LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC x OC)
Chapitre 167 : La lune de miel
Puisqu’il fait nuit noire et qu’il est très tard, ni elle ni moi ne nous détachons de l’autre alors que nous traversons le village tranquillement. Aux abords de chez elle, je m’inquiète quand même un peu, me faisant des films où nous tombons bien malheureusement sur Shisui à deux doigts de chanter une sérénade sous ses fenêtres.
- C’est tout de même risqué, commente-je avec tension.
- Il est deux heures du matin Kakashi, il n’y a aucun risque, répond-elle.
J’acquiesce et nous tournons au coin de sa rue, bien évidemment déserte.
Lorsque nous passons sa porte, je me fais pratiquement sauter dessus par Dragon, que je n’avais pas vu la dernière fois et je m’accroupis donc vers lui tandis qu’elle part à la salle de bain se changer. Elle en ressort en robe de nuit quelques minutes plus tard et me tend une main autoritaire en baillant encore, m’ordonnant clairement de venir me coucher avec elle au lieu de m’occuper de son chat.
J’obéis en retenant un rire et elle me sort un de mes shorts de pyjama de sa commode, que j’avais sans doute oublié ici avant tous nos problèmes. Je l’enfile avant de la rejoindre sous sa couette et elle vient se coller contre moi sur le flanc pour me faire face :
- Merci pour cette jolie soirée Kakashi.
- Merci à toi, je n’ai rien fait, réplique-je.
- Tu plaisantes … ? Tu m’as embrassé devant Rinko, tu m’as prise dans tes bras, tu m’as appelé mon ange… tu penses que je ne sais pas que ce sont des pas de géants pour toi ? Je suis touchée, heureuse, j’ai passé une soirée absolument incroyable… Je rêve de passer ce genre de soirée avec toi depuis notre premier baiser Kakashi. Je me souviens encore lorsque tu m’avais prise par la taille devant Hokuto au pays des fleurs, j’avais l’impression d’être dans un rêve. Alors tu imagines bien qu’une soirée comme celle-là…, souffle-t-elle avec émotion.
Je lui souris et j’attrape son menton pour l’embrasser amoureusement. J’essaie de l’embrasser différemment, je pousse ma tendresse au maximum, je caresse ses lèvres des miennes comme je prends rarement le temps de le faire, les chatouillant de la pointe de ma langue tout doucement, avec parcimonie, sans tomber dans la passion. J’essaie vraiment de lui signaler à quel point je l’aime, des mots que je ne peux malheureusement toujours pas lui offrir puisque nous ne sommes pas ensemble mais que j’ai tellement envie de lui crier que ça devient difficile à garder pour moi. Je passe un bras sous sa robe pour attraper le creux de son dos et la tirer tout contre moi, mais je reste tout aussi sage, choisissant de simplement caresser sa peau du bout des doigts en l’embrassant avec tout mon amour. Lorsque nous nous détachons, ses yeux sont étourdis par notre baiser mais ils brillent d’un éclat plus heureux et apaisé que jamais alors qu’elle ouvre la bouche :
- Kakashi je…, commence-t-elle.
Je pousse gentiment son nez du mien et elle sourit :
- Tu es mon cœur, souffle-t-elle.
- Tu es mon amour, murmure-je.
Elle tire ma tête contre la sienne pour m’embrasser encore et je ne saurais dire pendant combien de temps nous le faisons. C’est comme si nous voulions que ça ne s’arrête jamais, c’est plus intime et plus fort que d’habitude, comme si nous scellions notre amour, notre promesse de nous retrouver très vite pour ne plus jamais nous quitter. Ça me rend plus rêveur que jamais, je rêve d’une vie avec elle, de nombreuses soirées comme celle-ci, de complicité sans fin. Nous sommes ensemble après une soirée avec l’homme qui nous a tant inquiété, nous nous sommes embrassés devant lui et nous savons que nous sommes dans notre bon droit le plus précieux. Pas d’urgence, plus d’inquiétude, plus qu’une seule ombre au tableau que j’évincerai lorsqu’elle sera finalement prête à se jeter dans le vide avec moi pour de bon, sans plus jamais se faire quitter. J’aimerais tant qu’elle le comprenne, je ne vois d’ailleurs pas bien ce qui m’empêche de lui répéter :
- Je ne te laisserai plus jamais Hanako, plus jamais, murmure-je. J’ai fait l’erreur une fois mais je te jure que plus jamais je ne la ferai. J’aimerais que tu me croies sur parole, que tu n’aies plus peur mais je sais que ce n’est pas facile. Je te le prouverai, jour après jour, tous les jours qu’il me restera à vivre…
- Je ne veux plus que tu me quittes, je ne peux pas vivre sans toi Kakashi, répond-elle.
- Je ne le ferai plus, fais-moi confiance, supplie-je.
- J’essaie, mais j’ai si peur…
- Je sais, mais essaie encore une fois, essaie une dernière fois de m’accorder ta confiance et tu ne le regretteras pas. C’est toute une vie que je veux avec toi mon ange, ce sont des soirées comme celle-ci à l’infini, des câlins comme ceux-là tous les soirs si c’est dont tu as envie, c’est mourir dans tes bras après une vie heureuse à deux que je te supplie de m’offrir…, chuchote-je.
Sa peau vibre, tout son corps frissonne férocement à mes paroles et ça me fait comprendre que je viens de marquer énormément de points. Alors je n’insiste pas et je me glisse à nouveau sur ses lèvres pour l’embrasser, pour laisser planer mes mots dans son esprit jusqu’à ce qu’ils s’ancrent enfin.
*
Je suis seul dans le lit lorsque j’émerge complétement mais je sens immédiatement l’odeur des pancakes qu’elle est en train de faire. De me faire je suppose. Je souris bêtement, un grand sourire d’idiot qui ne veut plus quitter mes lèvres et je saute sur mes pieds pour la rejoindre à la cuisine où je la trouve dans ma chemise en train de cuire les pancakes. Le cliché sublime de la sublime femme qui cuisine pour son cher et tendre, seigneur, j’adore ça.
Lorsque je pose une main sur sa hanche par derrière, elle hurle de peur en lâchant sa poêle que je rattrape de la main gauche tout en réceptionnant heureusement Hanako dans mon bras droit qui se laissait tomber dedans en riant aux éclats :
- Tu m’as fait peur ! Je n’ai plus l’habitude que tu surgisses dans mon dos il faut croire ! s’exclame-t-elle entre deux éclats de rire.
- J’ai vu ça, heureusement que j’ai de bons réflexes. Ça t’arrive souvent de te jeter en arrière en considérant que la personne derrière toi te rattrapera forcément ? la taquine-je.
Elle est toujours penchée en arrière dans mon bras à glousser et elle pose ses mains sur mes joues :
- Uniquement quand je sais que c’est toi qui me surprends, roucoule-t-elle.
- Et si je n’avais pas eu le réflexe ? Tu t’écrasais par terre ? l’embête-je encore.
- Kakashi, tu as réussi à rattraper la poêle, le pancake qui s’en était échappé et à me réceptionner en même temps de l’autre bras… je crois que nous avons de la marge niveau réflexes ! pouffe-t-elle.
Je me penche pour l’embrasser tout en reposant sa poêle sur la plaque et elle ronronne de bonheur avant d’embrasser mon nez :
- Je te faisais des pancakes, gazouille-t-elle.
- Merci mon ange, réponds-je.
- De rien mon cœur, murmure-t-elle en rougissant.
Mon cœur bondit dans ma poitrine et je la redresse d’un geste pour l’attirer contre mes lèvres. Après quelques embrassades et un pancake brûlé, elle reprend sa besogne avec application et nous nous installons pour déjeuner. Nous avons beau être chacun d’un côté de la table, nous sommes tellement penchés en avant l’un vers l’autre que nos visages se touchent presque et nous nous amusons à nous nourrir mutuellement en riant doucement. Encore un joli cliché, la sublime femme dans ma chemise de la veille, moi torse nu, nos mains qui s’entrelacent, nos baisers entre deux bouchées que nous nous donnons… Le paradis.
- Quel est le programme pour la venue du pays des sources chaudes ? demande-t-elle.
- Ils ne viennent pas longtemps puisqu’ils vont à Shimo dans la foulée, alors ce sera une journée d’activité et une soirée le soir, réponds-je en embrassant son nez.
- Tu seras là ? Pour les activités ? Et la soirée ? demande-t-elle.
- Oui Mademoiselle.
- Tu veux être mon cavalier ? glousse-t-elle.
- Il y aura Shisui, je peux toujours lui demander mais ça m’étonnerait qu’il me laisse sa petite-amie comme cavalière, réplique-je.
- Ah oui… en effet, répond-elle pensivement.
- Ce n’est pas grave, j’ai déjà une cavalière en tête…, ajoute-je pour l’embêter.
J’imaginais bien que ça l’agacerait, mais je m’attendais à ce qu’elle se renfrogne après que j’ai mentionné Yume alors que son visage se décompose totalement. Elle arrête de mâcher en me fixant de ses yeux les plus tristes et choqués alors que son cœur accélère exponentiellement.
- Qui ça ? murmure-t-elle d’une voix cassée.
- Je plaisantais Hanako, qu’est-ce qu’il t’arrive ?! m’inquiète-je.
- Qui ça ?! couine-t-elle plus fort alors que sa tension monte toujours en flèche.
- Yume, mais c’était une blague mon ange ! m’exclame-je.
Ses épaules s’affaissent sous le soulagement, son cœur ralentit enfin et je constate qu’elle reprend même un peu son souffle. Je l’observe en fronçant les sourcils :
- Rassure-moi… tu n’avais quand même pas peur que je parle de … Sun ? m’inquiète-je.
- Pas du tout je… c’est stupide, je me fais des films Kakashi, laisse tomber. J’ai… eu peur que tu invites… oh non rien, j’ai honte, il faut que j’arrête cette jalousie mal placée.
- Dis-moi, insiste-je.
- Non, ce n’est rien, je me fais des films je te dis, répond-elle en rougissant.
- Ecoute, si ça peut te rassurer, je me pointerai assurément sans cavalière.
- Tu m’avais dit ça aussi la dernière fois…, rétorque-t-elle en plissant les yeux.
Elle me met un petit coup de sa fourchette sur le nez mais se penche ensuite pour m’embrasser alors je suppose que tout va bien. En fait, vu ses baisers, je suis sûr que tout va bien.
*
Après manger, nous partons initialement nous habiller dans la chambre mais elle décide de changer subitement le programme en tombant sur l’un de ses jeux de stratégie. Elle est toute excitée et demande à jouer contre moi, alors nous nous installons dans son lit en nous allongeant sur le flanc, chacun d’un côté du plateau.
Cette journée est un début de rêve, après une belle soirée, une nuit câline et un déjeuner complice, nous voilà en train de jouer tranquillement. C’est tout ce que j’aime avec elle, le quotidien, avoir la chance de faire les choses les plus anodines en passant pourtant le meilleur des moments.
Elle est toujours dans ma chemise, la tête dans une main et l’autre sur son menton qu’elle caresse en réfléchissant. La manche trop grande couvre entièrement sa petite main et j’admire ses dents qui mordillent sa lèvre sous sa concentration. Ses cheveux en chignon désorganisé, ses mèches folles qui sublime son visage, ma chemise qui révèle ses cuisses, le soleil qui l’inonde, ses yeux vibrants qui donne de la couleur à cette apparition stupéfiante… Elle me lance un regard et me sourit malicieusement en voyant que je la regarde, sa lèvre toujours coincée entre ses dents.
On dirait une œuvre d’art, je suis pratiquement sûr que si un peintre voulait peindre la perfection, il peindrait cette image d’Hanako.
- Tu es… stupéfiante de beauté, je ne crois pas t’avoir déjà vu si belle.
Ses joues se colorent automatiquement, apportant la dernière touche de perfection et je me corrige :
- En fait, maintenant, je ne t’ai assurément jamais vu aussi belle.
- Kakashi ! couine-t-elle en détournant les yeux, toute timide.
- Quoi ? demande-je innocemment.
- Tu es censé m’apprendre à développer ma stratégie, pas me perturber ! glousse-t-elle.
- Oups.
Elle glousse un peu plus avant d’envoyer le plateau voler pour me sauter dessus, grimpant sur mon corps de tout son long pour suspendre son visage au-dessus du mien. Elle dompte mes cheveux en arrière pour dégager mon visage avant de glisser le bout de ses doigts sur ma cicatrice :
- Tu me complimentes sans cesse alors que je n’en pense pas moins de toi, je ne pense pas à te le dire suffisamment…, commente-t-elle doucement.
- Je me souviens quand même t’avoir entendu dire que j’étais le plus bel homme du monde une ou deux fois, dis-je en riant.
- Je le pense toujours, ça n’a pas changé et ça ne changera jamais, affirme-t-elle en frottant son nez contre le mien.
Mon cœur accélère tout seul alors que j’observe son visage si doux et si sincère.
- J’ai l’impression que je pourrais mourir de bonheur ce matin, murmure-je.
- Moi aussi, souffle-t-elle en plongeant sur mes lèvres.
Nous nous embrassons en souriant, j’ai l’impression d’être dans une foutue lune de miel aujourd’hui décidemment. Notre baiser dérive doucement de la douceur à la passion et je suis encore foudroyé par mon bonheur à l’idée de ce que nous nous apprêtons à faire. Je glisse doucement ma chemise de ses épaules pour lui enlever en laissant trainer mes doigts sur sa peau, je profite de chaque seconde parfaite qui s’écoule lorsque mes sens me titillent et que je me détache de ses lèvres pour la regarder en fronçant les sourcils.
C’est comme le meilleur des rêves qui tourne au cauchemar.
Ce moment où tout va bien, où tout parait magnifique et que l’ambiance devient sombre, que le lieu change et devient hostile, terrifiant. Elle est pourtant toujours bien là, dans sa tenue d’Eve, illuminée par le soleil en train de m’interroger du regard mais c’est clairement ce que je ressens lorsque je capte l’arrivée de Shisui dans la rue.
Je suis tellement déçu que je n’arrive pas à bouger d’un millimètre, je refuse si fort d’abandonner mon début de journée de rêve que j’imagine qu’en refusant de bouger, il s’en ira. Mais ce n’est pas comme ça que ça marche malheureusement.
- Qu’est-ce qu’il y a ? gazouille-t-elle en me mettant un petit coup de nez pour me faire réagir.
Je ne réponds pas, la fixant sans doute de mes yeux qui doivent s’obscurcir de colère à chaque instant parce qu’elle redresse la tête en affichant un air inquiet cette fois mais je n’arrive toujours pas à lui dire, je ne sais pas pourquoi. Je commence à me demander si je ne suis pas en train de faire exprès, comme pour qu’il nous surprenne et que ça mette un terme à leur relation alors que c’est ridicule, il n’entrera jamais sans toquer pour nous attraper dans cette position délicate. Mais je n’arrive tout simplement pas à intégrer, je n’arrive pas à chuter de mon nuage de bonheur, à me prendre la claque.
Et pourtant, il toque et Hanako sursaute avant de bondir sur ses pieds.
Cette fois, je me prends bien la claque, et en pleine tête je dois dire. Je réalise que j’avais surtout espoir qu’elle l’ignore comme la dernière fois mais c’est loin d’être le cas puisqu’elle saute sur sa commode sans faire un bruit pour enfiler une robe. Elle me lance un regard terrifié et je ne bouge pas du lit, je n’y arrive pas. Elle me fait un ou deux gestes vifs puisque nous ne pouvons pas parler et je me prends un coup de poignard cette fois.
Elle est en train de me virer de chez elle. Elle me vire sans un mot, avec des gestes comme elle virerait un moucheron agaçant pour aller accueillir Shisui dans sa jolie petite robe fleurie ? Vraiment ?
Je ne bouge toujours pas et elle ramasse mes habits au sol qu’elle me jette dessus. Je crois que je ne me suis jamais senti aussi rejeté, pas même au pays des sources chaudes où j’avais pourtant été accueilli comme un ennemi. C’est parce que je ne suis pas viré comme un ennemi actuellement, je suis viré comme un moins que rien, comme si je ne représentais rien pour elle et je me rends compte que je viens d’atteindre ma limite.
Je ne peux plus supporter qu’elle soit avec lui, je ne peux plus. Alors je me redresse dans le lit, parlant d’une voix normale malgré la présence de Shisui à quelques mètres :
- Hanako, si tu me fais partir maintenant, comme ça, pour lui, je ne reviendrai pas, lâche-je.
Elle tourne la tête vers moi pour me regarder avec une expression terrible, la déception la plus totale, la tristesse mêlée à une pointe de colère. Je peux comprendre, ces mots sonnent sans doute bien sinistrement à ses oreilles vu notre histoire mais je sais qu’elle joue les idiotes, elle a très bien compris que je ne parlais pas de la laisser tomber vraiment mais que je lui exprime que je ne supporte plus d’être l’autre homme dans sa vie.
Je sais qu’elle le sait, elle tente simplement le tout pour le tout pour m’amadouer et conserver cette situation de merde qui la fait se sentir en sécurité. Je la toise sans un mot, sans flancher, sans revenir sur ce que j’ai dit mais elle finit par me refaire un geste en direction de la fenêtre.
J’hoche la tête en me levant, enfilant mes habits en quatrième vitesse alors que Shisui toque encore à la porte avec entrain. Je m’habille brutalement, mes mains tremblent sous la pression, je suis en train de vriller, je suis à deux doigts de foncer à la porte pour refaire le portrait de Shisui qui n’a pourtant rien demandé dans cette histoire.
Je me rends en deux enjambées jusqu’à sa fenêtre que j’ouvre violemment, toujours atterré d’être obligé de faire une chose pareille. Je suis à deux doigts de tuer quelqu’un ou de fondre en larmes, j’ai mal au cœur rarement.
Alors que je passe une jambe par-dessus le montant, elle attrape mon bras pour me retenir et je tourne la tête vivement, pour lui lancer un regard si noir de colère qu’elle me lâche en tressaillant. Je la fixe quelques secondes, incapable de quitter ma colère vibrante et son visage se décompose un peu plus. Elle ne me dit pourtant pas de rester et je saute donc par sa fenêtre.
Ce sont finalement les larmes qui jaillissent quand j’atterris dans la rue en contre-bas de sa terrasse. Je file à toute vitesse dans les rues, débraillé dans ma chemise ouverte, sans masque, sans bandeau, les larmes maculant mes joues. J’ai envie de foncer voir Rinko mais mes pas me conduisent pourtant ailleurs, devant l’échoppe de la vieille couturière de Konoha.