LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC x OC)
Chapitre 168 : Une ambiance légère et détendue... ou pas.
3807 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 18/01/2026 12:18
Chapitre 168 : Une ambiance légère et détendue… ou pas
Je sais que la couturière loge au-dessus de son échoppe et je me jette sur le rebord de la première fenêtre que je vois en espérant de tout cœur qu’elle soit chez elle. Je parcours les vitres en me rendant bien compte que je dois passer pour un malade mental pour les gens dans la rue qui m’observent, mais dieu merci, à la troisième fenêtre, je tombe sur Nakama. Elle ouvre des yeux ronds avant de m’ouvrir, ce qui rassure sans doute l’intégralité des gens qui me scrutent d’en bas.
Dès que j’entre dans sa chambre, j’abandonne toute dignité parce que je fonds en larmes. Je ne comprends pas pourquoi cette fille arrive à m’avoir aussi sincère et moi-même pratiquement depuis que je la connais, mais elle m’ouvre ses bras et je m’y réfugie.
- Qu’est-ce qu’il se passe ma biche ? s’inquiète-t-elle en me serrant.
- C’est… Hanako…
- Oui, ça je m’en serais douté. Elle t’a foutu à la porte ? s’angoisse-t-elle.
Je me laisse tomber sur son lit pour poser ma tête dans mes mains et je lui explique les dernières vingt-quatre heures. Je n’arrive plus à m’arrêter de pleurer, c’est terrible, je ne me rendais pas compte à quel point sa relation merdique avec Shisui pouvait me rendre triste à mourir. Lorsque je termine mon histoire, sur la façon dont Hanako m’a viré de chez elle comme un chien malgré ce que je lui ai dit, Nakama fait les cents pas dans sa chambre, les bras croisés et la mine remontée :
- Bordel mais quelle morue ! s’exclame-t-elle.
Je relève le nez pour lui lancer un regard d’avertissement et elle se plante devant moi :
- Tu te fous de moi Kakashi ? C’est une morue, et je l’insulterais dix fois devant toi s’il le faut ! Si tu crois que j’ai peur de toi, tu te fourres le doigt dans l’œil ! tonne-t-elle.
Je ne réponds pas, préférant détourner la tête parce que je comprends bien qu’Hanako passe pour une morue sur ce coup, et je ne suis pas venu voir Nakama pour qu’elle enfile des gants en soie et me frotte le dos.
Nakama m’écoute me plaindre encore quelques temps et je sèche finalement mes larmes.
- Bon allez, reboutonne ta chemise Kakashi, on sort ! ordonne-t-elle.
J’obéis docilement en ronchonnant quand même :
- Je n’ai pas envie de me balader dans le village.
- Et bien tu vas le faire quand même, il est bientôt midi et nous n’allons pas rester cloitrés dans ma piaule pendant que tu te lamentes. On va sortir manger, t’aérer, chercher des solutions, tranche-t-elle.
Nous redescendons donc finalement dans le village pour marcher tranquillement et elle me demande comment j’envisage la suite des évènements.
- Je ne supporte plus qu’elle sorte avec Shisui, je ne peux plus Nakama. Je ne veux plus passer des moments aussi forts que ceux-là si c’est pour qu’elle le voie derrière, c’est impossible. Ça me fait vraiment trop de mal, je comprends pourquoi elle s’est sentie protégée en sortant avec lui, je comprends qu’elle n’ait pas osé le quitter, je sais qu’elle attend quelque chose de moi que je n’ai pas encore trouvé mais … je ne peux juste plus.
- Je comprends bien, je peux te dire qu’elle a intérêt à avoir une excuse en béton armé pour avoir agi de la sorte ! vocifère-t-elle.
- Elle n’en a pas ! m’écrie-je. Comment peut-elle me faire une chose pareille ? Lui faire une chose pareille ? C’est du délire ! Qu’elle se soit servie de lui comme un bouclier au début, d’accord. Mais là ! Elle me demande de l’embrasser devant Rinko, elle couche avec moi, elle passe la matinée à me câliner et elle me vire ensuite comme un malpropre parce que Shisui débarque ?! Sérieux, je suis passé par la fenêtre, la fenêtre !
- Oui, c’est n’importe quoi ! Cette fille est dingue de toi, je veux bien qu’elle soit peureuse et longue à la détente mais quand même… Je comprends que ce soit dur pour elle de le quitter mais de là à te virer… Quelle morue ! s’exclame-t-elle encore.
- Je le déteste, grogne-je.
- Je la déteste ! Quand je pense qu’il est en train de passer la journée avec elle et que tu es parti de là-bas en larmes ! Quelle horreur franchement… et puis elle ne lui a pas ouvert l’autre jour, je ne comprends rien ! Bon sang si elle n’a pas une bonne excuse je la découpe en deux !
Je ris un peu :
- Désolé d’avoir à te dire ça, mais si tu la découpais en deux, alors je devrais te découper en deux derrière, dis-je en lui donnant un coup d’épaule.
- Je m’en tape le taulard ! réplique-t-elle. Je mourrais apaisée, en sachant qu’elle a eu ce qu’elle mérite !
- Arrête… je n’aime pas que tu dises des choses pareilles, je ne supporte pas que tu la menaces, bougonne-je.
Elle lève les yeux au ciel :
- Tu me fatigues Kakashi, bon sang tu es tellement mordu… ça me fait encore plus de peine tiens !
J’hausse les épaules :
- Honnêtement, j’ai de la peine pour moi aussi, c’est rare, commente-je en soupirant.
- Bon, t’as une idée d’où tu aimerais manger ? demande-t-elle.
- Je m’en moque, choisis.
Elle hésite entre plusieurs restaurants et alors que nous tournons au coin d’une rue, nous tombons nez à nez avec Hanako et Shisui, manquant pratiquement de nous rentrer dedans les quatre.
La scène est lunaire. Nakama toise méchamment Hanako, Hanako me fusille du regard et j’assassine des yeux Shisui. Il n’y a que lui qui nous observe tous à tour de rôle, sans comprendre pourquoi nous sommes tous figés au milieu de la rue au lieu de simplement nous saluer et continuer notre route.
- Bonjour Kakashi, dit-il sobrement et poliment.
Je ne réponds même pas, vraiment à deux doigts de lui sauter dessus. Je sens le chakra qui se charge dans mes mains, je commence à voir rouge comme jamais. Ce mec est à mes yeux la cause de tous mes malheurs, il est la raison pour laquelle je ne suis pas en train d’embrasser Hanako chez elle, en train de poursuivre ma journée de rêve… Shisui fronce les sourcils en me voyant si menaçant et il déglutit, très mal à l’aise.
- Kakashi ! siffle froidement Hanako.
Je tourne la tête vers elle et elle me tient en respect par l’autorité que je lis au fond de ses yeux. Elle me connait par cœur, elle doit sentir que la situation est extrêmement tendue et je me raccroche à son visage. Si je le regarde encore une seconde, je vais vriller, mauvaise idée, alors je soutiens simplement les yeux furieux d’Hanako des miens, y faisant ressortir toute ma colère envers elle.
- Je m’appelle Shisui, dit-il en tendant une main à Nakama.
- Nakama, répond-elle.
Hanako vrille son regard sur elle cette fois, les yeux meurtriers. L’ambiance est vraiment légère et détendue, c’est dingue.
- Alors… vous vous baladez… ? demande Shisui pour faire la conversation.
Nakama a un petit rire et elle s’agrippe soudain à mon bras. Je vois presque la rage qui explose au fond des yeux d’Hanako mais je ne bouge pas d’un poil.
- Je me baladais, explique Nakama. Et je suis tombée sur Kakashi… il avait l’air perdu, il pleurait et errait dans le village… Alors je me suis dit qu’il était de mon devoir de médecin de ne pas laisser un homme dans cet état !
Je tourne la tête vers elle et elle me retourne un regard de biche en battant des cils. Je ne comprends pas sa stratégie mais je lui fais confiance alors je ne dis rien.
- Il pleurait ?! s’affole Shisui que tout le monde ignore.
- Oh oui, siffle Hanako. De la pure bienveillance de ta part Nakama, tu tombes sur un homme que tu connais à peine mais puisqu’il a l’air triste, tu te greffes à lui sans aucun problème, simplement pour le soutenir.
- Exactement Hanako ! répond Nakama en hochant la tête, jouant les idiotes.
- C’est une belle mentalité ! commente Shisui avec sincérité.
- C’est surtout très déplacé, Kakashi n’aime pas particulièrement le contact humain, il préfère la solitude, grince Hanako entre ses dents en vrillant ses yeux sur le bras de Nakama.
- Mais non, il a simplement du mal à comprendre ce qui est bon pour lui, rétorque Nakama.
- Il a surtout du mal à dire non ! fulmine Hanako.
Intéressant. Hanako imagine donc que Nakama m’a sauté dessus et je n’ai pas réussi à la repousser… Elle est jalouse … Nakama est décidemment trop douée, j’ai toujours un train de retard.
- Du mal à dire non ?! s’exclame Nakama. Je t’en prie Hanako, Kakashi est un beau et grand garçon, je crois qu’il n’aurait pas de difficultés à me dire si je le mettais mal à l’aise.
Hanako rit froidement :
- Et bien, ce que tu viens de dire prouve bien à quel point tu le connais mal ! Kakashi est trop poli, il n’arrive jamais à se débarrasser des femmes envahissantes, il l’a déjà prouvé par le passé, lâche-t-elle avec acidité.
- Et c’est donc toi qui te débarrasses de ces filles pour lui ? Mais pourquoi donc ? souligne Nakama en haussant un sourcil.
Bien joué Naka. Shisui tourne la tête vers Hanako, lui lançant un regard de reproche et elle s’empourpre totalement :
- Mais non, j’essaie de l’aider parce qu’il est mon ami… Je… Kakashi peut se débrouiller c’est vrai… Pourquoi tu ne réagis pas toi ?! finit-elle en me fusillant du regard.
J’hausse les sourcils, tellement en colère qu’elle ose après ce qu’elle m’a fait ce matin que je réponds d’une voix encore plus sèche que je ne l’avais prévu :
- Va savoir pourquoi Hanako, je me sens vraiment très, très mal aujourd’hui. Il est même très agréable d’être tombé sur un femme qui a bien voulu prendre un peu soin de moi…
Le visage d’Hanako se décompose et Nakama en rajoute une couche en me lançant ses yeux les plus séducteurs :
- Ne t’inquiète pas mon chou, je prends soin de toi quand tu veux ! roucoule-t-elle.
- Non mais je rêve ! vocifère Hanako en faisant un pas en avant vers Nakama.
Ce pas est instinctif, possessif, et bien qu’il m’aurait sans doute touché hier encore, il me met encore plus hors de moi et je m’apprête à intervenir mais c’était sans compter sur Nakama et son caractère de feu. Elle avance d’un pas vers Hanako, sans se démonter une seule seconde :
- C’est moi qui rêve Hanako ! De quoi tu te mêles exactement ?! Qu’est-ce que ça peut te faire que je réconforte Kakashi franchement ?! Nous ne t’avons rien demandé, je ne vois pas bien pourquoi tu imagines avoir le droit de te mêler de sa vie comme ça ?!
J’en rajoute une couche :
- C’est vrai Hanako, tu passes une bonne journée avec ton petit-ami alors ne la gâche surtout pas pour un ami… je m’en sortirai, je me relèverai de cette journée de merde. Ce n’est pas parce que j’ai eu le cœur brisé ce matin qu’il faut que tu t’empêches de passer une bonne journée avec ton amoureux ! Ce serait dommage !
Hanako détourne vivement la tête et je crois voir ses yeux pleins à craquer de larmes.
- Vous faites un très joli couple d’ailleurs, reprend Nakama en affichant un sourire faux au possible. On voit que vous puez l’amour à plein nez, deux vrais petits tourtereaux ! Quelle chance de vous être trouvés ! Qui sait… la chance va peut-être vite tourner pour moi aussi, la vie est faite de coïncidences après tout, des rencontres inattendues, des êtres qui croisent votre chemin au moment où vous en avez le plus besoin… Tout ça va très vite.
Nakama soupire d’un air rêveur et Hanako affiche une tête si triste que ma colère fond comme neige au soleil. Je suis à deux doigts de lui sauter dessus pour la prendre dans mes bras mais la main fermement accrochée de Nakama après moi me garde en place. Hanako a l’air véritablement meurtrie et j’espère que ça la fait réfléchir à sa relation avec Shisui. Je sais qu’elle a peur, je le sais, mais il est horrible de la voir autant hésiter à se lancer.
Shisui est toujours aussi mal à l’aise, il se dandine d’un pied sur l’autre et face au silence de mort qui règne entre nous, il prend la parole en regardant Hanako :
- Ecoute ma tourterelle… Je… Et si on y allait ? demande-t-il.
Elle hoche la tête et ça me rend dingue, j’ai l’impression qu’elle le choisit une seconde fois, je ne le supporte pas alors j’interviens :
- Mais oui Hanako, qu’est-ce que tu fiches encore plantée là ? Pourquoi perds-tu ton temps avec moi alors que tout ce que tu veux se trouve à côté de toi visiblement ! lâche-je froidement.
- Ne dis pas ça…, murmure-t-elle alors.
Elle surprend tout le monde, personne ne s’attendait à ce changement de ton, son murmure est si brisé, si faible et torturé qu’on dirait qu’elle choisit enfin de ne plus sauver les apparences avec Shisui pour parler avec moi, pour de vrai. Ce que je fais donc à mon tour et peu importe comment elle justifiera ça à Shisui :
- Comment veux-tu que je ne le dise pas Hanako ? chuchote-je de la même voix cassée. Tu imagines peut-être que tu sais à quel point j’ai mal mais je t’assure que non, tu n’imagines pas comme je souffre depuis ce matin …
Ses yeux s’embuent un peu plus et elle penche la tête sous la peine que mes mots lui font. Je vois qu’elle est triste, son empathie pour moi me touche un peu, je sais qu’elle me préfère à Shisui dans le fond, alors qu’est-ce qu’elle attend pour nous rendre heureux ? Qu’est-ce qu’elle attend pour faire de notre vie un rêve ?
- Je ne comprends pas ce que tu attends…, murmure-je.
- J’attends… le bon moment… que tu … je ne sais pas Kakashi, je ne sais pas ce que j’attends, j’ai peur…, répond-elle.
Bon, cette fois notre conversation devient apparemment trop perchée. Nakama sait exactement de quoi nous sommes en train de parler et ne gâche donc pas notre moment, mais Shisui en a assez visiblement et il s’énerve, ce qui est plutôt rarissime mais il doit bien flairer que cette conversation, bien qu’incompréhensible, ne sent pas bon du tout pour lui.
- Ecoutez, je ne comprends rien à ce que vous êtes en train de raconter et je m’en moque ! Navré que tu sois visiblement au fond du trou Kakashi, mais ça ne nous concerne pas plus que ça, Hanako ! s’énerve-t-il en lui lançant un regard dur.
Elle tourne la tête vers lui avec de grands yeux et il reprend :
- Je sais qu’il est ton ami, mais sincèrement Hana, je suis ton petit-ami. C’est mon anniversaire et tu es en train de me faire passer un mauvais moment pour une conversation sans queue ni tête avec ton ami alors que tu vois qu’il est entre de bonnes mains !
A la mention de son anniversaire, j’échange un coup d’œil choqué avec Nakama et le reste de ma colère disparait puisque cette information redistribue tout de même les cartes.
Shisui se tourne vers moi cette fois :
- Je suis désolé d’être un peu abrupte envers toi Kakashi, j’aurais compris si tu avais été tout seul et malheureux mais là… tu es en charmante compagnie alors je n’ai pas trop envie de m’assoir sur la réservation de mon restaurant préféré le jour de mon anniversaire.
- Mais je comprends…, bafouille-je. Il n’y a aucun souci Shisui, vraiment… Nous… nous allons partir.
- Et bon anniversaire ! glisse Nakama avant de me tirer en avant.
Nous les laissons plantés au milieu de la rue, filant à toute vitesse, et dès que nous passons un coin de mur, nous échangeons un regard qui nous fait éclater de rire. Nakama rit dans sa main en ouvrant de grands yeux choqués :
- Bordel Kakashi, elle avait vraiment une bonne excuse, je n’y crois pas ! hallucine-t-elle.
- Mais pourquoi elle ne me l’a pas tout simplement dit ?! demande-je.
- Parce qu’elle n’a rien dit du tout ! Elle avait peur qu’il vous entende parler, c’est pour ça qu’elle t’a viré par des gestes !
Elle a toujours les yeux immenses et la main sur la bouche malgré quelques rires nerveux qui jaillissent parfois de ses lèvres et je secoue la tête lentement :
- J’imagine bien qu’elle a dû paniquer, elle savait qu’il ne partirait pas de devant sa porte alors qu’ils avaient une réservation au restaurant… Je… je ne sais même plus quoi en penser…, chuchote-je.
- Tu sais ce que j’en pense moi ? J’en pense qu’elle est si folle de toi qu’elle en a oublié l’anniversaire de ce crétin au creux de tes bras, alors j’en pense que ça sent drôlement bon Kakashi ! s’exclame-t-elle.
Nous nous remettons finalement de nos émotions et déambulons dans les rues en quête de quelque chose à grignoter.