LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC x OC)

Chapitre 146 : La méthode Norvégienne

3883 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 10/12/2025 12:16

Chapitre : La méthode Norvégienne


C’est toujours quelque chose d’atterrir du septième ciel avec la femme qu’on aime, mais alors de le faire dans dix centimètres d’eau brûlante, dans une grotte naturelle préservée, avec le bruit des cascades en fond est d’un autre niveau.

Nous échangeons un regard et nous rions comme deux imbéciles bienheureux tandis qu’elle roule sur le ventre en ronronnant de bonheur, s’étirant dans l’eau chaude.

-         Je veux la même source à Konoha ! geint-elle.

-         Je veux la même source dans ton salon ! réplique-je.

Elle pouffe en me regardant et je rougis, un peu timide d’avoir sorti une chose pareille alors que malgré cette soirée « sans conséquence », je ne suis plus forcément le bienvenu chez elle. Mais elle me tire de mon malaise :

-         Alors tu es allé voir Dragon ? C’est ce que tu m’avais dit…

-         Oui, j’ai passé un peu de temps avec lui tous les jours avant mon départ, il va bien… Rinko s’en occupe très bien, la rassure-je.

-         Il venait avec toi ? s’étonne-t-elle.

-         Oui, il venait une petite heure par jour me rejoindre, explique-je.

Elle fronce les sourcils :

-         Une petite heure ? Mais combien de temps passais-tu chez moi ?!

-         Oh… tout mon temps libre, avoue-je.

Elle rit un moment en me couvant de ses yeux les plus heureux :

-         Ça me fait drôle de me dire que tu étais avec Rinko, je n’arrive pas à intégrer qu’il accepte ce que nous lui avons fait… Que vous soyez toujours amis … et que je suppose que je le serai toujours moi aussi… c’est vraiment un garçon formidable, soupire-t-elle.

-         Carrément, tu aurais mieux fait de rester avec lui… si c’était pour finir avec Shisui, grommèle-je.

Mais elle me lance automatiquement un regard sévère :

-         Ne le critique pas, il est très gentil ! le défend-elle.

-         Pardon, je ne critique pas Monsieur Noctuelle du Chou, je n’oserais pas, réplique-je.

-         Kakashi ! s’exclame-t-elle en gloussant malgré tout.

-         Quoi ?! m’écrie-je en feignant l’innocence.

-         Pfff…, soupire-t-elle. Vous n’êtes vraiment pas très sympas avec lui. Que ce soit toi ou Rinko. Il le critiquait déjà à Konoha, il le trouve trop niais… Je n’imagine même pas ce qu’il va se prendre dans les dents maintenant que Rinko peut officiellement rejoindre ton équipe.

-         Officiellement rejoindre mon équipe ?

-         Avant que tu ne me quittes, ça faisait déjà quelques semaines qu’il me poussait dans tes bras de façons plus ou moins subtiles. Après le pays des fleurs, il s’est mis à me parler de toi constamment, à te vanter, à me demander ce que je pensais de toi, je pense même qu’il m’avait sous-entendu après mon coma qu’il n’accepterait que toi dans ma vie maintenant que j’y réfléchis. Il ne m’avait pas donné de nom, mais vu les semaines qui ont suivi, je n’ai plus trop de doutes. Il pense que nous sommes faits l’un pour l’autre…, explique-t-elle en jouant avec l’eau.

Je pèse le pour et le contre de lui dire ce que j’en pense, mais je me dis que je n’ai plus rien à perdre de toute façon :

-         Je le pense moi aussi, glisse-je d’une petite voix. Je sais bien que j’ai fait une belle connerie, mais c’est quand même ce que je pense et je n’abandonnerai pas si facilement la femme que je pense être faite pour moi… Shisui ou pas…

Elle rougit et un petit sourire déforme ses traits malgré sa volonté de le cacher.

-         Je ne désespère pas de te récupérer un jour, murmure-je.

Je me penche vers elle et elle accueille mon baiser avec un plus beau sourire encore sur les lèvres, me poussant à attraper doucement son menton pour l’embrasser avec plus d’application. Elle me saute gentiment dessus, me rallongeant dans l’eau pour m’embrasser de tout son saoul et je ne peux m’empêcher de me dire que je ne suis décidément pas mauvais pour la convaincre de pardonner mes idioties.

Il est étrange de sentir ses cheveux sur mon visage alors qu’elle m’embrasse, elle les attache systématiquement d’habitude et j’en profite donc pour les caresser et jouer avec, tout content de découvrir une nouvelle « activité », ce qui finit par la faire pouffer.

-         Tu aimerais que je me lâche les cheveux plus souvent ? rit-elle en m’observant faire.

-         Pas forcément, ta nuque est l’une des parties de ton corps que je préfère… mais c’est rigolo de jouer avec, réponds-je bêtement.

Elle éclate de rire en passant à son tour ses mains dans mes cheveux pour les plaquer vers l’arrière comme tout à l’heure.

-         Ça fait ressortir tes beaux yeux de dégager ton front, se justifie-t-elle en gloussant.

-         Mon strabisme tu veux dire, l’embête-je.

-         Oh pardon Kakashi ! s’exclame-t-elle avec un rire nerveux. J’étais tellement en colère après toi !

-         Je ne t’en veux pas, j’étais triste que tu m’en veuilles mais tu m’as bien fait rire quand même ces premiers jours, la rassure-je.

-         Tant mieux alors, répond-elle en m’embrassant chastement une dernière fois.

Puis elle s’allonge sur mon torse, posant la tête au creux de mon épaule et je caresse automatiquement son dos tandis que nous profitons encore de ce moment de détente incroyable.

*

J’ouvre les yeux lorsque j’entends de nombreux bruits de pas dans le hall au-dessus de nos têtes, immédiatement sorti de notre bulle enchanteresse.

-         Ils rentrent, la fête est finie, lui annonce-je avec tension.

Elle redresse la tête avec une petite mine concernée :

-         Tu penses que certains d’entre eux vont venir ici ? s’inquiète-t-elle.

-         Je ne sais pas, il est tard mais c’est possible, il faisait vraiment un froid de canard dehors…, dis-je lentement.

-         Mais il est tard …, gémit-elle.

-         La moitié de nos camarades doivent être alcoolisés et viennent de passer une soirée dans la neige, je ne suis pas sûr que l’heure les interpelle, souligne-je en me redressant.

Elle hoche la tête et nous partons à la pêche de nos serviettes en gloussant, ne pouvant pas nous empêcher de nager encore un peu malgré le temps qui presse.

Cinq minutes plus tard, nous sortons enfin de la petite grotte secrète et j’ai à peine fait trois pas qu’elle attrape ma main pour me retourner contre elle tandis que je l’enlace automatiquement.

Elle plisse les yeux avec malice :

-         Vous n’avez rien oublié Monsieur ? demande-t-elle.

-         Euh… je ne crois pas ? réponds-je.

Elle agite mon masque sous mon nez en gloussant :

-         Vous êtes décidemment très fort pour oublier des effets personnels au bord des bassins d’eau chaude ! me taquine-t-elle.

Je ris doucement avant d’attraper sa tête pour la tirer contre mes lèvres, savourant un autre baiser de sa part puisque notre soirée sans conséquence touche à sa fin.

-         C’est parce que vous me faites tourner la tête Mademoiselle. N’avez-vous pas remarqué que j’oublie mes effets personnels uniquement lorsque vous êtes là et que vous m’embrassez passionnément… ? murmure-je d’une voix séductrice.

Elle pose ses mains sur mes joues et m’offre un sourire radieux mais qui s’estompe peu à peu :

-         Je n’ai jamais été aussi heureuse que lorsque nous étions ensemble Kakashi, tu le sais ? demande-t-elle alors d’une petite voix.

-         Non…, murmure-je.

-         Je te le disais sans cesse pourtant. Tu as vraiment tout gâché…, soupire-t-elle tristement.

-         Je sais, marmonne-je.

Elle tire mon visage contre le sien et nous nous embrassons tristement mais intensément, visiblement tous les deux trop peinés que notre soirée s’arrête.

Des pas retentissent alors dans les vestiaires, de nombreux pas, et nous nous détachons vivement pour nos observer avec des mines inquiètes. Je la lâche pour enfiler mon masque avant de foncer vers le bassin.

-         Mais qu’est-ce que tu fais ?! s’exclame-t-elle à voix basse tandis que je m’enfile dans l’eau.

-         Je préfère franchement qu’ils me trouvent en train de me détendre dans l’eau chaude après être tombé dans la rivière glacée plutôt qu’ils nous tombent dessus alors que nous fuyons les onsens ensemble, avec nos têtes complétement shootées par nos bêtises ! réponds-je vivement sur le même ton.  

Elle éclate de rire silencieusement en se tortillant sur place avant de foncer à son tour dans l’eau, à une distance respectable de moi. Nous nous lançons un dernier regard rieur avant d’afficher nos têtes les plus détendues, faisant mine de nous prélasser dans l’eau lorsque Yuki fait irruption :

-         J’étais sûr qu’on vous trouverait là ! Je vous l’avais dit les gars ! Après un bain glacé rien de tel qu’un bon onsen ! La méthode norvégienne ! se marre-t-il.

Un bon groupe de ninjas débarque à la suite de Yuki, dont Shisui, et ils nous rejoignent joyeusement dans l’eau en papotant. Je laisse trainer une oreille du côté d’Hanako pour écouter leur conversation.

-         Tu n’es pas venue en maillot ? demande Shisui avec un air pincé.

-         Non, je ne m’attendais pas à ce que tout le monde débarque ! répond-elle vivement.

-         Mais avec Kakashi c’était ok ?! l’accuse-t-il.

-         Et comment voulais-tu que je sache que Kakashi viendrait ? On ne s’est pas donné rendez-vous ici ! réplique-t-elle sèchement.

-         Oui, excuse-moi… Mais je ne sais pas, pourquoi ce choix ? s’entête-t-il.

-         Quel choix ? Je me suis retrouvée trempée jusqu’à l’os dans une eau gelée, j’ai foncé sous ma douche immédiatement et c’est dessous que j’ai eu l’idée de venir ici. Alors non, à deux heures du matin je n’ai pas pensé à mettre mon maillot de bain. Et puis ce sont des onsens à la base, pas une piscine publique ! s’énerve-t-elle.

Il acquiesce, penaud, et reste silencieux tandis qu’elle s’appuie contre le bord du bassin en soufflant de frustration.

Je ne l’ai jamais vu irritable après nos bêtises et je me demande si elle réagit mal à cause de sa culpabilité ou si Shisui lui tape vraiment sur le système. Pourtant il n’y a pas de raison, comme elle l’a si bien dit, nous nous sommes simplement offerts une soirée pour nous, sans conséquence, sans compte à rendre… Enfin, je suppose qu’il est plus facile pour moi de nous justifier comme ça plutôt que pour elle.

Je lui lance encore un regard et lorsqu’elle m’offre un joli sourire gentil, je pose ma tête contre le bord pour finir tranquillement de planer après ma – très – bonne soirée.

Une vingtaine de minutes plus tard, je me décide à retourner dans ma chambre pour de bon. J’ai passé suffisamment de temps dans l’eau pour aujourd’hui alors je salue tout le monde et je quitte les onsens.

Retrouver ma chambre pour la dernière fois me fait drôle. C’est vraiment étrange de me dire qu’il n’y aura plus d’activités et que nous ne verrons les ninjas de Yu qu’à de rares occasions. Je me suis attaché à Yuki, je n’en reviens pas. Cet idiot me manquera sans doute un peu, je m’étais bien habitué à être avec lui tous les jours… enfin, il ne tardera pas à venir à Konoha à son tour et je m’en réjouis déjà.  

J’enfile simplement un short noir et je me glisse dans mon lit avec un livre.

*

Je lis une petite demi-heure lorsque mon esprit divague. Je pense à elle évidemment, elle me manque déjà, et je ne supporte pas de me dire que je ne la reverrai pas avant un moment puisqu’elle repart à Shimo.

Je regarde l’heure, il est vraiment très tard cette fois, mais je suis parti des onsens il y a trente minutes et elle était encore dans l’eau… Elle est sans doute encore debout…

Suis-je vraiment en train d’envisager d’aller dans sa chambre ? J’ai trop envie de la voir, de discuter avec elle, de lui souhaiter bonne nuit de… Juste de profiter d’elle. Nous nous sommes tellement rapprochés depuis cette grotte, je la retrouve enfin un peu et ça me crève le cœur d’imaginer que je ne la verrai pas avant un temps indéterminé… surtout si je passe voir mon cher ami Tao, qui sait quels problèmes je pourrais avoir…

 Je sais que je vais de toute façon le secouer pour avoir menacé Hanako mais je ne sais pas à quel point selon son implication dans cette rumeur de tromperie… j’ai peur d’avoir des problèmes qui m’empêchent de voir Hanako dès son retour, peur qu’elle m’en veuille d’avoir donné une leçon à Tao… J’ai besoin de la revoir une dernière fois, seul à seul, de lui dire au revoir comme il faut…

Je saute sur mes pieds et me glisse dans le couloir, n’ayant toujours pas tranché si c’est une bonne idée mais bien décidé à sauter dedans les deux pieds devant quand même.

Je tourne au coin du mur du couloir et sa porte apparait dans mon champ de vision. Mon moral remonte en flèche et alors que j’arrive à quelques mètres, la poignée bouge et je me fige. Et si c’était Shisui ? Oh la vache. Il se demanderait carrément ce que je fiche là, torse nu au milieu de la nuit ! Tous mes muscles se tendent, prêts à me projeter en arrière et je recule à l’angle du mur pour pouvoir me sauver hors de vue facilement.

Mais la porte s’ouvre sur son beau visage d’ange, me figeant. Elle sort silencieusement et ses yeux s’agrandissent sous la surprise lorsqu’elle me voit. Elle me rejoint à toute vitesse, survolant le couloir sur la pointe des pieds :

-         Mais qu’est-ce que tu fais là ?! chuchote-t-elle.  

-         Je… venais te voir en fait, avoue-je doucement.

Elle pouffe dans sa main silencieusement, complétement hilare :

-         Moi aussi !!

Elle attrape ma main et me tire avec elle jusqu’à sa chambre tandis que nous réfrénons nos rires de sale gosses. Je suis trop heureux de me dire qu’elle a eu envie de me voir moi, pas lui, moi.  

Nous nous enfilons dans sa chambre tandis qu’elle referme la porte tout doucement puis elle file dans son lit pour se glisser sous sa couette avant de tapoter le matelas à côté d’elle. Je m’installe donc, sur la couette mais en posant quand même ma main sur son ventre.

-         Tu n’es pas fatiguée ? demande-je.

-         Non… enfin un peu mais ça va. Et toi ?

-         Non… je resterai jusqu’à ce que tu veuilles dormir si ça te va… ? propose-je.  

Elle caresse ma main en rougissant légèrement, fixant son regard sur ses doigts qui me cajolent :

-         En fait… je me disais que… tu pourrais dormir là… ? avoue-t-elle du bout des lèvres.

J’écarquille légèrement les yeux, stupéfait d’apprendre que j’ai gagné une nuit de plus dans ses bras.

-         Mais avec plaisir, réplique-je.

Elle m’offre un magnifique sourire qui fait fondre mon cœur avant de me pousser gentiment pour me faire passer sous la couette avec elle. Nous nous installons sur le flanc, face à face, et je glisse un bras sous sa tête pour qu’elle la pose sur mon biceps tandis que je cale le deuxième autour de sa taille pour caresser son dos du bout des doigts. Quel bonheur de nous câliner, je peine à croire que nous nous criions dessus il y a quelques jours.

-         Tu vas me manquer…, dit-elle tristement.

-         Oh toi aussi mon ange…, murmure-je.

Elle passe alors le bout de ses doigts sur mes lèvres, les caressant doucement, perdue dans ses pensées :

-         Kakashi…Et si… et si on se donnait la nuit plutôt que la soirée… ? propose-t-elle d’une petite voix.

-         La nuit pour … ? articule-je sans m’autoriser à croire que j’ai bien compris.

-         Pour être tous les deux, comme avant… comme tout à l’heure… Une nuit sans conséquence, sans se poser mille et une questions, sans rancœur d’abandon ni de crainte quant aux potentielles retombées de nos actes…, souffle-t-elle doucement.

Son cœur accélère un peu et ses joues rosissent tandis que le mien explose d’allégresse. Autant je me suis contenu ces derniers jours, à essayer de lui prouver que je respectais sa relation, à craindre qu’elle me renvoie dans la tête nos rapprochements, autant depuis ma discussion avec Minato, je n’en suis plus là. Alors je n’hésite pas même une seconde :

-         Ça me va très bien, murmure-je d’une voix rauque en fondant sur ses lèvres.

J’ai à peine le temps de voir son sourire profondément heureux avant que mes lèvres ne s’écrasent contre les siennes et que son pouls s’envole.

Puisqu’elle veut que nous soyons comme avant, je m’autorise à l’embrasser comme avant. Je l’embrasse comme si elle était à moi, comme toutes ces fois à Konoha où je fondais sur ses lèvres avec assurance, sans me poser aucune question. Je l’enlace immédiatement, rabattant vers moi mon bras calé sous sa tête pour la tirer contre mon visage fermement, attrapant sa taille complétement pour presser son corps contre le mien et elle vibre de bonheur. Ses frissons se déploient avec zèle et elle ne peut pas empêcher un sourire d’étirer ses lèvres malgré nos embrassades.

Je me noie déjà dans sa volupté, j’ai envie de la caresser peau à peau, de nous fondre l’un dans l’autre comme nous savons le faire, comme nous l’avons fait tout à l’heure. Je suis tenté d’y aller franchement, comme avant, mais il me semble qu’il est préférable d’avoir son accord clair en ces temps flous.  

-         Jusqu’où puis-je aller ? souffle-je contre ses lèvres.

-         Jusqu’où tu veux, rappelle-moi ce que ça fait d’être heureuse…, murmure-t-elle.

Je souris à mon tour en replongeant sur elle.

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