LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)
Chapitre 3 : Premier rendez-vous
Dix minutes après, je suis devant chez Sakura et elle ouvre la porte de chez elle en me dévisageant avec des yeux ronds :
- Wouah Hanako ! Je retire ce que j’ai dit, tu risques d’attirer l’attention de Kakashi senseï finalement ! pouffe-t-elle.
- Arrête tes bêtises, changement de programme... Rinko m’a invité ce soir au restaurant alors…
- Alors tu ne viens plus avec nous, conclut-elle avec un air conspirateur.
- Oui… j’espère que tu ne m’en veux pas…, geins-je.
- Bien sûr que non ! Tu rencontreras Sasuke la semaine prochaine ! dit-elle en balayant l’air d’une main.
- Oui, sans faute, je te le promets.
- Il n’y a pas de souci Hanako, vraiment. En revanche, tu me raconteras tout ça demain et avec les détails ! glousse-t-elle.
- Evidemment. Ton équipe, ils ne savaient pas que je devais venir ?
- Non je ne les avais pas prévenu.
- Tant mieux, ça évitera que tu aies à m’excuser…, dis-je avec soulagement.
- Allez, file, ne sois pas en retard ! Et tâche d’être un peu moins sauvageonne que d’habitude ! me lance-t-elle.
- N’importe quoi ! me vexe-je en m’éloignant.
- Bien sûr que si ! Ouvre-toi voir un peu ! Et s’il te propose de te raccompagner chez toi, accepte !
- Je le connais à peine ! m’outre-je.
- On s’en fiche !
- Hors de question !
- Ce n’est pas parce qu’il te raccompagne chez toi que tu es obligé d’aller plus loin avec lui ! soupire-t-elle comme si je la fatiguais.
- Je ne veux pas d’homme chez moi ! réplique-je.
- Tu vas finir vieille fille ! Salue ton chat de ma part ! se marre-t-elle encore avant de fermer sa porte.
Je pars en rougissant en direction du restaurant, légèrement vexée.
*
Lorsque j’arrive, Rinko m’attend tranquillement, adossé avec nonchalance contre le mur et je m’approche discrètement pour l’admirer un peu jusqu’à ce que je me retrouve à côté de lui.
- Oh la vache !! s’exclame-t-il en me regardant des pieds à la tête.
Je rougis un peu tandis que quelques passants tournent la tête vers nous.
- Chut ! chuchote-je en riant.
- Je n’en pense pas moins, réplique-t-il en me détaillant toujours.
- Ça change de la blouse blanche, plaisante-je.
- Carrément, tu es sexy au possible.
Je rougis encore et je jette des regards autour de moi, en espérant que personne ne l’ait entendu me dire une chose pareille. La discrétion n’est pas son fort, mais il m’ouvre au moins la porte du restaurant avec galanterie. J’imagine presque qu’il est bien élevé, mais il choisit ce moment pour m’attraper par la taille et me tirer vers lui pour se pencher à mon oreille :
- Et si on sautait la case restaurant et qu’on envisageait directement que je prenne la place du chat ? demande-t-il sur un ton salace.
Je rougis encore violemment, toujours aussi sciée par son rentre-dedans.
- Tu es cinglé ! siffle-je entre mes dents en jetant encore des regards autour de nous.
- Je sais ! réplique-t-il joyeusement en relâchant ma taille.
- Si quelqu’un t’entend me dire des trucs pareil, je te jure que je te tue ! le menace-je à voix basse.
- J’aimerais bien voir ça.
- Je suis meilleure combattante qu’il n’y parait !
Personne ne sait que j’ai suivi un apprentissage auprès de l’Hokage à ma majorité. Je n’ai pas vraiment eu l’occasion de me battre depuis, mais j’épatais Minato senseï à l’époque de nos entrainements et je ne serais pas contre mettre un coup de pied aux fesses à Rinko s’il continue d’être si grossier en public.
Nous nous installons à une table, où il me sert directement son regard séducteur :
- Je suis très bon combattant moi aussi... En fait, si tu veux tout savoir, j’excelle dans beaucoup de domaines et particulièrement dans le corps à corps…, dit-il d’une voix pleine de sous-entendus.
- Rinko ! siffle-je encore en abattant mes mains sur la table.
- J’arrête ! rit-il. Mais il faut bien que je pose mes pions…
- Alors là, si tu crois que tu marques des points en me disant des choses pareilles…, réponds-je en riant nerveusement.
- Je sais que j’en marque, tu ne te l’avoues juste pas encore.
- Tu parles, pour l’instant je te prends carrément pour un mufle.
- Un mufle ? demande-t-il en haussant un sourcil.
- Oui, un personnage grossier, salace, lourd…, réplique-je.
- Mais alors qu’est-ce que tu fais là dans ce cas ?! demande-t-il en me servant son sourire éclatant.
- Je me pose la même question figure-toi ! l’embête-je. Je devais sans doute m’ennuyer, je ne vois pas d’autre option !
- C’est donc pour ça que j’ai à cœur de te distraire, souligne-t-il.
- Alors distrais-moi avec des sujets moins intimes s’il-te-plait, des choses que les gens autour de nous peuvent entendre de préférence…
- A vos ordres Madame.
Et il le fait. Il le fait même très bien.
Je passe un super moment avec lui, c’est la première fois qu’il me parle de choses sérieuses, bien qu’il y ajoute sans cesse sa petite touche humoristique. Nous parlons de notre enfance, de l’académie, de nos travails, de nos amis... J’apprends qu’il est devenu jônin plutôt jeune, ce qui m’indique effectivement un très bon niveau, et qu’il fait actuellement partie des services de Minato après avoir passé une sélection ardue.
- Alors tu n’es vraiment pas mauvais…, commente-je en souriant.
- Oui, enfin, j’ai eu un petit coup de pouce de mon meilleur ami pour être tout à fait honnête avec toi. Il a appuyé ma candidature avec… panache, explique-t-il en riant.
- Avec panache ?
- Je me moque de lui, ce n’est pas vraiment son genre le panache. Pas dans ce genre-là en tout cas.
- Difficile d’imaginer que c’est ton meilleur ami alors ! glousse-je.
- Oui, notre amitié surprend beaucoup, nous sommes vraiment le jour et la nuit. Pourtant, depuis qu’on s’est rencontré il y a quelques années, on ne se quitte plus d’une semelle.
- Mais qui est donc ce fameux meilleur ami ? C’est au moins la troisième fois que tu m’en parles ce soir… ? demande-je avec curiosité.
- Oh… J’évite de dire qui c’est au premier rendez-vous, soit ça impressionne, soit il me vole la vedette cet enfoiré…, répond-il affectueusement.
- Et bien, on sent l’habitude des premiers rendez-vous, le taquine-je.
- Il faut embrasser plusieurs crapauds avant la princesse, réplique-t-il.
- C’est l’inverse en principe non ? Plusieurs crapaud avant le prince ? souligne-je en riant.
- Et pourquoi ce ne serait pas le cas pour les hommes ?
- Bonne question… Je suppose que nous avons tous à embrasser des crapauds avant de trouver la bonne personne, admets-je.
Il installe son menton dans l’un de ses mains, en se penchant vers moi avec des yeux séducteurs :
- Et moi ? Je suis ton crapaud ou ton prince ? demande-t-il.
- Un crapaud, assurément.
Il rit, pas le moins du monde vexé, avant de reprendre son air enjôleur :
- C’est parce que tu ne m’as pas encore embrassé ça…
- Ben voyons, réplique-je en levant les yeux au ciel.
Il se penche encore pour s’approcher de moi, sans doute pour essayer de m’embrasser et j’ouvre la carte des desserts devant son nez en rougissant, déclenchant son beau rire.
Il est vraiment trop, il m’a fait rire à en pleurer plusieurs fois ce soir, sa spontanéité me bouge les fesses et me plait, je passe vraiment un bon moment avec lui.
J’observe des gens le saluer pour la énième fois de la soirée et il discute avec eux une minute ou deux, tandis que je referme la carte pour le regarder en attendant qu’il finisse sa conversation.
- Tu connais tout Konoha ? demande-je.
- J’ai pas mal d’amis, concède-t-il.
- Oui, je n’ai jamais vu ça. C’est un talent à ce stade, plaisante-je.
- C’est ce que dit toujours mon meilleur ami, il est convaincu que j’ai une sorte d’aura sur les gens ou je ne sais quelle connerie…
Je lève les yeux au ciel :
- Et revoilà le meilleur ami sur le tapis. Tu pourrais au moins me dire son prénom, qu’on parle de lui normalement !
- Tu n’as qu’à l’appeler Pakkun, dit-il.
- Je ne le connais pas si ça peut te rassurer, précise-je.
Il m’observe quelques secondes avec un sourire aux lèvres, comme s’il m’analysait.
- Tu ne donnes pas dans le social toi je suppose ? Puisque tu préfères passer tes soirées avec ton chat plutôt qu’avec un bel inconnu ? demande-t-il finalement.
- Pas vraiment en effet, je suis bien chez moi, j’aime le calme. J’aime bien sortir aussi, mais avec parcimonie… Et je n’ai pas croisé de bel inconnu récemment alors…, ajoute-je en haussant les épaules.
Il rit encore en me dévorant du regard.
- Tu me plais Hanako, tu me plais vraiment, me sort-il soudain.
Je baisse encore le nez sous la timidité et il reprend :
- Quelle est ta soirée idéale ?
Je relève les yeux en réfléchissant.
- Je ne sais pas… tu m’en poses des questions... Une soirée seule ou à deux ?
- Seule, ça m’apprendra plus de choses sur toi.
- Je ne sais pas trop, un bain, un livre, un plat de ramen à emporter… Je suis quelqu’un de simple, explique-je.
Il lève les yeux au ciel :
- On dirait Pakkun, c’est dingue ! Mais ça doit vouloir dire qu’on pourrait très bien s’entendre malgré tout toi et moi, ajoute-t-il.
- Et ta soirée idéale ? demande-je en ayant un peu peur de la réponse.
- Avec des amis, dehors, sans hésitation. Faire la fête, rire, tout ça. Je sors tous le temps, rien ne m’angoisse plus que d’être seul chez moi, répond-il.
J’hausse un peu les sourcils en hochant la tête. Ce constat me déçoit un peu alors qu’il ne le devrait pas. Ce n’est pas un drame que nous ne soyons pas pareil là-dessus, c’est dingue, je mets déjà beaucoup trop d’espoirs et d’attentes sur ses épaules.
- Hé, ce n’est pas grave, si ? demande-t-il doucement en relevant mon menton avec un petit air inquiet.
- Non pas du tout, je … j’ai eu une absence…, bafouille-je.
Il fronce un peu les sourcils en me regardant avec douceur :
- Tu veux rentrer ? continue-t-il de son petit ton gentil.
En une seconde, il balaie tous mes doutes avec sa gentillesse.
- Mais non, prenons un dessert, réponds-je en lui souriant, lui redonnant sa gaieté.
Il est vraiment adorable. Après mon coup de mou de quoi ? Quelques secondes ? Il passe le dessert à essayer de me faire rire encore et encore. Je crois qu’il ne supporte pas que les gens autour de lui soient malheureux, tristes, ou simplement perturbés. Ce qui explique sans doute qu’il soit si apprécié, il prend le temps de s’occuper de tout le monde, ça se voit. Il pose toujours une petite question personnelle aux gens qui le saluent, une question qui fait plaisir, qui montre qu’il s’intéresse vraiment aux gens. Et il ne les laisse jamais partir sans les avoir fait rire au moins une fois.
Ce garçon est un vrai soleil dont la mission de vie est d’apporter le sourire autour de lui, ça se voit comme le nez au milieu de la figure maintenant que je le connais un peu mieux et ça me fait l’apprécier davantage.
Au moment de payer, il m’invite avec galanterie et propose de me raccompagner chez moi, ce que j’accepte en pensant à Sakura. Je ne sais pas trop si j’ai envie de l’embrasser, il est clairement différent des autres, il n’y a pas photo, mais de là à l’embrasser ce soir devant ma porte, je n’en sais rien. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’entrera pas, il ne faut pas trop m’en demander. Mais un baiser… je ne sais pas si je suis tentée de l’embrasser pour avoir de quoi raconter à Sakura ou si j’en ai vraiment envie, c’est délicat mais je me pose trop de questions. Je me reconcentre dans notre moment tandis que nous marchons tranquillement en discutant de tout et de rien, simplement.
Lorsque nous arrivons en bas de l’escalier en bois qui mène chez moi, il me suit sans se poser de questions et admire la vue imprenable du centre de Konoha depuis ma terrasse suspendue.
J’adore cette ambiance, j’en suis très fière, ma terrasse est éclairée par les lumières multicolores du centre, ni trop, ni pas assez.
- La vache ! Ça vaut le coup d’être médecin ! siffle-t-il avec admiration.
Je ris pour toute réponse en le regardant.
- C’est incroyable, ajoute-t-il. A ta place, j’inviterais toujours du monde ici, qu’est-ce qu’on est bien… Je mettrais des tables, des canapés et des guirlandes… Quelle vue !
- J’ai un banc sous le cerisier, c’est déjà pas mal ! ris-je.
Il se tourne vers moi pour me regarder en souriant :
- Je suppose que c’est déjà bien pour toi oui, dit-il gentiment.
- Où habites-tu ? demande-je avec curiosité.
- Dans les bâtiments pour les combattants, des studios pas cher, pas incroyables.
- C’est peut-être pour ça que tu n’aimes pas être seul chez toi, souligne-je doucement.
Il s’approche alors de moi, à pas lents mais déterminés, un regard plus doux que jamais et le visage plutôt sérieux. Mon corps s’éveille un peu tandis qu’il s’approche et mon cœur accélère légèrement lorsqu’il passe un bras derrière mon dos pour m’attirer contre lui avec douceur.
Je me retrouve dans ses bras, il ne me serre pas, il me laisse complétement le choix d’en sortir à tout instant mais j’aime bien ce contact, j’aime sentir son torse contre moi, sa main au creux de mon dos…
Son visage sans défaut est faiblement éclairé par les lumières du centre qui dansent sur sa peau caramel, tandis qu’il me mange de ses yeux noirs.
- C’est clair que si j’avais la chance de passer mes soirées ici avec toi, j’aurais tout à coup moins envie de sortir…, commente-t-il à voix basse.
- Ah bon… ? murmure-je.
Je suis un peu envoutée, je dois bien l’admettre, qui ne serait pas ravie d’être si proche d’un si beau garçon ?
Il hoche la tête pour appuyer ses propos avant d’approcher lentement de la mienne pour m’embrasser, me laissant tout le temps de refuser, et je pose finalement le bout de mes doigts sur ses lèvres pour l’arrêter.
Il ne le prend pas mal, il me garde d’ailleurs contre lui sans bouger.
- C’est un peu rapide pour moi, avoue-je dans un souffle.
- Je comprends…, murmure-t-il en embrassant mes doigts avec douceur. Tu veux que je te laisse ?
- Non…
Il me sourit gentiment tandis que je regarde ses lèvres sous mes doigts. J’ai quand même envie de l’embrasser je crois, je ne sais pas, mais j’aime ce moment, j’aime être dans ses bras et voir ses yeux comme ça… J’adore quand il est doux. J’ai beau aimer son humour, son caractère joyeux et même ses blagues salaces, il n’y a pas de Rinko que je préfère que celui qui se tient devant moi actuellement.
Mais hélas, le naturel revient vite au galop :
- Alors pas question que je me glisse dans ton lit non plus je suppose ? plaisante-t-il.
Il gâche le moment mais à sa façon, me faisant quand même éclater de rire :
- Non en effet, pas question !
- Dommage, j’aurais essayé ! dit-il en me relâchant.
- Mufle, réplique-je en levant les yeux au ciel.
- C’est bien moi ! piaille-t-il avec bonne humeur.
Après ce petit moment câlin, je me dirige vers ma porte que je déverrouille.
- Tu as passé une bonne soirée ? demande-t-il alors.
- Bien sûr, le rassure-je.
- Je peux en espérer une autre un de ces jours ?
- Avec plaisir. Tu sais où me trouver désormais, dis-je gentiment.
- Oui.
Il se penche pour embrasser ma joue et je rougis automatiquement.
- Bonne soirée, fais un bisou de ma part au chat ! plaisante-t-il encore.
- Je n’y manquerai pas.
Je le regarde s’éloigner puis je rentre pour me préparer pour la nuit, un peu rêveuse. C’était vraiment une belle soirée, je suis ravie d’avoir passé du temps avec lui. Il est très attachant et renverse enfin mes solides croyances sur le fait que je finirai ma vie toute seule. Si je ne tombe pas amoureuse de lui, alors je ne vois vraiment pas de qui je le pourrais un jour.