LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC x OC)

Chapitre 155 : Un drôle de restaurant

5342 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 28/12/2025 12:38

Chapitre 155 : Un drôle de restaurant


Point de vue d’Hanako


La semaine suivante est très calme, je m’empêche d’aller voir Kakashi pour lui donner une leçon mais également parce que je ne supporte pas de le voir derrière des barreaux pour une injustice pareille. Je m’absorbe donc dans le travail en attendant patiemment que Tao sorte du coma et Shisui occupe un peu mon temps libre en me proposant des petites activités comme un restaurant et une promenade. Il n’aborde pas le sujet de Kakashi, il nous laisse dans cette drôle de situation vague où nous nous voyons et discutons sans pour autant nous embrasser ou nous câliner. Ça me va très bien, j’arrive à le laisser me prendre par la taille et me tenir la main mais je sais que je ne pourrais pas aller plus loin.

Sakura est en mission en extérieur et si j’en crois les dires de Rinko, c’est l’œuvre de Minato qui a préféré les éloigner pour qu’ils n’apprennent pas l’incarcération de Kakashi, ce que je trouve très bien. Sakura en pleurerait sans doute et Naruto serait sûrement si perturbé qu’il harcèlerait son père pour le faire libérer.

Ce n’est qu’en toute fin de semaine que Tao ouvre les yeux, il n’a pas vraiment le temps de comprendre ce qui lui arrive qu’il se retrouve dans l’une des salles privées de l’hôpital dès le lundi suivant pour que je regarde discrètement dans sa tête pour confirmer les dires de la témoin de l’agression. Je suis évidemment cachée hors de la salle tandis qu’on lui demande de raconter les faits qu’il déforme, alors que la vérité s’inscrit dans ma tête. Je ne peux m’empêcher de frémir lorsque je lis dans son esprit la volonté puissante de me faire du mal et j’en arrive honteusement à être finalement bien contente que Kakashi lui ait remis les idées en place malgré la violence de sa méthode.

Tao a l’air bien déterminé à ne plus m’approcher, ni Shin visiblement, nous voyant presque comme des mises à mort sur pattes. En revanche, j’ai l’impression qu’il cherche réparation au fond de lui, ses pensées sont sombres et surtout très peu claires, comme s’il prévoyait une vengeance sans véritablement mettre le doigt sur la façon de s’y prendre. Je me rends bien compte que je ne serai pas visée mais je ne peux m’empêcher d’avoir peur pour Kakashi alors je me rassure en me répétant que Tao ne pourra jamais lui tomber dessus sans qu’il le voie venir ni avoir l’ascendant. J’informe tout de même Minato de ces drôles de pensées et il est très contrarié. Le conseil ne sait plus comment gérer son cas, il n’a déjà que trop semé le trouble dans le village.

Kakashi est donc officiellement libéré le mardi matin et mon cœur s’en retrouve immédiatement allégé. J’envisage de passer lui rendre visite le lendemain mais je n’en ai pas l’occasion puisqu’avec la remise en liberté de Kakashi, Sakura rentre à Konoha le mercredi midi et qu’elle me fait déjà parvenir un mot pour m’inviter au restaurant après le travail. Ça ne m’étonne pas une seconde puisque Kakashi a passé toute une semaine en liberté et qu’il a forcément dû voir son équipe sept et leur parler de sa mission au pays des sources chaudes. J’accepte donc l’invitation de Sakura malgré ma flemme inouïe de devoir m’expliquer sur ma relation avec Shisui, je ne vois pas bien pourquoi elle voudrait me voir avec autant d’insistance si ce n’était pas pour tirer les choses au clair avec moi.

*

Lorsque je passe les portes du restaurant, j’en tombe presque à la renverse lorsque je constate qu’il n’y a pas seulement Sakura mais l’équipe sept au complet dont leur senseï qui fait chavirer mon cœur un peu trop fort.

Alors que j’approche timidement de la tablée, Kakashi tourne la tête en me sentant arriver :

-         Evidemment…, soupire-t-il.

Je m’arrête net, cette scène me rappelle bien trop mauvais souvenir et j’ai peur une seconde qu’il me fasse la même crise qu’il y a quelques mois chez Ichiraku mais ça ne saurait être plus différent. Alors que Sakura et Naruto échangent des regards de démons, Kakashi se lève et fait un pas vers moi pour attraper ma main. Mon cœur cesse de battre alors qu’il l’embrasse et mes joues s’enflamment lorsqu’il relève ses yeux les plus doux sur moi :

-         Tu es magnifique, comme d’habitude, me complimente-t-il discrètement avant de se rassoir.

Je ne sais pas ce qui me choque le plus, son comportement ou le fait qu’il n’ait choqué absolument personne à table en agissant ainsi.

-         Bah alors Hanako ! Viens t’assoir avec nous ! s’exclame joyeusement Naruto.

Je me remets en marche, toujours complétement hors de mon corps, pour prendre place à côté de Kakashi que j’observe avec des yeux ronds alors qu’il lance un regard réprobateur à Sakura :

-         J’aurais dû m’en douter… vous n’avez pas pu résister à la tentation, ronchonne-t-il.

-         Bien sûr que non ! se moque Sasuke en ricanant.

Sakura me lance son sourire le plus faux et je crains le pire.

-         Comment vas-tu depuis le temps Hana ? demande-t-elle.

-         Bien et toi ? réponds-je prudemment.  

-         Oh bien, bien … Enfin, si on élimine que j’ai appris ce matin que mon senseï était en prison mais bon, il nous a tout expliqué et ça ne m’étonne pas vraiment de lui. En revanche, s’il y a bien une chose à laquelle je ne m’attendais pas du tout, c’est d’apprendre que ma meilleure amie sortait avec un homme dont je n’ai absolument jamais entendu parler, lance-t-elle sur un ton poli malgré ses yeux qui lancent des éclairs.

Je me recule dans mon dossier pour disparaitre mais mes quatre camarades fixent leurs yeux sur moi, me rendant aussi morte de honte que mal à l’aise.

-         Oh euh… je …, bafouille-je pitoyablement.

-         Shisui donc ? reprend-elle en agitant les mains doucement sous l’incompréhension. Autant te dire que je ne m’y attendais pas lorsque Kakashi senseï nous l’a appris…

Son ton est plein de reproches voilés, Kakashi affiche un air satisfait au possible et Naruto parait franchement triste. Même Sasuke lance des regards réguliers à son senseï, comme pour vérifier ses états d’âmes. Il faut que je me rende à l’évidence, Kakashi l’a fait, il a réellement parlé de moi à ses élèves comme il me l’avait garanti… Il a vraiment pris son courage à deux mains pour avouer à ses camarades que je lui plaisais… Je peine à y croire et ça parait pourtant évident.

Je pose donc mon regard médusé sur lui et il me sourit gentiment, les yeux brillants presque d’excitation et de fierté, confirmant ma question muette. Je suis sur les fesses, sans voix, abasourdie, choquée, enchantée, ravie. Mon dieu. Je regarde son visage comme si je découvrais un nouvel homme, complément éblouie par ses beaux yeux heureux.

Sakura se râcle bruyamment la gorge et je rougis de plus belle en reportant mon attention sur elle.

-         Donc ? Shisui ? Vraiment Hanako ? grince-t-elle entre ses dents.

Seigneur, elle m’agace ! Le choc passé, je reprends du poil de la bête.

-         Oui, vraiment Sakura, réplique-je sur le même ton pour la dissuader de continuer. C’est un très gentil garçon que j’ai rencontré peu de temps avant de partir pour Yu, nous nous voyons un peu.

Elle fronce les sourcils, agacée par ma réponse :

-         D’accord Hanako, et bien si je peux me permettre, je trouve ton timing absolument désastreux, siffle-t-elle en ouvrant sa carte des menus.

-         Moi aussi, plaisante Kakashi.

Il fait rire les garçons et je lui lance un petit regard mauvais malgré mon hilarité. C’est dingue de le voir comme ça, c’est dingue de constater que nous ne sommes plus un secret bon sang.

-         Ça tombe bien Kakashi, parce que tu n’as pas ton mot à dire ! réplique-je en lui fichant un coup de ma carte sur l’épaule.

Il lève les yeux au ciel et Sasuke lance une discussion avec Sakura, visiblement pour me laisser un peu de répit, ce que j’apprécie.  Je me cache derrière mon menu pour respirer un peu, mais Kakashi se penche pour le regarder avec moi.

-         Qu’est-ce que tu vas prendre moustique ? demande-t-il.

Je relève le nez pour le regarder et nos visages sont tellement proches que mes joues se colorent à nouveau :

-         Je ne sais pas, peut-être le poisson et toi ? couine-je.

-         Tu n’aimeras pas, commente-t-il tout de suite.

Comme d’habitude, ma petite fierté est piquée et je relève le nez avec un air de défi :

-         Bien sûr que si, c’est ce dont j’ai envie ! réplique-je.

-         Tu n’aimeras pas la sauce, prends autre chose, insiste-t-il.

-         Je choisis ce que je veux ! m’entête-je.

-         Très bien, on en reparlera quand tu voudras échanger de plat avec moi. Je vais prendre le bœuf, j’espère que ça te plait, raille-t-il.

-         Je finirai moi-même, conclus-je en fermant la carte.

Une dizaine de minutes plus tard, lorsqu’on dépose devant moi le poisson, je me retiens de grimacer. Je me force à afficher une tête sereine mais je constate qu’effectivement, la sauce ne me plaira pas. Kakashi a finalement pris du canard et je ne peux pas m’empêcher de me demander s’il a changé son plat pour en prendre un que j’avais déjà aimé dans ce restaurant. Je ne moufte pas et je picore du bout des lèvres une part de mon assiette, confirmant que cette sauce à l’aneth ne passera jamais. Je lance un regard en coin discret à Kakashi, qui a déjà les yeux rivés sur moi avec une tête amusée.

-         Délicieux…, mens-je.

-         Régale-toi alors, répond-il en se retenant de rire.

Nos camarades mangent avec appétit alors que je triture mon poisson du bout de ma fourchette pendant quelques minutes.

-         Tu veux échanger ? propose Kakashi.

-         Non, lâche-je du bout des lèvres, peu convaincue.

Il soupire avant d’échanger nos assiettes de force et je le laisse faire sans protester. Ce petit geste anodin me rappelle une fois de plus tout ce que j’aime chez Kakashi, sa prévenance sans limite, cette façon qu’il a de s’occuper de moi naturellement, sans que je n’ai jamais rien à lui demander… Quelle chance j’ai pu avoir lorsque nous étions plus ou moins ensemble, lorsque ces attentions étaient quotidiennes, lorsque nous nous retrouvions chez moi et que je pouvais lui sauter dans les bras pour l’embrasser pendant des heures. Je lui lance un petit regard et il me couve des yeux avec tendresse, me laissant un petit goût de nostalgie.

-         Merci Kakashi, vraiment, murmure-je en insistant sur les mots.

-         Mais de rien mon … moustique, se reprend-il en lançant un coup d’œil aux jeunes.

Ils nous observent avec des sourires attendris et je suis heureuse de leur bienveillance envers leur senseï ronchon. Ces petits échangent travaillent sans doute Naruto qui décide alors de mettre les pieds dans le plat :

-         Alors Hanako, tu es amoureuse de Shisui ? demande-t-il sans préambule.

-         Non ! m’exclame-je immédiatement en observant la réaction de Kakashi.

Il n’a pas l’air de mal prendre la question de Naruto, il a même l’air intéressé par ma réponse alors que ce dernier enchaine :

-         Alors pourquoi es-tu avec lui ? Tu ne devrais pas perdre ton temps comme ça. Si tu n’es pas amoureuse, change ! Il y a sans doute plein d’hommes très bien qui s’intéressent à toi, affirme-t-il avec sérieux.

Je ris un peu :

-         Je ne sais pas trop Naruto, tu n’as sans doute pas tort, tu as une vision très simple et pure du monde, réponds-je.

-         Il parait ! répond-il joyeusement. En tout cas, je connais pour sûr au moins un homme très bien qui s’intéresse à toi.

-         La ferme Naruto, laisse-la tranquille, soupire Sasuke.

-         Moi je trouve ses arguments très pertinents ! s’amuse Kakashi.

-         La ferme toi aussi, réplique-je en lui souriant.

-         A vos ordres maitresse, répond-il avec humour.

Sakura se redresse avec un air intéressé :

-         Maitresse ? Quel genre de maitresse ? pouffe-t-elle avec un sourire de diable.

Je rougis comme une pivoine tandis que Kakashi éclate de rire. Je n’arrive toujours pas à intégrer la nouvelle situation, Kakashi leur a non seulement dit, mais en plus, on dirait qu’il est tout euphorique de ne plus avoir à se cacher parce que je ne l’ai jamais vu aussi ouvert avec eux.

-         Ce n’est rien, c’est une petite blague entre nous depuis le pays des sources chaudes, tempère-je.

-         Racontez-nous ! ordonne Naruto avec entrain.

Je me charge donc de leur raconter notre épopée dans la montagne, les faisant évidemment rire quand j’imite Kakashi en train de sauter au sol, ça ne rate de toute façon jamais.

Nos plats sont terminés lorsque je finis de raconter cette formidable histoire et nous décidons de nous rendre au buffet de dessert, au milieu de la salle du restaurant. Kakashi ne vient pas, il reste à table et je devine aisément que c’est de la pure flemme de sa part. Je décide donc de prendre deux cuillères et de me remplir une coupe de glace à la noisette, sa préférée. Je retourne le rejoindre en sautillant, toute fière de moi :

-         J’en ai pris pour nous deux ! Pour te remercier d’avoir échangé ton plat avec moi ! annonce-je en lui tendant sa cuillère.

-         C’est adorable petit démon, voilà qui ne vous ressemble pas, plaisante-t-il.

Je glousse et je commence à manger avec gourmandise. Il m’observe faire avec un sourire aux lèvres, jouant distraitement avec sa cuillère dans une main mais ses yeux sont trop sombres pour être honnêtes et je me fige dans mon mouvement en déglutissant légèrement. Je n’aime pas ce regard, ou plutôt, je l’aime bien trop mais il est dangereux entre nous.

-         Tu n’en manges pas ? couine-je pour tenter de baisser la tension qui émane de lui.

-         Si…, répond-il tranquillement.

Il se penche alors vers ma main toujours suspendue dans les airs pour prendre la bouchée à ma place. J’ai l’impression d’être une groupie, de retour à mon premier restaurant avec lui alors que mes yeux tombent sur ses lèvres. Je le regarde prendre ma cuillère en bouche, sa langue qui passe ensuite discrètement sur ses lèvres, sa bouche qui s’entrouvre …

-         C’est bien meilleur quand la cuillère a d’abord touché tes lèvres, murmure-t-il d’une voix chaude.

Je rougis automatiquement, rien de nouveau sous le soleil, mais je suis survoltée en un claquement de doigts. Je le dévisage comme une biche devant un loup, le cœur accélérant gentiment. Je commence à me demander si je tiens vraiment à attendre comme je le fais actuellement.

Pourquoi donc n’envoie-je pas bouler tous mes doutes simplement pour avoir la chance de rentrer chez moi avec cet homme incroyable ? Je suis déjà en train de visualiser très clairement de biens belles façons de finir la soirée avec lui et je ne peux pas m’empêcher de planter ma cuillère dans ma glace pour lui proposer une autre bouchée. Il s’exécute avec un sourire en coin sexy et mes résolutions s’effondrent les unes après les autres.

-         Elle aurait encore meilleur goût à même tes lèvres, continue-t-il de sa voix séductrice.

-         Tu crois ? souffle-je.

-         J’en suis sûr, susurre-t-il en plissant ses yeux ardents.

Il n’y a même pas moyen que je rentre sans lui chez moi ce soir.

Les jeunes reviennent, interrompant ce moment et ma température peut enfin redescendre un peu alors que Kakashi utilise docilement sa cuillère malgré ses petits regards taquins réguliers.

-         J’ai des nouvelles pour le cas de Tao au fait, annonce Naruto.

-         Et c’est seulement maintenant que tu te réveilles ? ronchonne Kakashi.

-         Il faut croire, soupire Sasuke.

Naruto lui jette un petit regard mauvais avant de nous annoncer les nouvelles :

-         Mon père m’a dit qu’il serait hospitalisé encore un moment, vous ne l’avez pas raté senseï... alors en attendant qu’il sorte, le conseil débattra de sa potentielle punition. Ils estiment que vous avez déjà assumé votre peine en restant emprisonné une dizaine de jours mais ils estiment aussi que Tao mérite d’être puni à son tour, comme il a déjà eu des problèmes de comportement et qu’il a sorti des armes à votre encontre, il sera viré des forces spéciales d’office mais son cas sera étudié pour décider ou non s’il mérite une peine plus grave.

-         Intéressant, j’adorerais le savoir enfermé…, marmonne-je.

-         Tu m’étonnes, avec les menaces proférées à ton encontre…, souffle Sakura.

-         Je ne suis pas sûr qu’il s’en sorte bien effectivement, souligne Sasuke.

-         Je ne serais pas serein qu’il soit libre de se balader dans le village, grogne Kakashi. Je risque d’être un poil collant si ça devait être le cas.

Il me lance un regard appuyé et j’hoche la tête. Bien que Tao n’ait pas l’air d’avoir l’envie de s’approcher de moi, je ne cracherais pas sur la surveillance rapprochée de Kakashi pour me sentir en sécurité.

-         C’est vraiment une drôle d’histoire, commente Naruto.

-         Une sale histoire, le corrige Sakura.

-         Une histoire réglée surtout ! râle Kakashi. Qu’il ose faire un pas dans la direction d’Hanako et je le termine ! Je me fous de finir ma vie derrière les barreaux !

-         Kakashi, ne dit pas une chose pareille, j’ai toute confiance en notre Hokage pour régler la situation, tempère-je.

-         Mh…, marmonne-t-il avec mauvaise humeur.

Après le repas, comme à leur habitude, les jeunes attendent dehors et comme à notre habitude, je me retrouve devant le comptoir avec Kakashi qui insiste pour payer mon plat. Je suis presque déçue qu’il ne profite pas de notre petit tête à tête pour me prendre par la taille ou me toucher d’une façon ou d’une autre. Il l’a pratiquement toujours fait et je suis frustrée. Je dois me rappeler que c’est ma décision mais quelle connerie !

Dès que nous rejoignons les autres, nous nous mettons en route tous ensemble et Sakura m’attrape par le bras pour me trainer à l’arrière du groupe, hors d’écoute, alors que les garçons discutent en remontant la rue.

-         Mais qu’est-ce que tu fiches avec Shisui ?! s’exclame-t-elle à voix basse.

-         C’est compliqué Sakura !

-         Kakashi senseï nous a dit qu’il s’intéressait à toi ! Il a éconduit Sun ! Bon sang Hanako qu’est-ce qu’il se passe ?! C’est tout ce que tu espères depuis des semaines je ne comprends rien !

-         Ecoute, la situation est extrêmement compliquée, tu n’es pas au courant du tiers de ce qu’il s’est passé ces derniers temps ! m’agace-je.

-         Tu recommences à me tenir à l’écart ?

-         Pas vraiment, tout s’est enchainé ! Je te raconterai Sakura, mais je n’en trouvais pas la force parce que je… J’étais tellement sûre qu’il était raide dingue de Sun, je n’ai pas eu le courage de te dire que j’étais amoureuse de lui, admets-je dans un murmure.

-         Tu es amoureuse de lui ?! Mais alors qu’est-ce que tu attends ! vocifère-t-elle en agitant les mains brusquement.

Kakashi se retourne alors et mon sang se fige dans mes veines mais heureusement, il n’a pas l’air d’avoir entendu :

-         Sakura ?! Qu’est-ce que tu fiches ?! Tu es en train d’embêter Hanako ? gronde-t-il.

-         Mais non ! rétorque-t-elle en agitant la main pour lui faire signe d’avancer.

Mais il ne bouge pas d’un poil alors j’interviens :

-         Ce n’est rien Kakashi, des discussions de filles ! assure-je.

-         Quel chien de garde bon sang, ronchonne Sakura. Je ne vais pas vous la manger ! Je discute avec mon amie !

-         Discute-donc de façon moins tendue alors, je peux sentir ton aura d’ici ! Si tu l’embêtes je te fiche une raclée ! réplique-t-il avec mauvaise humeur.

Elle lève les yeux au ciel et je glousse, ce qui détend considérablement Kakashi qui reprend sa route.

-         Sakura, je t’expliquerai tout à l’hôpital cette semaine. En tout cas, Sun n’est pas son inconnue mystère, il cherche effectivement à me reconquérir mais je ne me mettrai pas avec lui, explique-je rapidement pour lui donner les bases.

Elle soupire de frustration mais contrôle sa curiosité :

-         Tu m’expliques tout demain après-midi ? Nous avons les mêmes horaires.

-         Oui !

Elle hoche la tête d’un air entendu et nous filons rejoindre les autres.

*

Lorsque nous arrivons au pied de chez moi, il n’y a plus que Naruto avec nous et il nous souhaite une bonne soirée sans discuter avec un sourire malicieux aux lèvres. Alors qu’il s’en va, mes nerfs se réveillent et nous grimpons mon escalier en silence tandis que mon esprit tourbillonne d’envie.

Il s’arrête devant ma porte :

-         Je te souhaite une bonne nuit, dit-il d’un ton décidé.

Je tourne la tête vers lui, choquée, ma frustration me retournant le ventre.

-         Tu t’en vas déjà ? articule-je.

-         Et bien… oui…, répond-il prudemment, sans comprendre.

-         Je … je …

Je ne sais même pas quoi dire. Je n’ai rien à dire finalement, mais la situation me rend dingue. J’ai envie de lui sauter au cou, de le trainer à l’intérieur en l’embrassant, de ne plus jamais le laisser repartir… Je suis même vexée, voire un peu en colère, j’hallucine qu’il ne tente rien, qu’il n’essaie pas de s’inviter, qu’il n’ait pas les mêmes envies que moi…

-         Hanako, c’est toi qui veux que je respecte Shisui, c’est toi qui veux que nous soyons amis le temps de me refaire confiance, ajoute-t-il.

-         Oui, je sais ! râle-je. Mais…

-         Non, pas de mais ! s’exclame-t-il en riant.

-         Ça va, ce n’est pas comme si nous n’avions pas déjà fauté…, ronchonne-je.

Il rit plus fort, brisant le silence de la nuit de son magnifique rire qui me fait toujours tomber amoureuse un peu plus fort.

-         Il est hors de question que je te touche ou que je t’embrasse tant que tu n’auras pas quitté Shisui ! Hors de question que je prenne le risque que tu m’en veuilles ou que ça t’éloigne de moi. J’ai déconné à Yu, parce que tu me l’as demandé, tu m’as demandé une nuit sans conséquence et c’est exactement ce que nous nous sommes offerts. Mais maintenant c’est différent, maintenant je ne veux pas une soirée isolée, je te veux toi et je te prouverai que je sais être patient pour te reconquérir.

Je détourne la tête pour bouder et il se glisse devant moi en attrapant mes mains pour décroiser mes bras et les caresser doucement.

-         J’ose espérer que vous n’êtes pas en train de bouder Mademoiselle…, s’amuse-t-il.

-         Non, mens-je.

-         On dirait bien que si, souligne-t-il en réprimant un rire.

Je détourne un peu plus la tête en essayant d’ignorer ses caresses douces sur mes mains mais je suis tellement agacée et frustrée que je ne peux pas m’empêcher de lui cracher le morceau :

-         Évidemment que je boude ! Tu me charmes avec la glace au restaurant pour me laisser en plan devant ma porte ! couine-je.

Il rit encore plus et lâche mes mains pour me serrer dans ses bras. Dès que je me retrouve contre lui, ma colère fond comme neige au soleil et je me love en ronronnant, serrant son torse contre moi comme ma peluche préférée.

Il se glisse à mon oreille :

-         Ne comptes pas sur moi pour craquer, compte sur moi pour te rendre dingue jusqu’à ce que tu ne puisses plus supporter que je ne t’embrasse pas … Je veux que ce soit toi qui craques, et à côté de ça, compte sur moi pour continuer de te montrer que je suis plus que prêt à ce que tu me redonnes une chance.

Il embrasse ma joue longuement avant de disparaitre, me laissant le cœur battant, les yeux ronds et un petit sourire excité sur les lèvres.

Laisser un commentaire ?