LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC x OC)

Chapitre 174 : La soirée qui change tout - Partie 3 : Confrontation et jalousie

7284 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 27/01/2026 11:20

Chapitre 174 : La soirée qui change tout - Partie 3 : Confrontation et jalousie


Je suis d’une humeur massacrante depuis que j’ai vu Shisui trainer Hanako à l’intérieur. Je n’ai pas réussi à me calmer une fois à table avec Nakama et j’ai donc sauté sur l’occasion de m’isoler avec Rinko lorsque Minato lui a ordonné d’aller recharger les plateaux de petits fours à la cuisine.

Il remplit les nombreux plateaux en essayant de me dérider et il finit par me faire rire un peu en faisant le pitre. Je suis assis à l’ilot de la cuisine, à boire des verres tandis qu’il s’affaire avec bonne humeur.

Malheureusement pour moi, Shisui débarque à la cuisine pour prendre de l’eau. Je m’applique à l’ignorer, mais il prend visiblement mon silence pour ce qu’il n’est pas, parce qu’il prend la confiance :

-         Encore en train de boire Kakashi ! Et bien, il va falloir que je te surveille ! lance-t-il d’une voix faussement amusée.

Je tourne lentement la tête vers lui en me demandant si j’ai bien entendu, et Rinko ouvre des yeux ronds :

-         Le… surveiller ? demande-t-il.

-         Oui Rinko, figure-toi que la dernière fois que Kakashi a bu comme ça, il s’est mis à embrasser ma copine ! répond-il avec courage.

Mon sang ne fait qu’un tour, la colère se répand dans mes veines en un instant et je n’ai plus envie de jouer les mecs sympas cette fois :

-         Alors surveille-moi bien Shisui…, gronde-je d’un ton menaçant.

Il fronce les sourcils, surpris par ma réponse, et je me lève en croisant les bras :

-         Je serais drôlement curieux de savoir ce que tu me ferais, continue-je.

-         Doucement mon lapin, tempère Rinko d’une voix autoritaire.

Je lui lance un coup d’œil agacé mais il vient se glisser entre nous discrètement pour me dissuader d’avancer. Shisui m’observe avec incertitude, réalisant qu’il vient sans doute de franchir une limite.

-         Kakashi est plutôt sympa, mais il ne faut pas trop le chercher, tempère encore Rinko.

-         Je ne cherche personne, répond Shisui. Je… j’ai quand même le droit de ne pas apprécier qu’il embrasse ma petite-amie…

Je commence à en avoir ma claque qu’il parle d’elle comme ça, comme si elle était vraiment plus à lui qu’à moi, comme s’il n’était pas un foutu bouclier dont elle se sert.

-         Ta petite-amie…, chuchote-je en riant froidement.

Il fronce les sourcils plus fort et Rinko pose une main sur mon torse :

-         Oui, sa petite-amie Kakashi, dit-il lentement.

Il essaie simplement de me rappeler qu’Hanako est en jeu dans cette histoire, que c’est son choix de se protéger de moi avec cet abruti et que je n’ai pas à régler cette histoire à sa place. Mais Shisui prend encore la confiance en se sentant soutenu par Rinko :

-         Je n’ai rien dit de mal, Hanako est ma petite-amie Kakashi, il est normal que je la protège, dit-il d’une voix mal assurée.

Il ne fallait pas m’en dire plus.

-         Que tu la protèges ?! vocifère-je en faisant deux pas en avant.

Rinko réagit vite et s’interpose encore en me retenant d’une main, mais je n’ai plus de patience et je crie, complétement fou :

-         Ecoute moi bien Shisui ! Si je te revois encore une fois la trainer par le bras comme tu l’as fait tout à l’heure, alors je te jure que tu pourras plus jamais te reconnaitre dans un miroir ! Tu poses encore une main un peu trop brutalement sur elle et je t’arrache le bras au complet ! Tu lui prends encore une seule fois la tête et la tienne ne sera plus longtemps posée sur tes putains d’épaules !

-         Barre-toi Shisui, le prévient calmement Rinko.

Il ne se fait pas prier et déguerpit à toute vitesse tandis que Rinko m’en colle une sur la tête, méritée je dois dire. Il me passe ensuite un savon tandis que je ronchonne en me remettant à boire, il me rappelle que je pourrais avoir des problèmes si Shisui se plaignait de mes menaces alors que j’ai agressé Tao il y a peu de temps. Il me calme enfin lorsqu’il me dit qu’Hanako risque d’être très en colère après moi pour avoir fait une chose pareille à son petit Shisui et je dois dire qu’il marque un vrai point. Je travaille donc sur moi, me préparant mentalement à recevoir les foudres d’Hanako.

*

Lorsque je rejoins Nakama et qu’elle constate mon état, elle rit :

-         Bon, je vois que tu es largement assez torché pour la suite du plan, ricane-t-elle.

-         Je ne sais pas si je veux continuer le plan, Hanako doit probablement me détester, soupire-je.

Je lui explique ce qu’il vient de se passer et elle fronce les sourcils :

-         Ecoute… lorsque Shisui est revenu des cuisines, ils se sont pris la tête assez fort et il est parti… je ne sais pas exactement où il se planque mais Hanako est toute seule depuis une vingtaine de minutes… il serait dommage de rater l’occasion si tu veux mon avis.

Elle me désigne un coin de la pièce où Hanako s’amuse avec Yuki et d’autres ninjas à des petits jeux d’adresse. Elle n’a pas l’air en colère, elle rit comme une dingue en tapant dans les mains de Yuki et je dois dire que ça me rassure.

-         Tu penses qu’elle ne m’en veut pas ? demande-je.

-         Vu son caractère, j’imagine qu’elle serait venue te chopper dans la cuisine directement… Et je ne vois pas pourquoi elle se serait pris la tête avec lui si c’était à toi qu’elle en voulait…, souligne-t-elle en agitant les mains pour mimer une balance.

-         C’est vrai…, acquiesce-je.

-         Ecoute Kakashi, c’est le moment là… c’est le bouquet final de tout ce que j’ai mis en place cette dernière semaine… c’est le moment où elle va sans doute se rendre compte qu’elle ne peut pas risquer de te laisser filer… Vraiment, tous les feux sont au vert, mais c’est toi qui vois.

Mon cœur accélère exponentiellement dans ma poitrine, l’adrénaline se déverse à flot dans mes veines, l’espoir et l’impatience me secouent :

-         Ok, lâche-je alors.

Elle me sourit en se levant et m’emmène vers la sono, vers une table inutilisée dans le coin le plus sombre de la pièce où elle me demande de m’assoir. Les ninjas qui dansent sur la piste de dance me cachent du reste de la salle, mais Hanako et son petit groupe gardent une vue privilégiée sur nous malgré la noirceur du petit coin où nous nous trouvons. Naka me tend son verre :

-         Siffle-le, ordonne-t-elle.

-         Tu me fais peur, couine-je.

-         Donne-toi du courage, parce que là, c’est le moment où tu vas flipper. Mais fais-moi confiance.

-         Qu’est-ce que tu vas faire ? m’angoisse-je.

-         Je vais la rendre jalouse à crever en te séduisant, ça va te tendre mais ça va la faire rappliquer en une minute, plus en colère que jamais après moi et surtout, plus décidée que jamais à se mettre officiellement avec toi pour éviter que ce genre de choses ne recommencent un jour. Tu as des limites à ne pas dépasser ?

-         Non, je n’en ai pas, affirme-je en sifflant le verre tandis que mon cœur tambourine dans ma poitrine.

-         Je te roule une pelle ? demande-t-elle.

-         J’en ai ! m’étrangle-je en recrachant à moitié dans mon verre.

-         Alors aboule Kakashi !

-         Tu fais ce que tu veux mais tu ne m’embrasses pas ! couine-je encore.

-         D’accord… Bon, je vais te mettre extrêmement mal à l’aise Kakashi mais ne panique pas, je ne t’embrasserai pas, je te le promets.

-         Elle va me tuer…, m’angoisse-je.

-         Non, elle sait que tu as trop bu, que je suis une allumeuse et que tu viens de te prendre violemment la tête avec Shisui. Fais-moi confiance, j’amortirai le truc.

-         Elle va me tuer, m’obstine-je d’une voix blanche.

-         Kakashi, je gère, je vais sauver la situation, tu me fais confiance ?

Mon cœur bat si vite qu’il m’assourdit mais l’alcool m’aide à prendre la décision risquée qui pourrait me rapporter gros :

-         Oui, vas-y, souffle-je.

-         Préviens moi simplement lorsqu’elle nous regardera.

Elle se glisse alors entre mes jambes, posant les deux mains sur mes cuisses et je ne suis déjà plus à l’aise du tout. Elle danse tranquillement en se déhanchant devant moi et je ne sais plus où me mettre. Mes mains sont serrées sur le rebord de la table tandis qu’elle s’agite et je sens alors le regard d’Hanako qui se braque moi.

-         Elle regarde, annonce-je.

Alors que j’imaginais que Nakama se déhanchant devant moi était le maximum, elle me prouve le contraire. Elle se met à glisser ses mains sur mes cuisses en se mouvant plus sensuellement et mes doigts sont à deux doigts de briser le rebord de la table.

-         Ne panique pas, murmure-t-elle. Je sauverai la situation Kakashi.

J’hoche la tête et elle ondule plus près de moi, venant pratiquement coller son visage au mien tandis qu’elle danse de façon de plus en plus osée. Je sens l’aura d’Hanako qui bouillonne si fort que mon cœur rate un battement, je suis tellement tendu que mes oreilles captent sa voix qui s’égosille au loin malgré la sono à côté de moi. Je comprends qu’elle est en train de crier à quelqu’un de prendre sa place et sa colère est si forte que je suis à deux doigts de m’évanouir.

-         Ça va Kakashi, ce n’est que moi, chuchote Nakama en me voyant me raidir encore. 

-         J’aurais mieux fait de t’envoyer chier le jour où je t’ai rencontré bordel, articule-je entre mes dents serrés.

-         T’inquiètes pas, je pense qu’on peut voir depuis l’autre bout de la salle à quel point tu es mal à l’aise et tendu, alors ça jouera largement en ta faveur, répond-elle en riant.

Elle agrippe ma nuque à deux mains en se penchant en arrière pour rire et lorsqu’elle se redresse, elle pose son front contre le mien. Hanako arrive, elle fonce même.

-         Je ne t’embrasserai pas Kakashi, recule la tête, chuchote-t-elle.

Elle agrippe mon masque et le descend doucement pour découvrir mes lèvres, alors j’obéis en reculant la tête, pour signifier que je ne veux pas qu’elle m’embrasse.

-         Dégage tes putains de mains de Kakashi !! hurle alors Hanako en débarquant avec perte et fracas.

Ses yeux sont si assassins qu’on dirait qu’elle pourrait tuer Nakama à mains nues et cette dernière tourne la tête vers elle en levant un sourcil :

-         Pourquoi ? Tu en veux un peu ? Je te préviens tout de suite il est frigide, pas moyen de le faire craquer, rétorque Nakama.

-         Parce qu’il a une copine !! hurle Hanako, visiblement hors d’elle.

J’ouvre des yeux ronds, absolument choqué. Je pensais qu’Hanako allait me tuer sur place mais pas du tout, Nakama est un foutu génie.

-         Une copine ? demande-t-elle.

-         Oui une copine ! s’énerve encore Hanako. Alors dégage vite fait avant que je ne te dégage de force espèce de garce !

-         Ah bon ? Il ne m’a pas parlé d’une copine, simplement qu’il n’était pas intéressé, continue innocemment Nakama en s’écartant de moi.

-         Si tu ne l’intéresse pas alors qu’est-ce que tu attends pour te tirer bon sang ?! feule-t-elle.

-         J’aime bien pousser mes chances au maximum, répond tranquillement Nakama.  

-         C’est la dernière fois que je te demande de partir…, crache Hanako.

Sa voix est plus sombre qu’elle ne l’a jamais été, son timbre vibre presque sous la haine et elle vrille ses yeux sur Nakama. Ils sont si sauvages, si furieux, elle n’a presque pas l’air humaine alors que son chakra commence à bouillonner dangereusement. Ça allume enfin l’alarme dans ma tête, au moment précis où ses iris se mettent à luire dans la pénombre et je pousse Nakama :

-         Barre-toi tout de suite ! la préviens-je avec urgence.

Elle était de toute façon déjà en train de partir instinctivement dès l’instant où elle a aperçu la lumière au fond de ses yeux, alors elle arrive à filer sans se faire mettre k.o. par Hanako. Cette dernière s’apaise presque instantanément, elle quitte la haine viscérale pour la simple colère et je réalise qu’elle doit imaginer que je viens d’envoyer se faire voir Nakama plutôt que de la protéger.

-         Non mais c’est dingue Kakashi ! Tu ne sais pas te défendre tout seul ou quoi ?! Il a fallu que j’intervienne pour que tu réagisses ! me dispute-t-elle en se plantant entre mes jambes.

Bon sang, rien à voir avec ce que je m’attendais à recevoir comme foudre, je suis choqué.

-         Désolé mon ange, je suis triste et complétement attaqué, je n’ai pas l’esprit clair… J’avais beau lui répéter que je n’étais pas intéressé elle ne me lâchait pas, j’hésitais à la repousser plus violemment mais c’est une femme alors je ne savais plus comment agir…, gémis-je.

Qu’on me donne un oscar, je vous en prie !

Elle agrippe doucement ma chemise en soupirant pour me tirer plus près d’elle :

-         Je sais bien Kakashi, je sais que tu ne sais jamais comment réagir… Surtout avec autant d’alcool… Et en plus cette dispute avec Shisui … cette situation horrible…, couine-t-elle.

Je me retiens de toutes mes forces de ne pas ouvrir des yeux ronds face à ce qu’il est en train de se passer et je continue mon mélodrame :

-         Oui… pardonne-moi, je ne l’aurais jamais laissé m’embrasser tu sais, je paniquais juste, je cherchais un moyen de m’en débarrasser avec douceur comme c’est une femme…, continue-je.

-         Je sais bien Kakashi… je sais que tu ne l’aurais pas embrassé…, murmure-t-elle.

Elle me lance un drôle de regard, un regard pensif, nostalgique… et quelque chose me dit qu’elle est en train de faire ce que j’attends depuis des semaines : de prendre une décision.

Elle pose ses mains sur mes joues alors je me permets de poser les miennes sur ses hanches tandis qu’elle me dévisage :

-         Pardonne-moi Kakashi, pour tout le mal que je t’ai fait…, murmure-t-elle.

-         Je te pardonne mon ange, réponds-je.

Elle se hisse sur la pointe des pieds pour embrasser ma joue. Elle l’embrasse longuement, se pressant tout contre jusqu’à en glisser ses bras autour de ma nuque et je passe les miens autour d’elle automatiquement. Elle m’embrasse plusieurs fois, à plusieurs endroits, comme si elle était soulagée de me retrouver sain et sauf, comme si elle effaçait le souvenir de ce qu’il vient de se passer. Je commence à me demander comment il est possible qu’elle n’ait pas une peur bleue que Shisui nous voit dans cette situation délicate, mais je me dis qu’après tout, je n’en ai rien à cirer.

Elle lâche ma joue pour finalement frotter son nez contre le mien en retrouvant le sourire :

-         Je ne te lâche plus de la soirée ! annonce-t-elle finalement.

-         Ah bon ? m’amuse-je.

-         Hors de question que cette garce t’approche encore. Tu restes avec moi !

-         Shisui ne va pas criser ?

-         Il est parti, nous nous sommes disputés assez sévèrement, il m’a dit ce que vous vous étiez dit dans la cuisine et j’ai pris ta défense… Je lui ai dit que je ne contrôlais pas encore tes gestes et tes paroles alors qu’il avait plutôt intérêt à se calmer. Il m’a dit qu’il était hors de question qu’on reste une minute de plus à cette soirée et je lui ai répondu qu’il était hors de question que je gâche une minute de plus loin de Yuki que je ne verrai pratiquement jamais pour un type qui me prenait la tête depuis des heures…, explique-t-elle en haussant les épaules.

-         Je suis désolé pour toi mon ange, réponds-je.

-         Je m’en fiche, je ne veux plus jamais parler de lui. Et si on allait rejoindre Yuki ? Finir cette soirée entre équipe D ? Nous n’avons que ce soir avec lui après tout.

-         Avec plaisir.

Elle embrasse une dernière fois ma joue avant de prendre ma main pour me tirer vers Yuki.

*

Après quelques discussions, ma chère équipe D me traine de force sur la terrasse où des jeux ont lieu pour continuer à nous affronter dans la même veine qu’aujourd’hui. Je les observe donc se porter volontaires pour du lancer de shuriken sur une cible installée à l’autre bout de la terrasse. Les équipes ne sont franchement pas très fraiches alors les ninjas qui prennent simplement l’air sont tous regroupés à l’autre bout de la terrasse, dans le dos des lanceurs.

Je me cale avec le groupe de Naruto, qui discute tranquillement, tandis qu’Hanako et Yuki se lancent dans la partie. Je les observe d’un œil attendri se chamailler avec leurs adversaires tout en suivant la discussion en cours autour de moi. Hanako s’amuse comme une petite folle maintenant qu’elle est débarrassée de Shisui, elle n’arrête plus de rire et discute avec tout le monde. Ça me fait plaisir de la voir si heureuse après avoir passé la soirée dans un coin à se disputer avec lui, car même si ces prises de têtes servaient ma cause, je n'étais pas ravi de la voir passer une mauvaise soirée.

Elle est toute fière chaque fois que son shuriken se plante proche du centre et me lance des coups d’œil heureux pour constater si j’ai vu son tir ou non. Je lui lève ma coupe à chaque fois et elle gazouille de plaisir en tapant dans la main de Yuki.

Une bonne demi-heure plus tard, alors que je suis en pleine discussion avec Minato et le kage de Yu à propos des tensions au pays de l’eau, je la sens qui approche dans mon dos. Je ne me retourne pas par politesse, puisque Minato est en pleine tirade pour expliquer la situation à notre allié, lorsque je la sens qui tire sur mon bras comme une gamine pour attirer mon attention. Je lui lance un regard éloquent, haussant les sourcils pour lui signaler que je ne suis pas exactement disponible mais elle est visiblement trop enivrée pour en avoir quelque chose à faire :

-         Viens faire nos derniers tirs, ordonne-t-elle en tirant encore sur mon bras.

-         Je ne peux pas Moustique, je suis occupé, souligne-je en lançant un regard d’excuse à Minato.

-         Mais il le faut ! Nous allons perdre sinon, boude-t-elle.

-         Il fallait mieux lancer, réplique-je en passant mes doigts sur sa mâchoire avec affection.

Elle glousse un peu mais persiste :

-         S’il-te-plait, j’ai fanfaronné tout le jeu que nous allions gagner, je ne peux quand même pas perdre ! Ils vont se moquer de moi !

Je ris cette fois, particulièrement en voyant sa moue boudeuse et embêtée.

-         Ça t’apprendra à fanfaronner petit démon ! réplique-je.

-         S’il te plait ! insiste-t-elle plus vivement.

Je lance un nouveau coup d’œil à Minato, qui s’interrompt :

-         Vas-y Kakashi, il n’y a aucun problème, tu es là pour t’amuser, pas pour discuter politique, m’encourage-t-il.

J’hoche la tête et je m’incline rapidement devant le kage de Yu pour m’excuser. Hanako glousse en m’imitant, puis elle attrape mon bras pour me tirer avec elle tandis qu’elle me traine vers le jeu en sautillant joyeusement.

-         Ils se moquent déjà de nous, ils nous ont dit qu’on ne pourrait jamais rattraper notre retard sauf en mettant tous nos shuriken restants dans le mille ! annonce-t-elle d’une voix outrée.

-         Je vois, c’est donc pour ça que tu viens me chercher…, soupire-je en riant quand même.

-         Evidemment ! Je leur ai dit qu’on avait une botte secrète, qu’ils allaient perdre et que je les défiais ! Si nous gagnons, ils devront sauter dans la fontaine ! glousse-t-elle comme une démente.

-         Et si vous perdez ?

-         C’est nous qui devons faire trempette, et vu la température, hors de question de risquer quoi que ce soit !

-         Toi, tu prends le risque de sauter dans la fontaine alors qu’il fait deux degrés ? m’amuse-je.

-         Justement pas, je ne veux prendre aucun risque. Tu comprends donc pourquoi ton expertise était absolument indispensable ! affirme-t-elle en hochant la tête gravement.

-          Et si je ne les mets pas tous dans le mille ? la taquine-je.

Elle me lance un regard rieur :

-         Tu es trop fort Kakashi, bien sûr que nous allons gagner ! ronronne-t-elle. Tu n’en doutes pas toi-même !

-         C’est vrai, mais j’aime bien t’entendre le dire, réplique-je.

Elle nous arrête pour se mettre sur la pointe des pieds :

-         Tu es le plus fort, répète-t-elle en embrassant ma joue. Même avec trois grammes d’alcool dans le sang.

J’éclate de rire et nous rejoignons les autres, où elle croise immédiatement les bras en affichant son air le plus suffisant :

-         Préparez-vous à perdre !

Les ninjas se décomposent en me voyant rejoindre la partie et certains protestent :

-         C’est en équipe ! On ne peut pas ramener n’importe qui comme ça ! s’affole l’un d’eux.  

-         Il est de notre équipe ! Nous n’avons joué qu’à deux contre trois depuis le début mais il est le troisième membre de l’équipe D ! rétorque Yuki en ricanant avec sadisme.

Ils ne peuvent rien redire à ça, et nos adversaires me regardent donc planter nos derniers shuriken les uns après les autres dans le mille, leurs visages se décomposant au fur et à mesure. Lorsque je plante le dernier qui marque notre victoire officielle, ils hurlent tous de frustration et Hanako me saute dans les bras en riant.

J’ai l’impression que le moment est suspendu hors du temps, elle rit d’allégresse, la tête rejetée en arrière, calée dans mes bras devant une bonne partie de Konoha. C’est un bonheur pour moi et lorsqu’elle ramène sa tête en face de la mienne, je me permets d’embrasser son front quelques secondes avant que Yuki ne me saute dessus à son tour, gâchant notre moment tendre mais créant un souvenir de plus à l’équipe D.

L’intégralité des ninjas de la soirée se dirigent ensuite vers la fontaine où nous observons les perdants tenir leur parole et plonger dans l’eau glaciale. Même les kage retiennent leurs rires pour rester dignes lorsque les malheureux ressortent en tremblant et en ronchonnant sous les applaudissements du reste d’entre nous.

*

Nous entamons la remontée jusqu’à la salle de réception, les discussions sont joyeuses et commentent le bain de minuit des perdants. Je traine à l’arrière avec Yuki et Hanako, qui ne marche pas tout à fait droit alors je me moque d’elle.

-         Tu ne marches pas droit non plus Kakashi ! réplique-t-elle en riant.

-         Plus que toi ! me récrie-je.

-         Ce n’est pas compliqué ! glousse-t-elle.

-         Je ne marche plus droit non plus l’équipe, intervient Yuki. J’ai été très heureux de vous revoir mais je vais tirer ma révérence… Il est déjà trois heures…

Nous nous saluons donc chaleureusement, lui souhaitant une bonne route demain matin pour le pays du gel pour leur deuxième séjour d’intégration là-bas. Lorsqu’il s’en va, Hanako se cale contre moi en posant sa tête sur mon torse pour le regarder rentrer et je passe mon bras sur ses épaules pour lui tenir chaud. La nuit est si calme, c’est reposant après l’ambiance festive de la soirée et nous l’observons en silence jusqu’à ce qu’il disparaisse de notre vue.

-         Je crois que je vais rentrer aussi…, commente Hanako en baillant.

-         Tu veux que je te raccompagne ? propose-je.

-         Oui !

Nous nous mettons donc en route, ne prenant même pas la peine de repasser par la salle de réception. Notre avancée est joyeuse mais surtout fastidieuse. Nous ne marchons effectivement pas droit, ni l’un, ni l’autre. Autant nous ne le remarquions pas plus que ça alors que nous étions entourés par une foule festive et pompette autant c’est criant alors que nous marchons dans les rues désertes de Konoha.

Hanako rit tellement qu’elle arrive encore moins à tenir sur ses jambes. Elle s’agrippe à moi toutes les deux minutes mais puisque je ne suis pas dans mon état normal, elle me déséquilibre et nous tanguons plusieurs fois en riant comme des bossus. Nous devons même faire quelques pauses pour reprendre notre souffle tant nous rions aux éclats, notre hilarité s’exacerbe encore lorsque nous réalisons que nous pourrions réveiller des habitants avec notre vacarme et Hanako finit par s’assoir sur un banc :

-         Ça suffit Kakashi ! Nous n’avons parcouru qu’un kilomètre ! J’habite à l’autre bout du village ! Je refuse d’avancer plus loin, je dormirai sur ce banc ! déclare-t-elle en riant toujours plus.

J’attrape sa main pour la remettre sur ses pieds de force :

-         Tu gèleras ! Hors de question que je te laisse dormir là !

-         Alors dors sur ce banc avec moi ! pouffe-t-elle.

-         Hors de question ! m’esclaffe-je. Nous avons deux habitations chauffées et confortables dans ce village, il est absolument inenvisageable que nous dormions sur ce banc simplement parce que tu as la flemme !

-         Mais oui ! couine-t-elle. Tu habites à deux rues d’ici !

-         Effectivement… débrouille-toi démon ! Je rentre chez moi ! plaisante-je.

-         Je m’invite ! s’exclame-t-elle.

Nous reprenons notre périlleuse route, bras dessus, bras dessous jusqu’à ce que mon immeuble apparaisse.

-         Terre en vue matelot ! s’exclame Hanako.

-         Barre à tribord moussaillon ! réplique-je en la trainant à droite pour gagner la rue qui mène chez moi.

Nous nous enfilons dans mon bâtiment deux minutes plus tard, grimpant les escaliers en gloussant avant de nous engouffrer dans mon appartement pour nous jeter dans mon lit en riant.

-         Naufrage mon capitaine ! s’exclame Hanako en roulant sur le dos.

-         Sur une île, ça va, nous aurions pu faire pire, souligne-je.

Elle glousse et me lance un regard pétillant qui me chamboule un peu trop.

-         Je dormirai par terre, précise-je.

-         Pas question ! Je m’invite chez toi, tu dors dans ton lit Kakashi ! Je te préviens, si je dois te rejoindre par terre comme à Yu, je le ferai ! menace-t-elle.

Je soupire un peu, mais je n’ai pas la force :

-         Je suis trop bourré et fatigué pour argumenter. Je m’épargne donc le débat et j’accepte démon.

Je déboutonne ma chemise avant de la jeter dans un coin, y envoyant voler mon masque une minute après avant de fermer les yeux.

-         Je peux prendre une douche ? demande-t-elle.

-         Bien sûr, fais comme chez toi, réponds-je. Tu prendras un de mes tee-shirts pour dormir si tu veux.

Elle se redresse sur un coude à côté de moi et j’ouvre un œil. Elle m’observe, la tête dans une main et je sens son énergie changer de seconde en seconde. Elle va tenter de m’embrasser dans moins d’une minute la connaissant.

 J’hausse un sourcil pour lui signaler que je la vois venir et, constatant que je l’ai grillée, elle ne s’en cache même plus en se penchant vers mon visage. Je l’attrape à temps pour l’arrêter, la faisant grogner de frustration.

-         Tenteriez-vous d’abuser de moi ? plaisante-je.

-         Oui ! réplique-t-elle en réitérant son attaque.

Je l’arrête encore et nous nous remettons à rire comme des imbéciles alors qu’elle poursuit ses assauts sans arrêter.

-         Démon !

-         Gare à toi ! réplique-t-elle.

Nous nous chamaillons ainsi quelques minutes en riant toujours plus forts. C’est un bonheur de rire comme ça avec elle, j’adore la voir aussi joyeuse et pleine de vie. Elle continue ses attaques, redoublant d’ingéniosité pour m’avoir, essayant d’attraper mes mains pour les neutraliser, de plonger son visage lorsque je saisis ses poignets, gloussant toujours plus.

Notre bataille dure deux minutes de plus et je cède, attrapant subitement ses joues avec bonheur tandis que ses lèvres s’écrasent enfin sur les miennes. Elle s’allonge sur moi en ronronnant de joie, m’embrassant avec passion tandis que son sourire perce :

-         Enfin…, soupire-t-elle en détachant ses lèvres de quelques centimètres.

-         J’ai bien lutté…, souligne-je.

-         Oui… plus que je ne l’aurais pensé, me taquine-t-elle.

-         J’étais plutôt déterminé, je ne voulais plus t’embrasser tant que tu étais avec lui, soupire-je en glissant une mèche derrière son oreille.

-         Tu ne me résistes jamais ! m’embête-t-elle.

-         C’est l’alcool oui ! réplique-je.

-         Vilain, glousse-t-elle en replongeant sur mes lèvres.

Nous nous embrassons un peu plus, nous fondant l’un dans l’autre à mesure que les secondes s’écoulent. Je passe mes bras autour d’elle pour caresser son dos et c’est elle qui attrape mes joues pour me dévorer tout cru. Alors qu’elle s’éloigne simplement pour me regarder avec des yeux affamés, j’essaie de calmer le jeu pour que tout ça ne dérape pas :

-         Va prendre ta douche maintenant, ordonne-je d’une voix douce.

-         Je n’en ai plus envie ! réplique-t-elle.

-         Tu es gelée ! argumente-je.

-         Tant pis !

-         Nous pourrons aussi nous embrasser après…, m’amuse-je.

-         Je ne prends pas le risque que tu changes d’avis ! pouffe-t-elle.

-         Je ne changerai pas d’avis… mais je risque de dormir quand tu reviendras, la taquine-je.

-         Alors viens te doucher avec moi ! ordonne-t-elle.

-         Hors de question ! beugle-je. Tu crois que je ne te vois pas venir !

-         Mais pourquoi ? réplique-t-elle en jouant les idiotes.

-         Tu veux me faire croire que tu veux que je vienne me doucher avec toi uniquement pour me doucher ? demande-je en plissant les yeux.

Elle rougit comme une dingue en détournant les yeux et j’attrape son menton pour la faire me regarder :

-         Je ne veux déjà pas t’embrasser à la base mon ange, ce n’est pas pour aller plus loin…, dis-je d’une voix douce mais ferme.

-         On peut déclarer cette soirée comme sans conséquence…, tente-t-elle.

-         Non. J’en ai assez de ces bêtises. C’est toi que je veux, toi toute entière, pas toi à moitié, les semaines paires et un jour sur deux, réplique-je. Je ne veux plus jouer à ça, je ne veux plus encore passer des journées de rêve avec toi et me prendre la réalité en face lorsque Shisui toque à ta porte… Ce que je veux, c’est te tenir la main dans les rues du village, t’embrasser quand j’en ai envie, dormir avec toi toutes les nuits... Je ne veux plus être « l’autre homme » Hanako, je veux être le seul.

 

Elle rougit plus fort encore en m’observant de ses beaux yeux vibrants. Je vois à quel point mes mots la touchent, je vois comme elle est heureuse de ce que je lui dis, je vois qu’elle m’entend et qu’elle me comprend… mais je vois aussi qu’elle a trop bu pour être sage.

-         Viens avec moi Kakashi…, murmure-t-elle.

-         Non mon ange, m’obstine-je. Je ne veux plus être ton amant, je veux que tu sois ma petite-amie.

-         Allez… Kakashi… encore ce soir, insiste-t-elle en mordant sa lèvre.

-         C’est non, souffle-je en touchant le bout de son nez.

-         Viens de ton plein gré ou je t’y pousse ! s’agace-t-elle en plissant les yeux.

-         J’aimerais bien voir ça, réplique-je en riant, sûr de moi.

Elle se redresse alors pour s’asseoir sur ses talons en me fixant de ses yeux les plus ardents :

-         Il n’y a pas que la force dans la vie Kakashi, dit-elle d’une voix grave et séductrice.

Je m’assois pour la regarder avec un air moqueur, appuyé en arrière sur mes bras :

-         Ah bon ? Et qu’est-ce qu’il y a pour forcer quelqu’un à faire ça ? fanfaronne-je.

-         La persuasion…, murmure-t-elle en me lançant un regard terriblement brûlant.

Elle affiche une tête de femme fatale qui m’inquiète, son regard est plus sensuel et incandescent que jamais, même sa position change pour devenir plus séductrice et tentatrice.

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