[Sequel] Octopath Traveler
Dans la ville d'Havre d'Or, Alfyn et Ogen avaient terminé d'embaumer le corps de Marlène. Ayant pris soin de changer les draps et de désinfecter les surfaces, ils s'apprêtaient à porter la jeune femme quand ils entendirent le tocsin retentir.
Ogen : Le tocsin! Il est arrivé quelque chose à l'église.
Alfyn : *paniqué* Comment ça?
Ogen : J'ai mis en place ce signal avec Monseigneur Donovan. *se lève* Alfyn, nous devons aller voir de quoi il en retourne. Laissez Marlène ici pour l'instant, nous reviendrons la chercher plus tard. Et venez avec moi.
Mais la porte s'ouvrit d'elle-même. Olberic s'était porté à la demeure de Marlène afin de s'enquérir de la nature du signal. Comprenant l'urgence, il assura la mission des deux apothicaires.
Olberic : Je m'occupe de cette dame. Alfyn, préviens Primrose d'éloigner les enfants.
Alfyn : Oui, merci Olberic.
Ogen et Alfyn se précipitèrent vers le nord de la ville, après avoir prévenue Primrose qui éloigna les enfants vers l'Est. Toutefois, Ogen rappela à Alfyn de simplement marcher et non courir.
Ogen : Monter les marches est un acte simple mais la maladie rend cet effort bien plus complexe. *tend un fortifiant* Cela serait déconseillé au vu de nos symptômes mais le temps presse. Des vies sont en jeu.
Alfyn obtempéra et avala cul sec le fortifiant d'Ogen, se sentant temporairement investi d'une grande force. Or cela eut pour effet de rapidement puiser dans les réserves d'énergie et de grandement solliciter leur corps. Avant qu'Ogen puisse engloutir son fortifiant, Alfyn l'interrompit.
Alfyn : Attendez Ogen, vous ne pouvez pas prendre ce fortifiant. Vous risquez votre vie.
Ogen : Epargnez-moi votre pitié, Alfyn. Ca m'est égal de passer l'arme à gauche. *boit cul sec le fortifiant, déterminé* Ne perdons pas de temps.
Alors qu'une course s'enclenchait vers la cathédrale, Olberic saisit le corps embaumé de Marlène et la porta sur son épaule. Mais son corps fort fut rapidement éprouvé par l'effort. A peine sorti de la demeure de Marlène, le corps du guerrier montra des signes de fatigue.
Olberic : *essouflé* (Cette maladie est horrible, elle me brûle les poumons. Mais je dois porter à tout prix cette femme.)
Ainsi débuta un long chemin de croix pour le guerrier solitaire. De son côté, Primrose était inquiète et avait du mal à conserver sa façade de bonne humeur.
Flynn : *triste* Maman, qu'est-ce que tu as?
Primrose : Excusez-moi mes chéries. Mais je m'inquiète beaucoup pour mes amis.
Ellen : *cajole Primrose* On veut pas que tu sois triste. T'es une maman forte!
Primrose : *sourit* Merci ma puce.
Flynn : *s'approche* Et moi? Et moi?
Primrose : *ouvre l'un de ses bras* Viens ici mon ange.
Lors de cette douce étreinte, Primrose voulut avoir une discussion franche avec ses filles. Elle leur expliqua simplement sa situation et celle d'Alfyn avec le groupe.
Primrose : Malheureusement, je ne pourrai pas rester à Havre d'Or dans l'immédiat.
Ellen : On veut venir avec vous.
Flynn : On sera sages, promis.
Primrose : Quand nous serons soignés, je demanderai à l'église de vous garder. Et quand j'en aurai fini, on reviendra vous chercher moi et Alfyn.
Flynn : *sanglote* Ce sera dans longtemps?
Primrose : *serre Flynn contre elle* Je n'en sais rien, j'aimerais pouvoir te le dire.
Ellen : Est-ce qu'on aura de tes nouvelles?
Primrose : *sourit* Je vous écrirai chaque fois que je le peux.
Ellen : *sourit* Dis maman, on voudrait un petit frère, avec Flynn.
Flynn : Dis oui maman!
Primrose : *stressée* J'aimerais. Mes chéries, il faut que vous compreniez que c'est difficile pour moi.
Ellen : On va demander à Alfyn! Lui il sait sans doute comment faire!
Flynn : Maman disait qu'on doit se trouver une cachette pour faire un bébé. Il paraît que c'est un secret de grand.
Ellen : Tu veux bien faire un bébé avec Alfyn pour nous?
Primrose : *sourit, serre ses filles contre elle* On en parlera, quand on sera revenus. Pour le moment, on doit se concentrer sur notre tâche. D'accord?
Flynn : *scandalisée* Ce sera dans trop longtemps, on le veut maintenant.
Ellen : Flynn, il faut 9 mois pour fabriquer le bébé, t'as oublié?
Flynn : Ah oui j'avais oubliée. *regarde Primrose* Ca ira alors si vous commencez maintenant, comme ça quand tu seras revenue, tu auras déjà un bébé en toi.
Primrose : *rougit* Flynn...
Ellen : Dis maman, c'est difficile de faire un bébé? Comment on fait au juste?
Primrose : Il faut un papa, une maman... Et beaucoup d'amour.
Flynn : *heureuse* Alors c'est sûr que tu auras un bébé. Vous êtes fous amoureux l'un de l'autre.
Primrose : *rougit à nouveau* Oui. (Mais aucun de nous n'a encore osé franchir le pas.)
Ellen : Dès qu'on est guéris, on lui en parle pour qu'il se mette au travail.
Primrose : *rouge tomate* !! Non les filles. Papa... n'est pas encore prêt.
Flynn : J'croyais que l'amour suffisait.
Primrose : ... *rassurante* Et tu as raison ma chérie.
Ellen : Alors t'as pas à avoir peur, maman. Papa s'occupera de toi et du bébé.
Primrose : *embrasse Ellen et Flynn* Merci mes chéries. Je vous aime de tout mon coeur.
Ellen/Flynn : Nous aussi maman.
Primrose : (Je sais qu'Alfyn prendra soin de moi. Ce n'est pas de lui dont j'ai peur. Mais de moi.)
De leur côté, Alfyn et Ogen atteingnirent la cathédrale. Entrant dans celle-ci, ils trouvèrent Cyrus et Ophilia étendus à même le sol. Alors qu'Alfyn était tétanisé, Ogen se précipita sur la sacoche de l'érudit.
Donovan : Ah Ogen, vous tombez bien.
Ogen : *saisit la fiole* J'ai besoin de silence. *l'examine* Qu'est-ce que c'est, où a t-il bien pu avoir ça?
Alfyn : *s'approche* Qu'est-ce que c'est au juste?
Ogen se releva avec la fiole. Il intima aux personnes devant lui de ne pas approcher. Il déboucha le flacon pour le porter à son nez. Quelques secondes lui suffirent pour établir un premier diagnostic.
Ogen : Ce n'est pas un poison. *s'accroupit* Alfyn, avez-vous du matériel sur vous?
Alfyn : *hésitant* Euh... Oui j'en ai.
Ogen : Passez-le moi pour que je puisse fabriquer un remède. Ce sera prêt en quelques secondes.
Alfyn : Vous êtes sûr?
Ogen : *froidement* Dépéchez-vous, la vie de ces malheureux en dépend!
Ogen récupéra le matériel et assembla la substance étrange à la mousse. Après une longue minute, la mixture était fin prête.
Ogen : Je préfère la tester sur moi-même. Nous verrons bien ce que ça donne.
Ogen consomma la mixture qui eut un effet immédiat sur sa maladie. Les signes de difficultés s'estompèrent rapidement.
Alfyn : *heureux* Ca marche! Ca marche!
Ogen : *irrité* Voulez-vous vous taire!? J'en ai laissé pour vous, prenez votre part et aidez-moi à en fabriquer d'autre. Monseigneur, pourrez-vous vous charger de la distribution en ville?
Donovan : Bien entendu. *au prêtre* Allez sonner les cloches pour annoncer la bonne nouvelle aux habitants.
Prêtre : Euh...
Donovan : Ils ne comprendront pas la signification tout de suite. Mais une mélodie douce apportera le réconfort dans leur coeur le temps que nous puissions porter le remède à tous.
Prêtre : Très bien, j'y vais.
Alors que le prêtre alla sonner les cloches pour enthousiasmer la population, Ogen et Alfyn fabriquèrent le remède en grande quantité. Les malades de la cathédrales furent les premiers à être soignés.
Ogen : Ceux qui sont soignés doivent porter les remèdes aux habitants. N'hésitez pas à passer dans une demeure, tous doivent recevoir le remède. Quant à ceux que la maladie a emporté, nous nous en chargerons Alfyn et moi. Alfyn?
Ogen prit Alfyn en flagrant délit entrain d'administrer le remède à ses amis. D'abord à Cyrus puis ensuite à Ophilia.
Cyrus : *se reveille péniblement* ... Alfyn?
Alfyn : *sourit* Mon ami, comment vous sentez vous?
Cyrus : Le ciel soit loué. Que s'est-il passé?
Mais l'érudit comprit rapidement en voyant la substance détenu par l'apothicaire. Sans crier gare, il lui arracha des mains et se précipita péniblement vers Ophilia.
Cyrus : Ophilia, je vais te soigner.
Alfyn : Professeur, vous ne devriez pas faire d'effort, vous venez juste d'être guéri.
Cyrus : *hors de lui* Laissez-moi soigner Ophilia!
Alfyn : *ahuri* Quoi?!
Ogen : Alfyn! Laissez-le faire. Et venez plutôt m'aider.
Alfyn : *inquiet, acquiesce* J'arrive.
Alfyn laissa Cyrus ramper seul et atteindre la prêtresse. Il la saisit dans les bras et lui administra le remède qui pour effet de l'éveiller lentement.
Ophilia : *ouvre les yeux, voit trouble* Mon chéri... C'est toi...?
Alfyn : *entend au loin* !! (Mon chéri? Me dis pas qu'ils sont... C'est pas possible.)
Cyrus : *caresse les cheveux d'Ophilia* Je suis là, tout va bien, mon amour.
Ophilia : *accroche péniblement la veste de Cyrus, yeux luisants* C'est toi qui m'a sauvé.
Cyrus : *sourit* Avec le médicament préparé par Alfyn. Tu vois, tu as été entendue.
Ophilia : *sanglote de joie* Je suis si heureuse que tout rentre dans l'ordre. *lève la tête au ciel* Merci. *fixe les yeux de Cyrus* Approche...
Cyrus : *inquiet* Ophilia, tu viens juste de...
Ophilia : *amusée* Je m'en fiche. *tire le col du professeur pour le tirer vers elle et l'embrasser tendrement*
Cyrus : *ému*( Ophilia...)
Alfyn : *touché* (J'ignorais qu'ils s'aimaient à ce point. Je n'ai pas à juger de leur relation, ils sont libres de faire ce qu'ils veulent. Tant mieux s'ils sont heureux comme ça.)
Mais Ophilia oublia totalement l'endroit et le lieu où elle se trouvait. Elle aggripa violemment Cyrus pour le plaquer contre elle et plaquer sa tête dans son cou. Ses doigts se serrerrent fortement contre les vêtements du professeur et son corps se remua avec force.
Ophilia : *en extase* Oh Cyrus...
Ogen : Ho! Vous vous croyez où vous deux!?
Pris en flagrant délit, Ophilia et Cyrus s'arrêtèrent instantanément. Ils se relèverent tous les deux, extrêmement gênés par leur attitude.
Donovan : *terriblement gêné* Soeur Ophilia! Comment osez-vous... dans une cathédrale?! Ce n'est pas parce que vous êtes venue porter la flamme que vous avez permission de faire n'importe quoi. Où est votre décence?
Ophilia : *s'incline* Je vous demande pardon.
Cyrus : *s'incline* Pardonnez-moi c'est ma faute.
Donovan : Je vais mettre ça au crédit de l'émotion. Mais tenez-vous je vous en prie.
Ophilia : *saisit la main de Cyrus* Nous devrions aider nous aussi. Viens.
A l'extérieur, Olberic avançait péniblement avec le corps de Marlène. Il était contraint de faire plusieurs poses. Alors qu'il se reposa sur le pont, un étrange oiseau aux yeux rouges se posa sur celui-ci face à Olberic. Affaibli par la maladie, le chevalier ne put faire la moindre opposition.
[Tu portes un bien lourd fardeau]
Olberic : *essouflé* (Qu'est-ce... Ce n'est pas cet oiseau... qui...)
[Si tu continues ainsi]
[Tu vas périr avant même d'avoir atteint la cathédrale]
[Je vais alléger ta souffrance]
[Cette femme sera aussi légère qu'une plume]
Olberic : (Mais qu'est-ce que c'est cette chose qui parle dans ma tête?!)
[En échange]
[Viens ce soir]
[Dans les grottes de la ville]
[N'en parle à personne sinon je serai forcée de te tuer]
L'oiseau acheva la discussion en s'envolant. Olberic, bien que perturbé, ne prêta pas plus attention à cet étrange animal. En saisissant le corps de Marlène, Olberic dut se rendre à l'évidence. Il était aussi léger que l'air.
Olberic : *sidéré* (Quelle est cette sorcellerie? Cette corneille semble avoir de mystérieux pouvoirs. Mais ses yeux rouges trahissent son côté maléfique. A quelle genre d'entité ai-je eu affaire?)
Mais le temps lui étant compté et voulant éviter de rencontrer Primrose et ses filles, Olberic avança. Lorsqu'il arriva sur la grande place, il put observer les habitants l'épier aux fenêtres, le visage inquiet. Alors que le chevalier fut touché par le désespoir de ces derniers, il entendit les cloches sonner. Il leva la tête vers l'édifice et ses yeux s'illuminèrent.
Olberic : (Un son... différent du tocsin, quelque chose de plus harmonieux et enthousiaste. Cela veut-il dire? Qu'ils ont trouvés quelque chose? Mais je ne peux attendre. Il faut que je monte ces marches, il le faut.)
Olberic continua péniblement sa progression pour finalement atteindre la cathédrale. A peine arrivé, les portes s'ouvrirent et un prêtre accourut vers lui pour lui administrer le remède.
Olberic : *reconnaissant* Les dieux soit loués. Ils ont enfin trouvés un remède.
Prêtre : Laissez-nous nous charger de cette femme.
Olberic : Non je tiens à la porter jusqu'au cimetière moi-même. (Si il la porte, il se rendra compte qu'elle ne pèse rien. Il faut que je l'enterre moi-même pour éviter les suspicions. La corneille a parlé des grottes ce soir. Je m'acquitterai de ma part du marché mais je pressens un piège. Nous verrons bien.)
Le remède fut distribué à toute la ville et celle-ci, après des jours d'errance retrouva très rapidement son activité d'antan. Les deux gardes postés à l'entrée de la ville furent sidérés quand Ogen se présenta à eux.
Ogen : La ville ne craint plus rien. Je peux vous libérer de vos obligations. Au fait, *tend une préparation* Ceci est pour vous deux. On est jamais trop prudents et je préfère que vous vous prémunissiez de la maladie.
Mais à peine la préparation donnée, Ogen ressentit un terrible contrecoup.
Garde : Ogen, est-ce tout va bien?
Ogen eut le souffle coupé. Ses yeux se fermèrent et son corps s'écroula soudainement. Paniqués, les gardes appelaient à l'aide et Alfyn accourut tout comme Primrose et les filles. Alfyn ausculta avec la plus grande précision son mentor.
Mais...
Alfyn : *terrassé* Non... *en larmes* Non...
Primrose : *effrayée* Alfyn...
Ellen : *attristée* (C'est lui, le méchant monsieur. Il est... mort...)
Flynn : *incrédule* (Il était bien juste avant. Qu'est-ce qui s'est passé?)
Alfyn : *fou de rage, saisit la tunique d'Ogen* POURQUOI!? POURQUOI VOUS AVEZ FAIT CA!?
Cyrus : *s'approche seul* Alfyn, mon ami.
Alfyn : *tremble de tout son corps* Vous n'aviez pas à prendre ce fortifiant, vous seriez encore en vie!
Cyrus : *s'accroupit près du corps d'Ogen* Regardez Alfyn. Regardez son visage. Il semble apaisé.
Alfyn : ...
Cyrus : Je ne connaissais pas cet homme mais la courte discussion que j'ai eu avec lui m'a montré combien son coeur était grand. Il n'a peut-être pas votre bonté mais je crois savoir qu'il vous a montré ce qui vous manquait le plus. Le contrôle de vos émotions.
Alfyn : Vous me faites rire? Alors que vous vous êtes précipité sur Ophilia?
Cyrus : Comme vous l'auriez fait pour Primrose. Seulement dans les situations délicates, vous perdez le fil à cause de vos sentiments. Ne doutez pas qu'Ogen n'en avait pas mais il avait un sang-froid à tout épreuve. Si vous voulez être digne de son enseignement alors apprenez à maîtriser vos émotions. *se relève, s'adresse à la foule* Auriez-vous la générosité de ne pas stationner ici et laisser Alfyn faire son deuil?
Les habitants de la ville, ayant attribué le statut de sauveur à Alfyn et se sentant à nouveau redevables envers lui se retirèrent dans la zone nord de la ville.
Alfyn : *près d'Ogen* (Dès le début, vous vous saviez condamné. Votre santé était déjà fragile, la maladie et le fortifiant n'ont fait qu'accélérer le processus. Mais votre coeur vous aura fait tenir jusqu'à l'assurance complète d'avoir sauvé toutes les âmes de cette ville.)
Primrose : *les yeux larmoyants, s'accroupit près d'Alfyn pour le serrer dans ses bras* Mon coeur. Ne t'en veux pas, je t'en prie.
Alfyn : *secoue la tête* J'aurais dû être plus fort et au lieu de cela, je me suis laissé emporter par mes sentiments.
Primrose : *triste* Arrête, ce n'est pas vrai. Vous avez sauvés la ville tous les deux, avec vos forces et vos faiblesses. Si nous n'étions pas venus ici, cette ville aurait été décimée. Et si Ogen n'avait pas été là, nous aurions été incapable de nous organiser. Alors... Ne dis pas que c'est ta faute.
Alfyn : Tu sais, Ogen m'a dit un jour qu'il était comme moi mais que le cours de la vie l'a changé. Il avait plus ou moins abandonné le soin jusqu'à ce que nos routes se croisent. Je le pensais cynique et froid sans me rendre compte qu'il avait toujours été généreux avec autrui malgré sa nature calculatrice. J'ai pensé que la quarantaine était une mesure fataliste mais c'était la meilleure décision à prendre. Sans ce miracle, on serait tous morts, incapable de nous soigner.
Primrose : Professeur?
Cyrus : Oui Primrose?
Primrose : Pouvons-nous savoir où vous avez trouvé la fiole?
Cyrus : ...
Primrose : Professeur?
Cyrus : *dos à Primrose, le regard vide* Comment le dire sans paraître pour un insensé? Alors que je ramassais la mousse, une étrange créature m'a demandé de porter cette fiole posée à côté d'elle.
Primrose : *tremble* Quel genre de créature?
Cyrus : *fixe Ophilia, inquiet* Un corneille noire aux yeux nimbés de rouge.
La description de la créature surnaturelle jetta un froid à l'ensemble du groupe.
Primrose : *la voix frêle* Non... C'est... Impossible.
Alfyn : Elle nous a sauvés?
Ophilia : *terrifiée* (Est-ce qu'ils parlent de cet oiseau qui m'a parlé sur la plage?)
Cyrus : Je ne sais pas pour quelle raison cette entité nous a donné l'antidote. Ce qui est certain, c'est que nous sommes suivis.
Ophilia : Moi aussi je l'ai vu, elle m'a parlée alors que j'étais isolée.
Primrose : (Cela veut dire que cet oiseau s'adresse à chacun de nous, lorsque nous sommes seuls et faible. On dirait qu'elle nous surveille et s'assure de nous emmener sur un chemin précis. Mais lequel?)
Alfyn : Professeur, je l'ai rencontré moi aussi. Et Prim égalment.
Primrose : C'est exact. Et j'ai remarqué qu'elle s'arrange pour converser avec nous lorsque nous sommes isolés et vulnérables.
Cyrus : *réfléchit* Un ennemi qui nous veut du bien? Il doit forcément en tirer un bénéfice. Mais l'ignorance nous tient à l'écart de ses desseins.
Ophilia : *inquiète* Cyrus, est-ce que tu penses que cet animal est lié au conseil d'Emeraude?
Cyrus : Ca me paraît bien plus compliqué qu'il n'y paraît. Le conseil d'Emeraude n'a aucun intérêt à nous laisser en vie. Pour eux, nous sommes sans doute une menace. Ce qui veut dire... Que cet oiseau a un autre but.
Primrose : Lequel?
Cyrus : J'aimerais pouvoir vous répondre, Primrose. Je le voudrais sincèrement.
Alfyn : Linde?
Linde : ?
Alfyn : Est-ce que ça te dit quelque chose.
Linde : Groa.
Primrose : Bien sûr, cela veut dire qu'elle s'est aussi adressée à H'aanit. Sans doute à Therion et à Olberic.
Chacun partagea son expérience de la corneille. Cyrus donna l'information cruciale à savoir la destination future du groupe qui coïncidait avec leur poursuite d'Esmeralda.
Cyrus : Esmeralda a emprunté la route de Grand-Port, sans doute pour rallier l'Orient. J'en déduis qu'elle a une mission spécifique donnée par le conseil d'Emeraude et que cela concerne Au fin fond de l'enfer.
Primrose : *enragée* Ils avaient anticipés nos mouvements. Et cette épidémie était là pour nous détourner de notre vrai objectif. Ils sont comme le conseil d'Obsidienne, ils usent des mêmes méthodes.
Ophilia : (Les dieux sont forcément au courant d'une telle manoeuvre. Si cela se trouve, nous sommes investis d'une mission. Ce livre dont parle Cyrus est capable de faire revenir Galdera. Est-ce cette raison qui a poussé les Dieux à nous lancer à la poursuite de cette femme?)
Alfyn : *croise les bras* Pour l'instant, on ne peut que naviguer à vue. Reposons-nous dans cette ville et nous irons de l'avant demain. Je vais en profiter pour utiliser le restant du remède au cas où la maladie reviendrait.
Cyrus : Vous avez raison, nous lancer à la poursuite d'Esmeralda alors que nous venons à peine de récupérer serait suicidaire.
Primrose : *à Alfyn, sourit* Je m'occupe de nos filles.
Ophilia : *surprise* Tes filles?
Primrose : *acquiesce* Je t'expliquerai plus tard mais pour être bref, Alfyn et moi sommes parents de deux adorables enfants.
Cyrus : Voilà une belle nouvelle.
Primrose : *heureuse* Oui... *à Cyrus* Pourriez-vous accompagner Alfyn, professeur?
Cyrus : *opine de la tête* Bien sûr, Primrose. Vous pouvez compter sur moi.
Primrose : *s'approche d'Ophilia* Et toi ma chérie. Réconforte Olberic, tu veux bien?
Ophilia : *étonnée* Quelque chose ne va pas avec lui?
Primrose : C'est difficile à expliquer mais j'ai le sentiment qu'il s'enferme de plus en plus sur lui-même, il n'arrive pas à s'ouvrir à nous. Nous devons lui faire comprendre qu'on ne l'oublie pas.
Ophilia : C'est vrai, il est plutôt à l'écart du groupe en ce moment. Il me semble qu'il a était du côté de la cathédrale, plus précisément au cimetière.
Au cimetière, Olberic était face aux tombes nouvellement dressées.
Olberic : (Le rôle d'Ogen ne se limitait pas qu'à gérer la quarantaine. Mais aussi la gestion des défunts à venir. La cathédrale servait de "stockage" des corps inanimés. Si j'ai bien compris, il faisait venir les personnes prêtes à mourir jusqu'à la cathédrale. Ce lieu de prière et d'apaisement était devenu une prison macabre. Pourtant, je l'ai vu avec Alfyn préparer les remèdes et à le voir sourire quand les malades guérissaient. Sous cette armure cynique, se cachait un coeur profondément bon.) *observe son buste* (Ai-je... moi aussi ce coeur bon?)
Donovan : *vient près d'Olberic* Je vous remercie de nous avoir aidé. Il nous était difficile de porter nos proches car la douleur est encore très vive dans nos coeurs.
Olberic : Je n'ai fais que mon devoir.
Donovan : Et je suis certain que les Dieux vous en remercient.
Olberic : (Les Dieux? Où étaient-ils donc quand je portais cette femme? Je doute que cette corneille noire aux yeux rouges soit un messager des dieux.)
Donovan : Ne soyez pas tristes pour ces personnes, nous avons pu leur offrir une sépulture digne et les sacrements de la flamme sacrée. Leurs âmes pourront voyager en toute quiétude vers les cieux.
Olberic : ...
Donovan : Je vous laisse vous recueillir, c'est la moindre des choses.
Donovan s'inclina et quitta le cimetière, laissant Olberic seul. Revenu dans la cathédrale, Donovan croisa Ophilia.
Ophilia : Monseigneur, pouvez-vous me dire où se trouve Olberic?
Donovan : Naturellement, il est au cimetière, il prie les Dieux pour qu'ils accordent leur bénédiction aux âmes défuntes.
Ophilia : *le visage fermé* Bien.
Donovan : *intrigué* Autre chose ma soeur?
Ophilia : Oui. Mes amis arrivent avec un corps... *difficilement* Celui d'Ogen.
Donovan : *frappé de tristesse* C'est impossible.
Ophilia : *grise mine* Il s'est effondré après s'être adressé aux soldats à l'entrée de la ville. Je crois que... que les Dieux lui ont donnés de la force pour aller jusqu'au bout de sa démarche.
Donovan : Je vais attendre vos amis. Je vous laisse aller partager la peine de votre ami Olberic.
Ophilia : *acquiesce* ... Une dernière chose. Mon amie, Primrose, voudrait vous parler demain à propos d'Ellen et de Flynn. Elle veut les adopter mais elle a besoin de vous le temps de son absence.
Donovan : Nous en parlerons demain alors. La journée a été éprouvante pour tous et la nuit va bientôt tomber.
Ophilia : *s"incline* Merci Monseigneur. Que la flamme sacrée veille sur vous.
Ophilia quitta Donovan pour rejoindre un Olberic prostré dans le silence. Ophilia l'observa un instant puis se colla à lui en l'enlaçant de ses bras. Quelque peu surpris par un contact si soudain, la voix qui lui parvint dissipa toute doute sur l'identité de son compagnon.
Olberic : Ophilia?
Ophilia : *sourit* Olberic. Je suis venue vous chercher.
Olberic : Ca ne nécessitait pas un tel contact, vous auriez pu simplement signifier votre présence.
Ophilia : Oui mais je me suis dit qu'un peu de tendresse serait propice à la discussion. Cela fait du bien de se sentir aimé.
Olberic : *pose ses mains sur celles d'Ophilia* Cela fait longtemps que j'ai perdu la perception des sentiments, bien que je ressente votre chaleur et votre douceur.
Ophilia : *colle sa tête contre Olberic* Je suis certaine que cela vous reviendra un jour. Le plus grave serait d'accepter que vous êtes vaincu sans avoir même brandit votre arme. Et je veux que vous sachiez que vous n'êtes pas seul dans cette épreuve, nous sommes là, à vos côtés.
Olberic : *opine de la tête* Mais il faudra plus que des mots de réconfort.
Ophilia : *amusée* Ne soyez pas défaitiste. Il y avait de quoi être désespérée de la situation. Et pourtant un miracle s'est produit.
Olberic : (Pas un miracle mais une manoeuvre insidieuse.)
Ophilia : Je vais prier pour vous Olberic. Je suis certaine qu'ils m'écouteront, comme ils l'ont fait pour cette ville. *se détâche lentement* Si vous avez besoin, venez me parler. Peu importe de quoi il s'agît.
Olberic : *acquiesce* J'en prends bonne note. Merci Ophilia.