Fraternité Infaillible

Chapitre 16 : Tome 16 — Le Goût du Tayaki

2427 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 05/08/2025 22:38

🌓 Partie 1 — Le calme de l’aurore


Le ciel de Konoha était encore pâle, à peine réveillé.

Une fine brise s’infiltrait entre les rideaux, et la lumière douce de l’aurore baignait la pièce de tons dorés.


Dans la chambre, Nadhir se réveilla lentement.

Cette fois, pour de bon.


Pas de chakra anormal.

Pas de Bagheera sur le toit.

Pas de rayon céleste ou de rocher à soulever.


Juste… le silence du matin.

Paisible.


Il se redressa en douceur, s’étira longuement, puis tourna la tête. Naruto, emmitouflé comme un sushi dans les draps, dormait la bouche ouverte.


Nadhir sourit doucement.


— T’as bien mérité ton sommeil, petit frère…


Il posa un pied au sol, puis l’autre. Marcha sur la pointe des pieds pour ne pas le réveiller.



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🛁 Salle de bain — Mise en ordre


L’eau coula sur son visage encore un peu fatigué.

Il se fixa un instant dans le miroir. Les yeux un peu cernés, les cheveux légèrement en désordre… mais dans son regard, il y avait une clarté nouvelle.


— Hmm… on dirait que j’ai gagné en paix intérieure. Ou en fatigue…


Il se lava les dents, se recoiffa à l’arrache, puis enfila sa tenue habituelle : noire à col haut, bordée de blanc, simple, sobre.



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🍳 Dans la cuisine — Un petit-déjeuner signé Nadhir


La veille, la pièce était en ruines.

Mais ce matin… elle était propre. Silencieuse. Pleine de potentiel.


Nadhir mit son tablier (celui avec un petit dragon mal dessiné par Naruto quand il était tout petit).

Il alluma le feu, prit le riz, les œufs, le poisson.


— Ok… aujourd’hui, je cuisine comme un vrai frère. Pas comme un shinobi.


Le riz gonflait doucement. Le poisson dorait. Une douce odeur embaumait la pièce.


Il prépara deux bols, une théière, et trois taiyakis (les vrais cette fois, pas ceux de la veille).


Il dressa la table calmement.


Puis, il retourna dans la chambre, ouvrit doucement la porte et dit :


— Naruto… le petit-déj est prêt.


Un grognement se fit entendre.

Puis un pied, puis un bras… et enfin une touffe de cheveux blonds se redressa.


— Hmm… j’ai rêvé que tu préparais le petit-déj…


— C’est pas un rêve, c’est ton frère préféré qui se surpasse ce matin.


— YATTAAAA !!! J’ARRIVE !!


Naruto bondit comme un ressort.

Les deux frères étaient à table.

Naruto attaquait son bol de riz avec l'énergie d’un Chidori.


— MMMH… trop bon ! C’est meilleur que les taiyakis d’hier !


Nadhir leva un sourcil, moqueur.


— Même un bol de cailloux serait meilleur que tes taiyakis d’hier.


Naruto rigola à gorge déployée… puis s’arrêta un instant.

Il regarda son grand frère dans les yeux, sérieux.


— Dis… grand frère…


— Hmm ?


— Pourquoi je vais plus à l’académie ?


Un silence doux tomba sur la pièce.


Nadhir posa ses baguettes, croisa les bras, regarda le plafond.


— C’est vrai… j’ai un peu laissé passer les jours.

Je t’ai trouvé des excuses… mais c’était pas une bonne idée.


Naruto écoutait en silence.


— En ce moment, y’a plein de choses qui me tourmentent.

Des choses graves. Des gens dangereux…

Mais ça ne doit pas t’empêcher de vivre comme un enfant.


Il se tourna vers lui avec un petit sourire.


— Tu mérites d’avoir une vraie enfance, Naruto.

Pas un monde de secrets et de missions. Alors, à partir d’aujourd’hui… tu reprendras l’académie. Je te le promets.


Naruto hocha la tête avec un petit sourire.


— Alors… après les taiyakis ?


— Après les taiyakis.


Ils levèrent chacun un taiyaki, comme un pacte.


— Pour les jours normaux, dit Naruto.


— Et pour les moments extraordinaires, répondit Nadhir.


> CLINK.

Les taiyakis s’entrechoquèrent comme deux sabres en paix.

Naruto croqua dans son taiyaki, puis releva les yeux, curieux.


— Dis, grand frère…

Ta jambe droite… celle que Boruki t’a transpercée avec sa lance de foudre…


Il marqua une pause.


— Elle te fait plus mal ?


Nadhir jeta un coup d’œil vers sa jambe, l’air pensif.


— Non. Plus du tout.


Naruto fronça les sourcils.


— Pourtant, avant tu boitais… et là, on dirait qu’elle est comme neuve.


Nadhir sourit doucement.


— C’est vrai. Quand je suis parti dans cette dimension, pour obtenir le Mode Dragonique…

quelque chose a changé. Là-bas…

les blessures n’existent pas de la même façon. Mon corps s’est… adapté.


Naruto ouvrit de grands yeux.


— Tu veux dire que ta jambe a guéri toute seule là-bas ?


— Pas toute seule. Mais cette dimension… a effacé ce que mon corps ne voulait plus porter.

Y compris cette blessure.


Naruto posa son bol, impressionné.


— C’est dingue quand même…


Nadhir regarda sa jambe un dernier instant, puis ajouta, plus calme :


— Mais même si elle est guérie, je n’oublierai jamais ce que Boruki m’a fait.

Le petit déjeuner touchait à sa fin.


Naruto termina son bol en soupirant de bonheur :


— J’avais oublié à quel point t’étais un chef, grand frère…


Nadhir esquissa un sourire silencieux, ramassa les bols, les baguettes et se dirigea vers l’évier.


— Mange doucement, toi. Un jour, tu vas avaler la table avec, dit-il en rinçant un bol.


Naruto rit, puis se leva à son tour.


— J’vais m’habiller et filer. Si je traîne, Himawari va encore me gronder.


Pendant ce temps, Nadhir lava la vaisselle, essuya calmement le plan de travail, puis ouvrit un petit tiroir discret en bois près de la porte. Il y sortit une gamelle brillante, pleine d’un mélange de croquettes infusées au chakra.


Il la déposa au sol, juste au moment où…


> SCRUNCHH...




Bagheera entra en traînant les pattes, encore à moitié endormi, les yeux à peine ouverts, la queue dressée.


— Hmmm... j’ai loupé le taiyaki ?


Nadhir sourit sans se retourner.


— Toujours à l’heure pour ta gamelle, par contre.


Bagheera renifla le plat et s’installa devant, la langue pendante :


— Hmm... croquettes au chakra et thon grillé. Tu me gâtes.


— T’as intérêt à reprendre des forces. Je sens que la journée va être longue.


Bagheera bailla à s’en décrocher la mâchoire, puis planta ses crocs dans la première bouchée.


Naruto, prêt à partir, lança depuis le couloir :


— À ce soir !


— À ce soir, Naruto, répondit Nadhir en refermant le robinet.

La matinée était douce à Konoha. Le soleil filtrait à travers les feuilles des grands arbres, et l’air portait l’odeur du pain chaud, des bouillons parfumés et… des fameux taiyakis.


Nadhir posa la gamelle vide de Bagheera dans la cuisine, s’essuya les mains, attrapa son petit sac en toile, et lança en direction du salon :


— Bagheera, je vais faire quelques courses, je reviens vite !


Pas de réponse. Bagheera dormait encore, roulé comme une crêpe dans son coussin. Nadhir sourit et sortit de la maison.


Le marché de Konoha battait déjà son plein. Il avança tranquillement, regardant les étals. Fruits, légumes, riz, bonbons, nouilles, tout était là.


Mais son regard s’arrêta sur un nouveau stand, fraîchement installé, avec une grande bannière colorée :


> NOUVEAU : TAIYAKI AU FROMAGE FONDANT !




— Hm ? Nouveau ? Taiyaki... au fromage ?


Nadhir s’arrêta net, les yeux brillants. Il s’approcha, sortit quelques ryôs et tendit la main :


— Un au fromage, s’il vous plaît.


Le vendeur, tout sourire, lui tendit le gâteau encore chaud et croustillant.


— Merci, souffla Nadhir, les yeux plissés.


Il s’éloigna, leva le taiyaki à hauteur de son visage comme un trésor sacré… et croqua dedans.


Une seconde… puis deux.


Soudain…


Ses yeux s’embuèrent. Sa bouche s’arrêta. Il posa la main sur son cœur, incapable de parler.


— C’est… c’est…


Il leva la tête au ciel, une larme coulant doucement sur sa joue :


— …c’est trop bon… je vais pas tenir.


Il continua sa route en le dégustant lentement, à deux doigts de s’agenouiller par terre de bonheur.


C’est alors qu’il croisa Itachi, accompagné de son petit frère Sasuke.


Itachi le regarda, sourcil levé.


— Rassure-moi, Nadhir… t’es pas en train de pleurer pour… la saveur d’un taiyaki ?


Nadhir cligna des yeux, renifla légèrement et détourna la tête.


— M-mais non ! C’est… c’est mes yeux… qui font pipi, voilà tout…


Sasuke, petit et curieux, regarda Itachi d’un air choqué :


— Itachi-nii… Les yeux, ça fait pipi ?


Itachi poussa un profond soupir. Nadhir éclata de rire, en tendant un deuxième taiyaki à Sasuke :


— Tiens. Goûte. Et tu comprendras.

Itachi prit le taiyaki que lui tendait Nadhir. Il l’observa comme un bijou sacré, puis croqua dedans, lentement.


Une seconde.


Deux secondes.


Soudain… il s’arrêta net, les yeux dans le vide.


Une larme silencieuse glissa sur sa joue.


— …Quel… pur délice… souffla-t-il avec émotion. Ce croustillant… ce fondant… ce fromage qui te chuchote des secrets célestes…


Il passa un morceau à Sasuke.


— Goûte, petit frère… goûte la vérité du monde.


Sasuke mordit à son tour. Il mastiqua… puis, sans crier gare, ses yeux brillèrent.


— C’est trop bon, Nii-san… c’est comme un câlin qui vient du ciel…


Nadhir explosa de rire, tenant son sac de courses comme une relique.


— Bon, bon, venez à la maison, j’ai un stock de serviettes pour sécher vos larmes. Naruto joue dehors, il va vous voir arriver.


Mais alors qu’ils faisaient quelques pas…


Nadhir se stoppa brusquement, les yeux écarquillés.


— …NON !


Itachi sursauta.


— Qu’est-ce qu’il y a ?


Nadhir leva l’index comme un ninja sur le point de sauver le monde.


— J’ai failli oublier… les nouilles, les œufs… ET LA VIANDE.


Il se tourna lentement vers eux, grave :


— Si je rentre sans ça… Naruto va bouder… toute la journée.


Itachi haussa un sourcil.


— Il a de qui tenir.


Sasuke gloussa :


— Comme toi quand y’a plus de dangos, Nii-san.


Itachi : …No comment.


Nadhir accéléra vers les stands, en mission spéciale "ravitaillement", une lueur héroïque dans les yeux, pendant qu’Itachi et Sasuke le suivaient, le taiyaki à la main, comme deux disciples suivant leur sensei du goût.

Alors qu’Itachi et Sasuke s’émerveillaient encore de leur taiyaki, un souffle fulgurant fendit l’air.


> FWOOSH.




En moins de deux secondes, Nadhir avait disparu… puis réapparu à leur côté, sac à la main.


— Nouilles, œufs, viande, et même les petites boulettes qu’il aime — mission accomplie, déclara-t-il avec un clin d’œil.


Sasuke ouvrit de grands yeux.


— Déjà… ?


Itachi sourit calmement.


— Il est rapide quand c’est pour la paix de Naruto.


Nadhir soupira en rigolant :


— Tu veux qu’il me fasse la tête toute la journée ou quoi ? Allez, on y va !


> Les trois prirent le chemin de la maison, soleil matinal sur les toits, vent léger dans les cheveux.




Sasuke regardait Nadhir marcher devant, joyeux, tenant son sac comme un trésor, et demanda à voix basse à son frère :


— Tu crois qu’un jour, on aura aussi ce genre de famille ?


Itachi lui posa la main sur la tête, doucement.


— Si on reste ensemble… ce jour viendra.

Les pas de Nadhir résonnaient légèrement sur le bois du palier alors qu’il poussait la porte de la maison. Une douce lumière filtrait par les fenêtres. Itachi et Sasuke entrèrent calmement, déposant leurs sandales à l’entrée.


— Faites comme chez vous, dit Nadhir en souriant.


— Merci, répondit Itachi avec calme.


Sasuke, un peu timide, regardait autour de lui, intrigué par les photos accrochées aux murs.


— Attendez-moi ici, je vais chercher Naruto, ajouta Nadhir.


> Toc toc toc descendit-il les escaliers en bois, d’un pas tranquille mais pressé.




Il traversa le couloir du rez-de-chaussée, ouvrit la porte du jardin…


Et là, il le vit.


Naruto, hilare, courant dans tous les sens en criant :


— T’as perdu, Shikamaru ! T’as perduuuu !


— Tch… c’était pas stratégique de courir, répondit Shikamaru en soupirant.


— MANGE ÇA ! hurla Chôji, les bras ouverts.


Nadhir sourit en coin.


— Naruto… on rentre. On a des invités à la maison.


Naruto s’arrêta net, haletant. Il tourna la tête, ses cheveux blonds trempés de sueur, les joues rouges.


— Des invités ? Qui ça ?


— Tu verras. Viens.


Naruto lança un regard malicieux à ses amis :


— On se retrouve après !


> Puis il courut vers Nadhir, lui attrapa la main, et ensemble, ils retournèrent à la maison.


Nadhir et Naruto remontèrent tranquillement les escaliers. En ouvrant la porte du salon, une douce chaleur les enveloppa.


Itachi était assis, droit mais détendu, un léger sourire aux lèvres. Sasuke, un peu intimidé, regardait les murs, les photos de famille, et les petits bibelots dans les étagères. Bagheera, dans un coin du canapé, se léchait la patte paresseusement.


Naruto s’arrêta à l’entrée du salon, cligna des yeux, puis s’écria :


— Hein ?! C’est Itachi ! Et… c’est Sasuke, ton petit frère ?!


Sasuke détourna un peu le regard, timide, tandis qu’Itachi répondit avec un petit rire :


— Salut, Naruto.


Nadhir invita tout le monde à s’asseoir. Naruto bondit sur le canapé, un énorme sourire aux lèvres. Nadhir s’installa à côté de Bagheera, qui poussa un petit grognement content.


— Bon, on est tous là, dit Nadhir. Je vais préparer le thé et… des gâteaux ? Non, attendez…


Il sortit de sa poche un sachet bien fermé.


— Les tayakis au fromage… LE trésor.


Naruto ouvrit grand les yeux :


— Tu les as achetés ?! Les nouveaux ?!


— Exact, répondit Nadhir. Mais avant tout, assieds-toi. On partage.


Itachi, curieux, tendit la main vers le sachet. Il prit une bouchée…


Et resta figé.


> Ses yeux s’embuèrent d’un éclat brillant.




— Quel… pur délice…


Il coupa un morceau et le tendit à Sasuke. Celui-ci goûta… et ses joues rougirent.


— Hmmm… trop bon…


Naruto bondit :


— MOI AUSSI !


Nadhir, amusé, servit tout le monde.


— Je vous l’avais dit, les gars… Les yeux pleurent, mais c’est de bonheur.

FIN DU TOME

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