LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC x OC)
Chapitre 169 : Le plan B
Nous trouvons notre bonheur dans un restaurant de sushis et nous y discutons de l’impact de la révélation de l’anniversaire de Shisui sur la situation de ce matin, mais je reste sur ma position :
- Ça me fait du bien de savoir qu’elle n’a pas ignoré sa visite puisque c’était son anniversaire, mais ça ne change pas le problème de fond… Nous ne savons pas si elle l’aurait vraiment fait si ça ne l’avait pas été, ni si elle l’aurait quitté… Elle m’a encore dit qu’elle ne savait pas, qu’elle avait peur… ce n’est pas très encourageant tout de même… Je ne comprends pas pourquoi elle m’a dit toutes ces choses le soir de la Saint-Valentin alors qu’elle ne l’a pas quitté depuis, elle aurait pu le faire dès le lendemain, c’était tout de même des jours avant son anniversaire…, soupire-je.
- Ça ne m’étonne pas tant Kakashi, elle t’a dit toutes ces choses parce que vous passiez une superbe soirée, que vous étiez heureux et complices, mais tu ne sais pas ce qui peut bien se tramer dans sa tête dès que tu disparais de son champ de vision. Imagine bien qu’à chaque fois que tu passes sa porte, elle angoisse peut-être que tu ne reviennes plus jamais…, souligne-t-elle.
- Mais bon sang, alors qu’est-ce que je peux faire ?! Je ne vois pas ! gémis-je.
- A part lui dire que tu l’aimes comme un fou ou la demander en mariage, je ne sais pas, soupire-t-elle.
- Mais ce serait ridicule, il est hors de question que je fasse l’un ou l’autre alors qu’elle a un petit-ami ! Ça tombe sous le sens ! Je ne vais pas lui dire que je l’aime et la voir ensuite tenir la main de cet imbécile ! Et ne parlons même pas de mariage, c’est encore plus ridicule.
- Tu sais ce que j’en pense. Je suis d’accord avec toi pour le mariage, mais lui dire que tu l’aimes franchement… ce ne serait pas si déconnant. Ça la rassurerait forcément, je n’en reviens pas que tu ne lui aies jamais dit, répond-elle.
- Oh oui bien sûr, raille-je. Je me vois bien lui dire que je l’aime et la croiser le lendemain avec Shisui ! Et puis quoi ? Je lui dis, elle ne partage pas mes sentiments et je dois encore me farcir leur couple ? J’aime autant te dire que je devrais quitter Konoha si ça arrivait !
- Ou bien tu lui dis, elle te répond qu’elle aussi, elle quitte Shisui et vous vivez enfin heureux ! s’exclame-t-elle en secouant ma main pour me faire réagir.
- Je ne peux pas Naka. Je… je n’ai jamais dit ces mots, je ne les ai même jamais ressenti avant elle, je ne peux tout simplement pas lui dire tant qu’il est dans le tableau, ça me ferait trop de mal.
- Mais pourquoi ? Essaie de te poser les bonnes questions ! insiste-t-elle.
Je fixe mes sushis pour prendre le temps de réfléchir, je décortique mes sentiments et mon cœur accélère lorsque la réponse me saute au nez. Je reprends d’une voix plus douce :
- Je ne suis pas sûr de m’en remettre si je lui disais que je l’aime et qu’elle ne me répondait pas qu’elle aussi. Je crois que ça me tuerait. Et je… j’essaie de ne pas y réfléchir parce que ça me fait trop de mal, mais si elle m’aimait vraiment alors je pense qu’elle serait incapable de jouer les femmes en couple comme elle est en train de le faire. C’est ça qui me terrifie, parce que je l’aime du plus profond de mon cœur alors qu’elle m’apprécie sans doute « seulement » énormément, c’est trop blessant… Mais tant que je ne lui dis pas, j’ai encore une once d’espoir de me tromper alors que si je lui disais, j’aurais ma réponse en pleine face.
Nakama fronce les sourcils avec empathie en hochant la tête lentement, elle prend le temps de me regarder avec affection avant de se pencher en avant en serrant ma main :
- Je sais que tu as peur, et je sais qu’il y a une possibilité que tu aies raison Kakashi. Mais imagines que tu te trompes, imagine que tu arrives à lui dire et qu’elle te dise qu’elle aussi. Tous vos problèmes seraient résolus. Je ne te force à rien, parce que c’est trop délicat mais je pense sincèrement, du plus profond de mon cœur, que tu peux lui dire les yeux fermés… Cette femme t’aime, c’est une conviction personnelle, j’en suis absolument certaine et tu sais que je ne te dirais jamais ça simplement pour te faire plaisir. Alors si un jour tu sens que tu es prêt à prendre le risque, si tu sens que tu as trop besoin de lui dire, que le moment te parait trop beau ou trop fort alors pense à ce que je viens de te dire là et trouve la force de te jeter dans le vide à sa place. Parce que c’est ce que tu attends d’elle, qu’elle se jette dans le vide en te faisant confiance… trouve la force de le faire à sa place, répète-t-elle.
Je reste pensif quelques minutes tandis que nous mangeons en silence. Elle ne parle plus, elle me laisse méditer à ses paroles et je dois admettre qu’elles résonnent très fort en moi. Je crois que je peux le faire dans le fond, je suis terrifié mais j’ai tellement envie de lui dire en même temps, c’est complexe.
- J’essaierais de lui dire, la prochaine fois que ça sera trop fort comme tu dis, alors j’essaierai de lui dire…, murmure-je. Mais bon sang, qu’est-ce que j’aimerais qu’elle quitte Shisui avant.
- Ça, je sais, et c’est bien pour ça que nous passons officiellement au plan B, Kakashi, affirme-t-elle.
Je relève le nez de mes sushis :
- Alors quel est le plan B ? demande-je.
- Le plan B, c’est la faire quitter Shisui pour de bon.
J’éclate d’un petit rire nerveux :
- Oh mince alors ! Mais quelle bonne idée ! m’exclame-je avec ironie. Mais pourquoi n’y avons-nous pas pensé avant ?!
- Arrête ton cirque. Ça fait quelques temps maintenant que je prends des informations sur votre situation, que je la teste un peu… Nous avons déjà tenté la manière douce avec la Saint-Valentin mais maintenant on y va à la manière forte mon chou, alors attache ta ceinture ! répond-elle avec assurance.
- La manière forte ? demande-je en haussant un sourcil.
- Ouai, puisque les fleurs et les chocolats ne la font pas sortir de sa zone de confort, on va aller la taquiner un peu plus fort.
- Tu me fais peur, marmonne-je.
- Tu peux. C’est quoi le programme pour les prochains jours ? Quand est-ce que tu la revois ? Qu’avez-vous de prévu ?
- Rien, je pensais aller toquer chez elle puisqu’elle m’a dit d’agir comme si Shisui n’existait pas…
- Pour faire quoi ? Passer de jolies soirées à deux ? demande-t-elle d’une voix moqueuse.
- Oui, me vexe-je en rougissant un peu.
- Hors de question, nous allons la secouer. Il n’y a pas quelque chose qui arrive ? Un événement ? Un moment où tu sais que tu la verras quoi qu’il arrive sans avoir à le prévoir ni à toquer chez elle ?
- Si, il y a une journée d’intégration avec le village de Yu le week-end prochain…
- Parfait, alors tu ne la vois pas d’ici là, ordonne-t-elle.
- Quoi ?!
- Ouai, tu m’as bien entendu. Tu ne lui rends pas visite, tu ne cherches pas à la croiser par hasard, rien. Surtout que tu lui as dit ce matin que si elle te laissait partir, tu ne reviendrais pas ! C’est parfait bon sang !
- Parfait pour la traumatiser ! Nakama, c’est tout ce dont elle a peur ! m’exclame-je.
- Justement, il est temps que cette fille comprenne qu’elle peut te perdre, qu’elle te fait du mal, qu’elle doit prendre soin de toi elle aussi ! Nous allons lui foutre la trouille de sa vie et crois-moi, elle réagira.
- Je ne veux pas ! aboie-je. Je vais simplement la perdre si je fais une chose pareille ! J’ai déjà assez merdé sans en rajouter !
Elle lève les yeux au ciel, visiblement agacée :
- Tu fais comme tu veux Kakashi, c’est ta vie après tout. Soit tu me suis, soit je te laisse te débrouiller, c’est toi qui vois, annonce-t-elle simplement.
Nous nous toisons une minute ou deux et j’enrage intérieurement. J’ai envie de lui envoyer ses sushis à la tête tant je suis en colère alors qu’elle me laisse le choix. Je la déteste parce que je lui en veux, parce que je suis persuadé au fond de moi qu’elle est capable de me remettre avec Hanako et ça me rend fou qu’elle ne veuille plus m’aider. Mais ce n’est pas le cas, elle propose de m’aider, j’ai le choix, simplement c’est sa méthode ou rien.
- Tu es une foutue emmerdeuse Naka…, grogne-je.
- Je sais, mais je suis surtout une foutue femme marieuse. C’est quitte ou double Kakashi, ou tu me fais confiance… ou pas.
Elle me tend une main au-dessus de la table et je plisse les yeux en la fixant encore quelques secondes :
- Bordel, j’aurais vraiment mieux fait de rester loin de toi ! râle-je.
- Peut-être bien. Et si tu marches, alors il y aura un risque que tu empires ta situation… mais je suis plutôt sûre de moi.
Je finis par prendre sa main pour la serrer en soupirant bruyamment :
- C’est quoi le plan ? demande-je d’une voix lasse.
- Le plan, c’est la jalousie Kakashi. Hanako est morte de jalousie à chaque fois qu’elle nous voit tous les deux, fais-moi confiance. Alors après cette matinée catastrophique, après qu’elle t’a foutu dehors comme un malpropre, après que tu lui as dit tout à l’heure que tu avais le cœur brisé par cette situation… tu ne vas pas aller la voir pendant près d’une semaine. Une longue semaine où elle va déjà paniquer, se rendre compte jour après jour que tu ne viens plus, et pile quand elle commencera à se demander si elle ne t’a pas perdu pour de bon… nous allons la rendre jalouse à cette soirée pour qu’elle se prenne une claque phénoménale lorsqu’elle se rendra compte que tu pourrais passer à autre chose pendant qu’elle mène son cirque avec Shisui.
- Nous allons simplement la blesser…
- Non, nous allons la foutre hors d’elle. La jalousie ne rend pas triste Kakashi, elle met les femmes en colère. Elle ne t’en voudra pas, elle voudra m’arracher la tête. Elle te voit comme un petit animal faible et influençable, qui ne voit pas les femmes venir et qui peut se faire mener par le bout du nez… Elle va vite avoir envie de marquer son territoire, de me montrer que tu es à elle et me faire gicler du tableau… ce qu’elle ne peut pas faire tant qu’elle a un petit-ami. Alors elle va gentiment nous dégager le petit-ami pour vite s’afficher avec toi et avoir la satisfaction de m’envoyer me faire voir une bonne fois pour toute puisqu’elle en crève d’envie depuis qu’elle nous a vu déjeuner ensemble à l’hôpital.
Je fronce les sourcils. Je suis inquiet et confiant à la fois, parce qu’Hanako a déjà prouvé qu’elle me sautait dans les bras au pays des sources chaudes lorsque Yume s’approchait d’un peu trop près. Je fais même le lien avec la soirée chez Rinko, avec sa mauvaise humeur dès que ce dernier a mentionné Nakama, avec ses yeux assassins lorsqu’elle nous est tombé dessus dans la rue tout à l’heure. Bon sang elle a raison.
- Si ça ne marche pas Nakama, si elle ne me tombe pas dans les bras et qu’elle m’en veut… je te jure que je t’allume, gronde-je.
- Ça marche le taulard. Tu n’as plus qu’une semaine à attendre, et tu seras enfin en couple avec ta princesse aux yeux roses.