LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC x OC)
Chapitre 159 : La Saint-Valentin ratée
2828 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 06/01/2026 11:21
Chapitre : La Saint-Valentin ratée
Point de vue d’Hanako
J’attends simplement qu’il finisse sa phrase, histoire de ne pas le couper non plus et lorsqu’il se tait enfin plus de trois secondes, je me râcle la gorge :
- Shisui, j’aimerais te parler, dis-je timidement.
- Bien sûr, je t’écoute ? répond-il gentiment.
Bon sang, ce n’est pas facile et je n’ai pas choisi le jour le plus opportun, je suis vraiment un monstre.
- Ecoute, je sais que ce restaurant était censé nous donner un nouveau départ… mais je ne sais pas, je ne suis pas… Pardonne-moi de ne pas être plus présente, plus attentive, mais la vérité …, commence-je.
- Trésor ! s’écrie alors la voix de Rinko dans mon dos.
Sa voix est si affolée et inquiète que j’en sursaute. Voilà qui n’est pas habituel, même Shisui ouvre de grands yeux concernés alors qu’il débarque à notre table avec urgence :
- Je suis désolé de vous déranger, mais je … je ne me sens pas bien ! s’étrangle-t-il.
- Rinko mais que se passe-t-il ?! m’inquiète-je immédiatement.
- Tu veux t’assoir avec nous ? propose Shisui.
- Non je… bon sang Hana ! J’ai vraiment besoin de soutien psychologique, je ne… je ne sais plus quoi faire…, se lamente-t-il en posant les mains de chaque côté de sa tête.
- Mais que se passe-t-il ?! répété-je plus fort, véritablement angoissée cette fois.
- Ma copine vient de me larguer ! Je ne sais même pas pourquoi… j’ai besoin que tu m’aides, que tu me dises ce que j’ai pu faire de mal…, pleure-t-il presque.
Alors que Shisui affiche une tête horrifiée, mon inquiétude se dissipe immédiatement et j’en reste muette. Sa copine ? Quoi ? Rinko avait une copine ?!
J’essaie d’intégrer l’information tout en me demandant pourquoi il ne m’en a pas parlé et Shisui le réconforte :
- C’est dur Rinko, mais ça va aller, nous sommes là…, dit-il.
Rinko pose le dos de sa main sur son front affichant une tête théâtralement désespérée et je commence à me demander à quel moment il va enfin avouer que ce n’est qu’une blague, de mauvais goût d’ailleurs.
- Je t’en prie Hana, j’ai besoin de toi ! insiste-t-il.
- Je… je ne sais pas quoi te dire, bafouille-je. Tu veux que je vienne chez toi après le restaurant ?
Je lance un coup d’œil hésitant à Shisui. Si j’étais sûre à cent pour cent que Rinko n’était pas en train de nous faire une blague, je sauterais sur mes pieds pour quitter le repas mais je n’arrive pas à y croire une seule seconde. J’attends encore le moment où il éclatera de rire mais il ne vient pas pour l’instant.
- Oh trésor, je ne sais pas si je vais pouvoir attendre… je pourrais peut-être m’installer avec vous c’est vrai… mais je ne sais pas… oh bon sang je ne suis pas à l’aise à l’idée de raconter mes tourments au milieu d’un restaurant…, reprend Rinko en lançant un regard de chien battu à Shisui.
Ce dernier ouvre la bouche sous la surprise :
- Mais enfin Rinko, il n’y a aucun problème, si tu as besoin d’Hanako immédiatement je peux le comprendre, je ne suis pas un monstre ! s’exclame-t-il.
- Mais c’est la Saint-Valentin…, se lamente Rinko. Mon timing n’aurait pas pu être pire… je ne vais quand même pas gâcher votre Saint-Valentin… ?! geint-il.
- Je…, je…, balbutie Shisui.
Rinko attrape alors mes épaules et je sursaute tandis qu’il me regarde avec des yeux fous :
- Tu te rends compte Hana, elle m’a quitté le jour de la Saint-Valentin ! Comment a-t-elle pu me faire ça ?!
- Bonne question…, murmure-je avec de grands yeux, toujours à moitié convaincue par son délire.
- Et maintenant je gâche la vôtre… Oh mon dieu, pardonnez-moi ! Je n’aurais pas dû venir mais je ne savais pas qui aller voir d’autre ! s’exclame-t-il en reposant sa main sur son front, les yeux fermés et les sourcils crispés plus fort que je ne les ai jamais vu.
Shisui affiche alors une tête déterminée en faisant un signe à un serveur :
- Ecoute Rinko, il n’y a pas de soucis. Ne t’inquiètes pas surtout, il est ridicule de rester ici alors que nous pouvons sortir au restaurant n’importe quel jour. Tu es en difficulté et le devoir d’amie d’Hanako est de t’aider, affirme-t-il.
- Oh mon dieu, merci Shisui ! Hanako est ma seule amie, ma meilleure amie ! geint encore Rinko.
Je fronce les sourcils en lui lançant un regard interrogateur pendant que Shisui règle sa part du repas, mais Rinko geint un peu plus en affichant toujours sa tête défaite.
- Ça va ? murmure-je en m’inquiétant à nouveau.
- Oh… non ! Ça ne va pas du tout !
J’attrape sa main tout en payant de l’autre et il s’y accroche comme si j’étais sa bouée de sauvetage en pleine mer. Nous sortons rapidement du restaurant et ses jérémiades durent tout le trajet jusqu’à chez moi. J’échange quelques coups d’œil inquiets avec Shisui mais nous ne commentons pas puisque Rinko sous-entend plusieurs fois qu’il attend que nous soyons seuls pour me raconter « la pire soirée de toute sa vie ».
Une fois en bas de mes escaliers, Shisui se tourne vers moi :
- Et bien… je… je suis navré pour cette soirée écourtée Hana…
- Pardonnez-moi ! s’exclame encore Rinko, plus fort que jamais.
- Il n’y a pas de soucis Rinko, le rassure-je. Ecoute Shisui on… à un de ces quatre, je crois qu’il vaut mieux que je m’occupe de lui…
- Oui, je vous souhaite une bonne soirée et… bonne chance Rinko, dit-il d’un ton grave en posant une main sur son épaule.
- Merci Shisui, ça me touche beaucoup, pleurniche Rinko. Quand je pense qu’Hana avait le droit à une soirée au restaurant et qu’elle va se retrouver à m’écouter me plaindre toute la soirée… la vie n’est pas juste !
Shisui me lance un coup d’œil, comme s’il me souhaitait du courage, avant de filer dans la rue. Rinko attrape mes épaules, ou plutôt il s’appuie dessus de tout son poids alors que je le traine pratiquement jusqu’à ma terrasse tandis qu’il sanglote sans larmes.
- Ça va Rinko ? demande-je à voix basse.
- Non !! hurle-t-il d’une voix aiguë qui déchire la nuit.
Mon cœur accélère sous l’inquiétude et alors que nous atteignons presque la porte, il se met – enfin – à rire comme un dément, m’arrêtant net dans mes mouvements tandis que je me tourne vers lui en relâchant le souffle que je retenais.
- Non Rinko… ne me dis quand même pas que…, commence-je à gronder.
Mais il rit encore plus, se pliant presque en deux et je soupire bruyamment en croisant les bras :
- Sérieusement Rinko ?! m’agace-je.
- Je suis désolé trésor ! Oh bon sang, tu m’as vraiment cru ?!
- Par moments, oui ! couine-je en lui lançant un regard de reproche.
- Je suis désolé ! s’esclaffe-t-il.
- Sérieusement, qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ?! Tu aurais au moins pu me laisser finir mon plat avant de me faire ta blague idiote ! Tu t’ennuyais à ce point ?! m’énerve-je.
- T’inquiètes, je me rattraperai, je t’inviterai au resto cette semaine, réplique-t-il en levant les yeux au ciel.
- Non, tu me cuisineras un plat ! Et un bon… je veux tes pâtes au pesto ! réplique-je en plissant les yeux, me demandant si ma petite revendication va passer.
Rinko est vraiment un bon cuisinier et je mangerais des kilos de ses pâtes au pesto alors si sa blague lunaire peut me faire gagner un plat, je prends. Il rit un peu plus de ma demande :
- Vendu ! Tu auras tes pâtes, et peut-être même un dessert si tu arrêtes de gueuler ! se marre-t-il en venant me prendre dans ses bras.
Il me serre contre son torse en riant toujours comme un âne et je commence à glousser un peu moi aussi :
- Bon, tu me dis pourquoi tu nous as fait ce cirque ? Tu t’ennuyais vraiment ? demande-je.
Il se détache de moi en attrapant mes joues dans ses mains, me regardant avec des yeux brillants de bonheur qui me font pencher la tête sous l’incompréhension.
- J’ai fait ce cirque parce que tu mérites tellement mieux qu’un foutu restaurant avec Shisui pour la saint-Valentin… sérieusement…, chuchote-t-il d’une voix douce.
- Euh… ? Et donc ? Tu me proposes une soirée à trainer chez moi plutôt qu’un restaurant ? Tu imagines que c’est mieux ? m’amuse-je.
- Oh non, je ne reste même pas.
Je fronce automatiquement les sourcils, je ne comprends plus rien cette fois :
- Quoi ? Tu vas me laisser toute seule ? m’offusque-je.
Il embrasse mon front avec affection avant de me faire un clin d’œil :
- Passe une bonne soirée trésor, la soirée que tu mérites.
Et il s’en va d’un bond, me laissant absolument outrée sur ma terrasse. Je ronchonne en gagnant ma porte, pestant après mon idiot de meilleur ami, mais alors que j’entre chez moi, je me fige complétement.
De grandes bougies sont réparties un peu partout dans ma cuisine et mon salon, par petits paquets de trois ou quatre, venant d’être allumées visiblement. Ça élimine d’office Rinko qui était avec moi dans le quart d’heure qui vient de s’écouler et mon cœur arrête de battre lorsque je réalise qu’il n’y a qu’une seule personne à Konoha qui a pu me préparer une chose pareille avec la complicité de Rinko.
Mes joues me brûlent instantanément, mon cœur repart plus vite que jamais et j’avance à petit pas en direction de la salle de bain, qui a l’air d’être illuminée également vu la lueur que j’aperçois par la porte entrouverte.
Dès que je l’ouvre, des sentiments contradictoires me déchirent en deux.
La joie la plus pure, l’émerveillement même, de trouver ma salle de bain illuminée par des bougies, de découvrir une bouteille de champagne fraiche, un bouquet de fleurs et des chocolats à côté du bain qu’il a préparé pour moi. Mais la tristesse aussi, la tristesse profonde de constater que malheureusement pour moi, il manque le plus important, à savoir Kakashi lui-même.
Je me glisse jusqu’au bouquet magnifique pour le sentir, y découvrant un petit mot de Kakashi me souhaitant de passer une merveilleuse soirée de détente, espérant que j’apprécie la surprise.
Je fixe le mot sans le voir quelques secondes, de longues secondes où ma gorge se noue et mes larmes envahissent mes yeux. Je ne veux pas de tout ça, je ne veux pas de ce merveilleux bouquet, ni de ces délicieux chocolat et encore moins de ce bain attirant. Je ne veux que lui, et s’il n’est pas là, alors la meilleure des surprises restera simplement une soirée où il me manque. Les larmes dévalent finalement mes joues tandis que je serre son petit mot dans ma main contre mon cœur, je suis si déçue qu’un sanglot m’échappe.
- Le plan c’était juste de mettre ça en place et de repartir mais tu me connais… je n’ai pas pu m’empêcher de voir si la surprise te plaisait.
Je me tourne lentement, les yeux écarquillés, les larmes ruisselants toujours sur mes joues alors qu’un immense sourire étire désormais mes lèvres. Il est là, appuyé sur le montant de la porte, les bras croisés :
- J’envisageais que ça puisse ne pas te plaire, mais de là à pleurer mon ange… je te trouve dure, me taquine-t-il.
Mon cœur s’emballe si vite que je me précipite dans ses bras, il les ouvre juste à temps pour me réceptionner et je tire sur son masque avant d’écraser mes lèvres contre les siennes sans même réfléchir. Nous nous embrassons quelques minutes, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, comme si rien ne s'était passé et nous nous laissons tomber dans la passion qui nous anime depuis le premier jour.
Je détache mes lèvres des siennes uniquement pour faire glisser son masque par-dessus sa tête, croisant au passage ses yeux incandescents qui me dévorent et je le jette dans un coin tandis que je replonge au paradis contre son visage. Je retire ensuite à tâtons son bandeau de son front, le faisant rejoindre le masque sur le carrelage et je rougis à la simple idée qui vient de germer dans mon esprit.
Kakashi a apparemment préparé tout ça pour moi… pour moi toute seule… mais je dois dire que j’ai bien envie qu’il ait finalement préparé ça pour nous deux.
Qui ne tente rien n’a rien après tout, alors je glisse mes mains sur la fermeture de sa veste.