LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC x OC)
Chapitre 156 : L'inconnue mystère, enfin dévoilée
6126 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 31/12/2025 11:27
Chapitre 156 : L’inconnue mystère, enfin dévoilée
Point de vue de Kakashi
Quelques jours passent suite à notre restaurant, des jours où j’hésite à aller voir Hanako. Je ne sais jamais ce que je peux faire ou non dans cette sombre situation avec Shisui mais ma semaine s’éclaire lorsqu’au retour du travail, je trouve un mot sur ma porte. Un bien joli mot qui me convie chez elle ce soir, sans autre précision. Je ne réfléchis même pas et je saute sous ma douche avant de m’y rendre.
*
Je toque chez elle, le cœur battant légèrement trop vite pour être honnête et elle m’ouvre avec un immense sourire :
- Tu es venu ! gazouille-t-elle.
- Évidemment que je suis venu. A quoi suis-je convié exactement ? demande-je en salivant déjà de l’odeur qui émane de sa cuisine.
- A une soirée film ! répond-elle, toute fière. Après une longue semaine au boulot, j’avais juste envie de buller un peu … en tout cas, tu es habillé comme il faut pour buller, plaisante-t-elle d’une voix douce en désignant mes habits décontractés.
- J’ai eu le nez creux, voilà une tenue confortable pour que tu puisses te lover dans mes bras, réplique-je.
Elle rougit furieusement et sa bouche s’entrouvre alors qu’elle me dévisage avec de grands yeux.
- Je plaisante Hanako, je sais, nous sommes amis, précise-je. J’ai quand même le droit d’espérer que mon charme fou opère.
Elle rit nerveusement, imitant plus le cri d’une petite souris prise dans les pattes d’un chat qu’autre chose avant de filer vers la cuisine, sans doute pour cacher son trouble. Voilà qui est prometteur. Je m’approche silencieusement dans son dos tandis qu’elle mélange son plat, pour poser ma tête sur son épaule :
- Ça a l’air délicieux, commente-je doucement.
Elle ne répond pas mais je vois qu’elle est heureuse comme tout que je sois près d’elle alors j’enlace son ventre dans mes bras, récoltant un petit regard en coin heureux alors que je l’observe cuisiner.
- Je crois que j’ai annoncé à tous les gens que je connais que je suis épris de toi, dis-je pensivement en espérant marquer des points.
- Que tu es épris de moi ? rit-elle.
- Oui… je trouve ce terme poétique.
- Je le trouve très beau, en effet…, répond-elle pensivement.
Nous mangeons dans la bonne humeur, et bien que nous soyons sur la table basse, elle ne lance pas le film, préférant visiblement me le raconter pratiquement en intégralité pendant tout notre repas. Ce n’est que lorsque le repas est englouti et la table débarrassée qu’elle lance le film et lorsqu’elle me rejoint près du canapé, je l’attrape de force pour l’enrouler dans un plaid :
- Je ne veux pas que tu aies froid, me justifie-je une fois qu’elle est officiellement transformée en rouleau de printemps.
- Je n’ai jamais froid contre toi, réplique-t-elle.
Je ne sais pas trop quoi répondre à ça alors je la dévisage simplement et elle me sort ses yeux de biches :
- Quoi ? Ta proposition de me laisser me lover contre toi ne tient déjà plus ? ronronne-t-elle.
- Bien sûr que si, réplique-je en cachant ma surprise.
Je m’allonge sur son canapé en ouvrant les bras et elle se tortille comme une chenille pour venir se caler dedans en posant sa tête sur mon biceps. Alors que le film démarre, je ne peux pas m’empêcher de lui poser plein de questions simplement parce que je préfère cent fois écouter sa voix que la télé et alors qu’elle répond avec sérieux au début, elle finit par rire et se moquer de moi en m’accusant de ne pas suivre le film.
- Difficile de le suivre alors que je t’ai dans mes bras ! m’amuse-je.
- Ne me dis pas ça, sinon il faudra que j’en sorte ! réplique-t-elle.
- Ou bien nous éteignons la télé et nous nous câlinons simplement ! rétorque-je.
- Dis tout de suite que mon programme t’ennuie ! fait-elle mine de se vexer.
- Ça fait longtemps que j’ai dépassé le stade de l’ennui ! l’embête-je.
Elle tourne la tête vers moi, la bouche grande ouverte, vexée au possible. D’un mouvement bien plus rapide que je ne l’aurais parié, elle se retourne pour me faire face en sortant ses bras du plaid pour m’attaquer. Je ris alors qu’une petite lutte démarre entre nous et je la laisse prendre l’ascendant, me prenant quelques coups de coussin vicieux.
- Je n’y peux rien si tu regardes des films ridicules ! la taquine-je.
- C’est toi qui es ridicule ! Monsieur l’intello qui préfère « lire des livres », se moque-t-elle d’une voix pompeuse.
- C’est tout de même plus intelligent que de regarder bêtement la télé ! fanfaronne-je.
- Oui bien sûr, parce que lire des livres de pervers, ça rend intelligent ! m’embête-t-elle.
J’ai un petit recul, vexé, avant de dérouler à moitié son plaid pour la chatouiller sous ses couinements de souris en détresse. Elle rit aux éclats en se tortillant contre moi, mais elle ne lâche pas l’affaire, se moquant de moi avec une voix de la haute société :
- « Excusez-moi Messieurs-dames, je préfère mes lectures intellectuelles à vos films de bas étages ! »
Je glisse ma main pour atteindre ses côtes, son point faible, et elle se démène encore en riant :
- « Et que lisez-vous mon cher Kakashi, un livre de philosophe je présume ? » continue-t-elle entre ses rires.
- Arrête ! m’esclaffe-je.
- « Non Mesdames et Messieurs, je lis les techniques du batifolage, excusez du peu ! »
- Démon !
- Pervers !
Je redouble mes chatouilles, et elle n’arrive plus à respirer. Elle se démène tellement qu’elle manque de tomber par terre mais je la rattrape in extremis alors qu’elle est déjà à moitié dans la vide.
- Au secours ! couine-t-elle. Temps mort, temps mort ! Un matelas a failli passer par-dessus bord !
- Ce n’était pas une très grosse perte, il ne servait qu’à laver le pont, réplique-je en la ramenant entièrement sur le canapé.
- Kakashi ! s’écrie-t-elle en jouant toujours les vexées.
- Oui bon, il a pêché un poisson une fois, on ne va pas en faire en toute une histoire, réplique-je en levant les yeux au ciel.
Elle glousse et je la tire franchement contre moi pour l’enlacer tandis que nous nous dévisageons. Son immense sourire fane peu à peu en un plus doux, plus intime. Ses yeux brillent d’un bel éclat que j’avais peur de ne plus jamais revoir, cet éclat qui me donne l’impression qu’elle est aussi amoureuse de moi que je le suis d’elle. Elle glisse alors timidement ses bras derrière ma nuque, se serrant plus près de moi encore qu’elle ne l’était déjà.
- Tu as vraiment dit à tout le monde que … tu étais épris de moi ? chuchote-t-elle.
- Oui… Tous mes amis et mes proches le savent, même Gaï est au courant désormais, confirme-je.
- Alors quelle est la suite du plan ? demande-t-elle.
- Et bien, maintenant que tout le monde est au courant, je n’ai malheureusement plus grand-chose à faire mis à part te faire passer des bons moments en attendant le jour où tu ne pourras plus résister et où tu m’embrasseras, plaisante-je doucement.
- Tu me fais passer un très bon moment ce soir, souligne-t-elle.
- Tu m’en vois ravi, je n’ai plus qu’à attendre que tu reviennes à la raison et que tu te rendes compte que ce n’est pas ce crétin que tu veux, soupire-je.
Elle pouffe doucement :
- Tu vas vraiment attendre ?
- Bien sûr, j’attendrais des années s’il le fallait, réponds-je sérieusement.
- Et si je n’avais plus jamais envie de t’embrasser ? demande-t-elle d’une voix malicieuse.
- Tant pis pour moi, j’aurai toujours mes souvenirs.
- Et si j’avais envie de t’embrasser là, tout de suite ? chuchote-t-elle.
- Ça ferait de moi le plus heureux des hommes, réplique-je.
Elle m’observe pensivement :
- Qu’est-ce que je t’ai fait Kakashi ? Comment peux-tu t’offrir à moi comme ça ? Je ne comprends pas, je ne comprends toujours pas ce que j’ai bien pu faire pour que tu t’intéresses à moi parmi toutes les femmes qui te courent après…, chuchote-t-elle.
- Tu n’as rien fait de particulier mon ange, ça c’est tout simplement imposé à moi, dès le premier jour…
- A quel moment as-tu senti que c’était différent avec moi ? murmure-t-elle d’une voix timide.
- Mais dès la première seconde où je t’ai vu Hanako, dès que mes yeux se sont posés sur toi pour la première fois et que j’ai compris immédiatement que ma vie ne serait plus jamais la même, réponds-je comme si c’était évident.
- Vraiment ? couine-t-elle.
- Evidemment, comment peux-tu en douter ? m’étonne-je.
Elle rougit furieusement en détachant un de ses bras de ma nuque pour poser un doigt sur mon cœur :
- J’en doute parce que tu ne me dis rien de ce qu’il se passe là-dedans, murmure-t-elle en tapotant mon cœur.
- Mais il ne se passe rien, il n’y a que toi là-dedans, depuis le jour où mes yeux se sont posés sur toi et jusqu’à ce que la mort m’emporte…, réponds-je doucement.
Ses sourcils se crispent sous l’émotion et ses yeux s’humidifient instantanément alors qu’elle resserre son bras autour de ma nuque. Je vois qu’elle est plus touchée qu’elle ne l’a jamais été et sa remarque me fait réfléchir. Minato m’a dit de plus m’ouvrir, de lui dire ce qu’il se passait dans ma tête et alors que je vois à quel point ce simple aveu la comble de joie, je me dis que je ferais peut-être bien de m’ouvrir complétement à elle, de lui avouer quelque chose qui me parait pourtant si évident que je doute que ce soit une révélation pour elle mais après tout pourquoi pas ? C’est quelque chose qui l’a tant fait douter et souffrir…
Alors que je m’apprête à lui dire, je ne peux même pas croire que je ne lui ai jamais dit.
- Je ne pense pas te l’avoir déjà dit mais… ça me parait tellement évident, commence-je timidement.
- Quoi donc ? demande-t-elle en fronçant légèrement les sourcils, les yeux toujours remplis d’étoiles.
- Tu es « mon inconnue » Hanako… Tu as encore mentionné notre rencontre chez Ichiraku, mais la vérité, c’est que le deux novembre, je me trouvais dans le bureau de Minato pour parler de la mission à venir à Suna. J’étais perché sur son armoire dans un coin de la pièce et tu es entrée pour t’entretenir avec lui… Dès que je t’ai vu… mon dieu, mon monde s’est arrêté. J’ai été comme frappé par la foudre, je n’arrivais plus à détourner le regard de ton être, j’étais envouté, complétement hypnotisé…
Plus ses yeux s’agrandissent au fur et à mesure de mes mots plus je réalise que non, ce n’était clairement pas évident pour elle et je n’en reviens pas. Ses yeux s’embuent plus fort, ses joues deviennent plus rouges que je ne les ai jamais vu alors je poursuis :
- Avant de sortir du bureau de Minato, tu m’as lancé un coup d’œil, il n’a duré qu’un instant mais dès que j’ai croisé pour la première fois ces magnifiques yeux roses, j’ai su qu’ils m’avaient happé pour toujours et que j’étais foutu. Je n’ai pas osé demander ton prénom à Minato, j’étais tellement chamboulé… J’avais juste compris que tu étais médecin alors j’ai passé des heures à arpenter l’hôpital à ta recherche. Je n’avais qu’une seule idée en tête, me présenter, te parler, t’inviter au restaurant… J’en devenais fou de ne pas te trouver et c’est ce soir-là que j’ai parlé à Rinko de « mon inconnue » … parce que je ne connaissais pas ton nom, je n’avais que ton magnifique visage en tête. Après des jours à fouiller le village dans tous les sens, à te chercher à chaque coin de rue, tu es apparue comme un mirage devant moi chez Ichiraku, amenée à ma foutue table par Sakura comme dans mes rêves les plus fous. J’ai cru que je rêvais, que j’hallucinais littéralement et c’est pour ça que je t’ai accueilli comme si je voyais un fantôme. J’en serais tombé de ma chaise lorsque je t’ai vue arriver, je ne t’avais jamais croisé avant, je te cherchais depuis des jours, j’avais perdu tout espoir et le destin a finalement décidé de te ramener à moi. Et notre première soirée sur ta terrasse… j’ai cru mourir de bonheur, je ne voulais plus m’en aller, je sentais un courant entre nous… Malheureusement, le destin a aussi décidé de me jouer un sale tour puisque tu avais rencontré Rinko le trois novembre et que tu t’étais mise avec lui en mission à Iwa. Ça m’a fendu le cœur en deux lorsque je l’ai appris… d’où mon comportement odieux au pays du gel… Tout ça n’a été qu’un foutu problème de timing, je t’avais rencontré avant lui, je tenais à cette date, je me raccrochais au fait de t’avoir « vu le premier » …
- C’est la vérité ? Tu ne dis pas ça pour me faire plaisir ? murmure-t-elle dans un souffle.
- Évidemment que c’est la vérité, il n’y a jamais eu une autre femme dans mon cœur, c’est bien pour ça que je t’ai tant dit de ne pas t’inquiéter de cette inconnue, c’était tout bonnement ridicule. Il n’y a que toi mon ange, depuis le deux novembre et à jamais.
Ses larmes roulent finalement sur ses joues alors que je vois au fond de ses yeux qu’elle croise toutes les informations qu’elle détient sur mon inconnue. Toutes ces fois où elle m’a posé des questions dessus et que je lui en ai parlé comme de la huitième merveille du monde, toutes ces fois où je lui ai pratiquement dit que j’étais fou amoureux d’elle, chaque moment où je l’ai rassuré en lui disant que mon inconnue ne se mettrait jamais entre elle et moi…
Elle me fixe au fond des yeux, y découvrant sans doute à quel point elle compte pour moi, à quel point personne ne pourra jamais m’éloigner d’elle puisqu’elle est la seule élue de mon cœur. Elle tire alors sur ma nuque pour m’attirer contre ses lèvres tandis que sa main libre retire mon masque d’un mouvement rapide avant de se poser sur ma joue pour s’y raccrocher avec émotion.
Mon cœur bondit dans ma poitrine alors que nous nous embrassons, j’ai l’impression de revivre lorsque ses lèvres douces caressent les miennes. Je la serre plus fort contre moi, lui rendant son baiser avec douceur malgré mes bras fermes autour d’elle, je me régale du goût salé qui témoigne de l’émotion que je viens de provoquer en elle.
Nous nous embrassons avec une tendresse infinie, longuement, savourant le moment avec délice… elle repasse ses bras derrière ma tête pour me rapprocher encore d’elle, pour parfaire notre fusion alors que je la tire au-dessus de moi.
Elle glisse doucement sa langue contre la mienne, dans la sensualité totale, sans précipitation, sans urgence. Nous nous redécouvrons avec timidité, comme si nous nous embrassions pour la première fois, tâtonnant presque à la lueur de ma révélation. C’est divin et doux, parfait. Ça fait tellement longtemps que nous ne nous sommes pas embrassés comme ça, comme si c’était naturel et juste, comme s’il n’y avait personne au monde à part nous deux. Nous nous embrassons longtemps, je perds la notion du temps qui passe dans ses bras, ma seule preuve que le temps n’est pas figé est le son qui vient du film en arrière-plan.
Ce n’est qu’un petit bruit étouffé à l’extérieur qui nous tire de ce moment et nous nous dévisageons bêtement, shootés par le moment sans trop réagir jusqu’à ce que des coups résonnent sur la porte, nous faisant sursauter franchement.
Elle tourne la tête vers sa porte d’entrée et ses yeux luisent une demi-seconde alors que son visage se décompose. Mes sens s’allument enfin et je comprends à mon tour que c’est Shisui. Je ne juge pas nécessaire qu’il apprenne ce qu’il se passe entre elle et moi en nous découvrant dans cette position très douteuse alors je nous redresse d’un mouvement rapide. Hanako est complétement sidérée et n’arrive pas à bouger alors je remets mon masque avant de plier rapidement le plaid qui traine désormais par terre pour le poser sur le canapé.
De nouveaux coups résonnent et elle sursaute encore en me lançant un regard affolé. Je lui fais un petit mouvement de la main pour la pousser à réagir et elle se lève comme un robot avant de se planter devant sa porte pour l’ouvrir, blanche comme un linge.
- Coucou ma petite fleur des champs ! Je reviens de patrouille et je me suis dit que je passerais te dire bonne nuit avant de rentrer chez moi ! Il n’est pas si tard ! s’exclame-t-il avec son entrain habituel.
- Euh… oui… bonne nuit... On regardait un film si tu veux te joindre à nous, dit-elle d’une voix monocorde, toujours abasourdie.
Il glisse la tête dans l’embrasure avec un regard inquisiteur et je le salue de la main avec mon expression polie la plus forcée. Son visage se décompose presqu’autant que celui d’Hanako :
- Euh… salut Kakashi…, dit-il.
- Salut, réponds-je sobrement.
Hanako se reprend alors et tâche d’afficher un air détendu malgré la tension ahurissante qui vient de s’emparer de Shisui. Je ne peux imaginer la réaction que j’aurais eu à sa place, le moment est vraiment, vraiment gênant.
- Euh oui... Je veux bien me joindre à vous oui…, répond-il finalement.
Normal.
Il rentre, tendu comme un arc et Hanako revient s’assoir mécaniquement dans le canapé, le plus loin possible de moi. Il s’installe entre nous en croisant des bras serrés contre sa poitrine :
- Alors vous aviez prévu de … regarder un film ? demande-t-il d’une voix suspicieuse.
- Oui… j’avais acheté trop d’ingrédients alors j’ai invité Kakashi puisque tu patrouillais, répond-elle d’une petite voix.
- Je vois…, répond-il.
Ça fait mal. Je fronce les sourcils en croisant les bras à mon tour, franchement peiné par ce qu’il est en train de se passer. J’imaginais bêtement qu’elle le quitterait après notre baiser, après mes aveux, après ses larmes de bonheur… je n’ai pas vraiment eu le temps d’y réfléchir mais j’avais presque l’impression que nous nous remettions ensemble ce soir et j’ai du mal à réaliser que non. Ceci dit, je ne peux pas exclure non plus qu’Hanako soit simplement prise de court par l’interruption de Shisui…
J’imaginais l’embrasser toute la nuit et dormir chez elle alors que je me retrouve à côté de son petit-ami à l’écouter se justifier sur ma présence. Je me fais de la peine et je n’ai pas envie de jouer à ce jeu qui me fait trop de mal :
- Je vais vous laisser, vous voulez sans doute être seuls, annonce-je.
- Mais non ! s’écrie-t-elle.
- Merci Kakashi, tranche Shisui en me souriant froidement, me congédiant très clairement.
J’attends une seconde, j’attends qu’Hanako réagisse, qu’elle me dise de rester… n’importe quoi, un signe qui sauverait mon cœur en détresse mais elle ne fait rien, elle m’observe simplement avec ses grands yeux et j’hoche la tête lentement en me levant.
- Bonne soirée à vous, marmonne-je avant de passer la porte sans un regard pour eux.
Wouah. Heureusement que l’air est frais et me remet les idées en place parce que je suis choqué par ce qu’il vient de se passer.
*
Je tourne comme un lion en cage chez moi. Je suis si déçu que j’étouffe, si triste que j’en pleurerais. Je n’arrive pas à m’en remettre et lorsque je sens son aura derrière ma porte, je me demande même si je vais lui ouvrir. Mais elle toque et j’y vais évidemment, restant devant mon seuil, ne l’invitant clairement pas à entrer.
- Kakashi je… je ne sais même pas quoi te dire…, bafouille-t-elle.
- Moi non plus.
Ses sourcils se crispent un peu sous l’inquiétude et elle se balance d’une jambe sur l’autre, très mal à l’aise.
- Shisui est parti ? demande-je durement.
- Oui, il m’a pris la tête avec virulence… je l’ai fichu dehors et je suis venue chez toi… je suis désolée que ça se soit passé comme ça… Mon dieu, je ne sais même pas quoi te dire…, continue-t-elle.
- Qu’est-ce que tu lui as dit ? demande-je avec tension.
- Rien de particulier, que tu étais venu regarder un film, qu’il fallait qu’il arrête de me faire des crises de nerfs… qu’il aurait pu être plus agréable avec toi, ajoute-t-elle avec espoir.
Comme si ça changeait quelque chose.
- Plus agréable avec moi ? Tu plaisantes ? Il me trouve chez toi en soirée, il sait que nous nous sommes déjà embrassés, tu affiches une tête louche au possible, tu bafouilles pratiquement… et tu attendais de lui qu’il soit agréable ?! m’écrie-je.
- Mais pourquoi le défends-tu ? couine-t-elle.
Je détourne la tête pour me calmer, suivant des yeux le cadre de ma porte pour m’empêcher de m’énerver plus que je ne le suis déjà.
- Tu lui as dit que nous nous étions embrassés ? demande-je finalement.
- Non…
- Tu comptes lui dire ? enchaine-je.
- Non ! répond-elle en fronçant les sourcils.
J’hoche lentement la tête, vraiment au fond du trou cette fois et mes larmes me chatouillent finalement le coin des yeux.
- Qu’est-ce que tu es venue faire ici Hanako ? demande-je.
- Je ne sais pas trop… m’excuser… je peux entrer ?
- Non, tranche-je en reposant les yeux sur elle.
Elle a l’air vraiment étonnée, elle a presque un petit mouvement de recul et je dois dire que je ne comprends pas vraiment pourquoi.
- Vraiment ? insiste-t-elle.
- Non tu ne peux pas entrer Hanako. Tu peux rentrer chez toi ou foncer voir ton petit-ami, mais tu ne peux pas venir chez moi et me donner encore de l’espoir, lâche-je.
Elle fronce les sourcils et je peux déjà voir une petite colère brûler au fond de ses yeux, ce qui ne manque pas de m’agacer profondément.
- De l’espoir ? Mais je ne t’ai rien promis Kakashi ! rétorque-t-elle.
Et bim, dans les dents Hatake.
Ça fait mal, parce qu’elle ne m’a effectivement rien promis, j’ai simplement eu l’espoir stupide d’imaginer que nous nous remettions ensemble. J’hésite entre lui dire ce que j’en pense mais j’ai un peu peur du ton que j’emploierai ou bien simplement lui claquer ma porte au nez. Les deux me paraissent violent, autant opter pour « l’ouverture de mon cœur » comme dirait Minato, bien que j’ai conscience qu’il risque de se faire un peu plus briser dans les trois minutes :
- Tu ne m’as effectivement rien promis mais te jeter sur moi pour m’embrasser me paraissait plutôt clair sur le moment. Lorsque je t’ai dit que la suite de mon plan était d’attendre que tu ne résistes plus à l’envie de m’embrasser, je visualisais plutôt ça en tant que baiser officialisant notre couple et pas l’officialisation de mon foutu rôle d’amant ! aboie-je.
- Non mais je rêve Kakashi ! Tu m’en veux ou quoi ?! se récrie-t-elle.
- Oui je t’en veux ! tonne-je.
- Tu n’as absolument aucun droit de m’en vouloir ! Ce n’est pas parce que tu estimes qu’une envie de t’embrasser efface ce que tu m’as fait que c’est le cas ! Qu’est-ce que tu ne comprends pas dans « tu m’as brisé le cœur » ?! Tu imagines que parce que tu as simplement dit aux gens que tu connais que tu m’appréciais, je vais soudain être sûre de toi et ne plus douter ?! Tu imagines qu’un baiser après avoir appris que j’étais ton inconnue efface mes peurs les plus viscérales ?! J’étais déjà ton inconnue lorsque tu m’as laissé tomber comme une merde pendant des semaines Kakashi ! Je l’étais déjà lorsque tu t’es choisi toi en me laissant mourir de tristesse ! Alors je ne vois pas bien en quoi tes révélations devraient fondamentalement me rassurer alors que tu es encore bien capable de te barrer si on se mettait ensemble officiellement par peur de devoir assumer notre couple !
- Mais qu’est-ce que tu racontes ?! Comment veux-tu que je panique à l’idée de notre union alors que tout le monde est au courant de mon désir d’être avec toi ?! m’énerve-je.
- Je ne te parle pas des autres Kakashi ! Je te parle de toi et de moi, des choses qu’on fait ou qu’on se dit quand on est en couple, des choses qui pourraient te faire prendre tes jambes à ton cou par panique stupide ! vocifère-t-elle.
- Quoi ?! Mais qu’est-ce que tu racontes encore ?! Je ne comprends rien !
Je ne comprends même pas où elle veut en venir, j’ai l’impression qu’elle raconte n’importe quoi simplement pour justifier que nous ne nous remettons pas ensemble. Que lui faut-il de plus à la fin ? Que puis-je bien faire de plus que ce que je fais actuellement ?
Elle rougit mais la colère ardente brûle toujours en elle et je dois être décidément bien trop peiné par ce qu’il s’est passé ce soir parce que je craque :
- Au bout d’un moment, je ne peux rien faire de plus Hanako ! crie-je. Ça fait des semaines maintenant que je rampe à tes pieds, que j’encaisse ta colère et tes reproches, que je t’ai laissé me traiter comme une merde au pays des sources chaudes pour un acte que je n’avais même pas commis ! Je m’excuse encore et encore, je te montre chaque jour que j’assume notre relation, je m’ouvre à toi, je m’ouvre aux autres, j’essaie de te rendre heureuse et de te faire plaisir ! Tout ça en composant avec ton putain de petit-ami ! Sérieusement qu’est-ce qu’il te faut de plus ?! Je ne vais pas mettre un genou à terre alors que tu sors avec un homme bordel ! Je ne vais pas faire un pacte de mon sang alors que tu l’embrasses lui ! Je ne vais pas venir te chanter une sérénade sous ta terrasse tous les soirs alors que tu le câlines dans le canapé !
Ses yeux s’écarquillent, elle est à deux doigts de répondre, à mon avis pour m’envoyer bouler, mais je sais déjà que je ne le supporterai pas alors je ne lui laisse même pas le temps de s’exprimer :
- Va-t’en Hanako ! Je ne veux pas que tu me fasses plus de mal que tu ne m’en aies déjà fait ce soir ! Tu n’es pas la bienvenue, j’ai besoin aussi de souffler parfois, d’accuser le coup ! Je ne suis pas une putain de machine comme tout le monde le pense et j’espérais que toi au moins, tu en avais conscience ! Alors maintenant tire-toi, retourne voir Shisui pour le rassurer ou fais bien ce que tu as envie de faire ! Ça ne veut pas dire que je me barre Hanako, ni que je te lâche, ça veut juste dire que je suis un homme avec un cœur et que j’ai atteint mes limites pour ce soir !
Je referme ma porte vivement, contrôlant mon geste pour éviter de lui claquer au nez et je fonce sous ma douche pour m’éviter la tentation de retourner l’ouvrir pour vérifier si elle est toujours là et m’excuser.
Je me suis assez excusé, j’ai le droit aussi de souffrir, j’ai le droit de lui dire ce que je ressens et j’ai le droit à de la considération.