LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC x OC)
Chapitre 171 : La balle au prisonnier
La journée se passe plutôt bien, les activités sont prenantes et compétitives alors notre groupe n’a pas l’occasion de se reprendre la tête. Hanako et Shisui nous ont rejoint après une conversation animée je suppose, puisqu’ils affichaient des visages fermés et boudeurs. Rinko ne s’est finalement pas greffé à un autre groupe, préférant discuter avec l’entièreté des ninjas de Yu, passant d’une troupe à une autre pour faire le pitre.
Nakama joue la femme éperdument amoureuse de moi et je joue l’idiot qui ne la voit pas venir, ce qui énerve Hanako au plus haut point et désintéresse vite Yume de moi. Cette dernière jette donc son dévolu sur Rinko, lui faisant du rentre-dedans chaque fois qu’il passe du temps avec notre groupe et c’est tant mieux puisqu’elle me fiche la paix.
Alors que nous nous affrontons dans une sorte de balle au prisonnier revisitée par Minato, Shisui s’en prend plein la tête par Hanako, qui l’accuse de toutes nos défaites pour passer sa colère jusqu’à ce que finalement, ça me retombe dessus.
- Et toi Kakashi ! s’énerve-t-elle. Qu’est-ce que tu attends pour nous sortir tes talents et nous faire gagner au lieu de rire comme un âne avec Yuki et de te faire déconcentrer par Nakama !
- Mais foutez-là en prison ! Qu’elle nous fiche la paix ! hurle Nakama à l’équipe adverse.
Les trois quarts des ninjas sur notre terrain éclatent de rire, moi compris, et Hanako est tellement vexée qu’elle me fusille du regard, se prenant inévitablement la balle dans le dos qui l’envoie en prison dans le camp adverse.
- Merci mon dieu ! s’écrie Nakama en levant les bras au ciel, redoublant nos rires.
Je m’amuse comme rarement, entre les réflexions de Nakama, la tête vexée d’Hanako, les échecs de Shisui qui tente comme un preux chevalier de lui envoyer la balle pour la libérer et Yuki qui n’arrive plus à arrêter de rire… je passe un vrai bon moment.
Hanako arrive encore à s’en prendre à Shisui depuis le fond du camp adverse, et alors que Nakama me tourne autour, elle beugle encore :
- Kakashi ! Libère-moi au lieu de te pavaner comme un coq !!
Yuki me lance un regard complice avant de lui répondre :
- Inutile Hanako, Shisui est sur le coup !
Il rit déjà comme un benêt et la réponse d’Hanako ne nous déçoit toujours pas :
- Il serait incapable de m’envoyer la balle même s’il était à deux mètres de moi et qu’il n’y avait pas d’ennemis !
Shisui se vexe évidemment comme un pou :
- Et bien débrouille-toi pour sortir alors ! Je ne t’aiderai plus ! s’égosille-t-il en rougissant.
- Kakashi me fera sortir lui ! réplique-t-elle en croisant les bras avec sa tête de défi.
- Non mais je rêve ! siffle-t-il à voix basse en me lançant un regard mauvais.
- Kakashi n’a rien dit, intervient Nakama. Tu vois ça avec ta copine Shisui !
Il ronge son frein, s’éloignant de moi au maximum que le terrain le permette et Nakama ricane :
- Tu vas la laisser poireauter longtemps ? me demande-t-elle discrètement.
- Je n’ai pas encore décidé…, réplique-je en souriant de toutes mes dents sous mon masque.
- Tu remarqueras que mon plan fonctionne à merveille pour l’instant, fanfaronne-t-elle.
- Quel plan ? s’intéresse Yuki en trottinant vers nous.
J’attrape au vol la balle qui fonçait sur lui, la renvoyant sur un ennemi au hasard, ne la lançant toujours pas à Hanako qui râle toujours plus, nous faisant encore tous rire.
- Son plan pour m’aider à récupérer Hanako, explique-je discrètement à Yuki.
- C’est vrai ?! Tu es toujours sur le coup ? s’enthousiasme-t-il.
J’attrape une nouvelle fois la balle au vol :
- Oui, toujours sur le coup, réplique-je en touchant un nouvel adversaire.
- Kakashi je te déteste !! crie Hanako en constatant que je ne la libère toujours pas.
- Et comme tu vois Yuki…, ris-je. Ce plan est terriblement efficace !
- Ça ne me parait pas déconnant, je vous ai vu vous crier dessus cinq jours avant de vous voir vous embrasser subitement le dernier jour alors… j’y crois ! réplique-t-il en chuchotant avec un clin d’œil.
La partie continue et Hanako s’assoit en tailleur par terre en déchirant des petits bouts d’herbe pour s’occuper puisqu’elle constate que personne ne la libère et je ne tarde pas à voir Rinko aller lui tenir compagnie. Elle lui parle en agitant les mains dans tous les sens et je le vois d’ici se retenir de rire en hochant la tête avec un air compréhensif. Je suis sûr qu’elle en train de se plaindre de tout ce qui l’agace aujourd’hui, c’est une vraie petite boule de nerf visiblement et ça m’amuse encore plus de l’imaginer en train d’expliquer à Rinko à quel point tout ça est injuste. J’imagine Rinko lui répondre qu’elle exagère et que tout ça n’aurait pas lieu si elle ne s’entêtait pas à sortir avec ce « neuneu de Shisui ». Je suis même à peu près sûr que c’est ce qu’il lui dit, parce qu’il se fait virer avec perte et fracas de la prison ennemie alors qu’il rit aux éclats et qu’elle s’acharne à nouveau sur l’herbe en boudant.
Je décide qu’elle a assez attendu et j’intercepte rapidement la balle.
- Moustique ! crie-je simplement.
Les ennemis ne comprennent évidemment pas, mais Hanako saute sur ses pieds, le visage tout illuminé, et je lui lance la balle. Les adversaires, ne s’attendant pas à ce qu’on la libère, ne se méfient pas et le temps qu’ils réalisent qu’Hanako l’a réceptionnée, elle en touche un avant de revenir joyeusement en sautillant vers nous.
Elle lance un regard noir à Shisui avant de venir se planter devant moi :
- Merci Kakashi…, roucoule-t-elle en affichant son air le plus angélique.
- Tu te rends compte du cirque que tu sèmes ? m’amuse-je. Nous n’entendons que toi vociférer à un kilomètre à la ronde…
- Je suis un peu mauvaise joueuse, admet-elle en gloussant.
- Un peu ? Tu te moques de moi ? la taquine-je.
- Mais c’est agaçant ! Je savais bien que tu pouvais me libérer en une seconde ! réplique-t-elle d’une voix boudeuse.
- C’est vrai…, confirme-je. Mais c’était vraiment plus drôle de t’entendre nous maudire les uns après les autres.
Elle glousse encore en se rapprochant de moi et nos yeux s’accrochent avec tendresse. Son regard est si intense que je commence à me demander si elle ne risque pas de me sauter au cou dans les vingt prochaines secondes.
- Tu es bête Kakashi…, souffle-t-elle avec un beau sourire.
- Tu sais ce qu’on dit Hanako…, intervient Yuki. L’amour rend idiot.
Il lâche ça là avant de partir en courant pour éviter une balle et je rougis aussi fort qu’Hanako qui me dévisage avec des yeux écarquillés. Mais heureusement, nous n’avons pas le temps de trop nous attarder sur le moment puisque Shisui débarque, nous trouvant sans doute trop proches et il détourne notre attention :
- Alors ça y est ? Ton Kakashi chéri t’a libéré ? demande-t-il d’une voix dure.
- Oui ! réplique-t-elle en plissant les yeux pour le fusiller du regard.
Nakama se plante à côté de moi en soupirant :
- Dommage Hanako, je te préférais en prison…
*
A la fin de la journée, nous repartons tous ensemble des terrains d’entrainements. Shisui s’est bien évidemment excusé platement auprès d’Hanako alors qu’il n’a rien fait, mais je commence à comprendre sa stratégie. Il fait tout pour qu’elle n’ait jamais aucune raison de lui en vouloir, il essaie d’être le parfait petit-ami irréprochable pour la garder sous sa coupe. Je commence même à réaliser qu’il ne doit pas être simple de quitter un homme qui se plie littéralement en quatre pour que tout se passe bien, qui lui donne toujours raison et qui lui promet de changer immédiatement de comportement dès qu’elle émet une petite critique.
C’est intéressant, cette journée m’aide à mieux comprendre leur dynamique, dès qu’Hanako tente de prendre un poil de distance, il soulève des montagnes avec zèle pour qu’elle n’ait plus de raison de le faire et il lui coupe pratiquement le sifflet. Si j’imagine Hanako tenter de rompre avec lui, je le visualise très bien l’enfumer de bout en bout pour la faire revenir sur sa décision, il lui dit ce qu’il faut pour qu’elle ne sache plus ce qu’elle raconte, il est très doué, c’est intrigant à observer et je commence à me demander si ce garçon est si bête que ça ou s’il joue les idiots pour attiser la sympathie.
En tout cas, il obtient gain de cause et il est donc collé à elle sur le chemin du retour, un bras sur ses épaules, à l’assommer de tout un tas de sujets de discussions aléatoires alors qu’elle a l’air perdue et pensive. Yume roucoule toujours autour de Rinko, déployant tout ce qu’elle a pour attirer son attention mais ce dernier reste curieusement plutôt très impassible, les yeux bien plus souvent rivés sur Nakama qui marche tranquillement à quelques mètres d’eux. Quant à moi, je suis à l’arrière avec Yuki et nous discutons comme deux vieux amis qui se connaissent depuis toujours.
Lorsque nous arrivons devant le bâtiment principal, les kage nous remercient pour cette journée dans l’amicalité et la bonne humeur puis annoncent le début des festivités à vingt heures ici même.
- A ce soir les amis ! lance gentiment Yuki en s’éloignant avec Yume.
Nous le saluons tous et Hanako tique un peu lorsque Nakama le salue elle aussi.
- Tu seras là ce soir ? lui demande-t-elle.
- Evidemment, tu as entendu les kage, nous sommes tous conviés, réplique Naka.
- Je pensais que tu étais simplement venue cet après-midi pour combler les effectifs, s’explique Hanako.
- Et bien rien ne m’empêchera de faire la fête, je peux te le dire ! répond Nakama joyeusement. J’attends ça depuis mon arrivée à Konoha !
- Et tu n’as pas eu l’occasion de sortir depuis que tu es ici ? demande Shisui.
- Non…, soupire-t-elle.
Rinko arrive comme une fleur, peu étonnant.
- Il fallait accepter que je te montre les bons plans ! intervient-il.
- Même pas dans tes rêves les plus fous ! réplique-t-elle avec un sourire malicieux.
Hanako saute sur l’occasion, affichant pour la première fois de la journée une tête adorable à mon amie :
- Mais pourquoi donc ? Rinko est un garçon charmant ! Il a une liste d’amis plus longue que les exploits de l’Hokage et il adore faire la fête ! Tu devrais accepter son invitation, il est vraiment charmant quand on passe outre son côté mufle et crétin !
Nakama rit un peu :
- Non merci, je passe mon tour. Je préfère les hommes plus matures et moins sûrs d’eux, réplique-t-elle en lançant un regard taquin à Rinko.
Hanako perd son sourire mais n’abandonne toujours pas malgré ses dents serrées :
- Pourtant tu es une blagueuse, tu nous l’as démontré cet après-midi. Et devine qui est un vrai boute-en-train ? Rinko ! Toujours la plaisanterie sur le bout de la langue ! Si tu veux rire toute une soirée, tu as ton homme !
Nakama me lance un petit coup d’œil stratégique avant de répondre à Hanako :
- Oh ça ira merci, j’ai déjà l’homme de la situation pour bien me marrer, répond-elle.
- Ah bon…, grince Hanako en affichant un sourire d’une fausseté incroyable.
- Hé oui ! Mais merci pour ta prévenance, répond Naka. Bon je file, j’aimerais tenter de me rendre jolie pour ce soir !
- Etonnant…, commente Hanako tandis qu’elle s’éloigne en nous faisant signe.
Je réprime un rire en échangeant un coup d’œil avec Rinko. Je me demande ce que va donner la soirée mais je n’ai jamais eu aussi confiance en les stratégies de Naka depuis que je constate qu’Hanako est jalouse jusqu’au trognon sans m’en vouloir une seule seconde. Je n’ai même rien à faire à part être sympa avec Nakama, c’est tout de même très confortable.
- Bon, rentrons nous préparer ma fleur des champs*, glisse Shisui d’un ton affectueux.
C’est la deuxième fois qu’il appelle Hanako comme ça devant moi et je dois dire que je trouve le choix de mot fort intéressant. Je suppose qu’il ne fait pas de lien, mais je trouve ça extrêmement agréable à entendre, sans même souligner le comique de la situation.
(* Hanako signifiant plus ou moins « fleur » et Hatake signifiant « champ »)
Ils s’éloignent et nous prenons la route de chez nous avec Rinko. Dès que nous sommes seuls, je l’interroge :
- Alors ? Yume ? Je l’aurais bien vu être ton genre, une blonde qui n’a pas froid aux yeux… ?
- La vérité est pathétique, je te préviens, soupire-t-il.
- Je t’écoute ? demande-je.
- Je n’avais pas envie de montrer de l’intérêt à Yume devant Nakama… alors que j’ai bien compris qu’elle ne voulait pas de moi mais … je sais pas… c’est comme si ça me poussait encore plus à la vouloir.
J’éclate de rire en lui lançant un coup d’œil pour vérifier s’il est sérieux, mais il l’est apparemment.
- Rinko, je crois que tu perds ton temps avec Naka… elle n’est pas du genre à mentir pour te faire tourner en bourrique…, dis-je avec douceur.
- Ouai, c’est ce que je me disais mais… je sais pas. Il y a un truc particulier chez elle, un truc qui me calme. Je suis toujours celui qui mène la danse, j’enfume des filles un peu trop naïves, qui me trouvent à mourir de rire et incroyable… Nakama… c’est différent. Je ne sais pas si c’est parce qu’elle est plus âgée ou si c’est de te voir si bien avec Hanako… Je me demande de plus en plus si je n’ai pas envie de me poser vraiment… j’avais déjà essayé de me mettre en couple avec Hanako mais on sait tous comment ça a fini, s’amuse-t-il.
- De te poser sérieusement cette fois ? demande-je.
- Calmons-nous, mais disons que j’aimerais bien que la fille avec qui je passe mes nuits passe un peu de ses journées avec moi aussi... Pouvoir aller aux soirées accompagné, avoir quelqu’un à qui tenir la main pour rentrer, manger chez des amis avec elle…
- Une petite amie donc, souligne-je.
- Ouai si tu veux, mais plus libre, ça reste moi. J’aimerais juste avoir cette fille, ma fille finalement, comme toi et Hanako. Celle que je trouve mieux que les autres mais aussi qui me trouve mieux que les autres… avec qui j’ai une relation privilégiée mais aussi indépendante que moi, aussi libre d’esprit, une femme de caractère qui trace sa route sans avoir besoin de personne…
- Tu cherches ton âme-sœur…, commence-je.
- Arrête tes conneries Kakashi ! C’est juste que de vous voir avec Hanako me fait quelque chose, vous avez l’air si bien. Elle pose un regard sur toi qui me donne envie, elle est pleine de fierté et de sentiments quand elle te regarde, alors que tu ne fais rien bordel ! Tu bouffes juste tes pâtes ! Je veux une femme qui me regarde comme ça moi aussi, mais pour ça, il faut qu’elle me ressemble, que ça colle vraiment entre nous, dit-il.
- Si tu ne m’avais pas coupé, c’est exactement ce que je t’aurais dit, râle-je. Tu cherches ton âme-sœur au sens strict du terme, pas romancé, la femme qui te ressemble, qui pense et agit comme toi, qui veut les mêmes choses… ton double féminin.
- Exactement, je n’ai jamais pensé ça possible, mais Nakama m’a fait réaliser qu’il y avait des femmes différentes, et que peut-être mon double se trouve quelque part… que c’est peut-être elle…
Je n’ose pas le contrarier, parce que je trouve ses réflexions tellement positives que je veux l’encourager.
- C’est peut-être Nakama mais c’est peut-être une autre, il y a énormément de femmes avec lesquelles tu ne tentes pas ta chance, tu ne les regardes même pas, souligne-je.
- Parce que je sais qu’elles ne voudraient jamais d’un blaireau comme moi ! se marre-t-il.
- Tu parles ! Pratiquement toutes les femmes que tu prends la peine de draguer tombent dans tes bras. Change simplement celles sur lesquelles tu jettes ton dévolu et tu seras peut-être surpris, dis-je.
- Je vais essayer, on verra bien, répond-il en souriant.
- Laisse-moi les choisir pour toi, propose-je.
Il éclate de rire en me tapant sur l’épaule, se remémorant sans doute toutes les fois où j’ai rencontré ses « nanas » et que le courant n’est pas exactement bien passé. Il me lance un regard heureux :
- Allez ça marche, trouve-moi en une ! Choisis la bonne ! me prévient-il.
- Très bien, je me lance sur le dossier, plaisante-je.
Il rit encore et nous nous séparons au pied de nos bâtiments.