LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC x OC)
Chapitre 176 : Le paradis ouvre enfin ses portes
5532 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 30/01/2026 12:39
Chapitre 176 : Le paradis ouvre enfin ses portes
Nous gisons dans mes draps depuis un petit moment lorsqu’elle s’agite pour se redresser de mes bras. J’ouvre un œil pour la regarder et elle me sourit en caressant ma joue :
- Le soleil ne va pas tarder à se lever, commente-t-elle.
- Mon soleil est déjà levé, réplique-je en la désignant.
Elle se penche pour m’embrasser en gloussant.
- On va se doucher avant de dormir ? propose-t-elle.
J’hoche la tête, une chose de moins à faire « demain matin » … Dur d’imaginer que je pars bosser dans un peu plus d’une heure. Inutile de le dire à Hanako, elle ne s’en remettrait pas et se flagellerait de m’avoir fait veiller.
Nous nous glissons donc sous la douche où je la câline et elle s’endort presque dans mes bras. Alors lorsque nous sortons, je l’enroule dans une serviette avant de la porter au lit, ce qui la fait glousser et frotter le bout de son nez contre le mien.
- Je veux dormir jusqu’à midi ! déclare-t-elle en riant.
- Alors dors jusqu’à midi ! réplique-je en imitant son ton plein d’entrain.
- J’ai le droit ?! pouffe-t-elle.
- Tu as tous les droits, tu dors jusqu’à l’heure que tu veux, tu restes jusqu’à l’heure que tu veux, tu fais ce que tu veux mon petit ange, réponds-je en l’embrassant chastement.
Elle se trémousse dans mes bras en affichant un air heureux et je nous glisse dans le lit où elle vient immédiatement se coller contre moi en serrant ma tête contre la sienne avec force.
*
Lorsque mon réveil sonne, je l’éteins le plus vite possible et elle remue en fronçant les sourcils pour me chercher à tâtons dans le lit puisque je l’ai lâché subitement. Je me glisse entre ses bras en luttant pour m’empêcher de fermer les yeux et de me rendormir avec elle.
- Je vais travailler, la préviens-je.
- Quoi ? marmonne-t-elle d’une petite voix groggy.
- Je travaille jusqu’en début d’après-midi, ronchonne-je en la serrant dans mes bras.
- Reste, couine-t-elle faiblement.
J’embrasse sa joue et elle m’agrippe avec sa petite force endormie, me faisant sourire.
- Tu laisseras ouvert, murmure-je en embrassant ses lèvres.
Je me prépare ensuite rapidement avant de filer pour la longue demi-journée de patrouille qui m’attend. J’en enchaine deux longues, couvrant bien trop de kilomètres et j’ai une flemme ahurissante.
La première patrouille est interminable. Je traine la patte à l’arrière du groupe et les chûnin que j’accompagne se moquent gentiment de moi tout du long. J’ai un mal de tête carabiné suite à ma consommation de la veille et je ne suis pas au top de mes réflexes à cause de ma fatigue, mais heureusement pour moi, il ne se passe rien. Avant de me lancer dans la seconde, je prends un cachet qui me donne un second souffle en faisant disparaitre la barre de plomb dans mon crane et mon corps s’adapte à ma fatigue, comprenant bien qu’il n’est pas prévu que j’aille me coucher de suite.
En début d’après-midi, je suis libéré et je meurs d’envie de foncer directement chez Hanako. J’ai un besoin viscéral de la voir et de passer du temps avec elle après ses promesses de cette nuit alors je sautille comme un lapin dans le village en direction de mon petit ange. Je n’ai pas été aussi heureux depuis des semaines, je respire le bonheur à l’idée de savoir que sa relation avec Shisui sera encore plus insipide qu’elle ne l’était déjà, de savoir qu’il n’aura plus jamais la joie de passer son bras autour d’elle ou de l’embrasser, pas même sa joue. Je n’en reviens pas qu’elle m’ait promis de ne plus le toucher, c’est trop bon.
En revanche, je me dis qu’il serait très compliqué que je débarque chez elle s’il s’y trouve, car même si elle refuse tout contact physique avec lui, elle ne risque pas de lui expliquer le pourquoi et il est toujours le petit-ami officiel… De plus, il y a fort à parier qu’il y est après leurs nombreuses disputes de la veille, je l’imagine mal laisser la situation comme ça…
Je m’arrête donc net à quelques rues de chez elle, mon bonheur tombant en chute libre, et je prends le temps d’accuser le coup à l’idée que je ne la verrai finalement pas. Je reprends tristement la route de chez moi, me consolant en me disant que je vais dormir, mais il n’y a rien à faire, une journée avec elle bat à pleine couture une sieste.
Mais lorsque je marche dans mon couloir en direction de ma porte d’entrée, je manque presque de tomber à la renverse en sentant sa présence chez moi. J’ai l’impression d’halluciner et je n’ose y croire jusqu’à ce que j’ouvre ma porte pour la trouver à genoux sur mon plan de travail, en train de fouiller dans les placards suspendus, trop hauts pour elle, tandis qu’un petit plat cuit sur mes plaques qui ne servent jamais.
Elle tourne la tête en rougissant, prise sur le fait :
- Je suis trop petite ! se justifie-t-elle.
Mon cœur s’envole si haut que j’en pleurerais, je n’arrive pas à croire qu’elle ait passé la journée chez moi pour m’attendre sans même savoir à quelle heure je rentrais exactement… Je lui fonce dessus pour l’attraper au vol alors qu’elle s’apprêtait à redescendre de mon plan de travail et elle cale ses bras autour de mon cou en riant tandis que je la couvre de baisers.
- Oh mon ange ! Mon ange ! m’exclame-je entre mes baisers en ne croyant toujours pas à sa présence.
- Tu es bien heureux de me voir ! pouffe-t-elle en ronronnant sous mes assauts tendres.
Je la repose sur le plan de travail pour l’y assoir.
- Je pensais que tu étais rentrée chez toi… je… j’étais si triste, je n’osais pas venir te voir par peur que Shisui s’y trouve et… je te retrouve là, ça me… je…, bafouille-je avec émotion.
Son visage s’illumine de la plus jolie des façons, puis elle me tire contre ses lèvres. Elle accroche ses jambes autour de ma taille et je l’embrasse un long moment, jusqu’à ce que je me calme et que je m’apaise, éliminant de mon corps le choc pour ne garder que le bonheur de sa présence.
- Tu as faim ? J’ai cuisiné… ? demande-t-elle gentiment.
- Oui, réponds-je en souriant.
- Si tu pouvais simplement m’attraper les épices…, ajoute-t-elle avec un regard malicieux.
Je ris en les attrapant dans le placard qu’elle tentait de braquer lors de mon arrivée et elle saute sur ses pieds pour reprendre son met.
- Quelle idée… des épices dans le placard du haut… j’ose espérer que ce n’est pas parce que tu ranges tes affaires de cuisine par ordre alphabétique, se moque-t-elle.
- Bien sûr que non ! ris-je. Je ne cuisine jamais, littéralement, alors je mets les choses que j’utilise le moins en hauteur je suppose.
- Et bien je suis là maintenant ! Alors tu as plutôt intérêt à me descendre tes condiments, répond-elle avec bonne humeur.
Sa phrase me percute avec une telle force que j’en tomberais encore à la renverse. Elle me sort ça sur le ton de la conversation alors que ses mots signifient tout de même des choses très profondes, pas sûr qu’elle s’en rende compte puisqu’elle observe pensivement mes placards en fronçant les sourcils, continuant :
- En fait… je ferais mieux de réorganiser moi-même toute ta cuisine… C’est vrai, si tu ne cuisines jamais, je ne vois pas pourquoi ça te dérangerait… ? demande-t-elle en me lançant un petit regard interrogatif.
- Euh… non bien sûr, fais comme tu veux, réplique-je.
Elle hoche la tête en ouvrant mes placards pour y mettre son nez alors que mon cœur accélère encore. Elle ne se rend définitivement pas compte de ce qu’elle me dit, comment peut-elle dire une chose pareille sans s’en rendre compte ? Je n’ose rien dire, parce que je ne veux pas la voir rougir et s’excuser d’avoir dit ça sans réfléchir, ou ce genre de remarque qui me briserait le cœur alors que je suis en train de rêver qu’elle envisage de venir cuisiner ici régulièrement. Cette scène sort de mes rêves les plus fous et je ne veux pas briser le charme de l’instant.
Alors je plonge les deux pieds dedans sans me poser plus de question, je balance mon masque sur mon lit et je me glisse dans son dos pour passer mes bras autour de son cou tandis qu’elle pose une main sur son menton pour réfléchir.
- Tu ne cuisines vraiment jamais ? demande-t-elle.
- Non, je t’assure, je me fais uniquement des plats instantanés quand je ne prends pas à emporter ou que je ne mange pas au restaurant… l’un de mes nombreux défauts.
- Ton unique défaut alors, réplique-t-elle en me souriant par-dessus son épaule.
Je souris bêtement tandis qu’elle m’expose son plan d’action :
- Nous allons mettre tout ce dont je ne me sers jamais en haut et le reste en bas. Je n’ai pas envie de m’amuser à grimper sur ton plan de travail toutes les cinq minutes…, dit-elle.
- Ça parait évident. Ordonne et j’obéirai.
- Alors descends-moi toutes ces casseroles ! piaille-t-elle avec bonne humeur.
Elle me sort encore un magnifique sourire et je ne résiste pas à l’embrasser. D’un baiser sage et rapide, nous plongeons dans un plus appuyé et appliqué, je prends le temps de savourer mon bonheur intense et ce petit bout de quotidien avec elle.
Je ne veux jamais être ramené à la réalité, jamais.
Elle se détache de moi uniquement pour s’occuper de son plat et j’entreprends donc joyeusement d’obéir à ses ordres. Je passe les vingt minutes suivantes à remanier mes placards sous ses directives, jusqu’à ce qu’elle soit satisfaite et se plante devant pour admirer la nouvelle organisation en vantant sans interruption le « pourquoi elle a choisi telle place pour telle chose » et tout le toutim.
J’hoche la tête et vante à mon tour avec zèle sa nouvelle organisation, soulignant dès que je le peux à quel point c’est intelligent et efficace. Je ne peux pourtant penser à rien d’autre qu’à mon bonheur dévorant de la voir s’installer et prendre ses marques chez moi comme si c’était la chose la plus naturelle du monde alors qu’aux dernières nouvelles, j’étais un enfoiré à qui elle ne faisait plus confiance et qui devait travailler à devenir son ami.
Nous nous installons ensuite dans mon lit pour manger son plat absolument divin et elle s’agace en dévisageant mon chez moi :
- On ferait bien de te trouver une table, ce n’est tout de même pas l’idéal de manger dans ton lit…, soupire-t-elle.
- Il y a des petites tables en bois au marché, souligne-je.
- Oui et nous trouverons bien deux coussins… enfin ça ne me dérange pas de m’assoir directement par terre, je préfère ça que manger dans ton lit… imagine que nous fassions une tâche, il faudrait changer tous les draps pour rien !
- Tu peux aussi manger correctement et ne rien renverser ! l’embête-je en pinçant son nez avec mes baguettes.
Elle affiche une petite moue déçue et je me rattrape :
- Je plaisantais, nous serons bien mieux installés sur une table…, dis-je d’une voix hésitante.
J’attends toujours le moment où une phrase va créer le déclic dans sa tête et qu’elle réalisera l’absurdité de la situation mais ça n’arrive pas. Elle retrouve le sourire et je lui raconte mes patrouilles « en mode zombie » pour la faire rire, ce qui fonctionne.
Après ça, je m’allonge dans mon lit pour me reposer et elle caresse ma joue du bout des doigts :
- Tu as dû dormir à peine une heure… dors…, chuchote-t-elle.
- Je me repose juste une minute, réponds-je en fermant les yeux.
Elle me gratouille doucement la tête comme elle me l’a déjà fait, pour me détendre, et je ne peux pas lutter. Je ne me sens même pas partir tandis que je profite de ses caresses.
*
Lorsque je me réveille, nous sommes en début de soirée et je me redresse comme un diable, dégouté d’avoir perdu autant de temps avec elle :
- Oh bordel ! m’exclame-je. J’ai dormi des heures ! Je suis désolé !
Elle relève vivement la tête de son livre, surprise :
- Mais ce n’est pas grave Kakashi voyons ! Il n’y a pas de mal ! Pourquoi t’affoles-tu comme ça ? s’inquiète-t-elle.
- Je…
Je n’ai pas grand-chose à répondre à ça. Je n’ai pas envie de lui dire que j’ai peur d’avoir gâché notre journée ensemble alors qu’elle n’est visiblement pas sur le départ, elle lit tranquillement à côté de moi sans même fermer son livre.
- Tu ne travailles pas demain ? demande-je plutôt.
- Non, répond-elle en souriant.
Elle se replonge dans son livre et je me rallonge pour l’observer discrètement. C’est dingue, je me rends compte d’à quel point je suis sur le qui-vive, angoissé à l’idée de la voir partir et de passer plusieurs jours sans elle alors qu’elle est détendue et passe visiblement un bon moment. Il faut que j’arrête de craindre le moment où elle partira et que je profite du temps que nous passons tous les deux.
- Je vais aller prendre une petite douche, ça me réveillera, annonce-je.
- D’accord, répond-elle en se penchant vers moi pour m’embrasser.
Je me rends donc dans ma salle de bain en essayant de travailler sur moi et de me détendre lorsque j’aperçois un de mes sweat plié sur le panier à linge. Je passe la tête par la porte :
- Tu as mis un de mes sweat ? demande-je en fronçant les sourcils.
Elle redresse la tête vivement en affichant un air coupable :
- Je… oui, j’avais froid… je suis désolée, bafouille-t-elle.
- Ce n’est pas grave ! Je ne disais pas ça pour t’accuser de quoi que ce soit ! me récrie-je. Simplement, si tu as froid, je peux augmenter le chauffage, je ne me rends pas compte si la température est trop basse puisque je n’ai jamais froid.
Elle est pourtant simplement en tee-shirt dans mon lit et elle rit :
- Mais non Kakashi ! Ne t’inquiète pas, je suis juste allée faire un tour dehors pour prendre l’air et j’ai mis ton sweat à ce moment-là.
C’est encore plus dingue de me dire qu’elle est sortie sans rentrer chez elle, mais j’hoche la tête et je file sous la douche. Elle me rejoint une minute plus tard et elle fourre mon sweat au fond du panier à linge.
- Ce n’est pas parce que tu portes un de mes habits une fois qu’il faut le mettre au sale, m’amuse-je. J’aurais même tendance à dire que j’apprécierais encore plus de le porter !
- Il a plu pendant ma balade, il était à moitié mouillé, réplique-t-elle en rougissant.
- Ah bon ? Je n’ai pas eu de pluie en patrouille … ? Je n’ai même pas flairé la pluie ? m’étonne-je.
Elle ne répond pas et sort de la salle de bain, ce que je trouve étrange mais je ne vais même pas commencer à lister tout ce que je trouve étrange chez elle aujourd’hui.
Lorsque je sors, j’enfile une tenue confortable et je ne suis donc pas étonné qu’elle me saute immédiatement dans les bras pour me câliner en me qualifiant d’ours en peluche.
- Qu’est-ce que tu veux faire maintenant ? demande-je.
- Tu m’emmènes manger des ramen ? répond-elle en souriant.
- Evidemment.
Elle remet donc sa robe de la veille avant d’enfiler un autre de mes sweats noir, ce qui lui donne un look à croquer.
*
Une fois chez Ichiraku, alors qu’elle observe les menus pour changer de plat, elle pose sa tête contre moi, en pleine réflexion. Je me raidis très légèrement, commençant à me poser des vraies questions.
Je commence à trouver ça terriblement étrange cette fois. La salle est pleine à craquer, nous sommes samedi soir… N’a-t-elle pas peur qu’un ami de Shisui nous voie ? Sans même souligner qu’elle n’est pas rentrée chez elle depuis hier soir alors qu’il y a fort à parier qu’il a dû s’y rendre à la première heure aujourd’hui… Il va s’inquiéter et la chercher non ? C’est en tout cas ce que j’aurais fait… Je me demande même si je ne serais pas venu toquer chez moi à sa place…
En tout cas, Hanako n’a pas l’air de se poser ces questions, elle se tortille un peu en s’appuyant toujours plus contre mon torse, jusqu’à ce qu’elle prenne sa décision et que nous commandions.
Une fois à table, elle ne s’installe pas en face de moi mais à côté, pour se coller contre moi pendant que nous mangeons en papotant de tout et de rien.
- Tu as des nouvelles de ta potentielle future mission à Kiri ? demande-t-elle sur la fin du repas.
- Oui, je suis passé voir Minato entre mes deux patrouilles et il m’y envoie fin de semaine prochaine, explique-je.
Son visage se décompose alors qu’elle lève le nez, elle a l’air si triste que je passe sans réfléchir mon bras autour de ses épaules pour la serrer un peu plus contre moi :
- Je ne partirai pas longtemps… quelques jours… et puis ce n’est que de la prise d’information, rien de dangereux, assure-je.
- On ne sait jamais ! couine-t-elle. Et si ces perturbateurs te tombaient dessus ?!
Son cœur accélère sous l’inquiétude, je l’entends qui volète à toute vitesse dans sa poitrine et ses yeux sont presque larmoyants.
- Mon ange… je ne risque rien… même s’ils me tombaient dessus…, la rassure-je.
- Ils t’avaient blessé la dernière fois ! réplique-t-elle avec inquiétude.
- Ils m’ont blessé parce que je refusais de laisser ton corps à leur merci, je me battais sans bouger d’un millimètre, ce n’est pas la meilleure stratégie à adopter pour éviter les blessures, souligne-je. Si je peux me déplacer librement, alors ils n’ont aucune chance, fais-moi confiance.
- Tu seras prudent, vraiment prudent, souffle-t-elle.
- Bien sûr, ne t’en fais pas.
Elle lève une main pour la poser sur ma joue, qu’elle caresse doucement sans quitter mon regard. Ses beaux yeux sont toujours remplis d’inquiétude alors je me penche un peu plus près de son visage :
- Je te jure qu’il ne m’arrivera rien, c’est une promesse, je ne les laisserai pas me toucher et je te reviendrai en un seul morceau. Je te promets que dès la semaine suivante, tu pourras réorganiser ma salle de bain dans les moindres détails, plaisante-je pour tenter de la dérider.
Et ça marche, ses yeux se remplissent d’humour alors qu’un beau sourire nait sur ses lèvres. Je suis heureux de lui avoir rendu le sourire mais mon cœur s’arrête littéralement lorsqu’elle tire doucement sur ma joue pour m’attirer à elle tout en se redressant pour m’embrasser.
Dès que mes lèvres entrent en contact avec les siennes, je rougis en visualisant mentalement la salle pleine à craquer autour de nous, mais je suis tellement heureux que ma gêne se fait mettre un k.o. complet. Je n’arrive pas à croire que je sois en train de l’embrasser chez Ichiraku. Bien que nous restions sages, nous nous embrassons vraiment, elle pose plusieurs baisers appuyés sur mes lèvres en caressant ma joue et je resserre mon bras autour de ses épaules. Lorsque nous détachons nos lèvres, nous laissons nos visages tout proches en nous regardant avec des yeux timides mais heureux, les joues roses et des petits sourires étourdis déformant nos visages.
- Kakashi…, souffle-t-elle.
- Oui ? murmure-je.
Elle m’observe une seconde avec émotion avant de secouer doucement la tête :
- Non, rien… C’est à toi de me dire des choses, chuchote-t-elle simplement.
- Qu’est-ce que tu aimerais…, commence-je.
Mais elle me coupe en m’embrassant encore et cette fois, nous nous embrassons un peu moins sagement. Comme souvent, nous nous happons l’un l’autre dans notre bulle en oubliant le monde extérieur et ce n’est que lorsque ma langue chatouille ses lèvres que je me souviens que nous sommes en public et que je retire ma tête de la sienne vivement en rougissant plus fort que jamais, la faisant glousser alors qu’elle termine son plat joyeusement.
*
Une fois devant le comptoir, elle lutte bien évidemment pour payer. Nous nous chamaillons quelques secondes devant le comptoir, plus férocement que jamais. J’ai l’habitude que nos contacts la rendent timide, qu’elle n’ose pas me toucher plus que ça, alors qu’elle mène un vrai cirque ce soir. Elle ne se gêne pas pour me pousser afin de m’écarter, m’obligeant à l’attraper fermement contre mon torse pour l’immobiliser, où elle se love finalement en ronronnant, distraite par ce petit câlin improvisé. Alors que je paye, j’essaie d’ignorer le regard bienveillant d’Ichiraku sur nous deux.
Ce regard en dit long, cet homme me voit manger ici en solitaire depuis toujours, avec mes élèves depuis quelques années, mais je suppose qu’il n’aurait jamais imaginé me voir un jour avec une femme. Je ne peux pas m’empêcher de me dire qu’il doit se demander comment j’ai bien pu m’en dégoter une aussi jolie, et qui a en plus l’air de tenir autant à moi… Elle est littéralement lovée contre moi à me serrer dans ses bras, avec un si beau sourire sur le visage… Elle relève d’ailleurs des yeux magnifiques sur moi et je repense à Rinko, qui m’a dit hier qu’Hanako posait sur moi un si beau regard qu’il en arrivait à avoir envie de se trouver la femme qui le regarderait comme ça.
Elle me remercie sans fin alors que nous sortons dans la rue principale, puis elle se rapproche de moi :
- Je peux te tenir la main ? demande-t-elle.
J’hausse les sourcils, de plus en plus surpris décidément, mais je lui tends simplement ma main, qu’elle prend en souriant pour enlacer nos doigts. Nous remontons donc l’une des rues les plus fréquentées du centre ainsi, croisant des dizaines de personnes, mais elle n’a pas l’air inquiète. Elle prend même le temps de me tirer avec elle devant les échoppes ouvertes de nuit pour regarder dans les vitrines avec ses grands yeux brillants.
Lorsque nous quittons le centre, je caresse sa main de mon pouce en lui lançant un regard :
- Je te raccompagne chez toi ? propose-je.
- En fait… je me demandais si je pouvais encore dormir chez toi ce soir ? demande-t-elle.
- Avec plaisir.
*
Dès que nous passons ma porte, elle file à la salle de bain se changer pour se débarrasser rapidement de sa tenue et remettre mon tee-shirt, avant de se jeter dans mon lit pour reprendre son livre en tapotant ma place pour que je la rejoigne.
Je suis allongé dans mes oreillers alors qu’elle lit sur le ventre, les jambes croisées en l’air. Je l’observe plus que je ne lis, l’esprit tournant à cent à l’heure.
Tout ça n’est pas normal, vraiment pas… Je ne comprends pas son comportement, plus je pense à notre diner et plus je m’inquiète des répercussions. Je suis complétement paumé quant à la situation actuelle et je pose mon livre doucement, ne sachant pas trop quoi lui demander. Elle lève le nez du sien pour me regarder avec un air interrogateur alors je me lance :
- Tu … tu n’as pas peur que Shisui apprenne qu’on s’est embrassé chez Ichiraku ? demande-je d’une petite voix.
- Non, répond-elle simplement avant de remettre le nez dans son livre.
D’accord… on fait rarement plus concis comme réponse…
- Tu es sûre qu’il ne connait pas les ninjas qui étaient présents ? insiste-je.
- Non, je n’en sais rien.
- Et ça ne t’inquiète pas ?
- Kakashi ? Laisse tomber, répond-elle en me souriant gentiment.
- Je n’ai pas envie qu’il te prenne encore la tête…, me justifie-je.
Elle pose son livre cette fois et se glisse jusqu’à moi pour poser ses mains sur mon torse en me caressant du bout des doigts.
- Arrête de t’inquiéter mon ourson grognon ! glousse-t-elle.
- Je ne suis pas grognon, me défends-je.
- Je sais, mais j’aime bien t’appeler comme ça, dit-elle en passant ses doigts sur ma joue.
- Je n’aime pas qu’il te prenne la tête mon ange, je ne peux pas m’empêcher de m’inquiéter pour toi après la soirée qu’il t’a fait passer hier. J’aime quand tu es heureuse et que tu ris…
- Alors rends-moi heureuse et fais-moi rire ! réplique-t-elle malicieusement.
Je fronce les sourcils. Je ne comprends rien, je la trouve bien trop laxiste sur ce coup. Lorsqu’elle voit ma tête pensive, elle se redresse et grimpe sur mon bassin en glissant ses doigts dans les miens :
- Kakashi, tu ne peux pas nous accorder un peu de paix ? Vraiment ? demande-t-elle.
- Bien sûr que si, je me pose des questions, c’est tout…, marmonne-je.
- Arrête de te poser des questions ! dit-elle en riant.
- Je ne peux pas !
- Mais si ! glousse-t-elle encore.
- Non, je suis désolé mais mon travail consiste à réfléchir constamment, c’est une déformation professionnelle ! plaisante-je.
Elle se penche pour m’embrasser, coupant court notre discussion.