LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)
Chapitre 23 : La légende d’Halloween
Il est l’heure de manger lorsque nous entrons dans le bâtiment, nos camarades sont tous attablés, dans une ambiance joyeuse. Tandis que Minato annonce le programme des prochains jours, je rejoins Rinko à table, entouré de plusieurs copains. Il m’accueille chaleureusement en embrassant ma joue, puis me présente à ses camarades qui s’étonnent.
- Ce n’est pas vrai, tu te passes la corde au cou ? plaisante l’un d’eux.
Et c’est reparti.
- Nous ne sommes pas mariés ! rit Rinko.
- Peut-être bien, mais ça t’empêche de fricoter avec les autres, se marre un deuxième.
- Ça ne va pas trop te manquer ? enchaine le premier.
Non mais quel culot, je suis quand même là, c’est carrément déplacé comme conversation.
- Mais non, j’ai assez profité…, tempère Rinko en me lançant un coup d’œil désolé.
- Je ne pourrais pas, me priver des autres pour une seule…, commente l’un d’eux.
Je suis à deux doigts de m’en aller lorsque Kakashi s’installe avec nous en lançant :
- Ça dépend de la qualité de celle que tu trouves. C’est sûr que ce n’est pas toi qui arriverais à trouver une fille assez bien pour que les autres te paraissent insignifiantes.
Rinko affiche un sourire fier en remerciant Kakashi du regard.
- Qu’est-ce que tu en sais Hatake ? répond le ninja avec mauvaise humeur.
- Et ça ne vous pose pas de problème de dire des choses pareilles devant elle ? continue Kakashi froidement.
- On rigole c’est tout ! assure le ninja en me lançant un petit regard honteux.
- Ça t’a blessé ? me demande Rinko avec inquiétude.
C’est encore Kakashi qui répond à ma place :
- A ton avis espèce d’idiot. Tu n’es peut-être pas obligé de toujours parler de tes conquêtes devant elle, à sa place je t’en aurais déjà mis une, réplique-t-il sèchement.
Je regarde Kakashi avec des yeux reconnaissant, touchée qu’il prenne ma défense en sachant depuis hier soir à quel point ça peut m’affecter.
Rinko prend ma main, l’air soucieux :
- Répond-moi trésor, il faut que je sache, ils t’ont mise mal à l’aise ? demande-t-il.
J’observe toute la table qui attend ma réponse et je rougis de gêne, avec une envie de disparaitre de plus en plus intense.
- Non mais sérieusement Rinko ? Tu veux lui faire dire que ce sont des abrutis devant leur nez ? Tu es vraiment un mufle, elle a raison, continue Kakashi.
- Et toi tu es un drôle de chevalier servant…, commente un ami de Rinko avec des yeux ronds.
Kakashi tourne la tête pour lui lancer un regard mauvais et menaçant, qui me fait moi-même frémir, mais qui a le mérite de faire se ratatiner l’homme sur lui-même. Rinko éclate de rire face au tempérament de feu de Kakashi et j’en profite pour me lever.
- Je vais y aller, glisse-je.
- Mais… tu n’as presque rien mangé…, s’inquiète Rinko.
- Tant pis, je n’ai pas faim.
- D’accord… On passe l’après-midi ensemble ? demande-t-il avec espoir.
- Bien sûr, rejoins-moi quand tu veux.
Je file ensuite dans ma chambre en prenant quand même mon dessert pour le finir là-bas. Je suppose qu’il faut que j’arrête de voir Rinko lorsqu’il est avec des gens, au moins un temps, que tout le monde sache qu’il a quelqu’un et cesse de l’embêter avec ça, surtout devant moi.
Les garçons sont des idiots tiens, pas étonnant que je me sois tenue loin d’eux toutes ces années, je ferais peut-être bien de recommencer.
*
Rinko me rejoint en début d’après-midi et nous décidons d’aller dehors, histoire de ne pas rester enfermés toute la journée. Il veut aller dans le village, évidemment, mais j’arrive à le convaincre de plutôt nous installer sous mon arbre dans le champ et il accepte.
Nous nous installons donc sur un grand drap que j’ai déniché dans le bâtiment et je m’allonge sur son flanc, un peu soucieuse qu’il s’ennuie.
- Ça ne te dérange pas trop d’être là ? J’ai sans cesse l’impression de te brimer…, dis-je.
- Comment ça ?
- Tu voulais aller dans le village, voir du monde je suppose…
- Mais non, je suis très bien ici, ne t’en fait pas. Je suis encore désolé pour ce midi, les mecs n’ont pas été respectueux, je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite.
- Ce n’est pas de ta faute, le défends-je.
- Non, mais j’aurais dû réagir. Ce n’est pas le rôle de Kakashi de le faire, c’est le mien… Je suis vraiment navré trésor, ça n’arrivera plus.
- Tant mieux, dis-je d’une petite voix.
- Ça va mieux ou moins bien entre toi et lui ? Je n’arrive pas à vous suivre honnêtement.
C’est le moment d’aborder le sujet.
- Dur à dire, mieux et moins bien à la fois je dirais. En fait, je l’ai vu hier soir, et nous avons un peu discuté tous les deux pendant que tu étais avec tes amis.
- Ah bon ? Il m’a juste dit que tu lui avais dit que tu allais te coucher.
- C’est vrai, mais nous avons aussi un peu parlé, je pensais qu’on devenait amis mais…
- Mais quoi ? Il s’est barré d’un coup ? se marre Rinko.
- Et bien … oui…, admets-je en rougissant un poil au souvenir.
- C’est bon signe alors, n’oublie pas ce que je t’ai dit. Quand il se barre…
- C’est qu’il a du mal à gérer ses émotions…, murmure-je en fronçant les sourcils.
- Donc ça doit vouloir dire que tu as marqué des points. Et puisqu’il te « déteste » par principe, ça a du faire un conflit dans sa tête alors il a pris la fuite.
- Tu crois ?
- Bien sûr, et puis si j’ai bien compris, il t’a envoyé bouler ce matin. C’est très Kakashi tout ça, rien qui me choque en tout cas. Donc je serais tenté de dire que ça va mieux entre vous. De quoi avez-vous parlé ?
- De nous deux majoritairement. Et un peu de lui.
- De lui ?
- Je lui ai demandé pourquoi il portait un bandeau et il m’a expliqué … qu’il avait un œil rouge… ? demande-je.
- Ouai.
- Ça ressemble à quoi ? ne peux-je m’empêcher de demander.
- C’est flippant, mais carrément cool ! rit-il.
- Flippant ? Vraiment ?
- Bah, ce n’est pas courant quand même... Et puis il y a la cicatrice qui va avec il faut dire, alors ça attire l’attention dessus.
- J’aimerais bien voir à quoi ça ressemble…, dis-je pensivement.
- Tu auras forcément l’occasion de le voir, mais je me vois mal lui demander de te montrer, ça fait un peu animal de foire.
- Evidemment, je n’attends pas ça de toi ! glousse-je.
- Et puis tu pourrais avoir peur…, dit-il d’une voix malicieuse.
- Ça m’étonnerait, ris-je.
Il se redresse sur un bras avec un air pompeux :
- Je te signale que c’est en grande partie ce qui inspire la peur chez ses adversaires.
- Parce que c’est puissant ?
- Oui, mais aussi parce qu’il y a des légendes qui courent sur lui…, continue Rinko avec un voix mystérieuse de compteur d’histoire.
- Quel genre ?
- Que si tu te trouves sur un champ de bataille, et que le fameux ninja copieur arrive… Tu ne le verras pas, tu ne l’entendras pas, tu n’auras même pas conscience qu’il est là, parmi les ombres, à se glisser jusqu’à toi… mais son œil rouge sang sera assurément la dernière chose que tu verras avant de mourir.
Des frissons remontent le long de mes bras jusqu’à la racine de mes cheveux et Rinko éclate de rire en me frottant pour dissiper ma chair de poule.
- Il ne va pas te tuer si tu vois son œil trésor ! pouffe-t-il.
Je glousse nerveusement :
- Je sais bien, mais l’histoire est … On dirait une légende d’Halloween.
- C’est un peu ça, Kakashi est une légende d’Halloween à lui tout seul. Ses massacres sont célèbres malheureusement.
- On ne dirait pas comme ça…, dis-je pensivement.
- Ah bon ? Tu trouves ?
Je réfléchis un peu et je dois me rendre à l’évidence :
- Si… objectivement, il a l’air inquiétant ! admets-je. Plus que toi !
Je rigole tandis qu’il affiche une tête vexée :
- Je n’ai pas l’air d’un grand combattant inquiétant moi ? demande-t-il, boudeur.
- Non, quoi que tu fasses tu as l’air adorable et gentil. Même ton look de mauvais garçon ne prend pas ! pouffe-je.
- Vous me vexez Madame…
- C’est bien aussi d’avoir l’air d’un gentil garçon, dis-je en caressant sa joue.
- Aussi ?! s’insurge-t-il.
J’éclate de rire et il affiche une mine toujours plus boudeuse :
- Alors quoi ? Tu aimes l’allure des combattants inquiétants ? râle-t-il.
- Peut-être bien, l’embête-je.
- Je suis foutu alors, tu finiras dans les bras de Kakashi, murmure-t-il en se penchant pour m’embrasser.
Ça me fait du bien de l’embrasser, ça me remet les pendules à l’heure. Je ne sais pas si j’ai déjà savouré à ce point un de nos baisers.
J’attrape sa tête tandis qu’il glisse sa langue contre la mienne avec douceur et sensualité. Sa main se pose ensuite sur ma cuisse, et il me caresse tendrement sur tout le flanc, faisant de longs va et vient agréable le long de mon corps. Je regrette que nous soyons dehors, j’aurais aimé sentir sa peau sur la mienne. J’ai un besoin urgent de reconnecter avec lui.
- Et si on rentrait ? chuchote-je contre ses lèvres.
- Avec plaisir, grogne-t-il en m’embrassant encore.