LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 18 : Confrontation avec Kakashi

4093 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 28/05/2025 17:28

Chapitre 18 : Confrontation avec Kakashi


Je rentre lorsque le soleil se couche et que l’air devient plus frais.

Alors que je traverse le bâtiment pour rejoindre ma chambre, je vois une forme que je connais bien du coin de l’œil, dans une pièce, seul. Je m’arrête net et regarde Kakashi en train de lire contre une fenêtre qui donne vue sur le champ où je me trouvais.

-         Où est Rinko ? demande-je.

-         Dans le village, avec des copains, répond-il sans lever le nez.

Ce n’est pas vrai ! Ils n’ont pas passé la journée ensemble ?!

-          Depuis combien de temps ? demande-je prudemment.  

-         Peu de temps après ton départ, réplique-t-il.

J’entre dans la pièce en fermant la porte derrière moi et il daigne enfin lever le nez de son livre. Il est temps qu’on s’explique.

-         Et je peux savoir pourquoi tu n’as pas passé l’après-midi avec lui ?

-         Je t’ai dit que je comptais lire, dit-il.

-         Et ça ne pouvait pas attendre ce soir ?

-         Et toi ? C’est l’hôpital qui se fout de la charité, tu l’as bien laissé tomber pour aller lire il me semble ?

-         C’était pour vous laisser tous les deux ! réplique-je en rougissant.

Il plisse les yeux :

-         Je suis sûr que tu mens, je suis absolument convaincu que c’était comme ça que tu voulais passer ton après-midi. Qu’on soit ensemble lui et moi n’était qu’un bonus.

Il me dit ça avec assurance et le pire, c’est qu’il a raison. Je n’avais pas du tout envie d’aller passer la journée dans le village à nous faire arrêter toutes les cinq minutes par quelqu’un pour discuter et à devoir jouer les potiches pendant que Rinko sociabilisait.

-         Tu ne nies même pas, souligne-t-il, victorieux.

-         Non, je ne vais pas le nier… mais je ne suis pas en froid avec Rinko, contrairement à toi.

-         J’ai passé une très bonne après-midi, dommage que tu m’aies piqué la place, reprend-il.

-         Je ne t’ai rien piqué, j’y étais avant toi ! me défends-je.

-         Nous aurions pu lire tous les deux…, dit-il alors d’une voix douce.

Il me scie encore en deux et ma mâchoire se décroche sous l’incompréhension. A quoi joue-t-il encore ?

-         Pour que tu sois désagréable ? Non merci…, grogne-je.

-         Je n’aurais pas été désagréable…, précise-t-il d’une petite voix hésitante.

-         Bah tiens, je vais te croire…, argumente-je mollement.

Tout dans son attitude actuelle me pousse pourtant à le croire. Il est tout doux, timide, je ne comprends rien à ses changements d’humeur.

-         Je suis venu en fait… Je voulais te demander si je pouvais me mettre avec toi, mais tu dormais, commente-t-il alors.

Oh mon dieu. Ça me rend bien plus heureuse que ça ne le devrait, et mon cœur s’emballe carrément tandis que je réfrène à grande peine un sourire.

-         Tu n’avais qu’à t’installer puisque je dormais, réplique-je en tâchant de conserver un petit ton hostile.

-         J’y ai pensé… Mais je craignais de te faire peur.

-         Me faire peur ?

-         De te réveiller à côté de quelqu’un alors que tu étais seule en t’endormant ? Oui, carrément Hanako. Je ne savais même pas si je te dérangerais, je n’allais pas m’installer sans te poser la question…, dit-il comme si ça tombait sous le sens.

-         Je n’ai pas le monopole sur cet arbre, souligne-je.

-         Contrairement à ce que tu as l’air de croire, je suis quelqu’un de respectueux.

-         Oui, j’ai amplement vu ça pendant notre soirée tous les deux, avant que tu ne changes radicalement de comportement.

Bon, voilà, le sujet est lancé. Il me regarde sans répondre, il a l’air contrarié.

-         J’espère que mon livre te plait, insiste-je.

-         Oui, il est vraiment bien, répond-il tranquillement.

Non mais il se moque de moi ? Ça ne me convient pas, je veux comprendre, je veux que nous nous expliquions, que les choses évoluent entre nous !

-         Pourquoi tu te comportes comme tu le fais ?! m’écrie-je alors.

-         Je n’ai rien fait !

-         Tu fais du mal à Rinko ! Tu te rends compte du mal que tu lui fais au moins ?!

-         C’est un grand garçon ! Il s’en remettra ! Et puis il a déjà bien assez de chance comme ça ! s’énerve-t-il.

-         Bon sang mais comment peux-tu passer de gentil à sans cœur en un claquement de doigts Kakashi ?! On m’avait parlé de toi avant que je ne te rencontre, on m’avait dit que tu étais froid et distant, je ne voulais pas le croire après la soirée qu’on avait passé ensemble et pourtant regarde-toi ! Tu mérites amplement ta réputation, sans même parler de ton humeur de chien, tu dis parfois des choses vraiment blessantes ! Je ne t’ai rien fait Kakashi ! C’est injuste ! crie-je.

-         Et je peux savoir ce que je t’ai dit de méchant au juste ?

-         Tu m’as dit deux fois que tu te foutais de moi complétement, ce n’est pas particulièrement gentil. Alors si tu le penses, d’accord, mais tu n’es pas obligé de me l’envoyer à la figure ! crie-je.

-         Je n’ai pas dit ça !

-         Bien sûr que si !

-         Et bien ce n’est pas ce que je voulais dire.

-         Peu importe, il ne s’agit pas de moi mais de Rinko. Qu’est-ce que tu lui rapproches ?

-         Je ne peux pas te le dire, avoue-t-il d’une voix calme.

-         Mais si, dis-le moi, qu’on en discute, qu’on cherche une solution. Je ne peux pas supporter d’être la cause de vos tensions, ce n’est pas ce que je cherche Kakashi, pas une seconde. Si tu veux passer des soirées avec lui alors je te les laisserai sans problème, je te l’assure, ça m’est égal !

-         Si ça t’est égal de passer du temps avec lui, alors pourquoi sors-tu avec ?! demande-t-il vivement.

-         Je…

Il me coupe l’herbe sous le pied, je ne sais même pas quoi répondre à ça. J’aime passer du temps avec Rinko, c’est juste que… ça ne me dérange pas de pas le voir. C’est vrai que ça doit être dur à comprendre d’un point de vue extérieur.

-         Ecoute, je… je n’ai jamais vraiment eu de petit-ami… je ne sais pas trop comment me comporter …, commence-je à m’expliquer avant de me taire.

Ça ne le regarde pas du tout. Pourquoi je lui raconte une chose pareille ? Et puis de quoi il se mêle ?

-         Tu n’as jamais eu de relation ? demande-t-il avec curiosité.

-         Mais… ça ne te regarde pas... Je ne te pose pas ces questions ! réplique-je en rougissant.

-         Ça ne me dérange pas d’y répondre, je n’en ai jamais eu.

Je le regarde comme s’il était fou, et il l’est je crois, je ne vois pas trop d’autres options à ce stade. En tout cas, il me surprend tellement à s’ouvrir sur sa vie privée que je lui réponds :

-         Moi non plus, pas vraiment, je suis vaguement sortie quelques semaines avec un garçon dont je me fichais royalement lorsque j’avais une vingtaine d’années.

-         Pourquoi es-tu sortie avec alors ?

-         Je ne sais pas, pour faire comme mes copines je suppose... Ça s’est mal passé.

-         Mal passé ? Pourquoi ? demande-t-il avec une curiosité pas même voilée.

Je soupire longuement. Je ne comprends décidemment pas ce garçon, qui a l’air plus prompt à discuter tranquillement de ma vie amoureuse que de ses problèmes actuels avec son meilleur ami.

-         Arrête de changer de sujet Kakashi… Dis-moi pourquoi tu en veux à Rinko ? demande-je d’un air las.

-         Il me tape sur les nerfs dernièrement, je ne contrôle pas.

-         Et tu y as réfléchi ? Aux raisons ? demande-je.

-         Oui, mais je n’ai pas envie de te les dire.

-         Tu devrais en discuter avec lui, je suis sûre qu’il fera ce qu’il faut pour que ça aille.

-         Je ne peux pas lui dire, fais-moi confiance. Et je ne peux pas attendre de lui qu’il fasse ce qu’il faut non plus, je suis coincé Hanako…, chuchote-t-il en fronçant les sourcils.

Je ne peux pas l’aider s’il ne m’en dit pas un peu plus…

-         Alors tu préfères lui faire la tête et lui faire du mal, plutôt que de lui dire ? demande-je.

Il saute alors sur ses pieds, si rapidement qu’il me fait sursauter.

-         Mais je ne peux pas faire autrement ! Je te dis que je n’y arrive pas ! C’est plus fort que moi ! Il reste mon meilleur ami mais là, je ne peux pas ! s’écrie-t-il avec colère.

-         Mais pourquoi ?! hurle-je avec désespoir.

-         Bon sang mais occupe-toi donc de ce qui te regardes ! Mais de quoi tu te mêles au bout d’un moment ?! Tu es tout juste sa copine depuis trois jours et tu viens fourrer ton nez dans notre amitié qui dure depuis des années ! m’accuse-t-il.

-         Pour vous aider !

-         Personne ne t’a demandé de nous aider que je sache !

-         C’est ce qui s’appelle être gentille ! me défends-je.

-         Non, c’est ce qui s’appelle être envahissante et intrusive !

J’ai l’impression qu’il vient de me mettre une claque alors que je voulais juste sincèrement les aider. Les larmes me remontent aux yeux automatiquement, je suis encore une fois blessée par cet idiot au cœur de pierre, je ne supporte plus qu’il me crie dessus.

Pourquoi est-il si méchant ? Pourquoi ne peut-il pas juste discuter de tout ça gentiment et calmement ? Cette fois j’en ai marre, j’abandonne pour de bon, ils n’ont qu’à régler leurs histoires entre eux, c’est vrai ...

-         Tu as raison, je ne m’en mêlerai plus, tant pis pour vous.

-         Ah, enfin, il n’est pas trop tôt ! siffle-t-il.

Son regard est furieux, encore une fois, et il me blesse, encore une fois.

-         Tu es vraiment un gros con Kakashi !! crie-je.

Ça me fait un bien fou tiens, je me retiens de lui hurler à la figure depuis bien trop longtemps et ça me soulage profondément. Je tourne ensuite rageusement les talons pour partir, mais je le sens qui attrape mon bras fermement.

Il me retourne alors vivement face à lui, sans me lâcher, et il plante son visage à une dizaine de centimètres du mien avec l’air menaçant :

-         Je te demande pardon… ? gronde-t-il de sa voix sombre.

Toute ma colère s’évanouit, mon corps frissonne des pieds à la tête et je rougis comme une dingue pour la dixième fois de la journée. Sa proximité plus son contact physique sont visiblement beaucoup trop d’émotions à gérer pour mon corps, puisque mon bras qu’il tient toujours avec fermeté ne quitte plus sa chair de poule.

Je fixe son visage sans bouger, mon cœur tambourine dans ma cage thoracique et je sens une tension qui s’installe entre nous, une tension qui dépasse complétement notre prise de bec, une tension qui m’électrise des pieds à la tête, qui me donne envie de lui hurler dessus plus fort ou de l’embrasser passionnément, au choix.

Il a toujours son regard sévère, je me noie complétement dedans tandis que mon corps me hurle de baisser son masque et de me jeter sur ses lèvres… Tout ça n’a pas de sens, c’est illogique, nous sommes en train de nous crier dessus, pourquoi ai-je envie de l’embrasser aussi fort ? Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ?!

-         Tu es un gros con…, souffle-je.

-         Tu ne m’insultes pas, ordonne-t-il avec autorité en me rapprochant encore de lui.

J’ouvre les yeux en grand alors qu’il me rapproche encore de son visage.

 Il ne se rend pas compte de ce qu’il fait, il faut qu’il arrête immédiatement. Je suis de plus en plus fébrile, plus les secondes passent et moins j’arrive à rester dans notre dispute, plus je me concentre sur sa main chaude qui serre fermement ma peau, sa fragrance divine qui me chatouille le nez et me replonge dans mes souvenirs… emmitouflée dans sa veste sous mon cerisier…

J’ai envie qu’il m’embrasse, c’est trop pressant, et avant même que je ne le réalise, mon esprit est déjà en train de jouer des scènes tout seul. Je me vois lui arracher son masque et l’embrasser passionnément, je le sens presque retirer mes habits avec urgence, en me disant que nous ne pouvons pas faire ça… Ma bouche s’assèche et mon ventre se crispe avec violence, mon bas-ventre plus précisément, qui n’attend que lui.

Sa simple main sur mon bras est-elle réellement en train de me rendre folle de désir ? Est-ce une plaisanterie ?

-         Compris ? ajoute-t-il de sa voix ferme.

Je ne sais même plus de quoi il parle, je suis perdue très loin dans mes pensées, dans un monde où il m’embrasse et me désire, où il me déshabille et me caresse…

Son œil tombe alors sur mes lèvres et lorsque j’entends son souffle plus court qui fait écho au mien, c’en est définitivement fini de moi. Il réveille tout mon corps pour de bon, mes nerfs s’enflamment les uns après les autres, une chaleur ardente se diffuse dans mon moi le plus intime. Je le désire si fort que c’est lancinant, que j’ai besoin de le toucher, et je ne contrôle pas ma main qui se pose sur son avant-bras qui me tient.

Je glisse mes doigts sur son avant-bras, je découvre ses muscles saillants, sa peau brûlante, sa douceur… je suis en train de vriller complétement. Je savais que je devais me tenir loin de lui. Je le savais bon sang !

Il baisse le regard sur ma main qui le caresse et j’entends son souffle qui accélère encore un peu à mesure que je touche sa peau.

-         Qu’est-ce que tu fais… ? demande-t-il d’une voix trop rauque pour être honnête.  

-         Je n’en ai pas la moindre idée…, murmure-je avec honnêteté.

-         Arrête…, chuchote-t-il.

Je relève ma main de sa peau à contre-cœur mais il ne me lâche toujours pas. Il le faut pourtant, il a raison, il ne faut pas que nous fassions ce genre de chose, c’est carrément bizarre...

-         Lâche-moi…, murmure-je avec douceur.

Il relâche mon bras et nous regardons encore une seconde.

-         Je vais y aller…, dis-je doucement, peu convaincue.

-         Oui…, acquiesce-t-il sur le même ton.

Je baisse les yeux, pour me soustraire à son enchantement puissant, et je trouve la force de filer de cette pièce où l’ambiance est encore chargée d’électricité.  

Je m’enferme dans ma chambre, le cœur encore battant.

Je ne veux pas réfléchir à ce qu’il vient de se passer, je ne veux surtout pas y réfléchir, je n’ai rien fait, j’ai simplement touché son bras ! Et puis Rinko m’a dit que c’était normal de trouver d’autres hommes attirants ! Mais beaucoup plus attirants que lui ? Non, non, non, je ne veux pas penser à tout ça !

J’enterre au plus profond de ma tête ce qu’il vient de se passer et ce que j’ai ressenti. Ça ne sert à rien de toute façon, à rien du tout. Kakashi est un con, ce n’est pas parce que j’ai envie de l’embrasser que ça change quoi que ce soit à son caractère et encore moins à ma relation avec Rinko !

*

En début de soirée, Rinko fait irruption dans ma chambre en ouvrant ma porte en grand, l’air euphorique :

-         Ça te dit un restaurant ?! s’exclame-t-il joyeusement.

-         Mais non j’ai dit que je vous laissais tous les deux…

Je suis interrompue par l’arrivée de Kakashi, qui passe ma porte avec les mains dans les poches, le visage ouvert et l’air détendu.

-         Viens avec nous ! continue Rinko.

-         Non, surtout pas, je ne veux pas…

-         C’est bon. Viens avec nous, je ne ferai pas mon « gros con », intervient Kakashi.

Rinko a un sourire jusqu’aux oreilles, visiblement ça va beaucoup mieux entre eux et ça me rend très heureuse.

-         Vous préférez sans doute vous retrouver…, insiste-je.

-         Il dit qu’il aimerait mieux te connaitre ! s’enthousiasme Rinko.

Est-ce encore une plaisanterie ? Après la dispute et le moment gênant qui vient d’avoir lieu entre nous ? Ce garçon a un drôle de sens du timing.

-         Euh…

-         Elle est un peu « con con » ta copine non ? me pique Kakashi.

Il me hérisse déjà, mais je vois à son petit air qu’il l’a fait exprès et ça me calme.

-         Un « gros con » et une « con con », te voilà bien entouré Rinko…, rétorque-je.

Ce dernier rit, heureux comme un pinson, tandis que Kakashi sourit je crois.

-         Allez viens ! lance Rinko en me tirant par la main pour me lever de mon lit.

Nous partons une minute plus tard tous les trois dans les rues du village. L’ambiance n’est pas tendue, Rinko fait la conversation tout seul, comme souvent, en trainant ses deux introvertis préférés derrière lui. Nous choisissons un restaurant un peu au hasard puisque nous ne connaissons pas le village et nous ne tardons pas à nous assoir à une table. Je suis à côté de Rinko et Kakashi est en face, entre nous.

Nous nous absorbons dans les menus, en silence.   

-         Je vais prendre le poisson…, commente-je.

-         Et moi les grillades, réplique Rinko.

Fin de la conversation. C’est un peu gênant tout de même.

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