LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 209 : Point de vue de Rinko

3690 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 20/03/2026 11:43

Chapitre 209 : Point de vue de Rinko


Point de vue de Rinko


Ça fait au moins deux heures que nous dansons tous ensemble. Je m’éclate comme un dingue, je fais rire Hanako aux éclats, je la fais tournoyer dans tous les sens, je la penche en arrière, je la suspends à quelques centimètres du sol avant de la relever d’un geste vif…

Elle se laisse faire en toute confiance, sûre et certaine que je ne la laisserai pas tomber quoi qu’il arrive et elle ne gère pas grand-chose à part ses éclats de rire qui la secouent, ce qui me va de toute façon très bien puisque son rire est l’une des choses qui me font me lever le matin.

-         Ça suffit Rinko ! s’époumone-t-elle à travers ses rires.

-         Déjà fatiguée ?! l’embête-je.

-         J’ai soif ! Je meurs de soif ! réplique-t-elle alors que je la penche encore en arrière dans mes bras.

Elle a les yeux fermés, son sourire est éclatant et sa cage thoracique se soulève à un rythme soutenu pour essayer d’oxygéner son corps qui se fait secouer dans tous les sens. Lorsqu’elle ouvre les yeux, leur rose vif parfait le tableau, entre sa robe noire d’encre, ses cheveux sombres, les lumières tamisées, son sourire resplendissant… Sa beauté est surréelle, comme depuis que je la connais.

-         Alors crève de soif, faiblarde ! la taquine-je.

Comme chaque fois que je la taquine, sa bouche s’entrouvre et ses yeux s’écarquillent sous la petite indignation qu’elle essaie de me faire croire qu’elle ressent. Elle essaie de m’en coller une mais je désamorce son geste en la redressant contre moi, avant de la basculer de l’autre côté où je l’arrête à deux centimètres du sol tandis qu’elle s’accroche à mes épaules comme si sa vie en dépendait. Ses rires reprennent, elle s’étrangle à moitié en serrant ses petites mains sur mes trapèzes :

-         Pardon ! Je n’essaierai plus de te frapper ! Redresse-moi ! couine-t-elle en gloussant.

Je la redresse donc en la gardant dans mes bras, et elle s’accroche à mes biceps pour reprendre son souffle difficilement puisqu’elle rit en continu depuis deux heures.

-         Tu veux boire ? propose-t-elle en vrillant ses deux diamants roses dans mes yeux. 

-         Non, je suis heureusement plus endurant que toi, sinon le village aurait du souci à se faire ! réplique-je.

-         Crétin !

-         Crétine !

Cette fois, elle arrive à m’en mettre une, ce qui déclenche encore son hilarité avant qu’elle ne file à toute vitesse en direction de l’eau pour échapper à mes représailles. J’observe Kakashi la rejoindre immédiatement et il la couve des yeux tandis qu’elle lui explique avec animation à quel point elle est épuisée d’avoir tant danser. Il l’écoute avec toute son attention, je suis toujours agréablement étonné de constater qu’il peut écouter Hanako parler de n’importe quoi avec le même sérieux que lorsqu’il est avec le conseil, à prendre des décisions capitales pour le village. Depuis qu’ils sont vraiment ensemble, je crois que l’amour n’est même plus un terme assez fort pour décrire ce que je vois dans les yeux de Kakashi lorsqu’il la regarde et j’ai bien du mal à croire que j’ai pu rater ses sentiments pour elle. En tout cas maintenant, tout est en ordre. Kakashi et Hanako sont plus heureux que le bonheur lui-même et c’est tout ce qu’il me faut pour l’être moi aussi.

Je les rejoins et elle plisse les yeux avec humour en se terrant dans les bras de Kakashi, comme pour me défier de venir l’attaquer.

-         Tu es obligée de te terrer dans les jupons de ta mère ! ricane-je.

-         Tu parles ! s’offusque-t-elle. Je te mets la pâté quand je veux !

-         Des mots, toujours des mots…

Elle me saute évidemment dessus dans la seconde et c’est un bonheur de me battre avec elle deux petites minutes. Je lance des coups d’œil réguliers à Kakashi, histoire d’être sûr qu’il ne me sautera pas dessus d’un coup pour la défendre mais il nous observe tranquillement avec ses yeux les plus amusés.

-         Nullarde ! l’embête-je en arrêtant ses mouvements les uns après les autres.

Elle redouble ses attaque de moucheron, que j’arrête tout aussi facilement, et je ris comme un con en ne ratant rien de sa petite mine froncée que j’aime par-dessus tout. Elle déclare finalement forfait pour retourner se lover dans les bras de Kakashi, où elle boude en réprimant son sourire.

-         Ton échantillon de poche n’est pas très combatif, lance-je à Kakashi.

-         Elle fait de son mieux, réplique-t-il.

Nous rions tous les deux et Hanako baille largement en posant sa tête contre son torse. Il baisse le nez immédiatement pour la serrer contre lui :

-         Tu veux rentrer ? propose-t-il.

-         Je crois que oui, répond-elle en lui lançant un regard sublime.

Comme d’habitude, elle l’observe comme s’il était le soleil, le foutu centre de son monde et je souris de les voir aussi transis d’amour.

-         Je vous raccompagne aux portes, annonce-je.

Ils m’offrent tous les deux des regards heureux et nous nous mettons en route vers la sortie en discutant. Ils s’arrêtent sur le seuil pour que je finisse ma conversation avec Kakashi, puisque nous avons une mission prévue dans quelques jours et que nous choisissons les ninjas qui nous accompagneront.

Hanako nous écoute distraitement, les yeux rêveurs alors qu’elle s’endort à moitié contre lui et qu’il la tient dans ses bras en caressant doucement son dos. Ça me surprend toujours autant, de voir à quel point il est fait ça pour ça, pour prendre soin d’elle sans même y réfléchir. Il peut se concentrer sur n’importe quoi, discuter de choses et d’autres, il n’oublie jamais de lui témoigner une attention. C’est comme si une partie de lui était toujours entièrement consacrée à elle, comme si ses mains réfléchissaient d’elles-mêmes pour la cajoler alors que son esprit était concentré sur notre conversation.

 Il est dingue d’imaginer que ce type n’a jamais voulu de copine alors qu’il est le meilleur compagnon qu’il puisse exister en ce bas-monde à mes yeux… et je ne saurais être plus heureux que de savoir que c’est ce petit être merveilleux qui en profite. Elle ne mérite de toute façon pas moins que lui et inversement, ils sont faits pour être ensemble, parce que personne d’autre ne pourrait leur arriver à la cheville.

Elle baille encore et il embrasse tendrement son front en resserrant son étreinte autour d’elle. Elle est adorable, elle affiche une petite moue si mignonne alors qu’il la serre contre lui que je suis persuadé que n’importe qui aurait envie de la croquer toute crûe. En tout cas, elle est épuisée, j’ai rarement vu ses beaux yeux aussi fatigués.

-         Rentrez les mignons, sinon Hana risque de s’endormir debout, commente-je.

Elle me sourit avec douceur, ses longs cils ayant bien du mal à ne pas recouvrir ses yeux immenses où reflètent les lumières colorées de la salle derrière moi. Comme chaque fois qu’elle me sourit comme ça, ma journée s’améliore et je lui retourne mon sourire le plus sincère. Après quelques mots de plus, ils s’éloignent dans les rues sombres l’un contre l’autre et j’attends qu’ils disparaissent de ma vue pour rentrer en quête d’une charmante créature avec qui finir cette belle soirée.

*

Une petite heure plus tard, je discute avec la fille que je viens de séduire et je l’écoute me parler de ses problèmes avec sa sœur. Je ne suis pas vraiment dans la conversation, j’écoute mais ça ne m’intéresse pas plus que ça, j’ai de toute façon bien du mal depuis quelques temps à m’intéresser aux femmes comme je pouvais le faire avant. Cette fille a l’air adorable, mais il y a un quelque chose qui ne me convient pas. Peut-être ses yeux trop bleus, ou ses cheveux trop clairs… sa voix haut perchée ou son rire bruyant… je ne sais pas trop mais je me rends bien compte que ça ne le fera pas.

Honnêtement, ça m’emmerde. Me trouver une femme pour passer la nuit n’a jamais été aussi compliqué que ces dernières semaines, c’est comme s’il manquait quelque chose ou qu’il y avait quelque chose en trop… Il faut être honnête, je n’ai plus que deux choix : ou bien fermer les yeux sur ce qui ne me convient pas pour rentrer accompagné, ou bien m’extirper poliment et avec tact de cette conversation.

Qu’est-ce que je préfère dans le fond ? La réponse aurait été évidente avant, j’aurais largement préféré passer une nuit de folie avec elle en fermant les yeux sur les petites choses qui me déplaisent, tout simplement parce que cette fille est qui elle est, et je pars du principe que toutes les femmes sont belles et incroyables. J’arrivais toujours à ne voir que ce qui les rendait séduisantes, uniques… je repérais immédiatement leurs qualités, leurs charmes cachés, je trouvais de la beauté dans des détails qui les faisaient rougir jusqu’à la racine des cheveux… Je n’ai jamais été un séducteur qui voulait juste coucher avec des filles, j’ai toujours été un fan inconditionnel de la beauté féminine, sous toutes ses formes…

Mais alors que m’arrive-t-il ?

Mon esprit dérive vers les paroles de Mei, qui soutient que je serai un homme extraordinaire dans quelques années et je souris sans pouvoir le contrôler. Ces mots m’ont fait du bien, alors qu’ils m’auraient sans doute fait rire il y a quelques mois de ça… Ils m’ont fait du bien parce que je vois que les choses changent pour moi et que je crois que ça m’inquiétait un peu… Ça fait déjà quelques semaines que je réalise que j’aimerais une copine, une vraie, qui me regarde comme Hanako regarde Kakashi… C’est elle qui est à l’origine de tout ça de toute façon, elle qui m’a donné envie… mais je n’ai pas réussi à me calmer assez vite, je n’ai pas réussi à comprendre assez rapidement à quel point mes conneries ne passeraient jamais pour elle… Enfin, tout ça n’est pas un mal puisque je n’aurais jamais pu rivaliser avec Kakashi.

En tout cas, force est de constater qu’Hanako m’a fait changer et qu’elle continue de le faire, même en sortant avec mon meilleur ami. Je ne veux pas d’une nuit avec la petite blonde devant moi, ça ne m’intéresse plus, c’était un simple réflexe. Je veux une fille que j’admire, que j’adore littéralement, une fille qui me fait tourner en bourrique, qui me rend complétement docile simplement d’un regard… La fille qui me laisse libre de coucher avec qui je veux, mais qui sans même le vouloir, me donne envie de lui être fidèle, simplement parce que je ne retrouve pas sa perfection chez une autre… Je l’ai compris trop tard avec Hanako, je savais qu’elle était sublissime, mais j’ai compris qu’elle était parfaite trop tard, après quelques semaines de fréquentation, quand notre relation était déjà foutue, quand elle me fuyait comme la peste pour courir se jeter dans les bras de Kakashi…

Mes yeux se promènent distraitement sur la salle et lorsqu’ils s’arrêtent sur Nakama, seule à une table, je ne peux plus détourner le regard alors qu’un sourire pointe sur mes lèvres. Je m’excuse rapidement auprès de la fille en face de moi qui affiche ses yeux les plus déçus et je me dirige vers Naka.

-         Alors ? Il aura fallu que tu attendes l’avant-veille de ton départ pour finalement faire la fête à Konoha ? demande-je.

-         Et bien il faut croire que oui… mais ça valait le coup, j’ai passé une super soirée, répond-elle en souriant.

-         Je pensais que tu partirais en même temps que Kakashi.

-         Je ne vais pas tarder… je voulais juste profiter encore un peu… Je regarde Mei et Shin danser…

Je lance un regard à nos amis, qui dansent tous les deux en riant alors que Nakama est seule à sa table. La musique change pour ralentir, un slow se met en place et tout le monde cherche un partenaire sur la piste. Nakama observe tout ça en souriant toujours, mais je lis presque une pointe de tristesse au fond de ses beaux yeux sombres. Je risque de me prendre un refus, mais je ne peux pas m’en empêcher et je lui tends une main :

-         M’accorderais-tu cette danse ? propose-je.

Elle observe ma main, puis son sourire s’élargit :

-         Tu sais quoi ? Je crois que oui, accepte-t-elle.

L’adrénaline se déverse dans mes veines alors qu’elle saisit ma main et je la relève de sa chaise pour l’entrainer sur la piste, heureux de voir le sourire qui ne quitte pas ses lèvres. Elle passe ses bras autour de ma nuque et j’ai le bonheur de poser mes mains sur ses hanches sans qu’elle ne m’envoie me faire voir. C’est un bonheur et je me plonge dans ses yeux heureux alors que nous commençons à danser tous les deux.

-         Je n’y croyais pas trop, commente-je en souriant.

-         Et pourtant… Comme quoi, tout arrive Renko, plaisante-t-elle.

-         Effectivement Nakoma, l’embête-je en retour.

Elle penche la tête sur le côté en parcourant mes traits avec douceur, c’est la première fois que je la vois comme ça, aussi peu sur la défensive.

-         Tu es vraiment un drôle de garçon, dit-elle finalement.

-         Un garçon extraordinaire, souligne-je en citant Mei.

-         Il me semblait avoir compris que tu serais extraordinaire dans quelques années, réplique-t-elle en haussant un sourcil.

Nous rions tous les deux et elle resserre ses bras autour de ma nuque :

-         Je te remercie de m’avoir proposé de danser… Je ne connais personne…

-         C’est faux, il me semble bien t’avoir vu passer une soirée avec toute une petite bande bien sympathique qui m’a eu l’air de t’apprécier.

-         Surtout Hanako, c’était criant, plaisante-t-elle.

Nous rions encore mais je me dois de la rassurer :

-         Elle te déteste par principe, il faut dire que tu l’as un peu malmenée ces derniers temps… Mais c’est une fille en or, tout ça passera et je suis sûr que vous serez amies un jour ou l’autre… Si tu es proche de Kakashi, elle finira forcément par te parler, elle ne passera pas toute sa vie à te faire la tête quand tu viendras en vacances ici.

-         Pourquoi donc vous obstinez-vous à croire que je viendrai à Konoha pendant mes vacances ?! s’amuse-t-elle. J’ai une vie sociale à Suna vous savez !

-         On sent ces choses-là… Je sens toujours quand quelqu’un fera partie de mes amis proches… Et ne parlons même pas de Kakashi, il ne te laissera jamais t’éloigner de lui maintenant que tu fais partie de ses quatre seuls amis.

Elle rit encore, en rejetant la tête en arrière, et je suis heureux de la faire rire.

-         Il m’a plus ou moins demandé de déménager ici, glousse-t-elle.

-         Kakashi ne connait pas la mesure… Il est comme ça. Enfin, si tu voulais passer tes vacances ici, ce que tu feras, tu peux aussi venir chez moi… Je serais ravi de me serrer pour te faire de la place, plaisante-je en lui sortant mon sourire le plus séducteur.

Elle secoue la tête en me sortant ses yeux faussement agacés :

-         Et voilà, ton naturel revient vite, commente-t-elle. Je n’avais pas encore quoi que ce soit à te reprocher depuis que tu m’as invité à danser, il était temps d’y remédier il faut croire…

-         Arrête, je plaisante et tu le sais.

-         Bien sûr que je le sais.

Elle se serre un peu plus contre moi, et je me permets de passer directement mes bras autour de sa taille plutôt que d’avoir seulement les mains sur ses hanches. Elle ne s’en offusque pas, elle se cale contre mon torse pour danser tranquillement sur le rythme doux de la musique. Décidément, je ne l’ai jamais vu comme ça avec moi et ma curiosité prend le dessus :

-         Je te trouve beaucoup plus cool avec moi, commente-je.

-         Plus cool ?

-         Plus gentille, plus douce même… C’est comme si tu baissais ta garde, chuchote-je.

Elle relève le nez de mon torse et elle glisse ses yeux sur mon visage quelques secondes, comme si elle pesait le pour et le contre de me confier ses pensées. Je reste muet en l’interrogeant du regard et ma patience paie puisqu’elle se lance :

-         J’étais comme ça pour te tenir à distance de moi… Déjà parce que tu es un mufle, mais surtout parce que j’avais peur que tu t’attaches pour de bon à moi… Kakashi m’a donné l’impression que je t’avais réellement tapé dans l’œil… alors je suis restée dans cette dynamique électrique pour te dissuader.

-         Et quelque chose a changé ? Je veux dire, tu es radicalement différente ce soir, en ce moment même… Et évidemment que tu m’as tapé dans l’œil Nakama, je… je trouve qu’on s’entend bien, que ça pourrait vraiment cliquer entre nous… Je crois que je t’apprécie réellement, que je … que j’ai des sentiments pour toi, que je suis … amoureux, je ne sais pas, admets-je d’une petite voix.

-         Oohh… Rinko…, murmure-t-elle.

Elle me regarde avec une gentillesse dingue, des yeux doux comme du velours, elle parcourt encore mon visage avec toute la bienveillance du monde, peut-être même un peu de peine, jusqu’à ce que sa réponse me scie en deux.

-         Tu n’es pas amoureux de moi Rinko, tu es amoureux d’Hanako...

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