacements erratiques des flammes qu’émerveillée. Toutefois elle reconnaissant la prouesse du jeune homme en le félicitant et qu'elle était fier de voir que celui-ci était capable d'un tel prodige, racontant que personne au village n'était réellement capable de produire ne serait-ce que la moindre technique ninja. Sans doute grâce à la moindre importance de leur village. Elle estima bénéfique qu’au moins une personne soit capable de protéger tout le monde même en temps de paix.


Le repas terminé, Sozokujin fût prié par sa grand-mère d'aller border la petite Kanashimi, qui avait déjà bien trop veillée cette semaine. Il acquiesça et fit signe à sa petite sœur de monter dans sa chambre, celle-ci commençant à montrer quelques signes de fatigue se résignait tout de même à venir avec lui. Le jeune homme gronda affectueusement la petite fille, lui disant que si elle n'allait pas se coucher qu'elle ne serait jamais aussi grande et forte que lui. A ces mots, Kanashimi devint plus enthousiaste à l'idée d'aller dormir. Il lui demanda d'aller se brosser les dents pendant qu'il préparait son lit. Sa chambre était décorée par de nombreux dessins, certains réalisé par Sozokujin, d'autres par elle-même. Son lit, semblait très confortable aux yeux de son grand frère, qui gloussa en s'imaginant dormir dans celui-ci, car il était bien bien plus grand que le lit. Il lui raconta une petite histoire pour l'aider à s'endormir, ses yeux se fermèrent doucement, et Sozokujin déposa un baiser sur son front. Il était attendri par cette vision de sa petite sœur paisiblement installée dans son lit prête à s'en aller au pays des rêves. Il allait quitter la chambre silencieusement mais la voix de sa sœur l'interpella avant qu'il ne passe la porte.


-"Grand frère ?" appela dans un murmure timide Kanashimi qui s'était légèrement redressée. Il se retourna, et lui fit un signe de tête pour lui faire comprendre qu'il l'écoutait ce qu'elle voulait lui dire en arborant un sourire affectueux. La jeune enfant demanda si son grand frère serait toujours là pour la protéger, et s'il allait toujours être là, avec elle. Touché par ces mots, Sozokujin se pinça les lèvres avant de lui répondre.


-"Je serais toujours à tes côtés Kanashimi, dans la peur comme dans la joie. Si je suis loin de toi, je serais toujours proche de toi, au fond de ton cœur. Je te protégerai au péril de ma propre vie s'il le faut, mais sache que jamais ton grand frère ne t'abandonnera." Sur ces mots, sa petite sœur le remercia dans un chuchotement avant que le sommeil ne finisse par l'emporter dans des rêves que Sozokujin espérait être des plus heureux et agréables. Il lui souhaita de bien dormir avant de quitter la pièce, il s'arrêta, la main encore sur la porte. Laissant s'échapper un soupir, il voyait en cette petite ce qu'il avait de plus cher au monde. Il descendit raviver le feu dans le foyer de la cheminée, et il en profita pour se remémorer ses moments de joie passés avec Kanashimi. Ils ont toujours su rire de toutes les situations et de tous les sujets, ils arboraient une complicité telle qu'il semblait difficile de les voir séparément. Bien que plus âgé qu'elle, il essayait tout de même de s'intéresser à ce que sa petite sœur pouvait aimer. Le crépitement du feu le ramena dans la pièce à vivre, pendant quelques instants Sozokujin s'était égaré dans ses propres souvenirs, oubliant même de remuer les braises dans l'âtre pour raviver les flammes. Il entendit le son caractéristique de la démarche de sa grand-mère, une sorte de grincement couplé avec un bruit métallique régulier qui devait probablement venir de sa ceinture mal serrée car trop grande pour elle. Elle vint s'asseoir près de lui, il l'informa que Kanashimi s'était endormie rapidement. Ils échangèrent pendant une dizaine de minutes, Sozokujin prévenant sa grand-mère qu'il comptait aller s'entraîner dans la carrière demain. Une inquiétude réelle pouvait se discerner sur son visage lorsque son petit-fils prononça ces mots, elle craignait toujours que celui-ci ne se blesse grièvement pendant ses journées d'entraînement. Mais cela faisait bien longtemps qu'elle ne tentait plus de s'y opposer.


Sozokujin remua une nouvelle fois les braises à l'aide du tisonnier qu'il avait ramassé à côté de la cheminée. Puis il se releva, son dos craquant par la même occasion, ce qui ne manqua pas de faire rire sa grand mère qui y alla de sa petite réflexion. Il exprima son envie d'aller dormir et quitta la pièce en conseillant à sa grand-mère de faire de même dans les prochaines minutes. En passant dans le couloir l'amenant à sa chambre, il pris quelques secondes pour jeter un coup d’œil dans la chambre de Kanashimi pour vérifier si celle-ci dormait toujours aussi bien. Les petits ronflements qu'il put entendre témoignèrent en faveur d'un sommeil profond et réparateur. Il se rendit donc dans sa chambre, déposa ses affaires plus ou moins de manière ordonnée, puis il quitta les vêtements qu'il portait pour quelque chose de plus simple que cela. Il attrapa un vieux kimono rangé en boule au fond d'une commode regroupant l'ensemble de ses habits. Une fois changé, il alla s'allonger sur les couvertures de son lit. Rien au monde ne pouvait égaler le confort de ces vieilles couvertures aux yeux de Sozokujin, faites de laine leur texture rugueuse pouvait au premier abord sembler désagréable pour la peau, mais la chaleur qu'elles pouvaient procurer compensait entièrement ce point de détail. Depuis son lit, il pouvait apercevoir la lune à travers sa fenêtre, à laquelle il manquait un carreau ce qui permettait au vent de s'immiscer dans la pièce et d'en rafraîchir l'atmosphère en été comme hiver. Il trouvait la lune fascinante, bien plus que le soleil, sa pâleur n'avait d'égale que sa beauté. Ses rayons, lorsqu'elle se trouvait à son point culminant dans le ciel, lui permettait de voir comme en plein jour. Sozokujin sentit la fatigue prendre le dessus sur ses pensées, il ferma ses yeux et laissa le sommeil l'emporter jusqu'au lendemain.


Ce sont les rayons du soleil qui firent se réveiller le jeune homme, ces derniers caressaient son visage de leur lumière, ils se révélaient déjà être assez chaud malgré le fait que nous étions seulement au début de la matinée. Il ne se pressa pas de se lever, prenant quelques instants pour flâner dans les couvertures, puis décidant d'enfin quitter son lit il se para d'un kimono noir qu'il attacha avec une ceinture de lin grise. En quittant sa chambre, il voulu vérifier si sa petite sœur était réveillée, la vision de la porte grande ouverte de sa chambre confirma qu'effectivement celle-ci était bien debout. Étonnamment il ne sentit pas l'odeur habituelle du petit déjeuner que préparait leur grand-mère au petit matin. Il en vint à se demander si toutes les deux ne s'étaient pas absentées pendant un moment. Attrapant un morceau de pain et une pomme lors de son passage dans la cuisine, il se préparait à quitter la demeure familiale avec l'idée d'aller s'entraîner dans la carrière aujourd'hui. C'est en ouvrant la porte qu'il vu, accroché à cette dernière un petit mot écrit par la petite Kanashimi. Il pu y lire "Au marché avec grand-mère" écrit grossièrement accompagné de quelques cœurs griffonnés rapidement. Il sourit et décida de garder le papier dans l'une de ses poches puis il quitta enfin la demeure.


Il décida, pour s'amuser, de passer par les toits des maisons sur son chemin. Ce geste, qui ne manqua pas d'être remarqué par les habitants du village, amusa les plus petits comme les plus grands. Tout le monde dans cette petite communauté semblait apprécier le jeune homme aux cheveux noirs. Avançant rapidement, il ne tarda pas à arriver en lisière de l'ancienne carrière de pierre. Celle-ci, abandonnée depuis longtemps était marquée à même la roche par les nombreux entraînements de Sozokujin. Certains pans de pierre étaient noircis par les flammes, d'autre brisés et couverts de nombreux impacts de coups semblant être devenu de plus en plus violent avec le temps. Le jeune homme contempla la scène non sans une certaine once de fierté en lui, la vision de cette carrière lui était familière, mais il était sans cesse satisfait des progrès, même les plus minimes qu'il avait pu accomplir ces dernières années. Il n'avait jamais eu la chance de rencontrer quelqu'un voulant lui enseigner les arts ninjas, alors il s'était résigné à apprendre par lui même. Il se trouvait doué, et beaucoup plus puissant depuis qu'il s'était découvert ces pupilles rouges. Il sauta au centre de la carrière pour se mettre en place et débuter son entraînement journalier. Aujourd'hui il souhaitait perfectionner ses techniques Katon, en les rendant plus dévastatrices mais aussi moins gourmandes en chakra et plus faciles à contrôler.


Il débuta son entraînement, essayant toujours d'être en mouvement et le plus rapide possible, frappant des cibles imaginaires en mouvement ou bien immobiles, utilisant uniquement ses techniques ninja Katon. Tout cela dura pratiquement toute la journée, concentré dans son exercice ne prêta pas attention à la course du soleil dans le ciel et c'est seulement lorsqu'il se rendit compte que les flammes qu'il générait commençait à illuminer le ciel plus que le soleil qu'il réalisa que la nuit commençait alors à s'immiscer à la place du jour. S'arrêtant enfin, couvert de sueur de brûlures et sentant la fumée à plusieurs mètres, il pris quelques minutes pour retrouver son souffle. Pleinement satisfait de son entraînement, il décida de rentrer vers le village en prenant son temps, profitant de la fraîcheur de la nuit tombante. Marchant nonchalamment à travers la forêt il tendait l'oreille espérant entendre les chants nocturne d'un animal, peu lui importait lequel mais il trouvait toujours ce genre de chant mélodieux. C'est en approchant de la rivière qu'il pu entendre un concert de chants de grenouilles. En les écoutant distraitement, il se nettoya le visage avec un peu d'eau fraîche, tout en riant intérieurement en pensant aux réflexions de sa grand-mère quant à l'odeur de fumée que celui-ci allait ramener à la maison.


S'approchant de plus en plus du village de Shakotori, il sentait de plus en plus une odeur qui lui était désagréable, une odeur forte portée par le vent qui soufflait face à lui. Commençant à s’inquiéter, il sauta sur une branche pour prendre de la hauteur, puis une autre pour finalement atteindre la cime d'un arbre. Il ne vit d'abord rien au loin, ce n'est quand se concentrant plus intensément qu'il pu distinguer une lueur rougeâtre qui semblait venir de son village. Ne voulant pas faire d'hypothèses trop rapidement il commença à courir vers celui-ci, pris alors au ventre par un très mauvais pressentiment. A mesure qu'il s'en approchait l'odeur devenait de plus en plus forte, Sozokujin n'avait maintenant plus aucun doute, quelque chose brûlait et ce quelque chose se trouvait à Shakotori. Son entraînement l'ayant fatigué il ne pouvait aller aussi vite qu'il l'aurait voulu mais la peur et l’inquiétude qui l'envahissait le poussait tout de même à faire au plus vite. Le jeune homme avait peur, peur pour les siens mais surtout pour sa grand-mère et la petite Kanashimi. Alors qu'il n'était plus qu'à quelques minutes du village, quelque chose vint le frapper sur son flanc, ce qui le déséquilibra et le fit tomber à terre. Abasourdi, Sozokujin n'eut pas tout de suite réalisé ce qu'il lui était arrivé, pensant d'abord avoir heurté un animal, il écarta rapidement cette idée lorsque qu'il perçu les reflets de projectiles fendant l'air dans sa direction. Il les esquiva sans réelles difficultés, mais il devint d'autant plus inquiet en comprenant que l'on s'attaquait à lui.


-"Ce n'est pas donné à tout le monde d'esquiver ces aiguilles tu sais" déclara une voix féminine, dont Sozokujin n'arrivait à discerner la provenance.


-"Montre-toi, et qui es-tu ? Que se passe-t-il là-bas ?!" hurla le jeune homme dont les pupilles étaient devenues flamboyantes sous l'effet de la colère et de la peur. Il cherchait du regard son adversaire, scrutant chaque feuille, chaque branche, la moindre trace qui pourrait trahir sa position.


-"Tu oses m'interroger alors que tu ne sera qu'un pauvre paysan de plus à tomber sous notre attaque." lança la voix sur un ton plus que méprisant. Ses mots furent ponctués par une nouvelle salve d'aiguille dans la direction du jeune homme. Mais cette fois-ci ses pupilles vermeilles lui permirent de distinguer la provenance des projectiles. Avant même que ceux-ci ne l'atteigne il se jeta avec rage vers l'endroit où il pensait trouver son adversaire, ce dernier surpris par la fulgurante charge de sa cible n'eut que le temps de pousser un cri de stupeur avant d'être frappé en plein visage par Sozokujin. Tout deux vinrent s’écraser au sol, le jeune homme retombant sur ses pieds et courant déjà rejoindre le point de chute de son ennemi. Ce dernier tentant bien que mal de retrouver une forme d'équilibre, sonné par le coup qu'il avait encaissé il n'eut point le temps de réagir lorsque que le jeune homme aux pupilles de feu vint le frapper une nouvelle fois en pleine poitrine, le projetant de ce fait contre un arbre. Lorsque son corps percuta le bois sec, le ninja poussa un cri de douleur et releva la tête pour ne voir que le visage de Sozokujin, déformé par la colère.


"Qui es-tu ?!" Hurla une nouvelle fois le jeune homme, en menaçant du poing son ennemi. Il se rendit compte que celui-ci portait un masque, brisé par la violence du coup qu'il lui avait asséné. Quelques gouttes de sang perlait au bas du masque, donnant à ses quelques motifs rouge une allure encore plus terrifiante. Le masque glissa sous son propre poids et révéla le visage d'une femme, ensanglanté et marqué par la peur. Cette peur ne lui était pas inspirée par la mort, mais par les yeux du jeune homme qui la plaquait contre cet arbre. Pour elle, nul doute possible, il ne pouvait s'agir que des célèbres Sharingans du clan Uchiha.

Contemplant ces pupilles rouges vives et marquées de trois Tomoe noires, elle ne vit que sa propre mort à travers ces yeux. Sozokujin ne comprenant pas le silence de son adversaire, la menaça de nouveau. Une sensation nouvelle parcouru ses yeux, lui donnant un sentiment de puissance nouveau, mais au même moment il vit les yeux de la jeune femme perdre toute trace de vie, du sang s'écoulant depuis ses narines. Sous l'impulsion de la colère, Sozokujin ignora son adversaire et se remit en route vers le village aussi vite que possible.


"J'arrive Kanashimi !" Cria le jeune homme, en mêlant désespoir et colère.

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