LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC x OC)

Chapitre 154 : Le retour d'Hanako

6445 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 27/12/2025 13:22

Chapitre 154 : Le retour d’Hanako


Point de vue d’Hanako


Je passe enfin la porte de ma maison, soulagée d’être arrivée et surtout heureuse de retrouver mon chez-moi. Alors que je m’attendais à retrouver mon nid sens dessus dessous, je marque un mouvement d’arrêt sur le seuil de ma porte en découvrant les lieux.

Je suis tentée de me frotter les yeux pour être sûre que je vois clair, parce que je retrouve mon intérieur propre comme un sou neuf. Outre la poussière naturelle, j’imaginais des croquettes renversées, une veste oubliée voire des verres d’eau dans l’évier mais non, le tout est nickel. Plus j’arpente ma cuisine et mon salon, plus j’hallucine de découvrir que non seulement Rinko n’a pas fichu le cirque, mais il a carrément fait du ménage visiblement. Du ménage ! Ça me semble complétement impossible et pourtant, force est de constater qu’il l’a fait.

 Mon premier gros doute pointe le bout de son nez lorsque j’ouvre la fenêtre du salon et que je constate que la gamelle de croquettes de Dragon a été nettoyée. Autant j’arrivais à peu près à intégrer que Rinko ait fait le ménage pour mon retour autant je ne vois pas dans quel monde il a pu penser à nettoyer la gamelle de mon chat. Il est si désordonné, si tête en l’air, ça n’a tout simplement pas de sens mais encore une fois, force est de constater qu’il l’a fait. Ça me touche profondément, ça me remplit le cœur de gratitude de rentrer dans une maison au carré après plus de trois semaines d’absence, surtout en considérant que je me préparais mentalement à devoir nettoyer le bazard qu’il aurait pu mettre.

Le deuxième gros doute est le moment où je réalise qu’il a arrosé les plantes. Je ne lui avais pas demandé de le faire, je ne suis même pas sûre qu’il intellectualise véritablement que les plantes doivent être arrosées et pourtant, il a réussi l’exploit d’y penser tout en le faisant sans renverser une goutte d’eau à côté… A moins qu’il ait passé immédiatement un chiffon après coup, ce qui serait quand même vraiment étrange. Je commence même à ressentir un certain malaise, ces découvertes sont tellement surprenantes, tellement à l’opposé même du caractère de Rinko que ça m’inquiète.

Le dernier gros doute s’abat sur moi dès que je passe la porte de ma chambre et que je manque de partir en courant. Lorsque je constate que mes draps ont été changés par d’autres et que les anciens sont pliés dans ma commode, je comprends qu’il est littéralement impossible que ce soit l’œuvre de Rinko. Je sais qu’il n’y aurait jamais pensé puisqu’il n’avait aucune raison de mettre un orteil dans ma chambre et même si l’idée lui avait effleuré l’esprit par miracle, il ne se serait jamais permis de faire une chose pareille. J’en suis absolument certaine et pourtant, mes draps ont été changé, c’est un fait.

Mon cœur accélère exponentiellement alors que j’angoisse pour de bon, j’ai une peur bleue qu’un inconnu se soit introduit chez moi mais je ne vois pas quel genre de dégénéré s’introduirait chez quelqu’un pour faire le ménage. Non, tout ça ressemble à un acte de gentillesse, une attention touchante, quelqu’un qui connait ma personnalité et ma maniaquerie… sauf que cette fois, je sais qu’il est impossible que ce soit Rinko alors qu’il est pourtant la seule personne à Konoha qui détienne une clé de chez moi.

Je repars donc aussi vite que je suis arrivée par ma porte d’entrée, le pouls crevant toujours des plafonds, filant comme le vent toquer au seul endroit où j’obtiendrai des réponses : chez Rinko.

*

Lorsque je tambourine comme une dingue à sa porte, je l’entends qui remue dans son lit avant de venir m’ouvrir avec une tête mal réveillée en pyjama. J’entre comme un boulet de canon chez lui, à deux doigts de la crise de nerfs :

-         Bon sang Rinko je t’en supplie ! Dis-moi que tu t’es pris la foudre et que tu es devenu maniaque dans la nuit ?! couine-je.

Les quelques secondes suivantes sont terrifiantes, parce que Rinko intègre lentement ce que je viens de lui dire avant de répondre, encore à moitié endormi, et ce temps de délai me permet de constater que son appartement est un véritable chantier. Mes poils se hérissent alors que mes yeux glissent sur ses fringues éparpillées, ses assiettes en bazard dans l’évier et ses miettes qui trainent sur la table.

-         Mais non ! J’ai filé ta clé à Kakashi il y a une semaine ! Tu es sûre que tu me connais vraiment ?! se marre-t-il.

Le soulagement se répand si fort dans mes veines que je me laisse tomber sur sa chaise en éclatant d’un rire presque hystérique, posant une main sur mon cœur qui galope toujours. Je ris comme une démente alors que Rinko m’imite en venant s’assoir en face de moi :

-         Qu’est-ce qu’il a foutu ? Tu ne vas quand même pas me dire que ce malade mental a briqué ta maison ?! s’amuse-t-il.

Je suis tellement rassurée, mais aussi incroyablement touchée, maintenant que je sais que c’est Kakashi. Je ne peux que l’imaginer nettoyer ma maison avec la perfection qui le caractérise, s’attarder sur des détails auxquels personne n’aurait jamais pensé à part lui ou moi. Plus je me refais le film, plus je réalise que j’étais dans le déni parce qu’il est désormais absolument évident que c’était Kakashi, qui d’autre ?!

Mais comment donc oser penser à lui, comment oser l’imaginer venir chez moi pour nettoyer avec affection ma maison pour me faire plaisir ? Oh seigneur, qu’est-ce qu’il me manque ! Je suis tentée de filer chez lui dans la foulée pour le remercier et c’est sans doute ce que je vais faire.

-         Bien sûr que si Rinko ! Il a tout nettoyé ! J’ai cru que tu étais devenu fou ! Mais alors quand j’ai vu les draps propres, j’ai paniqué et j’ai foncé ici ! m’amuse-je.

-         Les draps ?! Il s’est permis de changer tes draps ?! demande Rinko avec des yeux ronds.

Je rougis vivement en baissant le nez. J’étais tellement secouée par cette drôle de situation que j’avais oublié que Rinko était désormais au courant pour Kakashi et moi. Ce qui n’est pas plus mal parce que j’imagine que je n’aurais jamais osé venir le voir depuis l’explosion de notre secret. En revanche, je n’en reviens pas d’avoir osé parler de mes draps dès ma deuxième phrase à Rinko. Je suis vraiment stupide, je n’aurais sans doute pas pu faire pire.

Il se racle la gorge face à mon mutisme :

-         Ah ouai… c’est vrai que ça n’a rien de bizarre, il a dormi dedans des dizaines de fois après tout…, commente-t-il d’une voix qu’il espère naturelle.

Je grimace avant de relever des yeux timides :

-         Rinko… je … je suis tellement désolée…, commence-je d’une toute petite voix.

-         Mais non ! me coupe-t-il en balayant l’air de sa main. C’est juste que ça fait bizarre mais il n’y a pas de lézard ! J’ai la théorie je t’assure, c’est complétement cool, on discute de vous deux sans aucun problème ! C’est juste le passage à la pratique qui m’a surpris, ça devient plus concret c’est tout.

-         Rinko…, m’étrangle-je.

-         Je ne déconne pas Hanako ! J’étais ravi d’apprendre que tu l’avais plus ou moins pardonné, je suis super heureux pour lui, je t’assure. Il faut… simplement que mon esprit capte que Kakashi est sans doute plus habitué à ta maison que moi, ça me parait encore un peu lunaire, c’est tout. Dans ma tête, puisque je t’ai rencontré avant, ça signifie forcément que je te connais mieux que lui, que je connais mieux ta maison … alors qu’en fait il dormait chez toi pratiquement tous les jours… il doit sans doute te connaitre cent fois mieux que moi dans le fond.

Plus il poursuit sa folle logorrhée, pire c’est, alors je suis soulagée qu’il se taise enfin. Mes joues sont si rouges que j’ai un petit coup de chaud et il secoue la tête, dépité par ce qu’il vient de dire avant de reprendre :

-         Bon écoute, là c’est vraiment trop gênant. On va reprendre les bases parce que je ne supporte pas d’être mal à l’aise.

-         Je … je ne sais même pas quoi te dire, réponds-je.

Il reprend de l’assurance en plantant ses yeux assurés dans les miens et il prend même ma main dans les siennes :

-         Hanako, je te jure qu’il n’y a pas de problème. Je tiens beaucoup à toi, il y a un temps où j’espérais que ça marche entre nous mais tu sais très bien que j’avais complétement abandonné cette option bien avant que Kakashi m’avoue votre relation. J’ai eu du mal à digérer que vous me l’ayez caché, pas votre relation en elle-même, je ne suis pas un puriste tu me connais, je me fous complétement que nous ayons eu une petite histoire, je ne suis pas jaloux, je ne suis pas possessif et je n’ai aucun égo là-dessus alors je t’en prie, respire.

Je me rends compte que je retiens effectivement mon souffle depuis bien trop longtemps alors je m’exécute en reprenant un peu d’oxygène, me calquant à son calme olympien. Il m’offre un de ses beaux sourires avant de continuer :

-         Tu es ma meilleure amie Hanako, vraiment. Et il l’est lui aussi, bon sang, Kakashi est ma meilleure copine depuis des années ! plaisante-t-il.

Je ris un petit peu et il poursuit en reprenant du poil de la bête :

-         Je suis heureux pour vous deux, je donnerais même cher pour vous voir vous faire des petits bisous mignons ! s’exclame-t-il en éclatant de rire. Oh bon sang ! Je crois que j’en mourrais de rire de voir Kakashi se faire embrasser et emmerder devant moi ! J’hallucine rien que d’y penser ! Kakashi avec une fille, sérieux quoi…

Il est plié en deux de rire et je souris de toutes mes dents comme une imbécile heureuse, mais il casse l’ambiance en un claquement de doigts :

-         Enfin… si j’ai bien compris… ce n’est pas exactement à l’ordre du jour, ajoute-t-il prudemment.

C’est une vraie claque.

J’écoutais Rinko en gazouillant presque, en replongeant dans mes souvenirs heureux avec Kakashi. Je m’imaginais déjà lui embrasser la joue ou lui croquer … Je l’imaginais rougir comme un dingue en détournant la tête face à un Rinko mort de rire, je voyais comme s’il était devant moi sa petite bouille timide et gênée, je sentais presque sa main tout de même posée sur ma hanche pour la caresser discrètement. Je partais même plus loin, je savourais déjà le goût de ses lèvres contre les miennes, son souffle sur ma peau et ses regards les plus doux…

Sauf que non. Non. Je sors avec Shisui bon sang.

Mon esprit a bien du mal à faire la transition et je fronce les sourcils en essayant de faire la mise à jour. Je repense au visage de Shisui, je redécouvre pratiquement son existence en temps réel. Le son de sa voix, de son rire, ses monologues passionnés sur ses activités, sa gentillesse et son dévouement…

-         Hé trésor, si ça te met mal à l’aise d’embrasser Kakashi devant moi un jour je comprends, je ne te forçais à rien, je me serais juste bien marré, dit-il alors en interrompant mes pensées. 

-         Non ce n’est pas ça… c’est juste que… embrasser Kakashi… Enfin je sors avec Shisui, c’est bizarre de me sortir une chose pareille, bafouille-je en rougissant.

Il lève les yeux au ciel :

-         Ouai… pardon, lâche-t-il du bout des lèvres sans le penser une seule seconde.

Je me renfrogne un peu, détournant la tête pour observer par la fenêtre. La vérité c’est que je suis boudeuse simplement parce que moi aussi, j’ai cru l’espace d’un instant que cette situation était envisageable.

-         Bon alors ? demande-t-il. Maintenant que tu es de retour, qu’est-ce que tu vas faire de beau ?

-         Je n’en sais rien…

-         Tu ne vas pas aller voir ton Shisui chéri ? se moque-t-il.

-         Je n’en sais rien ! m’agace-je.

-         Qu’est-ce que tu fous encore avec cet imbécile franchement ?!

-         Rinko ! siffle-je.

-         Kakashi m’a tout raconté Hanako ! Je suis au courant de tout, de pourquoi tu lui en voulais et surtout que c’était basé sur un mensonge ! Qu’est-ce que tu attends pour quitter ce crétin et foncer dans les bras de celui que tu veux vraiment ! s’exclame-t-il avec son rentre-dedans habituel.

-         Ce n’est pas aussi simple ! couine-je.

-         Bien sûr que si ! Et tu le sais très bien ! Il a merdé, d’accord, mais le plus grave était complétement faux ! Tu ne vas quand même pas essayer de me faire croire que tu penses sincèrement que tu es bien avec Shisui !

Je saute sur mes pieds, vibrante de colère :

-         Il m’a brisé le cœur Rinko, brisé le cœur ! C’est toi-même qui m’a ramassé à la petite cuillère ! Comment peux-tu imaginer que j’ai envie de prendre le risque que ça recommence ! Il ne m’a peut-être pas trompé mais il m’a quitté simplement parce qu’il n’était pas assez fort pour me dire qu’il était paumé, c’est grave ! Comment veux-tu que je me sente en confiance ? Comment veux-tu que je me sente sereine avec un homme qui a préféré me laisser tomber trois semaines plutôt que de m’expliquer ce qu’il se passait ? Tout ce que j’ai vécu avec lui était secret, il se volatilisait chaque fois que quelqu’un approchait, il tremblait comme une feuille lorsque ses élèves sous-entendaient que nous étions proches, il me présentait tout juste comme son amie à ses connaissances ! Comment peux-tu croire qu’il m’ait donné suffisamment confiance pour que je me jette dans ses bras sans crainte ?! hurle-je d’une voix brisée.

Il ne répond pas, affichant même une tête penaude alors que je le toise avec mon regard le plus noir. Je ne savais même pas que toutes ces craintes étaient encore si vives au fond de mon cœur et je ne peux plus m’arrêter :

-         Ce n’est pas parce qu’il m’a offert une matinée en assumant notre lien que je vais croire les yeux fermés qu’il a changé ! Ce n’est pas parce qu’il s’est excusé cinq jours et qu’il a parlé de notre histoire à Minato que je vais croire qu’il est un nouvel homme !

-         Il m’en a parlé à moi ! s’écrie-t-il alors en sautant sur ses pieds. A moi Hanako ! Et je te trouve dure avec lui ! Je crois que tu n’imagines pas bien à quel point ça a dû lui coûter de venir se planter devant moi pour m’avouer qu’il était pratiquement l’amant de ma copine ! Il a éconduit Sun, la cousine de Rin ! Il en a parlé à Minato, notre Hokage, son senseï qu’il respecte plus que n’importe qui sans même parler de Kiyowa, une genin qu’il connait à peine ! Si tu n’es pas capable de voir à quel point il a évolué pour toi, c’est que tu ne le connais pas aussi bien que moi !

Je suis impressionnée par la dévotion de Rinko pour son meilleur ami, enchantée au fond de mon cœur de le voir si férocement défendre Kakashi pour que je lui donne une chance. Ça m’apaise de me rendre compte que Rinko est bel et bien fondamentalement pour notre union, mais je ne suis pas prête à pardonner Kakashi, pas prête à retomber dans ses bras au moment même où il commence enfin à me donner des choses auxquelles me raccrocher. Je n’avouerai jamais à Rinko que je me fous royalement de Shisui, qu’il n’est qu’un prétexte pour que Kakashi se bouge les fesses et me prouve qu’il est prêt à assumer notre relation, à faire des efforts pour me reconquérir. Je veux simplement qu’il me séduise, qu’il se batte pour m’avoir, qu’il m’offre l’assurance de ses sentiments pour moi, qu’il me confie ce qu’il ressent pour moi au lieu de simplement toujours me dire qu’il a des sentiments.

Je suis folle amoureuse de lui et je ne suis pas sûre que j’arriverais à retomber dans ses bras sans savoir s’il l’est lui aussi, mais je veux que ça vienne de lui, je veux qu’il se creuse la tête, qu’il me dise enfin qu’il m’aime quitte à se prendre un mur. Voilà qui me montrerait qu’il est prêt à se mouiller, qu’il est prêt à sauter dans le vide en misant sur nous deux sans être guidé par ses peurs. Et si ce foutu ninja copieur n’était pas amoureux de moi alors il est tout bonnement hors de question que je prenne le risque de me faire lacérer le cœur une seconde fois.

Mais je ne peux pas dire tout ça à Rinko, parce que si je lui dis, il ira immédiatement le répéter à Kakashi et j’aurais beaucoup trop peur qu’il me le dise sans le penser en dernier recours pour me récupérer. Hors de question que je prenne le risque.

-         C’est un crétin ! crie-je simplement.

Je ne sais pas quoi dire d’autre et je n’ai pas envie de laisser le dernier mot à Rinko. Il soupire bruyamment avant de faire quelques pas dans son appartement pour me tourner le dos et je l’imite en partant faire la tête près de sa cuisine. Nous sommes ridicules mais c’est l’une des choses que je préfère avec Rinko, savoir que nous avons beau nous disputer comme ça, ça ne remet jamais en question notre amitié.

-         Oui, c’est un gros con, finit-il par dire d’une voix légère.

Je me tourne pour le regarder et il est planté devant la fenêtre de chez lui, observant Konoha avec sa tête des mauvais jours. Je plisse simplement les yeux sans répondre et il se tourne vers moi :

-         Ça tombe extrêmement bien que tu files le parfait amour avec Shisui, vraiment… Je ne saurais te dire à quel point ça me soulage finalement.

-         Qu’est-ce que tu racontes…, maugrée-je en plissant un peu plus les yeux.

-         Je dis simplement que ça tombe très bien que tu ne veuilles plus de Kakashi. Heureusement même ! Il ne risque plus de venir t’embêter ni de pourrir ta relation avec ton neuneu chéri, tu peux te sentir rassurée.

Il m’agace, j’ai envie de l’étrangler.

-         Pourquoi tu dis ça encore ? râle-je.

-         C’est bien ce que tu veux non ? Tu ne veux plus jamais prendre le risque de lui donner une chance, tu ne veux plus jamais qu’il te fasse souffrir comme il l’a fait, alors je suppose bien que tu vas te concentrer sur Shisui et t’empêcher de fréquenter Kakashi pour éviter de tomber dans le panneau n’est-ce pas ?

Si je savais gronder comme Kakashi, je suis à peu près sûre que je grognerais Rinko à cet instant. Il me fait sortir de mes gonds et je pars dans la mauvaise foi :

-         Exactement, tu as tout compris. Je vais vivre ma petite vie simple et sans nuage avec Shisui, bien loin de ce foutu ninja copieur de malheur ! siffle-je.

Son visage m’inquiète, parce qu’il affiche l’expression la plus satisfaite et suffisante que je ne lui ai jamais vu, comme si je venais de lui dire tout ce qu’il voulait entendre.

-         Alors c’est parfait, Kakashi ne risque pas de venir t’importuner, tu risques même de ne plus le revoir du tout ou en tout cas, pas avant un bout de temps. Et je ne te parle pas de le voir voir, je te parle de ne plus le croiser du tout, ni chez Ichiraku, ni aux terrains d’entrainement ni même à marcher dans le village… tous tes vœux sont exaucés, ce « foutu ninja copieur » ne polluera plus ton espace visuel.

-         Mais qu’est-ce que tu racontes ?! m’énerve-je.

-         Kakashi est en prison, lâche-t-il alors.

-         Quoi ? Si c’est une espèce de stratégie pour…

-         Non, je t’assure. Il a pratiquement tué Tao vendredi soir. Il l’a laissé entre la vie et la mort dans une ruelle avant de se rendre à Minato et il est incarcéré depuis … heureusement pour Tao qu’une ninja médecin trainait dans le coin… On voit qu’elle était de Suna, n’importe quel médecin de Konoha aurait laissé cette ordure crever dans son coin, conclut-il sur un ton léger de conversation.

Un bourdonnement sourd me vrille les oreilles tandis que mon esprit se fige complétement. J’ai beau chercher le moindre indice qui révèlerait que Rinko se fiche de moi, je n’en trouve pas un seul et malheureusement, cet incident ressemble bien trop à quelque chose que Kakashi aurait effectivement pu faire mais je n’arrive pas encore à y croire vraiment. Pourtant, plus les secondes passent, plus je sais que Rinko dit la vérité. Il n’aurait jamais inventé une chose aussi grave et surtout, ce scénario est celui qui me fait le plus peur depuis la première menace de Tao à mon égard. Les larmes me montent aux yeux et mon cœur démarre le sprint le plus rapide de sa vie pour éviter de se briser en milliers de morceaux à l’idée même de ne plus jamais pouvoir être avec lui, pour de bon cette fois.

Bordel, je n’aurais jamais dû en parler à Kakashi, je le savais.


Point de vue de Kakashi

La vraie claque arrive le dimanche en fin d’après-midi. Je sens son chakra bouillonnant de colère qui approche et mon cœur accélère exponentiellement. Chacun de ses petits pas de plume résonne comme un glas, mes mains deviennent moites et ma gorge se noue automatiquement.

Quand je vois l’état dans lequel je me mets, j’ai presque envie de rire en repensant à ce que Nakama m’a dit la veille et je ne peux que lui donner raison bon sang... Le seul être au monde qui me terrifie fait un mètre soixante et possède la force d’une mouche, c’est risible.

Ses beaux yeux rose passent le mur de ma cellule et je me ratatine sur moi-même lorsque j’y lis sa colère ardente. Je ne moufte pas, me contentant de l’observer avec des yeux craintifs.

-         Puis-je savoir ce que tu fiches en prison ?! siffle-t-elle.

-         Mon ange…, commence-je d’une toute petite voix.

Mais elle explose de colère :

-         Je t’avais demandé une chose Kakashi ! Une seule ! Ne pas intervenir, ne pas t’attirer de problèmes si je te disais la vérité ! Tu m’avais promis de ne pas le faire ! Tu m’avais promis de te tenir à carreaux ! vocifère-t-elle.

-         Je n’ai rien promis, me défends-je timidement.

Elle vibre de colère en passant sa main à travers les barreaux pour me pointer de son doigt accusateur :

-         Tu joues sur les mots ! crie-t-elle. Tu sais très bien que je ne voulais pas que ça arrive ! Que je t’avais caché ces menaces pour justement éviter que tu t’attires des ennuis ! Et regarde-toi ! Nous ne pourrons peut-être plus jamais nous voir uniquement parce que tu as perdu ton sang-froid et décidé de céder à ta haine au lieu de m’écouter !

Je ne moufte plus, je suis honteux mais je ne comprends pas comment elle peut imaginer que j’aurais laissé Tao en paix après ce qu’il m’a dit. Je sais que Rinko lui a forcément expliqué et en même temps elle n’a pas tort. Si je n’avais pas craqué, si je n’avais pas questionné Shin alors je n’aurais pas confronté Tao, je ne l’aurais pas mis dans une rage folle qui lui donne envie d’attenter à sa vie et nous n’en serions pas là. Cette histoire était moins grave avant que j’intervienne, il cherchait simplement à faire capoter notre couple, pas à la tuer pour se venger de mon affront.

-         Pardonne-moi, murmure-je.

-         Tu passes ton temps à me demander de te pardonner tout un tas de choses Kakashi ! J’en ai ma claque ! Non mais regarde-toi ! Tu es en prison ! C’est lunaire ! Au lieu de t’excuser à tout bout de champ, commence donc par arrêter de te comporter comme un con ! vocifère-t-elle.

Je ne supporte plus ses accusations alors je trouve enfin le courage de me lever pour me glisser jusqu’à elle. Elle tressaille un peu mais ne recule pas, ses yeux réprobateurs toujours fixés sur ma pauvre personne. Je passe timidement mes bras à travers les barreaux et elle leur lance un regard mauvais avant de détourner la tête pour bouder. Je prends ça pour une petite acceptation et j’attrape donc timidement son dos pour la tirer contre mes barreaux. Elle se laisse faire et je la câline approximativement à travers les grilles, attrapant même sa tête d’une main pour approcher sa joue que j’embrasse doucement par le petit espace disponible.

-         Pardonne-moi, je vais arrêter de merder, je te le promets, assure-je à voix basse.

-         Il y a intérêt, maugrée-t-elle.

Elle me rend un peu mon câlin en glissant ses petits bras à travers la cellule et je sens qu’elle presse sa joue contre mes lèvres. Je pose ensuite mon front contre les barreaux et elle glisse sa main contre ma joue en secouant la tête doucement :

-         Je ne suis vraiment pas fière de toi Kakashi…, chuchote-t-elle.

-         Je sais, je comprends…

Je lui raconte ensuite le pourquoi du comment, lui expliquant ma lutte intérieure et ma fierté de ne pas être allé trouver Shin jusqu’à ce que je le croise malheureusement et qu’il vienne me parler. Elle écoute ce que je lui dis avec attention et son visage se détend au fur et à mesure, lorsqu’elle comprend qu’il aurait été pratiquement impossible pour moi de simplement parler à Shin puis partir comme si de rien n’était.

-         C’est moins inculpant que ce que j’imaginais, admet-elle d’une voix plus douce.

-         Te voilà au moins débarrassée de moi, plaisante-je timidement.

Elle lève les yeux au ciel en souriant malgré tout :

-         Tu imagines vraiment que je serais simplement venue te crier dessus comme ça si je craignais que tu sois enfermé à vie ? me demande-t-elle.

-         Je risque de l’être mon ange, si Tao meurt ou qu’il porte plainte, je suis foutu, murmure-je. Et connaissant Tao, je serais très étonné qu’il se fasse envoyer dans le coma en me laissant vivre ma vie bien tranquillement plutôt qu’en me faisant enfermer.

-         Kakashi…, soupire-t-elle avec un immense sourire en me couvant de ses beaux yeux.

Je penche la tête sur le côté et elle caresse ma joue de son pouce :

-         Tu imagines donc vraiment qu’il n’y a que toi qui veille sur moi ? Tu imagines vraiment que lorsque j’ai appris que tu pourrissais derrière des barreaux je suis simplement venue pour te passer un savon ? demande-t-elle.

-         Je ne comprends pas, avoue-je.

-         Dès que Rinko m’a dit que tu étais incarcéré et que Tao était encore entre la vie et la mort, j’ai immédiatement foncé à l’hôpital pour soigner cet abruti. Je l’ai complétement tiré d’affaire, il n’y a plus qu’à attendre qu’il se réveille. J’ai ensuite filé voir Minato pour qu’il m’explique ce qu’il s’était passé dans les détails et lorsque j’ai appris qu’une témoin l’avait entendu menacer ma vie et surtout, sortir une arme avant que tu ne t’acharnes sur lui… J’ai demandé à Minato si je pouvais tout simplement dépasser légèrement mes fonctions pour me mettre dans la peau du plus impartial des juges, qui pourrait plonger dans la tête de Tao dès son réveil, celle de cette fameuse témoin ou encore la tienne pour valider les faits et que ton agression soit de la légitime défense suite à la sortie de ses armes après une dispute qui a dégénéré.

L’espoir de sortir bientôt réchauffe mon cœur et un sourire s’épanouit sur mes lèvres :

-         Tu es mon ange, rien de nouveau sous le soleil, murmure-je.

-         Oui et bien en attendant, tu es coincé ici jusqu’à son réveil. Le conseil a décidé que tu méritais d’être puni pour avoir lancé les hostilités et pour l’avoir agressé si violemment malgré tout. Ils n’ont pas pu contredire qu’être à mains nues face à un homme armé te sortait de la panade mais ils te connaissent tous très bien et savent que tu aurais largement pu te sauver sans une égratignure.

-         Alors pourquoi… ? murmure-je.

-         Le fait que Tao ait menacé de me tuer et que Minato leur précise que nous sommes très proches a largement contribué à les faire compatir. Et puis, ils connaissent ton caractère, les épreuves que tu as traversées qui t’ont forgé, les assassinats qu’on t’a demandé de faire pour le village pendant des années qui t’ont bousillé… tout ça n’a pas été dit officiellement mais ça joue forcément dans la balance Kakashi. Les anciens t’aiment, ils te respectent et te font confiance malgré tes rares écarts de conduites alors que Tao a une réputation abominable parmi eux pour toutes les arrestations et rappels à l’ordre qu’il a eu.

Je suis touché par ce que j’apprends et ça me met immédiatement d’humeur émotive.

-         J’espère qu’il se réveillera vite, j’ai une femme merveilleuse à reconquérir, murmure-je.

-         Ah bon ? demande-t-elle en haussant un sourcil.

Elle recule d’un pas pour croiser les bras en me disputant de ses beaux yeux. Maintenant que je suis au courant de toute l’histoire, il faut croire que la rouste va reprendre.

-         Oui, reprends-je donc en m’empêchant de rire. Une femme absolument sublime, bien trop parfaite pour moi mais je crois que la jugeotte n’est pas son fort puisqu’elle m’avait déjà donné une chance…

-         Bon courage alors, tu en auras besoin, réplique-t-elle.

-         Je n’ai pas besoin de courage Hanako, simplement de patience pour survivre à chaque jour que je passerai sans toi.

Elle rougit furieusement et j’ai visiblement marqué trop de points d’un coup parce qu’elle recule encore en tentant de toutes ses forces d’afficher son air le plus sévère :

-         Tu as voulu n’en faire qu’à ta tête Kakashi, très bien, alors assume donc tes actes en moisissant dans cette cellule. J’espère que Tao se réveillera dans un petit moment histoire que tu retiennes la leçon ! Oh et ne compte pas sur moi pour t’apporter des oranges ! siffle-t-elle.

Elle lève le nez en l’air en partant avec un air digne et je me laisse enfin rire. Je sais qu’elle ne viendra pas me rendre visite, qu’elle sera toute satisfaite de me laisser croire qu’elle se fiche de ma personne alors qu’elle vient pourtant une fois de plus de me démontrer à quel point elle veille sur moi férocement.

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