Une idée me vient alors, pour aborder le sujet sans mentionner le prénom de Kakashi :
- Rinko, tu as déjà parlé… de plans à trois…, commence-je.
Il hausse un sourcil étonné :
- Oui ?
- J’aimerais savoir comment ça s’est passé pour toi, ce que tu as ressenti, si tu l’as fait avec une copine ou pas…
Il me regarde, un peu hésitant.
- Je t’assure que j’ai besoin de parler de ça, dis-je.
- Si tu n’es pas pour, il n’y a vraiment aucun problème…, commence-t-il.
- Effectivement, je ne suis pas pour ! m’offusque-je.
- Alors qu’est-ce que tu veux savoir dans le fond ?
- As-tu déjà fait ça avec ta petite amie ?
- Oui.
- Avec un homme ou une femme ?
- Les deux, séparément, précise-t-il.
Je lève les yeux au ciel. Ça m’agace un peu mais bon, passons.
- Et ça t’a plu ? demande-je.
- Oui, ça change. C’est sympa.
Il est tout hésitant, il craint sans doute de me braquer.
- Et quand tu as couché avec deux femmes, tu n’étais pas amoureux de la deuxième ? Tu n’avais aucun sentiment bizarre ?
- Non, juste pour ma copine de l’époque.
- Mais comment ça se fait, comment … je ne sais pas…, bafouille-je.
- Ce n’est que du sexe, ça ne veut rien dire. Ce n’est pas parce que j’ai couché avec elles deux que ça veut dire que je les considérais pareil. C’est comme jouer à un jeu, ce n’est que du plaisir, c’est charnel, rien de plus.
J’hoche la tête en réfléchissant :
- Et quand vous étiez deux hommes, ça ne t’a rien fait ? De la voir littéralement coucher avec un autre devant toi ?
- Non, on était clairs, c’était plus excitant que gênant…
J’hausse les sourcils, ça me parait lunaire.
- Mais … tu n’as aucune jalousie vis-à-vis de ça ?
- Bah non, ce n’est que du plaisir. C’est comme jouer à un jeu encore une fois, si elle n’avait pas envie de sortir avec moi, elle n’avait qu’à me quitter. Les sentiments et le sexe sont des choses tellement différentes à mes yeux.
- Et le fait que ton ex soit excitée par cet homme, ça ne t’a rien fait ? demande-je en me rapprochant doucement mais surement du sujet qui m’intéresse.
- Bah non, heureusement qu’elle l’était, sinon ça aurait été glauque… C’était consenti hein ! dit-il en riant.
- D’accord… Alors tu ne verrais pas le problème que je sois excitée par quelqu’un d’autre ? demande-je d’une voix que je veux assurée.
Mais il fronce les sourcils et mon cœur accélère un peu.
- Bon, crache le morceau Hanako, dit-il alors.
Je reste silencieuse, incapable de lui dire les choses et il réfléchit, faisant les liens dans sa tête.
- C’est pour ça que tu as pris plus de plaisir ? demande-t-il avec une tête impassible.
Aïe, aucune idée de ce qu’il en pense. Il va falloir que je choisisse l’honnêteté et voir ce qu’il se passe.
- En fait… d’habitude j’essaie de me concentrer sur ce que tu fais, ce que je ressens… Et tout à l’heure, j’ai… pensé à autre chose.
- C’est-à-dire ?
- Et bien au lieu de penser à ce que je ressentais, j’ai pensé à quelque chose qui … m’excite, avoue-je en couinant de honte.
Il éclate alors de rire et je me détends enfin, soulagée.
- C’est tout ?! demande-t-il.
- Bah … oui. Et ça a marché, ça a tout changé, glisse-je encore.
- Mais enfin, pourquoi je t’en voudrais ? Parce que c’est bien de ça que tu as peur ?
- Oui, souffle-je.
- J’étais ravi que tu prennes du plaisir. Nous avons tous des choses qui nous excitent, plus ou moins inavouables, le plaisir est tellement cérébral… Si ça fonctionne pour toi, alors je ne t’en tiendrai jamais rigueur. Je ne sais pas à quoi tu pouvais bien penser…
Il me regarde avec curiosité.
- C’est carrément inavouable, dis-je d’une petite voix.
Il rit encore :
- Coquine, j’aimerais bien savoir.
Je réfléchis à ses paroles quelques secondes. C’est trop étrange, il est trop étrange, j’ai besoin d’être plus précise pour ôter ma culpabilité alors je m’explique un peu :
- Donc, admettons que j’ai pris du plaisir en pensant aux abdos du second Hokage, tu t’en fiches ? demande-je.
- Oui. Mais je t’en prie, dis-moi que tu ne pensais pas aux abdos d’un homme que tu n’as jamais connu et qui est mort ?! s’exclame-t-il en riant.
- Non, c’était un exemple.
- Si je pensais aux seins de Tsunade alors qu’on couche ensemble, ça te poserait problème ? demande-t-il avec légèreté. Sachant que je me fiche royalement de cette bonne femme.
Ça ne me mettrait pas en confiance, puisque j’ai une piètre estime de moi-même, mais je ne me sentirais pas blessée… je crois.
- Non je ne crois pas…, réponds-je donc.
- Tu vois ! claironne-t-il.
- Mais je n’aurais pas envie de le savoir ! précise-je vite.
Autant éviter qu’il me parle ouvertement de tout ça à cause de cette conversation, je suis loin d’être aussi ouverte que lui là-dessus.
- Moi non plus honnêtement, encore une fois, je préfère ne pas savoir et ne pas me comparer. Imagine que je te dise que je fantasme à mort sur les blondes, ça pourrait te blesser puisque tu es brune.
- Tout à fait…
Imagine que je te dise que je fantasme à mort sur ton meilleur ami, ça pourrait te blesser puisque tu n’es pas lui…
C’est vrai. Aucun sens de lui avouer, et ce serait même sans doute pire pour lui puisque c’est son ami.
- Merci d’être si ouvert et de discuter de tout avec moi, murmure-je.
- Merci de te confier à moi quand tu te poses des questions, réplique-t-il.
Je lui souris et nous nous embrassons encore un peu.