LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)
Chapitre 226 : Hanako et Nakama
Point de vue d’Hanako
Je passe la journée entière avec Nakama dans le village de Suna, puisque nous sommes bien décidées à disparaitre sans nouvelles pour donner une leçon à Kakashi, qui tournera comme un lion en cage toute la journée.
Au début, c’est un peu gênant. Mais plus les heures passent, plus nous faisons les boutiques et mangeons des glaces, plus nous sommes à l’aise. En fait, je crois que cette journée est exactement ce qu’il nous fallait pour que la glace se brise pour de bon et que les rancœurs s’effacent, une journée où je suis forcée à rester avec elle, forcée d’admettre qu’elle est gentille et très drôle, forcée de constater que je l’aime bien. Et puis, cette soufflante commune envers Kakashi a de toute façon scellé un lien entre nous, un lien entre femmes qui tiennent à lui. Nakama avait cette image de femme qui le désire, qui essaie de me le voler… alors qu’elle vient de me prouver qu’elle préfère qu’il ne lui arrive pas de problèmes plutôt que l’homme qui lui a fait du mal ne soit puni… je ne connais pas beaucoup de personne aussi désintéressée que Nakama, aussi bienveillante…
Aussi, en début d’après-midi, je laisse enfin complétement tomber mes barrières envers elle et je la laisse découvrir la vraie Hanako. Nous passons des heures à discuter et à rire à partir de là, à apprendre à nous connaitre pour de bon, à critiquer Kakashi comme deux vilaines pies.
En fin d’après-midi, nous sommes au bord d’une fontaine dans Suna, les jambes dans l’eau pour nous rafraichir au mieux sous cette journée brûlante, et je m’ouvre à elle. Embêtée d’avoir appris de façon plus ou moins forcée ce qui lui est arrivée, je décide de me confier sur des choses personnelles à mon tour, de lui raconter mon passé avec Izumi, le mal que ça m’a fait, les doutes que ça a créé en moi… ce n’est pas grand-chose, mais j’imagine que ça la touche que je lui partage une histoire aussi intime. Et j’ai raison, parce qu’elle me raconte dans la foulée ce qui lui est arrivé, tout ce qui lui est arrivé, alors qu’elle ne l’avait jamais fait mis à part mentionner à Rinko la situation.
Elle passe deux bonnes heures à me parler de tout ça, à me raconter les choses pour les sortir à quelqu’un, alors que des larmes roulent sur ses joues et que je la réconforte avec douceur. Plus j’entends son histoire, moins j’en veux à Kakashi, parce que ce type n’a eu que ce qu’il méritait. En tout cas, quand elle termine son récit, elle essuie ses larmes et reprend du poil de la bête, en me répétant que tout ça est passé, digéré au mieux que ça puisse l’être, mais qu’il est bon de se confier à une femme.
Pour lui changer les idées, je lui offre une énième glace, nous parcourons encore quelques boutiques, puis nous nous décidons finalement à rentrer, bras dessus bras dessous, après neufs heures loin de la maison.
*
Quand nous débarquons, je ne suis pas surprise de trouver Kakashi planté devant la porte d’entrée et je suis persuadée qu’il y a passé la journée, à attendre notre retour sans savoir quoi faire d’autre. Nous lui passons devant, le nez en l’air, toujours agrippées l’une à l’autre, sans faire cas de lui. Il nous suit évidemment sans un mot, et nous échangeons un regard complice, puisque nous avions parié sur le chemin du retour qu’il agirait comme ça. Bien décidées à profiter de la piscine, nous nous séparons finalement pour nous mettre en maillots de bain, puis je vais m’installer sur un transat au bord de l’eau pour bronzer un peu.
Au bout de deux minutes maximum, je sens une ombre qui me cache et j’ouvre un œil. Kakashi est planté au bout de mon transat avec son air penaud, et je dois me mordre la joue pour réprimer un rire.
- Tu me caches le soleil, dis-je avec toute la mauvaise humeur dont je peux faire preuve.
Il se décale immédiatement, pour venir s’agenouiller à côté de moi, vers ma tête.
- Je suis désolé mon ange, vraiment désolé… je n’aurais pas dû disparaitre comme ça sans prévenir, encore moins aller tabasser un homme sans t’en parler, mais je n’arrivais pas à dormir, je n’arrivais pas à… laisser couler alors que…, murmure-t-il d’une petite voix.
J’ouvre encore un œil pour le regarder en coin, pour admirer son joli visage torturé par la culpabilité.
- Mh…, marmonne-je.
- Je suis navré mon amour…, geint-il encore.
- Va donc t’excuser auprès de Naka, réplique-je. Je t’en veux, mais ça passera… Et puis tu l’as plus ou moins forcée à me dévoiler son plus grand secret… alors que tu ne la verras pas souvent… elle est très remontée.
- Je veux d’abord m’excuser auprès de toi…
- J’apprécie, mais va t’excuser auprès d’elle, je t’assure que c’est ce que je veux… je verrai si je te pardonne quand elle t’aura pardonné…
Il hoche la tête et embrasse ma main longuement, avant de se lever pour se mettre à la recherche de Nakama. J’aime autant qu’il la voie avant, je suis bien contente de me dire qu’elle lui passera encore une bonne soufflante et je veux surtout qu’ils profitent l’un de l’autre maintenant que je l’apprécie sincèrement.
Dès que je me retrouve seule, mes yeux tombent sur Rinko et Mei en face de moi, de l’autre côté de la piscine. Elle est allongée sur le ventre sur un transat, et il détache son haut de maillot pour lui mettre de la crème solaire avec application, en laissant trainer ses grandes mains sur son dos avec toute la douceur dont il peut faire preuve. Ça me donne immédiatement le sourire, encore plus quand je vois celui qu’elle affiche en relevant le nez pour le remercier et qu’il embrasse sa joue. Lorsqu’elle se rallonge, il ne sait visiblement plus quoi faire et nos yeux se croisent, alors j’en profite pour lui dire de venir vers moi d’un mouvement de main. Il s’exécute, et une minute après, il est assis au bout de mon transat tandis que je me redresse.
- Alors, tu en veux encore à Kakashi ? demande-t-il en le cherchant du regard.
- Pas vraiment… je le laisse encore mariner un peu mais l’orage est passé, ne t’en fais pas.
- Il était vraiment mal aujourd’hui, dit-il d’une voix grave pour tenter de le faire marquer des points.
- Je ne t’ai pas fait venir pour ça ! ris-je. Je suis bien plus intéressée d’apprendre ce qu’il se passe entre toi et Mei ? Vous me semblez bien proches ?
Il rougit légèrement en détournant la tête et je m’excite immédiatement en le pressant pour qu’il me raconte, ce qu’il finit par faire :
- Tu te souviens de la soirée au bar de Konoha ? Celle où j’ai dansé avec elle pour la première fois ? demande-t-il.
- Evidemment ! Que s’est-il passé ?
- Et bien… elle m’a… ramené chez elle, admet-il en rougissant un peu plus.
- Vraiment ?!
- Ouai… je … Bon, je te fais pas un dessin, j’ai passé une nuit incroyable… mais vraiment incroyable… Et depuis, c’est… je ne sais pas, nous nous sommes revus, nous sommes allés au restaurant, nous promener tous les deux, je passe souvent la voir à l’hôpital… on passe beaucoup de temps ensemble…
- Mais c’est merveilleux… pourquoi as-tu l’air si triste ? m’inquiète-je.
- Parce qu’elle ne veut pas aller plus loin… Elle refuse de me revoir comme ça, de m’embrasser ou de repasser une nuit avec moi…
Je fronce les sourcils, plutôt étonnée.
- Ça ne ressemble pas à Mei, commente-je. Elle est… disons que si votre nuit était incroyable… j’ai du mal à croire qu’elle n’ait pas eu envie de recommencer… Tu es sûr que… ?
- Oui, je suis sûr Hana… Je n’ai pas inventé l’alchimie entre nous et elle me l’a de toute façon dit le lendemain matin… Et puis elle me dit toujours que je suis trop parfait, trop adorable, trop tout… mais trop. Je ne comprends rien, je vois qu’elle aime passer du temps avec moi, je vois qu’elle me cherche autant que je la cherche, qu’on se plait pour de vrai… Si je ne vais pas la voir deux jours de suite, alors crois-moi, c’est elle qui se débrouille pour me tomber dessus… On dirait qu’elle refuse de se laisser vivre quelque chose avec moi, comme si elle avait peur, je n’arrive pas à mettre le doigt sur ce qui cloche.
- C’est étrange… surtout si elle t’a confirmé que votre nuit lui a plu le … attends une minute, le lendemain matin ? Tu as dormi chez elle ?! demande-je d’une voix abasourdie.
- Bah ouai, le soir où on a couché ensemble… Je l’ai rejoint à la cuisine le matin, elle lisait un livre, elle avait l’air heureuse, détendue… c’était super, on n’arrivait pas à arrêter de s’embrasser, de nous chercher, de nous caresser… Tout ça a terminé au pieu, puis j’ai dû partir pour le boulot mais quand je suis allé la voir à l’hôpital en fin de journée, elle était différente. Elle était gentille, heureuse de me voir, mais elle a tout de suite mis un stop à notre proximité quand j’ai voulu l’embrasser… alors que j’en avais rêvé toute la journée… Je ne suis pas du genre à forcer qui que ce soit, alors j’ai respecté, mais c’est vraiment dur… parce qu’on est complices. Je me suis adapté, tant que je n’essaie pas de l’embrasser, elle est cool, mais si j’essaie d’aller plus loin, elle m’arrête… Je commence à me demander si je n’interprète pas mal ce que je crois voir au fond de ses yeux… je ne sais plus, là.
J’entends ce qu’il me dit, mais je n’arrive plus à arrêter mes yeux de papillonner sous la stupéfaction et je crois que j’ai de quoi rassurer Rinko, qui a l’air malheureux comme les pierres.
- Elle t’a laissé dormir chez elle ? vérifie-je tout de même.
- Mais oui ! s’agace-t-il.
- Rinko, depuis que je connais Mei, ce n’est jamais arrivé, elle n’a jamais laissé un de ses amants dormir avec elle, elle les fiche systématiquement dehors après leurs affaires…, annonce-je. Alors je ne sais pas trop ce qu’il se passe dans sa tête… mais je crois pouvoir te garantir qu’effectivement, tu ne dois pas te tromper quand tu imagines voir quelque chose de différent au fond de ses yeux qu’une simple attirance pour une nuit.
Il hausse les sourcils vivement, avant de tourner la tête pour la regarder, la mâchoire décrochée :
- Vraiment… ? souffle-t-il.
- Vraiment… et je ne l’ai de toute façon jamais vu s’attacher à l’un d’entre eux, lui embrasser la joue, passer du temps avec lui, le laisser lui mettre de la crème solaire, sourire comme une idiote en sa présence, je… Je ne sais pas pourquoi elle refuse de t’embrasser alors que… d’un point de vue extérieur, je n’ai jamais vu Mei être aussi charmée par quelqu’un, conclus-je avec honnêteté.
Il fronce les sourcils cette fois, en la regardant toujours alors qu’il réfléchit sans doute à cent à l’heure.
- Je ne veux pas m’emballer. Parce qu’elle me plait Hana, elle me plait vraiment, je… je ne veux pas être son amant, chuchote-t-il finalement comme un aveu.
- Et que voudrais-tu ? l’encourage-je en souriant.
- Être avec elle… je ne peux même pas y croire, je ne peux même pas envisager que cette femme soit avec moi… mais c’est ce que je veux.
- Pourquoi ne peux-tu pas l’envisager ?
- Parce que je ne suis qu’un jeune trou du cul à côté d’elle ! réplique-t-il vivement. Sérieux, je suis plus jeune de cinq ans, je bouffe des céréales au petit déj’, je ne mets même pas mon linge sale dans mon panier ! Qu’est-ce que cette femme ficherait avec moi ? Regarde-toi ! Tu lui ressembles et tu n’as pas voulu de moi ! Et tu es pourtant bien plus jeune ! Pourquoi voudrait-elle de moi… ?
- Tu n’étais pas fait pour moi Rinko, mais ça ne veut pas dire que tu n’es pas un garçon en or… si tu savais le nombre de fois où je me suis maudite de ne pas tomber amoureuse de toi, le nombre de fois où je me suis dit que tu étais génial, que ma vie serait douce en ta compagnie, que nous ririons tous les jours, que tout serait simple et chouette… Mais j’étais faite pour Kakashi… qui te dit que Mei n’est pas faite pour toi ? Pourquoi sa maturité ne pourrait pas s’associer à ta fougue ? Pourquoi considérer que vos différences ne seraient pas complémentaires ? Que ça marcherait justement bien mieux qu’avec une jeune délurée comme tu fréquentes habituellement ? Pourquoi vos âges doivent-ils entrer en compte ? Pourquoi un homme devrait sortir avec une femme du même âge ou plus jeune, mais pas l’inverse ?
Il m’observe avec des yeux remplis d’espoir, les sourcils crispés, comme s’il croyait à peine à ce que je viens de lui dire et j’en rajoute une couche :
- Tu m’as déjà dit que tu avais besoin d’un socle pour revenir te poser… une base sécurisante, solide… Mei en est une, c’est une certitude… et puis vous êtes aussi… intéressés l’un que l’autre par… les parties de cartes très… libres, ajoute-je timidement.
- C’est ce que dit Kakashi…, avoue-t-il finalement. Il pense que Mei est faite pour moi, il m’a encouragé à tenter ma chance…
- Si Kakashi y croit, alors je ne sais pas ce qu’il te faut de plus ! Il a l’intuition d’un devin ! m’exclame-je.
- Son accord peut-être ! s’agace-t-il. Je te rappelle que l’origine du problème est qu’elle n’est pas tout à fait ouverte, elle ne veut même pas m’embrasser !
- Alors demande-lui Rinko ! Arrête de te tourmenter et de retourner le problème dans tous les sens ! Prends ton courage à deux mains et pose lui la question ! La prochaine fois que vous êtes proches, ose lui demander le fond du problème, dis-lui que tu as besoin de comprendre, que tu n’arrives pas à décrocher d’elle ! Je ne sais pas ! Secoue-toi ! le réprimande-je.
- Tu penses… ? Je pourrais lui poser la question ce soir… elle est souvent plus proche de moi le soir … comme si elle baissait sa garde…, murmure-t-il.
- Tu devrais, je te l’assure. Baisse ta propre garde Rinko, ouvre-lui ton cœur… Je pense que tu le peux, je connais Mei par cœur, et crois-moi, je ne l’ai jamais vu comme ça…
Il hoche la tête et je le congédie pour l’encourager à passer du temps avec elle. Il s’exécute donc, pour aller la rejoindre, tirant un transat contre le sien pour s’allonger au plus près. Mei relève le nez, l’air heureuse de le voir et ils se mettent à discuter alors qu’elle a la tête posée dans une main, penchée au-dessus du visage de Rinko qui est sur le dos. Ils ne tardent pas à rire, Rinko lui offre ses sourires les plus éclatants alors qu’elle lui sort des sourires doux et je devine qu’elle le dévore des yeux. Je me rallonge dans mon transat, plus qu’heureuse et satisfaite par cette belle nouvelle.
*
Lorsque les derniers rayons du soleil disparaissent à l’horizon, je suis encore sur mon transat, à buller. Un petit poids vers mes cuisses m’indique que Kakashi vient de s’y assoir et je m’étire allégrement avant d’ouvrir les yeux pour l’observer. Il est torse nu, ce qui est plutôt normal puisqu’il a passé son temps vers Nakama qui se dorait la pilule en plein soleil.
- Tu as bien bronzé ? demande-t-il timidement.
Je n’ai clairement plus envie de faire la tête et je lui ouvre simplement les bras. Il ne se fait pas prier et la seconde suivante, il est allongé à côté de moi, à me serrer contre lui tandis que je me réchauffe à son contact maintenant que le soleil a disparu.
- Oui…, murmure-je.
- Tu m’en veux toujours ?
- Un peu… mais je t’en voudrai sans doute jusqu’à ce que je sois sûre que l’enquête ne donne rien et que personne ne viendra t’arrêter…, soupire-je.
- Je te le garantis… tu peux me faire confiance mon ange… Et je suis encore désolé… Nakama m’a pardonné mais… je me suis dit que tu avais besoin d’espace, alors je suis resté avec elle, dit-il en embrassant mon front.
- Je m’en doutais, tu as bien fait, il faut que tu profites d’elle, dis-je en hochant la tête.
- Il parait que… vous êtes devenues amies ? demande-t-il finalement avec un sourire dans la voix.
Je glousse pour toute réponse et il resserre ses bras autour de moi :
- Vraiment ?! s’excite-t-il.
- Vraiment, confirme-je. C’est une fille formidable, et tu sais quoi ? Je l’autorise officiellement à dormir chez toi lorsqu’elle viendra à Konoha !
Il éclate de rire et je me fais secouer doucement par son torse qui s’agite.
- Qu’ont-ils prévu ce soir ? demande-je.
- Une petite soirée, Kiyowa et les autres sont repartis à Konoha mais Nakama a invité quelques amies à elle ce soir, pour nous présenter… Il me semble que Shin a prévu de nous faire un barbecue avec les crustacés qu’ils ont acheté au marché mais si tu veux mon avis, Rinko s’en mêlera.
- Pourquoi donc ?
- Je te rappelle qu’il cuisine très bien, je ne suis pas sûr qu’il laissera Shin gâcher nos précieux crustacés…, s’amuse-t-il. Rinko préfèrera nous cuisiner un des plats cinq étoiles qu’il sort de son chapeau sans crier gare…
- C’est vrai qu’il cuisine…, murmure-je en ouvrant de grands yeux.
Un point de plus en sa faveur, Mei est fichue bon sang.
Nous nous levons finalement de notre transat pour que je me prépare pour notre petite soirée détendue. Une minute après que je me suis enfilée dans la salle de bain, il gratte à la porte et je lève les yeux au ciel avec un grand sourire aux lèvres tandis que je l’invite à me rejoindre.
Quelques instants plus tard, je suis dans ses bras sous l’eau tiède qui nous rince de cette journée suffocante et nous nous embrassons amoureusement, complétement coupés du monde extérieur. Ses caresses me font vibrer, je ressens nos baisers comme si ça faisait des semaines, et il est finalement peut-être bon de nous faire la tête une fois de temps en temps, simplement pour savourer des retrouvailles aussi passionnelles. Quand il attrape ma jambe, je ne réponds plus de rien et je me laisse emmener dans le plus doux des mondes avec lui.
*
Le repas était délicieux, puisque préparé par Rinko, et comme prévu, Mei en est restée complétement scotchée. Les amies de Nakama sont sympas dans l’ensemble, mais bien qu’elles laissent Shin tranquille, elles font tout de même les yeux doux à Kakashi et Rinko. Aussi, après le repas, alors que la petite soirée bat son plein, je préfère m’isoler avec Kakashi sur un transat pour nous câliner et signaler qu’il est ma chasse gardée. Nous observons les étoiles en discutant de Rinko et Mei, bercés par le brouahah de nos amis qui s’amusent. Nous avons le même avis, nous sommes sûrs qu’ils formeraient un beau couple, mais je ne m’attendais pas à ce que Kakashi m’apprend ensuite :
- Shin et Nakama se plaisent, dit-il d’une voix heureuse.
- Vraiment ?! m’étonne-je.
Je relève la tête pour les observer et je réalise que ce n’est finalement pas un hasard que Shin ne se fasse pas courtiser par les amies de Naka, puisque cette dernière a dû les prévenir qu’elle l’aimait bien. Ils sont d’ailleurs tous les deux, ils discutent près du brasero, effectivement plutôt proches tandis que Rinko est entouré par le groupe de filles et que Mei sirote un verre à l’écart en observant le ciel.
- Oui… ça me rend heureux pour Naka, Shin est un type très bien malgré mes injustes réticences du début, commente Kakashi.
- Il faut dire que tu imaginais qu’il m’aimait bien, réponds-je en levant les yeux au ciel.
- Tout le monde peut se tromper, même les meilleurs ! rit-il.
- Ce n’est pas faute de t’avoir dit que nous étions amis…
- Je garde mon territoire, plaisante-t-il.
- Pfff…, pouffe-je en lui lançant un regard attendri. Ton territoire n’a pas besoin d’une grande garde tu sais…
- Ah bon ?
- Oui, tu as de bons arguments pour me garder dans tes bras… des bons arguments que tu m’as encore démontré tout à l’heure à la salle de bain ! glousse-je.
Il affiche un sourire d’idiot en me couvant du regard :
- Je te démontre mes qualités quand tu le souhaites, c’est un plaisir.
- Ah oui… ? Tu serais prêt à me prouver encore une fois à quel point je devrais te garder… ? minaude-je.
- Autant de fois que tu le voudras, répond-il d’une voix déjà plus grave.
Nous nous observons quelques secondes, et lorsque son doux grondement s’échappe du fond de sa gorge, je sais qu’il est à point. Nous ne perdons pas plus de temps, nous nous excusons auprès des autres et nous filons dans notre chambre où je lui saute dans les bras dès la porte refermée.