LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC x OC)
Chapitre 179 : TOME 7 : LA DICTATURE DE KIRI
3753 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 04/02/2026 11:16
TOME 7 : LA DICTATURE DE KIRI
Chapitre 179 : Départ pour Kiri
Après être passé chez moi pour faire mon sac pour la mission à venir, je me rends chez Hanako. Je ne me pose même plus la question de Shisui, je m’en fiche à un point phénoménal et je sais que si je le trouvais chez elle, alors je le foutrais tout simplement dehors.
Nous n’en sommes plus là, il n’y a même plus de place pour lui à mes yeux, particulièrement avec la mission à venir… Il est absolument hors de question que je ne prévienne pas Hanako moi-même et que je ne dorme pas avec elle pour cette dernière nuit en sécurité avant que les ennuis ne débutent.
Lorsque je toque à sa porte, elle est seule chez elle alors voilà qui élimine de toute façon tout questionnement. Elle est tellement surprise de me voir en ouvrant que sa petite bouche s’ouvre une seconde avant qu’elle ne me saute dans les bras :
- Tu es venu ! s’excite-t-elle.
- Comme tu vois, réponds-je en souriant.
Elle m’embrasse déjà avec passion mais lorsque ses mains glissent sur mon sac à dos, elle recule la tête vivement :
- Tu pars ce soir ?! couine-t-elle.
- Nous partons demain matin, explique-je.
Elle penche la tête sur le côté, dans l’incompréhension totale mais visiblement heureuse, et je la porte à l’intérieur :
- Tu vas finir par attraper froid en pyjama dehors, la rabroue-je.
- Tu dors ici ? demande-t-elle en souriant de toutes ses dents.
- Si tu m’acceptes, oui…
- Evidemment que je t’accepte, soupire-t-elle. Alors ? Que se passe-t-il ? Tu as faim ? J’ai déjà mangé, je ne m’attendais vraiment pas à ce que tu viennes…
Nous optons pour l’efficacité. J’avale en deux temps trois mouvements l’assiette qu’elle me sert pendant qu’elle fait son sac, puis je me douche tandis qu’elle s’occupe de sa maison en vue de son départ. Une fois fait, nous nous installons dans son lit pour la nuit et je lui raconte enfin tout ce qu’il s’est dit avec Minato cet après-midi.
- Ça me rassure d’avoir Hokuto et Rinko pour quand tu seras absent, chuchote-t-elle en ouvrant de grands yeux inquiets.
- Moi aussi… tu n’imagines pas, je sais qu’ils veilleront sur toi comme le lait sur le feu.
- Et puis nous serons ensemble, reprend-elle pensivement. Je ne suis pas rassurée à l’idée de retourner sur cette île de malheur mais je préfère cent fois ça que de te laisser y aller seul, je n’aurais pas pu supporter de ne pas être de cette mission.
- J’aurais largement préféré que tu n’y sois pas, bougonne-je. Mais je comprends Minato, il est clair que ta présence est indispensable, tu risques de nous faire gagner un temps précieux sur toute la ligne. Sans même prendre en compte tes talents de médecin au cas où les choses tournent mal…
- Je ne pourrai même pas te soigner, tu ne seras sans doute pas avec nous ! ronchonne-t-elle à son tour.
- Je ne me ferai pas blesser, tu sais bien que je suis le meilleur, plaisante-je.
Elle me lance un regard en coin rieur qui passe en un claquement de doigts à la séduction. Je ne suis donc pas étonné lorsqu’elle roule rapidement pour me grimper dessus en me sortant ses yeux de chat en chasse.
- C’est vrai que vous êtes le meilleur… c’est très séduisant vous savez…, roucoule-t-elle.
- Ah bon ? Et bien laissez-vous séduire alors…, m’amuse-je.
Elle m’embrasse passionnément dans la foulée, mettant un terme à notre conversation.
*
Je repousse notre départ de la maison aussi longtemps que je le puisse, en profitant pour la câliner et trainer dans ses pattes alors qu’elle règle ses derniers préparatifs pour son départ. Je n’ai pas envie de quitter notre petite bulle de bonheur qui dure depuis vendredi soir, j’y suis trop bien, mais malheureusement, nous finissons par sortir.
Nous marchons tranquillement dans les rues désertes du village encore endormi, main dans la main, et alors que nous sommes dans une petite ruelle qui mène au point de rendez-vous, je l’arrête. Elle m’interroge une seconde du regard mais je vois son sourire attendri juste avant que mes lèvres ne s’emparent des siennes. Je la prends dans mes bras pour la serrer, lui faisant un dernier câlin en l’embrassant avant notre retour à la réalité. Lorsque je me détache d’elle, elle m’observe avec tendresse :
- C’était en quel honneur ? demande-t-elle.
- Je ne sais pas quand j’aurai à nouveau le bonheur de t’embrasser alors j’ai pris mes précautions, réplique-je.
Elle me sourit gentiment en caressant ma joue et nous rejoignons nos camarades. Elle se glisse tout de suite vers Rinko, qui est d’aussi bonne humeur qu’elle malgré notre réveil de bonne heure et je les rejoins en croisant les bras pour patienter dans mon humeur ronchonne.
- Alors les mignons ? demande Rinko. Pas de petits câlins ce matin ?
- La ferme, grogne-je.
Je n’ai pas besoin qu’il me rappelle que c’est fini bordel. Hanako me lance un regard réprobateur et j’affiche mon air le plus innocent, ce qui la fait rire.
- Visiblement, pas de câlins, cet ours s’est encore levé du mauvais pied ! pouffe-t-elle.
Rinko ricane avec elle et je fronce les sourcils en réalisant ce qu’elle vient de dire. Elle dit ça comme s’il était possible que nous nous câlinions, je ne comprends pas.
- Arrête de faire comme si c’était dû à mon humeur du jour… tu sais bien que ce n’est pas le cas, grommèle-je.
- C’est entièrement dû à ta mauvaise humeur, réplique-t-elle. Ce n’est pas moi qui t’ai lâché dans cette ruelle je te signale.
Je comprends encore moins, je déteste ne pas comprendre, à quoi joue-t-elle encore ? J’observe les ninjas autour de nous, réalisant qu’il y a en effet peu de chance que Shisui fréquente nos forces spéciales et je me demande donc si elle est sérieuse. Mais je suis conditionné, je ne sais jamais ce que je peux faire ou non, j’ai peur de rater la plaisanterie et de tomber à côté alors je ne fais rien et le départ est donné.
Hanako court avec Rinko à quelques mètres devant moi, ils papotent et se chamaillent en se poussant régulièrement pour essayer de se faire tomber. Je les observe d’un œil rieur, me demandant comment ces deux imbéciles n’ont pas pu se rendre compte avant qu’ils étaient faits pour être amis. Dès que c’est Hanako qui déséquilibre Rinko, elle me lance un sourire fier et dès que c’est l’inverse, Rinko m’observe avec des yeux légèrement inquiets à l’idée des représailles, ce qui ne manque pas de me faire rire dans ma barbe.
*
Nous embarquons en fin de journée sur le bateau qui nous mènera sur l’île de Kiri et je vois qu’Hanako est tendue comme un arc. Elle discute avec Rinko et Hokuto à l’avant du bateau tandis que je m’entretiens rapidement avec Minato. Ses sourcils sont crispés sous l’inquiétude malgré le sourire qu’elle affiche pour masquer son angoisse alors dès que mon senseï me relâche, je fonce vers elle et j’oublie toute bienséance envers Shisui. Je me glisse dans son dos et je passe mes bras autour de son cou pour la caler contre moi, sachant que c’est sans doute la seule chose qui la rassurera. Dès que je la câline, tout son corps se détend et elle me lance un petit coup d’œil soulagé tandis que son cœur ralentit peu à peu.
- Vous êtes vraiment trop mignons…, soupire Rinko en nous observant.
Hanako rougit automatiquement en attrapant mes avants bras dans ses mains et Hokuto nous couve du regard avec bienveillance :
- Le bonheur te va bien au teint ma grande, dit-il gentiment.
Elle rougit un peu plus et, puisque nous sommes dos au reste de nos camarades qui observent la mer et que je suis enhardi par les commentaires de mes deux amis les plus proches, je me permets d’embrasser sa tempe tendrement à l’abri des regards indiscrets.
- Ça va moustique ? murmure-je à son oreille.
- Ça va mieux maintenant que tu es là, répond-elle en me souriant.
- Aucun risque qu’il t’arrive quoi que ce soit, je ne te lâche pas d’une semelle, assure-je.
Rinko nous lance un regard désolé :
- Oui et… je ne ferai pas mon énorme con alors… pas de risque, dit-il en riant nerveusement.
- Ne t’inquiète pas Rinko, tranche-t-elle. Tout ça est oublié depuis longtemps.
- Je sais trésor, mais ça ne m’empêche pas de m’en vouloir. Enfin… avec nous trois, tu ne risques vraiment rien si ça peut te rassurer un peu plus.
Hokuto hoche la tête avec un air sûr :
- Jamais quelqu’un sous ma protection n’a été blessé, annonce-t-il.
- C’est vrai ? s’étonne Hanako.
- Bien sûr, réponds-je à sa place. Pourquoi penses-tu que je l’ai sélectionné pour ta protection ?!
Elle me lance un regard malicieux :
- Parce qu’il est ton seul ami dans les forces spéciales, me taquine-t-elle.
Les deux autres éclatent de rire et je lève les yeux au ciel :
- Je choisis des amis de qualité, voilà tout, réplique-je en réprimant un rire.
- Tu choisis deux amis de qualité, me corrige Rinko en souriant.
- Je suis ami avec Toru ! me récrie-je.
Ce dernier débarque vers nous après avoir entendu son prénom et il ouvre des yeux ronds en me voyant avec Hanako :
- T’as une gonzesse Hatake ?! s’exclame-t-il.
Quel crève-cœur.
- Non…, réponds-je avec hésitation. Elle… nous sommes amis…
Hanako lui tend une main en riant :
- Nous sommes plus qu’amis en effet. Je m’appelle Hanako, ravie de te connaitre ! roucoule-t-elle.
- Oui… c’est bien ce qu’il me semblait, répond Toru en riant. Ce type est vraiment trop pudique !
Je suis tellement choqué par ce qu’elle vient de dire que je la dévisage bêtement tandis qu’elle discute avec Toru pour faire connaissance et qu’ils réalisent qu’Hanako se trouvait à son anniversaire, sans avoir été présentée à lui, ce qui les amuse. Il réaborde ensuite le sujet qui m’intéresse :
- Ça ne m’étonne pas d’Hatake en tout cas ! s’exclame Toru. Il n’y a que lui pour faire croire à ses amis qu’il ne sort pas avec la femme qu’il tient dans ses bras en se disant que le mensonge passera !
- Il est timide, voilà tout ! réplique-t-elle joyeusement.
Je suis toujours sous le choc, peut-être même de plus en plus. Se rend-elle compte de ce qu’elle est en train de dire ? Se rend-elle compte qu’elle sort littéralement avec un autre homme ?! Et si Toru parlait de cette histoire à ses amis, et si ses amis connaissaient Shisui ? Est-elle folle aujourd’hui ? Je me pose cent questions à la minute pendant tout le reste du trajet, mais je ne trouve aucune réponse.
*
Lorsque nous arrivons aux abords de Kiri, je laisse Hanako sous bonne protection près de la porte qui mène à la cabine et je rejoins Minato à l’avant du bateau. Nous observons le village se rapprocher tandis que nous voguons vers la côte noire d’encre, nos camarades sont tendus, tous attendent nos ressentis.
Depuis que j’ai Kiri en visuel, mes poils sont dressés et mon malaise m’étouffe.
- Qu’est-ce que tu ressens ? me demande Minato.
- De la tension, une énorme tension, comme si un orage approchait, réponds-je.
- Et qu’est-ce que tu sens ?
J’enlève mon masque et j’inspire l’air tandis que les grandes portes de Kiri se dressent devant notre bateau qui s’arrête. Tout le monde est silencieux derrière nous, attendant patiemment ma réponse. Ça sent comme à la guerre, c’est insoutenable et me plonge dans des souvenirs que j’aurais préféré oublier, alors je remets vite mon masque.
- De la peur, profonde, réponds-je gravement en regardant Minato.
- Mettez tous vos masques, ordonne Minato en mettant le sien.
Nous descendons à terre pour nous planter devant les grandes portes fermées où nous attendons le comité d’accueil et Hanako vient à toute vitesse vers moi, le cœur battant si fort que je n’entends que lui. Je la cale derrière moi, faisant écran entre elle et les portes inquiétantes, et je la sens qui s’apaise un peu.
Lorsque les portes s’ouvrent sur une foule de ninjas en tenues sombres, les perturbateurs, nos rangs se tendent au maximum et Hanako attrape ma veste involontairement tandis que toutes ses constantes grimpent dans le rouge. Je passe discrètement un bras derrière moi, pour attraper son dos et la serrer contre le mien, grondant presque sous la rage folle qui se déverse dans mes veines de voir ces hommes debout devant moi. L’ambiance est froide et extrêmement tendue tandis que Minato parle avec le commandant du groupe, ils ont un échange très bref, pratiquement hostile. Ils nous indiquent simplement que nous pouvons loger dans un bâtiment, à un kilomètre dans les bois et nous prient de nous présenter aux portes le lendemain matin pour nous faire escorter vers le nouveau Mizukage.
Je n’ai jamais vu ça, ils ne nous laissent même pas entrer. Ils ne nous indiquent pas mieux que ça l’emplacement où nous allons dormir, ne nous proposent pas non plus de nous y conduire et Minato est de plus en plus inquiet alors qu’ils disparaissent derrière les portes et que nous nous élançons dans les bois.
- Je n’aime pas ça du tout…, commente-t-il. Kakashi, trouve-nous ce bâtiment au plus vite, qu’on puisse s’installer pour la nuit !
J’hoche la tête et je retire mes deux masques, inspirant l’air frais de la forêt, ne tardant pas à sentir le bâtiment au loin sur notre gauche. Il sent le moisi et le renfermé jusqu’ici, et je me demande bien ce que nous allons trouver sur place.
Nous nous retrouvons devant une vieille ferme abandonnée depuis des années, des dizaines d’années même à en juger par son état décrépit. Nous nous glissons à l’intérieur, découvrant un grand salon aux canapés défraichis et une organisation se met en place, certains fouillent la bâtisse tandis que d’autres allument des feux dans les cheminées du salon et de la cuisine, qui se trouve à l’étage inférieur, sous le sol.
Etant dans une vieille ferme, au moins nous avons de la place. L’étage supérieur, au-dessus du salon, est composé de plein de petites pièces vides dans lesquelles certains ninjas ont déjà déposé leurs affaires et leurs sacs de couchages, alors je les imite puis je redescends deux niveaux pour découvrir la cuisine. Elle est très ancienne, toute en pierre, avec une grosse cheminée pour faire cuire les aliments et mes camarades sont en train de s’installer autour de l’imposante table en bois tandis que deux des nôtres filent monter la garde devant la porte d’entrée.
Minato nous partage ses inquiétudes puis nous encourage à tenter de nous détendre. La situation est plutôt confortable pour nous, puisque nous sommes au milieu des bois et que nous n’aurions pas de mal à nous enfuir en cas d’attaque. Minato nous donne un lieu de rendez-vous au cas où les choses tourneraient mal, à savoir l’auberge dans laquelle nous avions séjourné lors du coma d’Hanako.
Les ninjas se dispersent ensuite à travers la vieille ferme, Hanako est à table et discute avec Rinko et Toru tranquillement. Je me dirige vers le fond de la pièce, sur un muret en pierre qui ressort du mur, vers la seule petite fenêtre haute, au ras du sol extérieur, que j’entrouvre. J’enlève mon masque et j’inspire l’air en regardant la brume qui s’épaissit dans les bois alentours… Quelle ambiance glauque.
Je m’adosse contre le mur et sors mon livre, montant une petite garde improvisée en surveillant mon ange adoré tandis qu’Hokuto fait à manger et ne tarde pas à nous servir un bon repas comme il en a le secret.
Hanako m’apporte mon assiette avec son air le plus mignon :
- Qu’est-ce que tu fais ? demande-t-elle avec curiosité en regardant ma fenêtre ouverte.
- Je ne sais pas trop, je ne suis pas tranquille… alors je monte la garde, soupire-je.
- Tu pourrais rejoindre les gardes devant la maison…, pouffe-t-elle.
- Non, cette fenêtre a l’avantage de donner sur l’arrière de la bâtisse, alors je les sentirai tout de suite s’ils arrivent par derrière pour nous surprendre. Je sens qu’ils vont venir, tout ça était bien trop expéditif…, explique-je avec tension.
- Je vois… nous n’avons pas de soucis à nous faire si tu montes la garde, répond-elle en me souriant.
Je lui souris en passant furtivement mes doigts sous sa mâchoire :
- Ne t’éloigne pas de moi, ajoute-je.
- Ça ne te dérange pas si je mange à table avec les autres quand même ? s’inquiète-t-elle.
- Pas du tout mon ange, tant que je t’ai en visuel, c’est très bien, murmure-je.
Elle m’offre un magnifique sourire, avec des yeux si doux et remplis de sentiments que je me retiens à grande peine de l’embrasser.
- Bon appétit mon grognon, chuchote-t-elle avant de retourner s’assoir avec les autres.
*
Une demi-heure plus tard, je les sens arriver, ce qui ne m’étonne naturellement pas une seule seconde et je saute sur mes pieds :
- On a de la visite, annonce-je.