LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC x OC)

Chapitre 185 : Le bureau du tyran

4813 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 16/02/2026 14:28

Chapitre 185 : Le bureau du tyran


Point de vue de Kakashi

Nous sommes enlacés l’un contre l’autre dans notre nid douillet, face à face, et nous nous observons dans le silence depuis un bon moment. Hanako a gloussé un peu, comme d’habitude, mais pour une fois, nous ne parlons pas en nous contentant de nous transmettre par le regard tout ce que nous ressentons l’un pour l’autre.

Maintenant que nous savons que nous sommes amoureux, je crois que nous n’avons même plus besoin de mots pour comprendre mutuellement à quel point nous tenons l’un à l’autre, à quel point nous nous respectons, nous adorons et nous aimons. C’est un moment extrêmement fort, je ne saurais dire combien de temps il dure mais ce sont finalement lorsque nos camarades montent du salon pour aller se coucher que nous sommes ramenés à la réalité. Elle sourit lumineusement avant de poser un petit baiser sur mes lèvres, me faisant rire lorsqu’elle croque mon nez dans la foulée comme une petite sauvageonne.

-         Je t’aime petit démon, glisse-je.

-         Moi aussi, tu es sûr de vouloir d’un démon dans les pattes … ? glousse-t-elle.

-         Absolument certain, réplique-je. Je sais gérer ce genre de petite créature caractérielle !

-         Ah bon ? pouffe-t-elle un peu plus.

-         Oui. J’ai appris sur le tas, c’est vrai, mais j’estime plutôt bien m’en sortir… mieux que certains qui s’étonnent de vous découvrir un vil caractère alors qu’ils vous fréquentent depuis des semaines…, me moque-je.

Au moment où je me moque de Shisui, je me rends compte que ça ne sert plus à rien. Elle l’a quitté bordel ! Et je ne peux m’empêcher d’être curieux dans la foulée :

-         Quand l’as-tu quitté ? demande-je.

-         Le lendemain de la soirée avec Yu, quand tu es parti travailler et que j’ai dormi jusqu’à midi chez toi. Dès que j’ai ouvert les yeux, j’ai su que je ne voulais plus jamais être séparé de toi, que je ne voulais plus jamais que quoi que ce soit ne se dresse entre nous… Alors j’ai enfilé ma robe, je t’ai pris un sweat, puis j’ai foncé directement chez Shisui.

-         C’est pour ça que tu avais mis mon sweat ?! m’étonne-je.

-         Oui, c’est surtout pour ça que je l’ai mis au sale quand tu es rentré ! pouffe-t-elle. J’avais peur que tu sentes l’odeur de Shisui dessus avec ta petite truffe…

Elle tapote mon nez en me souriant avant de reprendre :

-         Je ne voulais pas que tu saches que j’avais quitté Shisui, je ne voulais pas que tu te dises que c’était dans la poche et risquer que tu ne me dises jamais que tu m’aimes par facilité… Je n’attendais que ça Kakashi…

-         J’attendais que tu le quittes pour te le dire à l’origine, souligne-je.

-         Je ne pouvais pas le savoir, et j’avais peur que tu paniques encore. Si tu avais appris que je n’étais plus avec Shisui, que nous nous étions mis ensemble pour de bon, alors j’aurais été morte de peur à l’idée que tu paniques au moment critique… Alors j’espérais que tu me le dises avant, pour être sûre de tes sentiments et que je faisais bien de te faire entièrement confiance …

-         Je comprends mon ange, c’est sensé… mais ce ne serait pas arrivé, réponds-je avec assurance.

-         En tout cas, ça ne risque plus d’arriver maintenant que tu me l’as dit ! roucoule-t-elle en frottant son nez contre le mien.

-         Oui… et comment a-t-il pris la chose ? demande-je.

Elle grimace :

-         Très, très mal. En fait, je n’ai pas été particulièrement maline sur ce coup… Après ton comportement à cette fête, il était sûr et certain que tu voulais me séduire, il m’a pris la tête avec ça toute la soirée alors que je l’envoyais bouler… Quand je t’ai défendu après votre altercation à la cuisine, il a littéralement pété les plombs et j’ai refusé de partir avec lui…

-         Oui… ? l’encourage-je.

-         Et bien, il s’attendait à ma visite chez lui ce matin-là, il s’attendait à ce que je vienne m’excuser à genoux…, continue-t-elle en grimaçant.

-         Et tu l’as quitté à la place ! fanfaronne-je.

-         Et je suis surtout arrivée dans un grand sweat d’homme…, répond-elle.

Je prends la mesure de ce qu’elle est en train de me dire et je ne peux pas m’empêcher de rire, pur ego masculin. 

-         Il a compris ? pouffe-je.

-         Oh oui, j’ai commencé à lui dire que je devais lui parler, que c’était important et lorsque deux fils se sont touchés dans sa tête, il m’a demandé à qui appartenait mon sweat… Je suis devenue rouge comme une pivoine et je bafouillais…

-         Et ? la presse-je joyeusement.

-         Et je me suis dit qu’il valait mieux lui dire la vérité puisque je venais pour le quitter… Je lui ai donc dit qu’il était à toi, alors il m’a demandé où j’avais passé la nuit…

-         Et ?? répète-je en pouffant.

-         Et je lui ai dit que j’avais dormi chez toi…, soupire-t-elle.

-         Oh la vache ! m’exclame-je avec un immense sourire.

-         Arrête de sourire ! Ce n’est pas bien Kakashi ! Tu pourrais au moins afficher un air concerné, même si tu ne le penses pas ! me rabroue-t-elle gentiment.  

-         Pardon, murmure-je en souriant toujours de toutes mes dents.

Elle lève les yeux au ciel avant de reprendre son histoire :

-         Je lui ai fait la version longue, je me suis excusée de l’avoir pris pour un idiot, je me suis excusée pour toi aussi… Je lui ai dit que nous ne nous étions pas embrassé « festivement » à Yu comme tu lui avais dit, que notre histoire était bien plus complexe que ce que nous lui avions fait comprendre mais que nous lui avions menti parce que nous ne savions pas nous-même ce qu’il se passait entre nous à ce moment-là…

-         Ce qui est plutôt vrai, souligne-je.

-         Oui… En tout cas, il n’était pas content… ma visite chez lui a duré une bonne heure avant qu’il ne me demande de partir. Il ne veut plus me voir, c’est plutôt logique et mérité… mais au moins j’ai pu m’excuser pendant une heure tandis qu’il me descendait en flèche et me maudissait.

-         Oh…, murmure-je. Tu n’étais pas trop mal ?

Elle rougit un peu en affichant une tête honteuse :

-         Non… je suis un monstre mais… j’avais juste… j’avais juste hâte que tu rentres du travail pour te revoir…, murmure-t-elle en riant nerveusement.

Je resserre mon bras autour de son dos pour la tirer sèchement tout contre moi :

-         Petit monstre…, la réprimande-je avec humour.

Elle glousse comme une dingue, les joues toujours cramoisies :

-         J’ai si honte… Bon sang, je n’en avais rien à faire Kakashi… J’avais juste envie d’être avec toi, j’étais tellement soulagée de ne plus avoir à le revoir ni à jouer cette comédie malsaine… je voulais juste me caler dans tes bras et ne plus en sortir…

-         C’est pour ça que tu t’es mis à réorganiser ma cuisine…, réalise-je. Parce que tu comptais vraiment t’installer pour de bon chez moi ! Je me demandais ce qu’il te passait par la tête, je n’osais pratiquement plus parler de peur que tu réalises que ce que tu disais était aberrant !

-         Et bien oui… je savais que je t’avais pardonné, je n’avais plus Shisui dans les pattes… Alors j’étais plutôt décidée à venir vous cuisiner des petits plats fort régulièrement…, dit-elle d’une voix mutine.

-         Fort régulièrement ? Vous m’intéressez ? réponds-je.

-         Aussi souvent que vous m’accepterez chez vous, minaude-t-elle.

-         Je ne veux plus jamais passer une seule de mes nuits sans toi, murmure-je en fondant sur ses lèvres.

Son corps frissonne sous mes paroles alors que nous nous embrassons en souriant.

*

Lorsque je me réveille après cette nuit parfaite, un immense sourire s’épanouit sur mes lèvres avant même que je n’ouvre les yeux. Un sourire qui me fait presque mal aux joues et Hanako se glisse au-dessus de moi :

-         Vous êtes bien heureux ce matin…, commente-t-elle en riant.

-         Forcément, j’ai enfin récupéré la femme de ma vie hier soir ! jubile-je.

-         Tu ne l’as jamais vraiment perdue…

-         C’était quand même compliqué, souligne-je.

-         Oui, pouffe-t-elle.

Je suis excité comme un enfant le matin de Noël, je n’arrive pas à contenir ma joie alors qu’elle m’observe avec un air amusé :

-         Mais qui êtes-vous ? me taquine-t-elle.

-         Un homme heureux ! réponds-je en souriant.

Elle rit encore un peu en caressant ma joue :

-         Tu vas sourire comme ça toute la journée ?

-         C’est possible, mais j’aurai mon masque, m’amuse-je.

-         Ce n’est pas grave, je le saurai moi… Je pourrai te regarder et imaginer ton magnifique sourire.

Mon sourire fane immédiatement et je fronce les sourcils :

-         Je ne serai pas avec toi. Minato m’a demandé d’enquêter dans Kiri aujourd’hui.

La flamme de l’inquiétude s’allume immédiatement dans ses yeux.

-         C’est dangereux, tu as vu le nombre de patrouilles dans les rues ? S’ils te trouvent dans le village, ils te tueront ! couine-t-elle.

-         C’est moi mon ange, ils ne me verront pas, la rassure-je.

-         Et s’ils te voyaient quand même ? continue-t-elle sur le même ton.

-         Alors je les tuerai. Ne t’inquiète pas pour moi.

Elle mordille sa joue pour essayer de se contenir mais elle est très inquiète.

-         Je vais simplement chercher Meï… Je ne me mets pas en danger, je la cherche c’est tout. C’est de l’espionnage pur mon ange, c’est ce que je sais faire de mieux, personne ne me verra ou bien ils ne vivront pas assez longtemps pour le dire. En plus je suis seul, je n’aurai que moi à gérer, ce sera simple.

-         Oui tu as raison, je ne peux pas passer mon temps à me faire de la bile pour toi, ce n’est pas viable… Il faut simplement que j’intègre que tu es le plus fort, dit-elle finalement en caressant ma mâchoire.

Je ris un peu avant de l’embrasser quelques minutes, puis nous nous levons pour rejoindre les autres qui déjeunent à la cuisine. Dès que nous nous asseyons à la grande table avec eux et que je prends Hanako par la taille, Rinko sent tout de suite que quelque chose a changé. Il me connait par cœur, et je sais qu’il voit sur ma tête que tout est différent, qu’il devine le sourire immense sur mes lèvres malgré mon masque.

-         Enfin… Vous avez mis le temps…, soupire-t-il en souriant.  

Hanako rougit de plaisir en me lançant un regard à tomber à la renverse et je ne peux pas m’empêcher de rire avec Rinko qui a l’air aussi heureux que nous.

*

Une petite demi-heure après, nous montons tous rejoindre Minato devant la bâtisse. Il annonce que deux d’entre nous resteront à la ferme pour la surveiller, puis il me demande de venir à part, ce que je fais.

-         Comment tu te sens ? me demande-t-il avec inquiétude.

-         Très bien. Tout va rouler, je ne me ferai pas voir…, soupire-je.

Un « père » et une copine trop inquiets, voilà ce que j’ai.

-         Soit prudent Kakashi, tue avant d’être tué, mais essaie d’être discret, ils ne risquent pas de laisser des cadavres de chez eux trainer sans se demander qui a bien pu faire ça… Je dirai à Mizuki que j’ai laissé trois hommes à la ferme pour surveiller nos affaires s’il demande, j’espère que ça passera. S’ils envoient des gens ici pour vérifier, ils diront que tu patrouilles dans les bois. Je ne pense pas qu’ils s’inquiéteront qu’un seul homme de nos rangs soit absent.

-         Quelle erreur ! fanfaronne-je.

Minato rigole doucement :

-         Quelle erreur, en effet, tâche de nous ramener Meï, je compte sur toi.

-         Je vais tout faire pour.

Il tapote mon épaule gentiment et Hanako se joint à nous dès qu’elle comprend que notre conversation est finie.

-         Sois prudent ! s’angoisse-t-elle.

-         Mais oui, réplique-je en la prenant dans mes bras.

Elle est morte d’inquiétude alors je colle mon front au sien pour la regarder avec mon calme olympien, oubliant un peu la présence de mon senseï qui n’en rate pas une miette. Comme Rinko ce matin, il comprend vite que les choses ont changé alors que nous nous comportons pourtant comme ça depuis plusieurs jours. Il faut croire que je dois afficher un air vraiment bête et amoureux depuis ce matin.

-         Vous avez parlé ? demande-t-il en haussant un sourcil.

-         Oui ! s’exclame Hanako en lui souriant de toutes ses dents.

-         Alors c’est officiel ? Je suis heureux pour vous deux les enfants, répond-il avec les yeux presque émus.

-         Merci ! roucoule Hanako.

Il s’éloigne pour nous laisser en tête à tête et je profite de mon premier avantage en tant que petit-ami : je peux l’embrasser devant tout le monde avant de partir. Je l’ai déjà fait, mais cette fois, il n’y a plus à me demander ce qu’il se passera quand ça reviendra aux oreilles de Shisui. Je me perds donc sur ses lèvres une minute, tachant de lui transmettre tout mon amour tandis qu’elle me serre avec force de ses petits bras.

Lorsque je la relâche, elle a toujours une petite moue triste et je glisse tendrement mes doigts sur sa joue :

-         On se voit ce soir, dis-je.

-         Oui…, soupire-t-elle en baissant le nez.

Mon cœur bondit dans ma poitrine lorsque je pense à mon second nouvel avantage :

-         Je t’aime, murmure-je tout bas.

Elle relève immédiatement la tête, le visage transformé par la joie.

-         Je t’aime aussi ! s’exclame-t-elle, soudain toute heureuse.

J’embrasse une dernière fois son front et je m’élance dans les bois.

*

Mon premier objectif consiste à fouiller le bureau de Mizuki.

Je contourne le village sur plusieurs kilomètres, histoire de ne pas entrer par les mêmes portes que mes camarades, qui doivent être plus surveillées que les autres. Je passe facilement par-dessus le mur d’enceinte en évitant les gardes qui patrouillent dessus et je me laisse tomber dans les rues de Kiri.

Tout est toujours aussi désert et silencieux, c’est vraiment dérangeant.

Je constate un nombre affolant de patrouilles dans les rues. Ce n’est pas un problème pour moi, je suis plus discret qu’un courant d’air, mais ça ne me dit rien qui vaille. On ne surveille pas à ce point les rues contre les ennemis, non, ce sont les habitants qui sont sous haute surveillance et je comprends mieux la peur panique qui suinte de chaque coin de rue.

Je me faufile jusqu’au bâtiment principal, qui est surveillé comme un château fort. Je repère au moins une quarantaine de gardes dans le hall d’entrée et devant la porte, alors j’estime vite que passer par une fenêtre est ma meilleure option pour rester discret. Telle une ombre, je me glisse sur les contours du bâtiment et j’essaie d’ouvrir chacune des fenêtres que je trouve. Je passe un petit moment à tester toutes les ouvertures, jusqu’à ce que la chance soit de mon côté, et que je m’enfile enfin à l’intérieur en forçant un peu l’une d’elle, mal verrouillée.

Je me concentre ensuite pour visualiser les chakra autour de moi et avoir une représentation mentale des ninjas dans le bâtiment. La concentration d’ennemis est folle au rez-de-chaussée, ainsi qu’au dernier étage, sans doute autour de la salle du conseil où se trouvent mes camarades. Ça me laisse le champ libre pour le reste du bâtiment et je monte méthodiquement les étages, fouillant chaque recoin en évitant les gens qui travaillent avec brio.

Ça me fait du bien de sentir l’adrénaline dans mes veines et ma concentration au maximum, ça faisait trop longtemps que je n’avais pas vécu ça, du pur espionnage, seul dans un lieu remplit d’ennemis. J’ai un peu honte d’avoir cette pensée alors que ma vie ne m’appartient plus entièrement maintenant que je suis officiellement avec Hanako, mais je chasse vite ça de mon esprit pour rester concentré sur ma mission.

Dès que je gagne le dernier étage, je jette un coup d’œil dans le couloir principal et je retiens un soupir las lorsque je constate la quantité de ninjas qui le gardent férocement. Je crée un clone dans la cage d’escalier, simplement pour y faire du bruit pendant que je me tapis derrière la porte, indétectable. La chance me sourit encore, puisque l’intégralité des gardes se précipitent dans les escaliers sans même réfléchir, tous aussi soucieux les uns que les autres d’intercepter une menace alors qu’ils laissent bêtement le dernier étage désert. Je sais que je n’ai que quelques secondes avant qu’ils ne reviennent, alors je m’élance à pleine vitesse dans le long couloir en analysant les inscriptions sur les portes avec mon sharingan. Dès que je trouve le bureau du Mizukage, je m’y enfile en refermant doucement la porte derrière moi, sans doute un instant avant que ses hommes ne reviennent à l’étage.

Maintenant que je suis en place, je fouille le bureau de fond en comble.

Je retourne tout, tous les documents, les dossiers, les tiroirs, les chemises… Je passe en revue le moindre centimètre carré de ce bureau à toute vitesse, une fois de plus aidé par mon sharingan qui m’aide à analyser chaque papier en un temps record. Tout a l’air normal, de la paperasse classique pour un kage, et rien ne m’interpelle sauf un document. Un document qui me glace le sang puisqu’il parle d’Hanako.

C’est un rapport, rédigé par la Mizukage elle-même, qui traite de notre dernier passage à Kiri. Elle signale une ninja de Konoha aux drôles de capacités, avec ses théories, dans laquelle se situe la foutue vérité. Je lis noir sur blanc qu’elle soupçonne Hanako de lire dans les esprits et j’ai l’impression que mon sang quitte mon corps dans l’instant.

Il n’y a pas son prénom puisque la Mizukage ne le connaissait pas, mais il y a une description physique précise, Meï ayant souligné plusieurs fois la couleur si particulière de ses yeux, seul élément qui la qualifie à tous les coups. Mon cerveau est en train de disjoncter, car même si ce ne sont que les hypothèses de Meï, j’ai entre les mains la preuve que Mizuki peut avoir une vraie bonne raison de s’intéresser à Hanako… surtout que Meï a indiqué dans son rapport que Minato emmenait cette ninjas sur toutes ses missions diplomatiques.

Et si j’avais finalement raison malgré ce qu’en pense Minato ? Et si Hanako était réellement la raison de notre invitation au pays de l’eau ? Et si mon senseï se trompait pour une fois ?

Mes angoisses viscérales se rallument les unes après les autres, je sens mon corps qui tremble presque sous la tension et je suis à deux doigts de foncer tête baissée jusqu’à la salle du conseil pour emmener Hanako très loin et surtout très vite.

Mais il faut que je reste calme, je le sais, je ne peux pas laisser mes sentiments interférer dans mes missions. Pour le moment, malgré leur façon de nous jauger qui me dérange profondément, absolument personne n’a eu l’air de s’intéresser à elle, pas même Mizuki. Et Hanako passe de toute façon son temps dans l’esprit de ce dernier et ses hommes, elle n’aurait tout de même pas pu rater une chose pareille ? Au moins un petit intérêt, une petite pensée incontrôlable qui aurait jailli dans un moment d’inattention…

Il est pratiquement impossible de contrôler son esprit à ce point, alors je suppose que je peux me détendre un peu. Il faut que je reste concentré sur ma mission, qui est de retrouver la Mizukage et pas de déclencher une guerre contre Kiri simplement parce que j’estime qu’il y a une chance infime qu’Hanako soit la cible de cette rencontre. Je brûle tout de même rapidement le document avec mon katon, en essayant de calmer mon pouls et en me raisonnant.

 Après tout, c’est un papier parmi des milliers… qui se trouvait dans un tiroir remplit de rapports ennuyeux, au milieu de centaines d’autres… Pourquoi Mizuki aurait-il fouillé tout le bureau de Meï en prenant son poste ?

Ça n’a aucun sens, il n’a pas dû voir ce papier et c’est tant mieux bordel, parce qu’il n’aurait plus jamais l’occasion de le voir maintenant.

Je fouille ensuite les pièces accessibles depuis le bureau, dont les appartements personnels de Mizuki, mais je ne trouve rien. Rien ne dépasse ici de toute façon, tout est rangé et organisé, comme si personne ne vivait là, il n’y a pas une trace de vie alors que je sens pourtant l’odeur de Mizuki partout. Je sais qu’il habite ici et ça ne fait que rajouter une aura de mort autour de lui, comme s’il était un fantôme qui hantait ces murs et pas un être vivant.

Bredouille, je me glisse jusqu’à une fenêtre pour sauter du dernier étage en réfléchissant.

 Je n’ai rien trouvé sur Meï, mais je n’ai rien trouvé tout court et c’est finalement encore plus inquiétant. Mizuki est dangereux, ça se sent quand on est avec lui, mais c’est encore plus parlant maintenant que j’ai fouillé l’intégralité de ses affaires et que je n’ai rien trouvé de compromettant. Il n’y a rien sur sa prise de pouvoir, sur ses directives, sur ses réformes, ses rangs ou ses projets… Il sait comment ça marche bon sang, il sait qu’il ne faut aucune preuve, de rien et je me sens inquiet.

Outre le document concernant Hanako qui me fera sans doute faire des cauchemars tant que nous n’aurons pas quitté le pays, je suis vraiment travaillé par la minutie de ce tyran. Il ne laisse visiblement rien au hasard, il garde en tête toute la gestion de son pays plutôt que de l’écrire, il arrive à gérer sa dictature d’une main de maitre, sans une bavure, avec des centaines d’hommes dévoué à sa cause…

Je n’ai rien tiré de son bâtiment, il est désormais temps d’aller à la rencontre du peuple qu’il opprime, d’apprendre ce qu’il s’est passé ici et surtout de leur assurer que nous sommes là pour les aider.

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