LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC x OC)
Chapitre 166 : Officialisation devant Rinko
4814 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 16/01/2026 11:02
Chapitre 166 : Officialisation devant Rinko
J’ai rendez-vous avec Hanako devant chez Rinko quelques minutes avant l’heure convenue. Je l’y attends donc et dès qu’elle passe le coin du mur, je la rejoins tranquillement :
- Tu as mis ta chemise ! s’extasie-t-elle.
- Je voulais te faire plaisir, réponds-je.
Elle me saute presque dans les bras pour m’embrasser, visiblement ravie :
- Je n’ai pas choisi cette robe par hasard non plus, glousse-t-elle.
- C’est l’une de mes préférées, confirme-je.
- Laquelle remporte le podium ? s’amuse-t-elle.
- Celle de notre première nuit, sans hésitation.
- Elle est un peu trop habillée pour une soirée chez Rinko ! rit-elle.
- Sans doute, mais celle-là est très bien aussi, plus facilement portable je suppose, souligne-je.
Elle glousse un peu plus et nous marchons vers la porte en nous tenant la main mais une fois devant, je la lâche. Elle me lance un petit regard neutre qui me pique alors je me justifie :
- Si tu veux me tenir la main en société, tu n’as qu’à quitter Shisui…, marmonne-je.
- Ronchon, commente-t-elle simplement en toquant.
Lorsque Rinko nous ouvre et qu’il me découvre, il est enchanté :
- Nom de dieu ! Mon lapin ! Quelle belle surprise, heureusement que j’ai encore trop cuisiné ! rit-il.
- Surprise ! chantonne Hanako en s’enfilant chez lui.
Nous nous installons à table, côte à côte, face à un Rinko aux yeux malicieux :
- Alors ? Vous vous faites un petit bisou ? susurre-t-il.
- Oui ! s’exclame-t-elle.
- Non ! réponds-je au même moment.
Ils râlent tous les deux en me lançant des regards désapprobateurs et je croise les bras.
- Je ne sais pas si j’ai bien fait de venir finalement…, bougonne-je.
- Sérieux Kakashi, j’ai envie de voir ça, j’ai presque l’impression que j’invente votre histoire à force, tout est théorique, je n’ai jamais rien vu ! insiste-t-il.
Hanako soupire :
- Tu noteras que ce n’est pas de ma faute Rinko, j’étais pour, souligne-t-elle.
- T’inquiète trésor, j’ai mes combines, réplique-t-il en me servant un verre de vin.
- Mais quelle bonne idée ! Soûlons-le ! piaille-t-elle en tapant dans ses mains.
Il éclate de rire et je jette un regard blasé à Hanako qui m’en rend un noir.
- Vous êtes insupportables lorsque vous êtes les deux, j’avais oublié ce détail, commente-je.
- Tu es bien ronchon ce soir, ça m’étonne un peu, lance-t-elle en haussant un sourcil.
Je rougis un peu au souvenir de mon après-midi et je me jette sur mon verre pour masquer ma gêne à Rinko, récoltant un sourire de diable d’Hanako, qui adore me mettre mal à l’aise. Foutu petit démon.
- Alors, quoi de neuf ? demande-t-il en leur servant des verres.
- Moi j’ai du neuf, glisse-je en me tournant vers Hanako. La secrétaire de Minato, elle venait me voir pour trouver une date qui convienne avec les emplois du temps des uns et des autres pour accueillir le pays des sources chaudes.
- Vraiment ? Nous allons revoir Yuki ?! Quand ?! s’enthousiasme-t-elle.
- Et bien dans très peu de temps, le week-end prochain… Rinko, ta présence est requise par Minato d’ailleurs. Il était déçu de ne pas t’avoir avec nous à Yu, alors il a suspendu ton planning pour que tu passes le temps au complet avec nos invités, dis-je.
- C’est ça d’être le mec le plus sympa de Konoha, on est demandé ! plaisante-t-il en levant les yeux au ciel. En revanche, je crois comprendre qu’Hanako était dans ton bureau cet après-midi ?
Je rougis encore plus, me demandant pourquoi il souligne une chose pareille, restant complétement muet tandis qu’Hanako se retient de rire. Face à mon mutisme, elle intervient :
- Oui, je suis passé le voir après m’être réveillée, pourquoi ? demande-t-elle.
J’admire son aplomb franchement, je ne sais plus où me mettre, je ne comprends pas pourquoi il demande une chose pareille mais il s’explique :
- Et bien ça donne raison à Nakama ! se marre-t-il.
Le soulagement m’inonde mais Hanako se redresse, tendue comme un arc.
- Nakama ? demande-t-elle.
- Ouai, c’est une médecin de Suna, elle était…, commence-t-il.
Mais je lui jette mon regard le plus noir pour le faire taire. Il est hors de question qu’Hanako comprenne que Nakama me donne des conseils pour rattraper notre couple, ça me parait évident, je ne veux pas qu’Hanako aille lui parler pour lui tirer des informations ou faire ce genre d’alliance entre filles alors que Nakama m’aide énormément jusque-là. Visiblement, Rinko comprend le message à temps :
- Elle était avec nous l’autre matin, finit-il évasivement.
- Avec vous ? demande Hanako d’une drôle de voix.
Elle me lance un regard étrange, elle est toute perturbée et je ne comprends pas trop pourquoi alors j’explique un peu les faits sans griller son rôle de femme marieuse :
- Oui, nous mangions au restaurant et elle est venue y chercher un plat à emporter, elle est venue discuter quand elle nous a vu alors je l’ai invité à se joindre à nous, relate-je.
- Vous êtes amis avec elle ? continue-t-elle d’une voix plus aiguë, les yeux toujours vrillés sur moi.
J’échange un coup d’œil avec Rinko, pour vérifier qu’il n’y a pas que moi qui trouve ses réactions bizarres et il fronce les sourcils en m’observant avant de prendre son ton le plus prudent :
- Tu as un problème avec elle Hana… ?
Elle se ferme complétement, croisant les bras en s’appuyant dans son dossier :
- Je ne l’aime pas particulièrement, je ne savais pas que vous si, réplique-t-elle d’un ton sec.
- Oui, elle est un peu particulière…, conviens-je.
Voilà qui redonne le moral à Hanako qui tourne des yeux plus heureux vers moi et Rinko rigole :
- Un peu bizarre ouai, on dirait qu’elle débarque d’une autre planète. Mais elle est sympa quand on prend le temps de lui parler, la défend-il tout de même.
- Tiens ? Tu t’intéresses à elle Rinko ? Mais oui, tu t’intéresses à tout le monde ! Tu vas bien nous la ferrer ! s’écrie-t-elle alors en retrouvant sa bonne humeur.
- J’ai essayé, bougonne-t-il. Il n’y a rien à faire, elle se fou complétement de moi.
Hanako perd tout de suite son air heureux pour adopter une mine agacée :
- Evidemment… tu m’en diras tant… Ça ne m’étonne pas…, ronchonne-t-elle.
- J’avoue que ça a l’air mal parti ! m’amuse-je.
Elle me lance un petit regard noir :
- Et ça te fait rire toi ? demande-t-elle.
Je perds immédiatement mon sourire face à ses yeux plissés, me demandant pourquoi elle est si agacée par Nakama, pourquoi elle n’apprécie pas que je dise que Rinko n’a aucune chance et surtout pourquoi elle aimerait qu’il en ait. J’essaie vraiment de comprendre en affichant ma tête la plus innocente pour calmer ses nerfs et Rinko éclate de rire :
- C’est encore plus drôle de vous voir interagir maintenant que je suis au courant bordel ! Non mais regarde-toi Kakashi ! Ce petit machin te fait peur !
Il détend l’atmosphère puisque nous rions tous les trois de la situation, clôturant visiblement le sujet Nakama, ce qui me parait plus prudent. Hanako se détend enfin et pose sa main sur la mienne, sur la table :
- J’espère bien que je ne lui fais pas peur, réplique-t-elle en riant encore.
- Tu ne me fais pas peur… tu me terrifies ! plaisante-je.
Ils rient un peu plus et Rinko pose un regard bienveillant sur nos mains en nous resservant à boire, ce qui me touche plus que je ne le pensais. Nous discutons un petit moment en buvant, Hanako décrit Yuki à Rinko dans les moindres détails, lui jurant qu’il s’entendra à merveille avec lui et je suis plutôt d’accord.
Après ça, j’ai la chance de goûter à la cuisine de Rinko pour la première fois. Puisqu’il n’aime pas ça, il ne l’a jamais fait pour moi mais je dois avouer que c’est excellent et je ne suis pas étonné de voir Hanako engloutir son plat en un temps record avant de se resservir.
- L’un de vous a-t-il parlé à Hinari depuis… cette histoire ? demande alors Rinko.
Je secoue la tête négativement et Hanako se redresse :
- Non ! réplique-t-elle d’un ton sec. Et il ne vaudrait mieux pas ! Je peux vous dire qu’elle rase les murs à l’hôpital depuis cette histoire… elle t’a dit quelque chose ?
- Non, je suis assez étonné. Je pensais qu’elle chercherait à me parler de cette histoire justement, à s’expliquer…, répond-il.
- Elle ne risque pas de le faire, souligne-je. J’ai remis Tao à sa place mais elle imagine peut-être que nous ne savons pas qu’elle a joué un rôle dans cette histoire…
- Peut-être bien, je lui en parlerai, répond-il. Il est ridicule qu’elle ne sache pas que vous êtes au courant… C’est déjà sympa de votre part de ne pas aller lui chercher des problèmes puisqu’elle était mon ancienne équipière, je pense que j’aurai une discussion avec elle. J’aimerais lui dire qu’elle m’a déçue je crois, j’ai besoin d’en parler avec elle, c’est bizarre comme situation.
- Tu fais ce que tu veux Rinko, on te suit, dis-je.
- Tu pourras lui préciser qu’elle n’a plutôt pas intérêt à venir me parler, sinon elle se prendra un coup de raiton où je pense ! peste Hanako.
Nous rions de cette dernière phrase et nous moquons de la classe sans pareille dont Hanako vient de faire preuve, ce qui la déride. En attendant le dessert, nous sirotons nos verres tranquillement en abordant le sujet de Kiri.
- La situation n’évolue pas mais ne s’améliore pas, explique-je. Minato est sur le qui-vive, il communique avec Meï régulièrement mais elle est toujours aussi avare d’informations. Il hésite à m’y renvoyer dans les semaines à venir pour que je fouine un peu mais il n’a pas encore tranché sa décision… Nous verrons bien.
- J’espère que tu n’iras pas, se plaint Hanako en me lançant un regard inquiet.
- Ne t’inquiète pas, c’est mon travail, la réprimande-je gentiment.
- N’aie pas peur pour Kakashi trésor, c’est de la mauvaise herbe, on ne s’en débarrasse jamais.
Elle répond par un petit sourire triste et il se lève pour prendre le dessert, une bonne stratégie pour lui remonter le moral.
Le vin m’a détendu, je dois bien l’admettre, et je décide donc de donner de quoi faire à Rinko en passant un bras autour de la taille d’Hanako, qui me sourit automatiquement de toutes ses dents.
- Ça alors ! Un geste affectueux ! claironne-t-il en revenant à table. J’en veux plus ! Pas de dessert sinon !
Hanako éclate de rire puis me lance un regard de biche à peine voilé :
- Je ne te laisserai pas me faire priver de dessert ! me prévient-elle.
- Non mais je rêve…, râle-je. Je la prends déjà par la taille pour te faire plaisir et tu en demandes encore, je te donne la main et tu veux me bouffer le bras Rinko !
- Pardon ?! s’offusque Hanako en riant. Tu me prends par la taille uniquement pour faire plaisir à Rinko ?
- Oh tu m’as compris ! me défends-je.
- Non, je ne t’ai pas compris, répond-elle en battant des cils.
Je commence à rougir, parce qu’elle se tortille dans ma direction, venant pratiquement se lover contre moi et je détourne la tête, ce qui les fait évidemment glousser.
- Embrasse-le ! lance Rinko.
Elle s’accroche à mes épaules en tentant de venir m’embrasser dans la seconde et je me débats.
- Sûrement pas ! réplique-je.
- Allez ! Kakashi ! insiste-t-elle en riant.
- Oh allez lapin ! Ne sois pas si timide !
Plus ils en rajoutent, plus je rougis et plus je retiens Hanako, qui rit à gorge déployée en combattant de plus en plus férocement pour m’atteindre.
- Au moins la joue ! propose Rinko. Tu connais Hana, elle n’arrêtera pas tant qu’elle n’aura pas le droit à son dessert !
Je soupire bruyamment et je lui lance un regard dissuasif quand elle essaie d’agripper mon masque, que j’ai remis après le repas.
- La joue ! beugle-je.
- Les lèvres ! réplique-t-elle avec malice.
- La joue sans le masque, c’est ma dernière offre, propose-je.
Rinko se redresse, impatient, et elle accepte. Elle me retire donc mon masque et je me penche vers elle en bougonnant. Elle attrape ma mâchoire d’une main avant de planter un baiser appuyé sur ma joue, souriant si fort que je sens ses dents contre ma peau. Je rougis furieusement lorsque Rinko applaudit avec entrain et elle rit un peu plus en en plantant un deuxième.
- Nous avions dit un seul ! m’écrie-je.
- Tais-toi ronchon ! s’exclame-t-elle joyeusement.
- La ferme lapin ou bien elle t’en fait un troisième ! se marre Rinko.
Je me tais mais Hanako pouffe un peu plus :
- Je m’en fiche, je veux lui en faire un troisième dans tous les cas ! ronronne-t-elle.
Elle glisse ses bras autour de ma nuque pour m’embrasser la joue encore une fois, plus tendrement que les autres, et je tourne la tête vers elle :
- Tu es impossible…, murmure-je.
- Je sais, répond-elle avec son sourire le plus éclatant. J’ai le droit à un quatrième ?
Je l’observe une seconde, elle a l’air tellement heureuse, elle respire la joie même. Elle me regarde avec tellement de fierté et d’émotion d’ainsi nous dévoiler à Rinko, il sautille d’ailleurs presque sur sa chaise de nous voir si proches et je finis par me demander ce qui ne tourne pas rond chez moi. Après tout ce que nous avons traversé, tout ce stress quant à Rinko, elle est simplement heureuse de pouvoir m’embrasser devant lui, de pouvoir se rassurer, de passer une soirée qui lui donne l’impression qu’elle est avec moi. Je repense aux dires de Nakama, qui nous a souligné qu’il était normal qu’Hanako soit peureuse, que j’étais visiblement le centre de son monde et qu’elle est forcément trop inquiète à l’idée que son monde puisse s’écrouler une seconde fois. Bon sang, elle est mon monde à moi aussi et j’ai beau croire que je lui montre assez, je viens de me prouver que non.
Je glisse donc une main entre nous pour attraper sa tête et ses lèvres s’entrouvrent légèrement sous la surprise. Je me penche pour l’embrasser vraiment et ses bras se resserrent automatiquement autour de ma nuque, reflétant le bonheur qu’elle éprouve de mon geste tendre. Je détache mes lèvres des siennes simplement pour lui lancer un regard agacé mais ça ne m’empêche pas d’y retourner pour l’embrasser plus longtemps, sagement mais tendrement, prenant le temps de lui offrir un baiser qui ne soit pas volé, qui ne lui donne pas l’impression que je le fais pour me débarrasser. Rinko siffle avec entrain et lorsque je la relâche, ses joues sont roses et elle irradie de bonheur.
- Vous êtes trop mignons ! s’exclame Rinko. Franchement ça me fait quelque chose, c’est dingue de voir Kakashi embrasser une fille !
- Tu n’as pas peur de perdre ton lapin ? pouffe Hanako.
- Non… sérieux ça me rend heureux, je ne rigole pas...
- Merci Rinko, dis-je avec le plus grand sérieux en plantant mes yeux dans les siens. Vraiment, merci.
Il m’offre un sourire éclatant comme il en a le secret en nous servant du dessert et Hanako sautille pour rapprocher sa chaise de la mienne afin de se coller contre moi. Cette fois je ne suis plus timide, j’en suis même très heureux et je glisse définitivement mon bras autour de sa taille pour la câliner alors qu’ils se mettent à piailler en commentant nos baisers.
En fin de soirée, ils décident de jouer aux cartes et je les regarde en sirotant un verre. Je caresse tranquillement la taille d’Hanako, comme si c’était la chose la plus naturel du monde à ce stade et c’est bien l’impression que j’ai. Après avoir pourtant passé toute ma vie en solitaire, j’ai l’impression qu’il est complétement normal d’avoir ma petite perruche serrée contre moi.
C’est une drôle de soirée, j’ai du mal à réaliser que je ne suis pas véritablement avec elle.
Je la regarde se chamailler avec Rinko parce qu’il triche, je l’observe mordiller sa joue pendant qu’elle réfléchit et je me sens juste tellement bien. Je laisse tomber toutes mes barrières, j’agis comme si nous étions seuls, le plus naturellement du monde et c’est ainsi que lorsque je constate qu’elle s’apprête à tirer la mauvaise carte de sa main, je l’arrête d’un geste :
- Non mon ange, il est en train de bluffer, la préviens-je.
Rinko relève le nez de son jeu comme s’il avait vu un fantôme et lorsqu’Hanako me lance le même regard, je me justifie :
- Il contracte la mâchoire quand il ment…
Ils échangent un coup d’œil et Rinko me sourit gentiment :
- Ce n’est pas que tu repères mon bluff qui m’interpelle Kakashi, c’est plutôt comme tu viens d’appeler Hanako…. Je ne m’y attendais pas, je te découvre vraiment sous un nouveau jour, dit-il sans une once de moquerie.
- Il m’appelle toujours comme ça…, chuchote Hanako avec émotion en rougissant.
- Ça te va très bien, répond-il d’une voix douce.
Elle rayonne un peu plus en me lançant un petit regard timide et je ne résiste pas, je l’embrasse encore avec tendresse. Elle est trop mignonne franchement, je ne sais pas si c’est le vin ou si c’est la bienveillance sans faille de Rinko, mais je me lâche et il ne peut plus se retenir de faire de l’humour cette fois :
- Oh mon dieu Hanako, nous avons réveillé un monstre ! Il est inarrêtable ! se moque-t-il.
- Faisons-le donc taire ! réplique-je en attrapant l’as dans la main d’Hanako.
Je l’abats sur la table et il perd son sourire alors qu’il constate qu’il vient de perdre et Hanako roucoule de fierté :
- Tu es le plus fort Kakashi !
- Avec ses sens de clébard, moi aussi je gagnerais tous les jeux…, grommèle Rinko.
- Tu parles, tu reniflerais des fesses oui ! rétorque Hanako.
C’est ainsi que nous partons dans notre dernier fou rire de la soirée, pratiquement interminable. Après ça, nous débarrassons avec lui et Hanako insiste pour faire la vaisselle pour le remercier.
- Je vous invite, je m’occupe de tout, c’est comme ça. C’est n’importe quoi que tu t’en charges ! ronchonne-t-il.
Mais elle lève les yeux au ciel :
- J’ai bientôt terminé de toute façon, et puis je te connais, si je ne le fais pas, ce ne sera pas fait avant une semaine ! le rabroue-t-elle.
- Peut-être mais quand même, vous ne reviendrez plus si je vous fais faire la vaisselle ! râle-t-il encore.
- Arrête tes bêtises et ramasse donc tes habits qui trainent si tu ne veux pas que je le fasse ! siffle-t-elle.
Il se précipite pour le faire sous mes rires, parce qu’il sait comme moi qu’elle le fera vraiment s’il ne le fait pas. Je suis appuyé contre le mur près de l’entrée et je regarde cette scène lunaire les bras croisés alors qu’Hanako termine le dernier verre et que Rinko s’agite à toute vitesse sous les coups d’œil de surveillance de notre petite terreur en chef.
Qu’est-ce que nous nous entendons bien tous les trois, je n’en reviens pas. Notre trio n’avait pas de sens avant, nous nous prenions tous la tête, nous nous criions dessus sans cesse, nous étions malheureux tous les trois… Il est dingue de constater comme la vie est bien faite, comme un grain de sable dans l’engrenage peut enrayer la plus parfaite des machineries. Nous étions faits pour nous entendre mais il nous fallait trouver la bonne structure, il fallait que ce soit elle et moi, avec Rinko. Il fallait qu’elle endosse ce rôle amical avec lui et « amoureux » avec moi pour que tout coule de source alors que nous avons passé des mois à nous déchirer tous les trois autant que nous sommes. Je n’en reviens pas qu’à la fin de l’histoire, c’est bien moi qui gagne les faveurs de la fille, qui deviens son monde, son repère, sa bulle…
J’illustre mes pensées en levant simplement un bras lorsqu’elle termine et elle n’hésite même pas, elle vient immédiatement se caler dessous en attrapant ma taille pour me câliner.
- On rentre mon ange ? propose-je.
- Oui, répond-elle en baillant et en se lovant un peu plus contre moi.
Rinko nous raccompagne à la porte en nous couvant du regard et nous laisse sur son seuil :
- Rentrez-bien les mignons, passez une bonne nuit.
Nous le saluons et nous partons dans le couloir comme ça, mon bras sur ses épaules et le sien autour de ma taille, sa tête calée contre moi.