LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC x OC)

Chapitre 152 : Confrontation avec Tao

3817 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 24/12/2025 12:52

Chapitre 152 : Confrontation avec Tao


Je fixe Shin en immobilisant chacun de mes muscles, bataillant avec le démon sur mon épaule qui me pousse à sauter sur mes pieds, ce que je refuse.

-         Ça va ? demande Nakama d’une voix inquiète en voyant ma tension.

-         Ça va, articule-je difficilement en saluant Nanba.

Shin m’aperçoit alors et il me fait signe timidement, je me bats toujours contre moi-même pour rester sur mon foutu banc mais alors que le groupe s’éloigne en papotant, Shin me lance un regard hésitant avant de faire volte-face pour venir vers moi.

Mon cerveau se coupe automatiquement, je ne l’ai pas cherché, il vient à moi et je ne suis clairement pas assez raisonnable pour surmonter une tentation pareille.

-         Je te laisse Nakama, annonce-je. Passe une bonne soirée.

Elle ne répond même pas face à mon ton plus froid que l’hiver et je sens son regard intrigué sur moi alors que je me lève pour rejoindre Shin qui marche toujours dans ma direction. Je me retrouve seul avec lui au milieu de la rue, ses amis sont partis et j’en suis heureux, j’aime autant avoir le moins de témoins possible de la conversation qui va suivre.

-         Shin, le salue-je.

-         Commandant, me salue-t-il pompeusement.

-         Tutoies-moi, et appelle moi Kakashi, tranche-je immédiatement.

Autant qu’on abrège les politesses, ce type risque de changer ma vie d’ici trois minutes. Il ouvre des yeux ronds, mais hoche la tête en souriant :

-         Euh… d’accord, je ne voulais pas t’embêter avec ton amie mais je voulais juste savoir si tu avais des nouvelles d’Hanako ? Ça fait des semaines que je ne l’ai pas vue, je suis passé chez elle ces derniers temps mais elle n’y était même pas, ça m’inquiète un peu… Elle est en mission ? Je ne l’ai pas vu sur les plannings…

-         Ne t’inquiète pas Shin, elle est simplement en vacances au pays du gel chez un ami depuis trois semaines, le rassure-je.

Il affiche une tête soulagée et je lutte toujours pour tenter de m’empêcher de poser la question qui me brûle les lèvres.

-         Super, merci Kakashi, je te souhaite une bonne soirée ! dit-il en esquissant un mouvement pour partir.

-         Attends, lâche-je.

Il se retourne en m’interrogeant du regard.

 Je ne dois pas lui demander, je ne dois pas. Trop tard, le démon sur mon épaule assomme l’ange :

-         Je voulais te poser une question moi aussi, enchaine-je.

-         Je t’écoute ? demande-t-il en fronçant les sourcils.

-         Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je sais que tu as dit à Hanako que je couchais avec Hinari, ce qui est totalement faux soit dit en passant, commence-je.

Son visage se décompose et j’ai une petite pointe de culpabilité pour mon petit cœur, qui ne devait pas me dévoiler le secret. Je ne veux pas fiche le cirque dans leur amitié alors je passe aux explications les plus courtes possibles :

-         Ecoute Shin, c’est très compliqué, elle ne voulait pas me le dire mais des circonstances malheureuses ont fait qu’elle en a été obligée.

-         Kakashi… je ne voulais pas colporter des rumeurs sur toi, je te l’assure, simplement… je … je m’inquiétais pour elle, elle te fréquente et je la sentais tellement… je n’ai pas…, bafouille-t-il.

-         Il n’y a aucun problème, ce n’est pas ce qui m’intéresse, le rassure-je immédiatement. Tu n’as fait que prévenir ton amie d’une situation la concernant peut-être, je peux comprendre.

-         Vraiment…? Je ne veux pas de problèmes Kakashi…, geint-il.

Je sais qu’il tient comme à la prunelle de ses yeux à sa future promotion de jônin, Hanako m’en a déjà parlé et je ne peux qu’imaginer le conflit dans sa tête alors je décide de m’en servir.

-         Je t’assure que tu n’en auras pas. En revanche, il y a quelque chose que j’aimerais savoir, et si tu m’aides Shin, je me ferai un plaisir d’appuyer ta candidature avec Nanba, j’ai vu la demande sur le bureau de Minato.

Et j’obtiens effectivement toute son attention.

-         Tout ce que tu veux Kakashi, dis-moi ? s’émerveille-t-il.

-         Qui t’a parlé de ces rumeurs ? demande-je frontalement.

Il a un petit mouvement de recul qui ne m’échappe pas, à vrai dire, ça confirme déjà pratiquement la réponse et ma colère me vrille la tête. Tao n’est pas particulièrement apprécié, je sais qu’il traine avec la bande de Rinko parce qu’il a un ou deux vrais amis dans le tas mais je sais aussi qu’ils sont très peu à l’apprécier sincèrement. Ils ont même généralement légèrement peur de lui et ce petit recul m’annonce donc la couleur. Je décide de lui donner un coup de pouce :

-         Ecoute Shin, je ne sais pas exactement ce que tu sais de ma relation avec Hanako, mais cette fille compte plus que ma vie à mes yeux. Tao lui a fait du tort, il l’a menacé et je peux te dire que je n’attends qu’une seule petite confirmation de ta part pour aller lui donner la correction qu’il mérite depuis déjà bien trop longtemps.

-         Il l’a menacé … ? souffle-t-il en fronçant les sourcils.

Il me pose la question mais je vois au fond de ses yeux qu’il sait que je ne mens pas. Il fréquente Tao depuis quelques semaines maintenant, il a donc largement eu le temps de réaliser quel genre d’homme cette ordure est.

-         Je ne dirai rien Shin, ton nom ne sortira jamais de ma bouche, je ne compte pas aller le voir pour discuter posément de tout ça. Tu veux savoir ce que fiche Hanako depuis trois semaines ? Elle s’est littéralement sauvée au pays du gel à cause du tort que Tao lui a fait, elle en a été malheureuse à mourir et je te jure que je risque d’aller lui casser la gueule quoi qu’il arrive. En revanche, si tu me confirmes que c’est bien lui qui s’amusait à te raconter ces conneries, j’aurai au moins la paix d’esprit de savoir que je ne me suis pas planté.

Son visage passe du choc au dégoût dès qu’il entend à quel point Hanako souffre de la situation. Je n’appréciais pas particulièrement ce type et pourtant, quand je vois à quel point le bien-être de mon ange compte à ses yeux, il monte dans mon estime.

Sa mâchoire se crispe, ses yeux se décident et il passe aux aveux complets :

-         C’est lui, confirme-t-il d’une voix assurée. Ça fait des semaines qu’il me chante dans toutes les langues que tu te tapes des filles de Konoha pour les larguer sans considération Kakashi.

-         Et qu’il te demande naturellement de n’en parler à personne…, siffle-je.

-         Oui. Qu’est-ce qu’il a fait à Hanako ?! demande-t-il avec une tension évidente.

-         Du mal, beaucoup de mal. Il est allé de la menacer physiquement à réussir à lui faire du mal psychologiquement, articule-je en serrant les dents.

-         Quoi… ?! chuchote-t-il.

Mon esprit commente à vraiment se scinder, je sens l’adrénaline dans mes veines, le goût du sang dans ma bouche et je me laisse envahir par les menaces qu’il a proférées à Hanako tandis que mes mains se mettent à trembler sous la haine.

-         Merci pour ton honnêteté, lâche-je en faisant volte-face.

-         Kakashi ? m’arrête-t-il.

-         Oui ? demande-je en me retournant à peine.

-         Il est au bar.

Il me toise avec des yeux durs, des yeux froids comme la mort à l’attention de cet homme pourri jusqu’au trognon qui ne cause que du trouble à Konoha. J’hoche la tête d’un air entendu et je peux presque l’entendre me souhaiter de ne pas le rater rien qu’à l’éclat dans ses yeux.

*

Je survole pratiquement les rues du village, je glisse dans les ruelles sombres et désertes à cette heure de la soirée. Ma haine m’aveugle, je préfère éviter de trop penser au scandale que je vais créer d’ici quelques minutes dans le bar de Konoha. Je ne peux plus attendre de passer les portes et d’attraper cet idiot par le col pour le trainer dehors. Je n’ai jamais pu me le sentir, jamais, et j’avais foutrement raison.

J’ai une pensée vaguement désolée pour Hanako, mais je ne peux pas supporter l’idée même de ne pas agir, j’aurais l’impression de la trahir. Je ne peux pas tolérer qu’elle ait peur de quelqu’un à Konoha, qu’elle baisse les yeux et quitte des soirées à cause de sa simple présence, qu’elle s’inquiète qu’il l’agresse au point d’en parler à Rinko et Hokuto. Je ne peux pas laisser ce mec imaginer qu’il peut la menacer sans en subir les conséquences. Je l’avais pourtant prévenu, je lui avais bien dit que s’il touchait à un cheveux d’Hanako, je lui arracherais la tête…

Il suffit de ces hommes qui se pensent tout permis, qui imaginent que leurs actions néfastes n’ont jamais de conséquences, que les hommes bien qui les contredisent ne mettent jamais à exécution leurs menaces par respect des lois. Je me fous des conséquences, je ne laisserai pas ce malade terrifier son monde. Même ses amis n’osent pas lui dire quoi que ce soit, parce qu’ils savent qu’il est complétement instable et c’est à vomir.

La chance me sourit, car dès que je déboule dans la dernière ruelle sombre avant le bar, je tombe nez à nez avec lui. Dès que j’atterris au sol, il s’arrête net et nous nous toisons une seconde. Une longue seconde où je décide de ce que je vais lui faire tandis que son visage éternellement serein affiche enfin une pointe d’inquiétude. Il fait un pas en arrière, je fais un pas en avant et il s’arrête. Le temps semble s’étirer à l’infini alors que je vois au fond de ses yeux mauvais qu’il cherche une échappatoire.

 Il est cinglé, c’est un fait, mais bordel, il sait que je le suis aussi.

-         Qu’est-ce que tu me veux ?! aboie-t-il d’une voix mal assurée.

Il a à peine le temps de cligner des paupières que je l’attrape déjà par la gorge en le plaquant contre le mur. C’est un pur bonheur de le voir ouvrir de grands yeux ahuris, de le voir comprendre qu’il est dans la merde. Je gronde comme un dingue, comme un animal enragé à deux doigts de tuer un adversaire :

-         Je te jure que tu t’es attaqué à la mauvaise fille…, articule-je lentement.

Il attrape mon poignet à deux mains pour essayer de réduire ma poigne sur sa gorge, sans grande réussite.

-         Je n’ai rien fait ! beugle-t-il d’une voix étranglée.

Je resserre ma poigne cruellement :

-         La ferme Tao ! Je ne suis pas ici pour décider si oui ou non tu as merdé. Je le sais, et je suis là pour te remettre à ta place ! fulmine-je.

-         Putain ! C’est ce salop de Shin qui a balancé ! grogne-t-il entre ses dents.

-         Je t’avais pourtant bien dit que si tu touchais à Hanako, je me ferais un plaisir de t’arracher la tête…, continue-je d’une voix sombre.  

Je le comprime tellement qu’il lutte pour respirer, tirant de toute sa force inutile sur ma main et je parviens pour l’instant avec brio à ne pas le tuer.

-         Je ne l’ai… pas touché… ! s’étrangle-t-il.

-         Tu l’as menacé ! Bordel, tu as osé la menacer, tu ne tiens donc pas à ta misérable vie ?! hurle-je tandis que ma colère s’intensifie et que je le secoue violemment contre le mur.

Mon mouvement lui permet d’inspirer suffisamment d’air pour le maintenir en vie, choix stratégique de ma part. Je ne dois pas céder à mes pulsions meurtrières, je dois simplement lui mettre la pression de sa vie qui lui passera l’envie de recommencer.

-         Ecoute-moi bien Tao, je suis une foutue ombre. Tu ne me verras jamais arriver dans ton dos pour t’ôter la vie, tu ne pourras jamais rien faire contre moi alors ouvre en grand tes oreilles. Si tu oses encore menacer Hanako, si tu oses tenter de la blesser de n’importe quelle façon que ce soit, si tu oses même reposer un seul de tes foutus yeux sur elle, tu es un homme mort.

Il serre les dents en me lançant un regard complétement fou, incapable d’hocher la tête à cause de sa fierté de salop, sans doute si touché dans son égo de se faire manipuler comme une foutue poupée de chiffon qu’il en hurlerait de rage s’il le pouvait. J’ai alors une pensée pour Shin, même si son nom n’est effectivement pas sorti de ma bouche, ça sent mauvais pour lui et je préfère donc mettre les choses au clair puisqu’il est évident que la fuite vient de lui. C’était de toute façon le plan.

-         Et c’est la foutue même chose pour Shin ! Tu as voulu te servir de lui dans ton plan merdique, tu l’as impliqué dans tes machinations et tu te retrouves donc à ne plus avoir le droit de poser tes yeux sur lui non plus. Un geste, une parole, un regard sur Shin et tu es tout aussi mort ! ajoute-je méchamment.

Il remue vivement pour essayer de se libérer, sans grande réussite.

-         Tu m’as bien compris ?! crie-je en desserrant mon étreinte.

Il ne répond pas mais me toise méchamment et je le jette par terre sans ménagement, avec force, espérant franchement qu’il se casse un os sur le coup. Il se redresse en me lançant un regard si noir que je ne suis pas sûr qu’il ait compris la leçon et ça me rend dingue.

-         Va te faire foutre Hatake ! beugle-t-il.

Bordel.

Je me contrôle suffisamment pour simplement lui coller une droite bien sentie qui le reprojette au sol avec violence. Sa lèvre se fend sous l’impact et il se redresse sur un genou en me toisant de son regard enragé, essuyant d’un coup de main le sang qui coule sur son menton. Ses yeux luisent de haine, littéralement, et je peux voir le switch au fond de ses yeux, le switch du malade mental, du véritable fou qu’il est au fond de lui.

A ce moment-là, je comprends que ça ne finira pas bien, qu’il ne connait pas de limites et que les menaces ne suffiront pas. Et il commet son erreur, sa terrible erreur.

Il crache du sang par terre avant de planter ses yeux dans les miens :

-         Tu es cinglé Kakashi, mais je suis complétement fêlé. Un putain de psychopathe qui n’a pas peur de la souffrance. Tu penses que tu me fais peur ? Tu penses vraiment que j’ai peur que notre petit commandant en chef, bras droit de notre abruti d’Hokage ? Tu imagines vraiment que tu m’impressionnes ? Que je crois que tu risqueras ta foutue précieuse petite place pour finir en taule pour me remettre à ma place ? Je t’en prie, va servir tes conneries à d’autres ! Tu préféreras subir toutes mes merdes avant de faire quelque chose de vraiment répréhensible.

-         Fais attention à toi Tao, parce que je te jure que si tu crois aux conneries que tu viens de dire, c’est que tu ne me connais pas, gronde-je en faisant deux pas vers lui.

Il éclate d’un rire froid, affichant un visage de plus en plus fier et dédaigneux :

-         Ecoute moi bien Kakashi. La foutue « ombre » de Konoha, le foutu ninja copieur de mes deux… Tu vas rentrer chez toi avec ta fierté de merde, à te dire que tu as bien tenu ton rôle de petit toutou… Mais la vérité, c’est que je ne poserai pas « un œil » sur Hanako, tu n’auras même pas le temps de venir me « remettre à ma place » ... Comme je viens de te le dire, je suis complètement fêlé et tu viens de commettre l’erreur de ta vie parce que je ne suis pas notre parfait commandant, je me fiche de ce qu’il peut bien m’arriver. Je vais attendre, attendre sagement dans l’ombre… et la prochaine fois que je croiserai ta putain de petite idiote, je te jure que je ne la raterai pas et tu n’auras plus que tes yeux pour pleurer lorsque c’est au cimetière que tu lui rendras visite.

J’ai déjà pété des durites. Des vrais durites. J’ai déjà déconnecté complétement, enfilé mon masque des forces spéciales des dizaines de fois en me détachant de mes émotions pour tuer les cibles qu’on m’assignait. Mais ce qu’il se passe ce soir est nouveau, car bien que j’aie l’impression que mon esprit disjoncte, je suis pourtant complétement conscient de ce qu’il se passe, complétement guidé par mes émotions et ma haine viscérale lorsque je me jette sur Tao.

Alors que je fonds sur lui, il redresse les bras vivement, kunaï à la main, prêt à se jeter dans le combat qui lui coûtera la vie. Je ne saisis pas d’armes, je n’allume même pas mon raiton, je veux le terminer à mains nues, je veux qu’il sente chaque coup que je lui mettrai, je veux qu’il voie la fin venir, qu’il regrette amèrement les horreurs qu’il vient de me dire.

Je vois rouge comme jamais je n’ai vu rouge, je ne sens même pas les lames de ses armes qui mordent ma chair, je ne cherche pas à les éviter alors que je lui saute dessus et que je commence à le frapper.

Les secondes s’écoulent, les longues secondes où je libère toute ma haine la plus profonde, où je lui prouve que le parfait commandant n’existe pas. Je n’ai pas peur, je me fiche de finir ma vie enfermé, rien ne compte plus à mes yeux que de protéger ce petit ange tombé sur ma route et ce connard est en train de l’apprendre à ses dépens.

Alors que la vie s’échappe de lui, que je sens son chakra s’éteindre peu à peu et que mes coups redoublent avec férocité, je me fais attraper les bras par une force plutôt faible mais extrêmement déterminée qui m’empêche d’asséner les derniers coups fatals.

-         Bordel arrête Kakashi tu vas le tuer !!!

C’est la voix de Nakama, son cri horrifié déchire la nuit alors qu’elle me tire de toutes ses forces pour m’écarter de lui.

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