Gyōkan

Chapitre 1 : Tadaima

3049 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 22/08/2026 16:38

Chapitre 1 - Tadaima

(Je suis rentrée)




Il y avait une chose que personne ne disait jamais à propos des missions longues. Le retour était presque aussi étrange que le départ.

Je restai quelques secondes immobiles sur le palier grinçant, devant la porte en bois massif de mon appartement. La clé, fraîche et métallique entre mes doigts, hésitait. Trois semaines. Ce n'était pas particulièrement long pour une kunoichi. J'avais connu des missions d'infiltration glaciales qui m'avaient tenue éloignée de Konoha pendant plusieurs mois, le corps ankylosé et l'esprit en alerte constante.

Pourtant, lorsque le verrou céda enfin dans un petit déclic sec, une odeur de poussière stagnante, d'ombre et de renfermé m'accueillit comme si j'étais partie depuis des années. Le silence du logement était lourd.

Je déposai mon sac de voyage râpé contre le mur, retirai mes sandales de ninja maculées de boue séchée, et restai là, debout dans la pénombre de l'entrée.

« Je suis rentrée. »

Personne ne répondit. Évidemment. J'habitais seule.

J'avais hérité cette manie absurde de ma mère. À chacun de ses retours de mission, la mine exténuée mais le regard étincelant, elle lançait son salut avant même d'avoir franchi le seuil. Petite, je traversais le couloir à toutes jambes pour sauter dans ses bras. Plus tard, muée en ados un brin trop fière, je me contentais de lui répondre depuis ma chambre. Quand mon père est tombé au combat, ce rituel est devenu notre façon à nous d'apprivoiser le silence.

Et après sa propre mort à elle... j'avais continué toute seule. Je le faisais encore aujourd'hui. Peut-être que certaines habitudes n'avaient pas besoin d'avoir de sens pour être conservées. Elles servaient juste de fil conducteur pour ne pas oublier d'où l'on venait.

Je traversai le petit appartement. Tout était exactement comme je l'avais laissé, figé dans le temps. Quelques rouleaux de parchemins techniques prenaient la poussière sur une étagère en pin. Deux plantes vertes sur le rebord de la fenêtre avaient manifestement décidé de survivre sans moi, dressant leurs tiges un peu jaunies vers la lumière grise du soir. Une tasse à moitié pleine, oubliée près de l'évier avant mon départ précipité, arborait une fine pellicule sèche. Mon canapé élimé. Mon lit défait. Mon monde.

Je dénouai mon bandeau frontal, l'étoffe usée par la sueur, et le posai sur la table basse. Puis je détachai mon tantō. Le choc du métal contre le bois sombre produisit un petit bruit mat qui résonna dans la pièce.

Enfin. Chez moi.

J'aurais dû tomber de sommeil sur mon futon. À la place, j'ai laissé couler l'eau brûlante jusqu'à ce qu'elle devienne glacée. J'ai enfilé des affaires propres et suis partie m'entraîner sur le terrain vague avant l'aube, poussée par une tension impossible à apaiser.

Ce qui avait conduit à ma rencontre imprévue avec Kakashi, silhouette solitaire à l'aube, le visage à moitié masqué comme à son habitude. Et à l'annonce la plus divertissante que j'avais entendue depuis plusieurs semaines : Kakashi Hatake allait devenir sensei.

J'en riais encore intérieurement lorsque je rentrai enfin chez moi alors que le ciel virait au rose pale. Cette fois, mon corps réclama son dû. Je dormis.

Lorsque je me réveillai, le soleil frappait de plein fouet à travers les rideaux fins. Je fixai le plafond en bois troué de quelques nœuds sombres, puis clignai des yeux.

Midi.

« Merde. »

Je me redressai trop vite. Mes cuisses et mes épaules protestèrent immédiatement dans une lancée de courbatures cuisantes. D'accord. Trois semaines de mission, une nuit pratiquement inexistante, un entraînement intensif à l'aube... Peut-être que mon corps essayait simplement de me rappeler que je n'étais pas faite entièrement de chakra et de mauvaise volonté.

Je passai une main lente sur mon visage fatigué. Mon estomac choisit cet instant précis pour pousser un gargouillement si sonore qu'il résonna dans la pièce.

« Toi aussi, tais-toi. »

Il ne m'écouta pas, évidemment.

Une demi-heure plus tard, je marchais dans les rues pavées de Konoha, les cheveux encore humides gouttant sur le col de ma veste, guidée par la ferme intention de trouver quelque chose à manger.

Le village était complètement réveillé, vibrant d'une énergie contagieuse. Des enfants couraient en riant entre les étals des marchands. Des shinobi en gilet tactique vert sautaient d'un toit en tuiles rouges à l'autre dans un vent de vitesse. Des commerçants vaillants criaient leurs offres depuis leurs boutiques colorées. Au loin, vers la Grande Place, quelqu'un se disputait déjà pour le prix des légumes.

Une odeur divine de viande grillée et de bouillon de ramens flottait dans l'air tiède. Je respirai profondément, fermant un instant les yeux.

Voilà. C'était ça, mon vrai chez-moi. Pas mon appartement vide. Pas une adresse inscrite sur un registre officiel de l'Académie. Ça. Le bruit ambiant. Les odeurs de cuisine. Les visages connus croisés au détour d'une ruelle. Et cette imposante montagne rocheuse qui dominait le village, où les visages des Hokage étaient sculptés dans la pierre, veillant sur nous.

Même après toutes ces années, je levais encore parfois les yeux vers eux avec une pointe d'étrangeté. Le Premier, grave et imposant. Le Deuxième, au regard sévère. Le Troisième, bienveillant. Et le Quatrième... Je m'arrêtai une seconde sur ce dernier visage sculpté, le regard perdu dans les détails de la roche.

Puis je repris ma marche.

« Rei ? »

Je tournai la tête. Kurenai Yūhi se tenait devant une boutique de fleurs, un petit bagage élégant dans une main. Ses longs cheveux noirs ondulés retombaient sur ses épaules, et ses yeux rouges singuliers brillaient d'une pointe de surprise.

Je souris.

« Tu es rentrée ! » s'exclama-t-elle en venant immédiatement vers moi.

« Cette nuit. »

Elle m'enlaça brièvement, diffusant un doux parfum de jasmin. Je lui rendis son étreinte. Kurenai faisait partie des rares personnes auxquelles j'autorisais ce genre de proximité physique sans avoir l'impression qu'on envahissait mon espace vital.

Lorsqu'elle recula, son regard perçant balaya mes cernes sombres.

« Tu as une tête affreuse. »

« Toi aussi, tu m'as manqué », répliquai-je avec un faux air pincé.

« Combien de temps as-tu dormi ? »

« Suffisamment. »

« Rei. »

« Beaucoup. »

« Ça ne veut rien dire. »

« Alors pourquoi poser la question ? »

Elle leva les yeux au ciel dans un soupir théâtral. J'avais connu Kurenai lorsque nous étions beaucoup plus jeunes et beaucoup moins raisonnables, l'époque des missions rang C qui tournaient au vinaigre et des entraînements clandestins. Enfin... elle était devenue raisonnable et accomplie. Moi, j'avais surtout appris à donner l'illusion de l'être. Une nuance d'importance.

« Tu as mangé ? » demanda-t-elle.

Mon estomac répondit pour moi dans un grondement affamé. Kurenai baissa doucement les yeux vers mon ventre, un sourcil levé.

Je soupirai, désignée par mon propre corps :

« Traître. »

Elle eut un petit rire musical.

« Viens. »

« Où ? »

« Manger. »

« J'avais justement un projet incroyablement similaire. »

Nous trouvâmes une petite échoppe ombragée et nous installâmes en terrasse, sous une tonnelle de glycines. Je commandai une quantité absurde de nourriture : deux bols de nouilles, des dango et des brochettes. Kurenai ne fit aucun commentaire, habituée à mes retours de mission où mon corps brûlait ses dernières réserves.

Elle attendit simplement que j'aie avalé plusieurs bouchées ruisselantes de bouillon avant de commencer son interrogatoire.

« Alors ? »

« Alors quoi ? » dis-je, la bouche à moitié pleine.

« La mission. »

« Terminée. »

« Merci, Rei. Je n'aurais jamais deviné », railla-t-elle en croisant ses mains sous son menton.

Je souris derrière mon bol.

« Rien d'intéressant. Surveillance aux frontières, infiltration d'un petit camp de déserteurs, récupération de documents volés. Deux hommes persuadés d'être plus intelligents qu'ils ne l'étaient. »

« Des problèmes ? »

Une pièce sombre et poisseuse. Une porte verrouillée de l'extérieur. Un homme tirant un kunai dans l'ombre. Une fraction de seconde pendant laquelle le bruit de ses pas avait semblé venir du mauvais côté. Trois secondes d'hésitation qui auraient pu me coûter la vie.

Je reposai mes baguettes en bambou sur le rebord en céramique.

« Aucun. »

Kurenai me fixa une seconde de trop, ses yeux rouges scrutant mon visage à la recherche du moindre cillement. Je repris tranquillement mon repas, le regard parfaitement neutre. Elle n'insista pas. Je l'en remerciai silencieusement.

« Et ici ? » demandai-je pour dévier l'attention.

« Rien de particulier. Le village est calme. »

« Kakashi va avoir une équipe », lâchai-je avec un sourire en coin.

Kurenai, qui portait sa tasse à ses lèvres, manqua de s'étouffer avec son thé vert. Je souris plus largement.

« Ah. Tu ne savais pas. »

« Comment tu sais ça ? » s'informa-t-elle en se tamponnant le coin des lèvres.

« Je suis tombé sur lui ce matin, vers les terrains d'entraînement. »

« Évidemment. »

Je fronçai les sourcils.

« Pourquoi évidemment ? »

« Rien », répondit-elle un peu trop vite.

« Kurenai... »

Elle but une nouvelle gorgée, l'air parfaitement innocent. Je la connaissais suffisamment pour savoir que poursuivre cette conversation ne mènerait nulle part.

« Une équipe de genin », repris-je.

« Ça devait finir par arriver. Il ne pouvait pas passer sa vie dans l'Anbu ou en solo. »

« Tu imagines Kakashi responsable de trois enfants ? L'homme qui arrive toujours avec deux heures de retard et lit des romans douteux devant des gamin de douze ans ? »

« Je pourrais te poser exactement la même question te concernant », répliqua-t-elle avec un sourire en coin.

« Personne n'est assez stupide pour me confier trois enfants. »

« Tsunade-sama n'est pas encore Hokage, tout peut arriver », glissa-t-elle.

Je lui lançai un regard noir. Elle sourit doucement, nullement impressionnée. Je repris mes baguettes.

« Je plains ses élèves », grommelai-je.

« Bien sûr. »

Cette fois, je ne relevai pas. Nous finîmes notre repas au calme, profitant du vent tiède. Puis Kurenai dut filer : elle avait rencard avec Asuma Sarutobi pour une raison qu'elle refusa catégoriquement de lâcher, esquivant mes perches avec l'aisance d'une maîtresse du genjutsu. Ce qui voulait évidemment dire que je n'allais pas la lâcher tant qu'elle n'aurait pas tout avoué.

Je repris ma flânerie au gré des ruelles, en solo. Aucune mission à l'horizon, aucun rapport urgent sur le bureau du Troisième Hokage, nulle part où être attendue. Une liberté si inhabituelle que mes mains et mon temps me paraissaient presque encombrants.

Je passai devant l'enceinte de l'Académie Ninja. Des voix enfantines et le bruit de chaises remuées résonnaient derrière les fenêtres ouvertes du premier étage. Je ralentis le pas. Une voix aiguë et dynamique dépassait largement toutes les autres, couvrant même les réprimandes du professeur.

Impossible de me tromper sur son identité. C'était le même gamin survolté aux cheveux blonds croisé au petit matin. Naruto Uzumaki.

Je m'immobilisai au milieu du trottoir. Une vague de rires retentit depuis la salle, aussitôt balayée par l'exclamation exaspérée d'Iruka qui traversa la cour :

« NARUTO ! »

Je souris légèrement.

« Pauvre Kakashi... »

« Pourquoi pauvre Kakashi ? »

Je fermai les yeux un instant. Cette voix traînante, faussement nonchalante.

Je me retournai lentement. Il était là, adossé contre un poteau en bois, un pied replié, son éternel livre à la couverture orange ouvert devant son unique œil visible.

« Est-ce que tu passes ta vie à apparaître magiquement derrière moi ? »

« Seulement quand tu ne regardes pas », répondit-il sans lever les yeux de sa page.

« C'est généralement le principe d'être derrière quelqu'un, Kakashi. »

« Tu vois ? Nous sommes d'accord. »

Je le détestais. Un peu. Bon, peut-être pas du tout, mais je me devais de garder les apparences.

« Tu ne devais pas voir le Troisième pour valider la composition des équipes ? »

« C'est fait. »

Je regardai le bâtiment de l'Académie, puis lui, puis de nouveau l'Académie. Un sourire narquois commença lentement à s'étirer sur mes lèvres.

Kakashi referma brusquement son livre d'un claquement sec.

« Non », dit-il.

« Je n'ai rien dit ! »

« Ton visage l'a dit pour toi. »

Je posai une main dramatique contre ma poitrine.

« Impressionnant. Quelle maîtrise de la psychologie humaniste. »

« Vingt ans d'entraînement », répliqua-t-il, un brin de malice dans la voix.

Je laissai échapper un rire franc.

« Alors ? »

Il soupira, baissant un peu les épaules sous son gilet vert de jōnin.

« Alors quoi ? »

« Qui sont les victimes ? »

« Mes élèves », me corrigea-t-il.

« C'est ce que j'ai dit. »

Il me regarda avec toute la lassitude du monde concentrée dans son unique œil visible. Mon sourire s'agrandit.

« Trois ? »

« Trois. »

« Des noms ? »

Il resta silencieux une seconde, observant le ciel bleu où filaient quelques nuages cotonneux. Puis son regard glissa vers l'Académie.

« Haruno Sakura. »

Je connaissais le nom de sa famille. Des civils sans histoire. Une élève aux résultats théoriques impeccables, si mes souvenirs étaient bons.

« Civils. Rien de particulier. Et ? »

« Uchiha Sasuke. »

Mon sourire disparut légèrement, remplacé par un sérieux soudain. Uchiha. Il n'en restait qu'un seul dans tout le village. Tout le monde à Konoha connaissait la tragédie qui entourait ce nom. Je regardai Kakashi. Son œil visible ne révéla rien, sombre et insondable. Mais je compris immédiatement la logique du Conseil.

Le Sharingan. Bien sûr. Qui d'autre que Kakashi, le Ninja Copieur, pour guider le dernier détenteur du Dojutsu des Uchiha ?

Puis il prononça le troisième nom, presque dans un souffle :

« Uzumaki Naruto. »

Je tournai lentement la tête vers la fenêtre de l'Académie. Comme s'il avait attendu son signal pour faire son entrée en scène, un hurlement de rage pure retentit depuis la classe :

« MAIS C'EST PAS JUSTE ! POURQUOI JE DOIS ÊTRE AVEC LUI ?! »

Je clignai des yeux, estomaquée par la coïncidence. Kakashi émit un long soupir résigné. Je me mordis violemment l'intérieur de la joue pour garder mon sérieux, mais ce fut peine perdue. Je commençai à rire doucement, puis franchement.

« Ne commence pas », grommela Kakashi.

« Je n'ai rien dit ! »

« Tu ris. »

« Je suis sincèrement heureuse pour toi. »

« Menteuse. »

« Un Uchiha encore hanté par son passé, une gamine à priori sans histoires, et Naruto Uzumaki... »

Je posai une main consolatrice sur son bras.

« Tu vas vivre une expérience formidable, Kakashi. »

« J'en suis convaincu », ironisa-t-il.

« Je veux tout savoir après leur premier jour. »

« Non. »

« Absolument tout. »

« Toujours non. »

Il recommença à marcher d'un pas lent. Je le suivis naturellement. Nous avancions côte à côte dans les rues animées que nous connaissions par cœur depuis notre plus tendre enfance. Nous avions marché ainsi des centaines de fois. Après des missions épuisantes. Après des enterrements pluvieux. Après des nuits trop longues passées à veiller sur le village. Parfois sans prononcer un mot pendant des heures. Parfois en nous disputant pour des détails absurdes. Parfois simplement parce qu'aucun de nous deux n'avait le courage de rentrer affronter la solitude de son propre appartement.

Je regardai Kakashi du coin de l'œil. Les plis discrets au coin de son œil trahissaient sa tension.

« Tu as peur », dis-je doucement.

Il ne ralentit pas le pas.

« Non. »

« Menteur. »

« De quoi devrais-je avoir peur ? Des enfants ? »

« D'être responsable d'eux. De ne pas réussir à les protéger. »

Cette fois, il se tut. J'avais touché juste. Je le savais, il le savait. Mais je ne poussai pas davantage. Entre shinobi, certains silences devaient être respectés.

Quelques dizaines de mètres passèrent au rythme de nos pas synchronisés.

« Ce sont des genin », finit-il par répondre, la voix basse.

« Je sais. »

« Ils devront apprendre la réalité du monde. »

« Je sais. »

« Certains n'iront peut-être pas plus loin que demain », ajouta-t-il d'un ton plus sombre.

Je tournai la tête vers lui, surprise.

« L'épreuve des clochettes ? Tu vas leur faire le coup ? »

Son regard glissa vers moi.

« Comment tu... »

« Kakashi. »

« Hm. »

« Je te connais. »

Il regarda droit devant lui, réajustant son bandeau.

« C'est inquiétant. »

« Pour moi aussi, crois-moi. »

Un nouveau silence s'installa entre nous, confortable, ancien, pétri de complicité tacite. Je laissai mes mains glisser au fond des poches de ma veste.

Nous arrivâmes à une intersection familière. À gauche, la ruelle ombragée menait vers mon immeuble. À droite, le chemin continuait vers le quartier où résidait Kakashi. Nous nous arrêtâmes naturellement sous le feuillage d'un grand érable.

« Bon courage pour demain », dis-je en me tournant vers lui.

« Merci. J'en aurai besoin. »

Je fis quelques pas sur la gauche.

« Rei. »

Je me retournai. Il avait déjà ressorti son livre de sa poche tactique, mais son œil visible resta posé sur moi, fixe et attentif.

« Hm ? »

« Content que tu sois rentrée. »

Quelque chose de chaud et d'inattendu se serra doucement sous mes côtes. Rien de douloureux, rien d'incontrôlable. Juste cette sensation rassurante d'ancrage.

Je lui adressai un vrai sourire, débarrassé de mon masque d'ironie.

« Moi aussi. »

D'un simple signe de la main, il reprit sa route sans jeter un seul regard en arrière. Je le regardai s'éloigner un instant, figée, avant de me remettre en chemin.

Le soleil descendait sur Konoha, teignant les toits d'or et de pourpre. Les fenêtres s'éclairaient peu à peu, croisant les rires des enfants et les odeurs de cuisine.

Arrivée à mon immeuble, je montai les marches en bois qui craquèrent sous mon poids, puis déverrouillai la porte du premier.

Le silence m'accueillit de nouveau. Mais cette fois, il ne me sembla plus lourd ni vide. Il était simplement calme.

Je retirai mes sandales dans l'entrée. Déposai mon tantō sur la tablette. Et, comme je l'avais toujours fait, comme je le ferais toujours, je prononçai les mêmes mots vers la pièce sombre :

« Je suis rentrée. »

Personne ne répondit. Je souris quand même.

J'étais chez moi.

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