L'ombre du Camélia

Chapitre 12 : Les murs ont des yeux

Chapitre final

751 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 24/09/2026 10:31

Le texte demeura affiché sur l'écran.

Immobile.

Froid.

Les lettres blanches tranchaient l'obscurité de la chambre comme une condamnation silencieuse.

Hinata resta figée de longues minutes, incapable de détourner le regard.

Ses doigts se refermèrent lentement sur les draps.

Il savait.

Il avait toujours su.

Et le plus terrifiant n'était pas qu'il l'ait surprise dans son bureau.

C'était qu'il ait choisi de ne rien dire.

Le silence du domaine avait changé de nature.

Ce n'était plus celui de l'isolement.

C'était celui de la surveillance.

Chaque angle de la pièce.

Chaque miroir.

Chaque écran éteint.

Tout semblait désormais posséder un regard.

 

La porte de sa chambre ne s'ouvrit jamais.

Sasuke ne vint réclamer aucune explication.

Il ne posa aucune question.

Et, ce fut peut-être ce qu'il y avait de plus inquiétant.

Le prédateur n'avait pas besoin d'élever la voix pour imposer son autorité.

Une simple phrase.

Quelques mots soigneusement choisis.

Cela suffisait à lui rappeler que, dans cette demeure, rien ne lui échappait.

 

Le lendemain matin, une lumière grise filtra à travers les immenses baies vitrées.

La pluie avait cessé.

L'écran était redevenu noir, comme s'il ne s'était jamais allumé.

Hinata se leva lentement, encore prisonnière d'une nuit sans véritable sommeil.

Lorsqu'elle s'approcha de la porte coulissante, son regard s'arrêta net.

Au seuil de sa chambre reposait un vase en céramique noire.

Élancé.

D'une élégance presque austère.

À l'intérieur, un unique camélia blanc s'élevait avec une perfection presque irréelle.

Son camélia.

Celui qu'elle avait abandonné quelques heures plus tôt dans le bureau de Sasuke.

La tige avait été fraîchement recoupée.

Pas une feuille n'était déplacée.

Tout semblait avoir été disposé avec une précision presque obsessionnelle.

À côté du vase reposait une petite clé électronique gravée du blason des Uchiha.

Elle brillait discrètement sous la lumière du matin.

 

Un pas lourd résonna dans le couloir.

— C'est pour vous, Madame.

La voix grave de Jûgo la fit légèrement sursauter.

Le lieutenant se tenait à quelques mètres d'elle, les mains croisées derrière le dos. Son visage affichait toujours cette sérénité presque dérangeante, celle d'un homme qui semblait avoir appris à vivre au milieu des monstres.

Hinata se baissa pour ramasser la clé.

Le métal froid mordit aussitôt sa paume.

— Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle doucement.

— Monsieur Uchiha m'a chargé de vous remettre cet accès.

Son regard glissa un instant vers le badge.

— Il ouvre la bibliothèque centrale ainsi que les jardins d'hiver du premier niveau.

Un court silence s'installa.

— Ces lieux vous sont désormais autorisés.

Hinata observa la petite clé noire entre ses doigts.

Une permission.

Pas une liberté.

Son regard revint instinctivement vers le camélia.

— Est-ce... lui qui a posé cette fleur ici ?

Jûgo ne répondit pas immédiatement.

Ses yeux se posèrent quelques secondes sur le vase.

Puis il releva lentement la tête.

— Monsieur n'oublie jamais ce qui lui appartient.

La réponse fit naître un frisson le long de l'échine d'Hinata.

Le lieutenant poursuivit comme si rien ne s'était passé.

— Monsieur est parti très tôt ce matin.

— Où est-il ?

— Il rencontre votre père.

Une légère pause.

— Les conséquences de l'affaire Kanda Hiroshi exigent leur présence.


Le nom résonna dans l'esprit d'Hinata.

Le dossier.

Le bureau.

La note manuscrite.

« Il savait pour le pacte. Éliminer avant qu'il ne parle. »

Elle sentit son estomac se nouer.

Jûgo s'écarta alors du passage.

Le couloir s'ouvrait devant elle.

— Les tensions augmentent à Konoha, Madame.

Sa voix demeurait parfaitement calme.

— Vos déplacements resteront limités jusqu'à nouvel ordre.

Un silence.

Puis il ajouta, avec la même neutralité implacable :

— Monsieur ne souhaite pas que l'on vous voie.

Jûgo s'inclina légèrement avant de reprendre son poste au bout du couloir.


Hinata demeura seule.

Le camélia dans une main.

La clé dans l'autre.

Elle leva lentement les yeux vers l'immensité silencieuse de la demeure.

Cette maison semblait lui offrir davantage d'espace.

Une bibliothèque.

Des jardins.

Quelques portes supplémentaires à franchir.


Pourtant, elle comprit que rien n'avait réellement changé.

La cage ne disparaissait pas.

Elle devenait simplement plus grande.

Et derrière chacune de ses portes...

Il y avait toujours Sasuke.


 

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