L'ombre du Camélia

Chapitre 14 : Les règles du domaine

Chapitre final

550 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 28/09/2026 06:45

Hinata sentit son cœur manquer un battement.

Très lentement...

Elle se retourna.

Sasuke se tenait à quelques pas d'elle, immobile, à l'entrée de la bibliothèque.

Son long manteau noir était encore entrouvert. Quelques gouttes de pluie glissaient le long de ses épaules avant de mourir sur le parquet ciré.

Son visage n'exprimait rien.

Ni colère.

Ni surprise.

Seulement ce calme clinique.

Le calme d'un homme qui savait depuis le début.

Pendant plusieurs secondes, aucun d'eux ne parla.

Le silence s'étira jusqu'à devenir presque douloureux.

— Sasuke...

Sa voix vacilla malgré elle.

Il ne répondit pas.

Il s'avança simplement.

Un pas.

Puis un autre.

Chaque mouvement semblait calculé avec une précision presque inquiétante.

 

Il s'arrêta devant le terminal informatique.

Sans quitter Hinata des yeux, il posa deux doigts sur le capteur.

L'écran se ralluma.

Le contrat réapparut aussitôt.

La signature de Hiashi.

La clause secrète.

Son nom.

La lumière bleutée du moniteur sculptait les traits de Sasuke, les rendant encore plus froids.

— Tu cherches des réponses.

Sa voix était basse.

Calme.

Comme s'il énonçait un simple fait.

Hinata sentit ses mains se crisper.

Pourtant, cette fois, elle ne détourna pas le regard.

— Mon nom est écrit sur ce contrat, souffla-t-elle. Alors oui... cela me concerne.

Un silence.


Les pupilles de Sasuke se rétrécirent imperceptiblement.

Puis il reprit :

— Ton père n'a pas vendu son honneur aujourd'hui.

Il marqua une pause.

— Il l'a perdu bien avant de signer ce document.

Il fit un nouveau pas.

La distance entre eux disparut.

— Ce mariage n'est que la conséquence de ses choix.

Lentement, il leva une main.

Ses doigts vinrent se refermer sous le menton d'Hinata.

Aucune brutalité.

Seulement une fermeté impossible à repousser.

Il l'obligea à soutenir son regard.

— Dis-moi, Camélia...

Sa voix n'était plus qu'un murmure.

— Tu crois vraiment être une marchandise ?

Hinata sentit son souffle se bloquer.

— C'est ce que dit ce contrat.


Un sourire presque imperceptible étira les lèvres de Sasuke.

Sans joie.

Sans chaleur.


Ses doigts glissèrent lentement le long de sa joue.

— Les contrats se rompent.

Sa main s'arrêta un instant contre sa peau.

— Les alliances s'effondrent.

Puis son regard s'assombrit.

— Mais toi...

Il la fixa avec cette intensité presque dérangeante.

— Tu as franchi le seuil de mon domaine.

Sa voix devint plus basse encore.

— À partir d'aujourd'hui, personne ne viendra te reprendre.

Même si ton père offrait toute la ville de Konoha...

Je ne te rendrais pas.

 

À cet instant, la porte coulissa derrière lui.

Jûgo apparut dans l'encadrement, un dossier serré contre sa poitrine.

— Monsieur.

L'affaire Kanda Hiroshi est réglée.

Sasuke acquiesça sans détourner les yeux d'Hinata.

— Bien.

Il relâcha enfin son visage.

Puis se dirigea vers la sortie.

Avant de franchir le seuil, il s'arrêta.

— La bibliothèque t'est désormais interdite.

Sa voix résonna dans toute la pièce.

— À partir de ce soir, tes appartements seront ton seul périmètre.

Un silence.

Puis il ajouta, presque doucement :

— Pour ta sécurité.

Les portes se refermèrent dans un déclic électronique.

Hinata resta seule.

Immobile.

Elle comprit alors que la prison venait encore de rétrécir.


 

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