Once Upon Fire and Ice par

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Crossover / Drame / Fantastique

3 Chapitre 2 - L'Enlèvement

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Notre monde, Boston, Massachusetts

30 ans plus tard…

Mathias ouvrit péniblement les yeux après avoir réussi à dormir pendant quelques heures, malgré l'inconfort de la couchette merdique sur laquelle il était allongé. Des échos de voix fortes et furieuses se firent entendre dans le couloir, ainsi que des bruits de lutte et de coups, rapidement recouverts par le bruit désagréable des sifflets et par les voix tout aussi forte des gardes qui arrivaient. Deux détenus se battant, encore. Mathias ne s'inquiétait pas plus de cela, car les combats étaient fréquents ici et il avait été lui-même impliqué dans certains d'entre eux, au point d'envoyer un autre détenu à l'hôpital dans un état critique, après lui avoir presque briser le cou avec un coup de chaise.

Se frottant les yeux et se grattant le cou, Mathias se leva et s'assit sur sa couchette, sortant lentement de sa torpeur. Autour de lui, les mêmes quatre murs blancs immaculés formant sa putain de cellule, éclairés par un simple petit néon au plafond. Une cellule composée d'une seule couchette, d'un petit évier en métal et de toilettes presque tout le temps en panne. 2 ans ..... 2 ans passés dans cette fichue prison de Boston pour tentative de cambriolage. Ce n'était pas la première fois qu'il avait affaire à la police, mais c'était la première fois qu'il se retrouvait en taule.

Mathias se leva lentement et se dirigea vers l'évier pour se regarder dans le petit miroir suspendu au-dessus. En se regardant, il se souvenait encore de l'histoire de son père, Thomas Reyes, pompier, ce dernier l'ayant retrouvé et sauvé dans un immeuble en feu à Manhattan ... Aujourd'hui, il était un homme de 1 mètre 86 avec un corps mince, un visage fin, des yeux bleu-vert, de longs cheveux bruns lui tombant sur le cou et les épaules, une petite moustache et un petit bouc au menton. Il était vêtu d'une tenue de prisonnier, d'une chemise et d'un pantalon blanc à rayures noires. Le regard de Mathias se posa aussi sur sa cicatrice dans la main droite, mais détourna rapidement les yeux pour se regarder de nouveau dans le miroir et se rinça le visage à l'eau froide.

10 ans… Cela faisait maintenant 10 ans que Thomas et Martha Reyes, ses parents adoptifs, étaient morts. Mathias avait essayé de l'oublier, mais cette pensée revint le hanter encore et encore, s'accrochant aussi fort qu'une tique assoiffée de sang. Terminant d'essuyer son visage et de déboucher ses narines, Mathias était pensif. Il n'avait aucune idée de ce qu'il ferait une fois sorti. Parce que oui, aujourd'hui était un jour spécial ... Le jour de sa libération. En même temps, il était heureux de quitter enfin cet endroit grouillant de criminels plus violents et stupides les uns que les autres, mais aussi moins heureux d'être de retour dans la rue, livré à lui-même. Chômeur, sans abri, n'ayant qu'une moto, une vieille harley et quelques billets d'argent dans ses poches ... Pfff, Quel avenir, pensait-il ...

Alors qu'il allait s'asseoir sur sa couchette, la petite trappe en métal sur la porte de la cellule s'ouvrit, révélant les yeux d'un gardien qui jeta immédiatement un coup d'œil sur le détenu.

_ "Détenu enregistré n°666. Mettez vous face au mur du fond, à genoux et vos mains derrière votre tête." le gardien a ordonné. Mathias obéit en silence, ayant l'habitude et se met dans la position requise. Le bruit sourd et métallique de la clé qui ouvre la serrure fendit ses tympans. Trois gardes, dont deux armés, sont entrés dans la cellule, très méfiants. Ils connaissaient le tempérament de ce prisonnier. Cependant, souhaitant sortir le plus tôt possible, Mathias se laissa menotter et sortit de sa cellule, un gardien derrière chaque épaule. Plus loin dans le couloir, Mathias pouvait voir brièvement les deux prisonniers qui se battaient sauvagement, maîtrisés par les gardes qui s'empressèrent de les menotter. L'un des prisonniers, complètement incontrôlable, a commencé à les insulter sans s'arrêter, jusqu'à ce qu'un gardien lui aspire le visage avec un gaz lacrymogène, ce qui fit hurler l'homme. Sans dire un mot et escorté par les gardes, Mathias traversa plusieurs grands couloirs de détention, passant devant de nombreuses portes métalliques verrouillées, et parfois entendant derrière les coups ou les cris de folie de certains prisonniers devenus complètement fous après des années d'emprisonnement. Des voleurs, des dealers, des violeurs, des meurtriers, des membres de gangs ... Il y avait tout ici, la pire racaille que l'on puisse trouver à Boston ...

Dans l'un des couloirs, Mathias a croisé le chemin d'un autre détenu, Liam, un garçon de 25 ans aux cheveux blonds courts, aux yeux bleus et au visage mince, avec qui il avait réussi à sympathiser. Liam avait été condamné à 20 ans de prison pour tentative de meurtre contre sa femme qui le trompait. Il avait essayé de lui trancher la gorge avec un couteau de cuisine. Malgré son œil fou et ses mimiques un peu étranges, Liam était un prisonnier plutôt calme, ne cherchant jamais à avoir de problèmes avec les gardes ou les autres détenus.

_ "Alors, Matt, ça y esy .... Le grand jour est arrivé." Dit Liam avec un sourire. "Veinard ... et dire qu'il me reste encore dix-huit ans à tirer pour sortir de cet enfer ..."

_ "T'avais qu'à pas jouer au con, c'est tout." Dit Mathias en se moquant un peu de Liam qui eut un petit rire fou. Une poussée du gardien derrière fit avancer Mathias. Liam s'écarta pour les laisser passer et les regarda s'en aller.

_ "Profite de la liberté pour moi, mec ....", salua Liam alors qu'il rentrait dans sa cellule. Compte là dessus, pensa Mathias sans se retourner, avec un léger sourire.

Mathias a été amené dans la salle où se trouvaient tous les biens des détenus qui avaient été confisqués à leur arrivée à la prison. Debout toujours droit, les gardes derrière lui, Mathias observait l'homme derrière un petit bureau, un petit homme à lunettes, occupé à regarder le dossier du détenu.

_ "Hmmm, ah nous y voilà ... Le prisonnier n°666, Mathias Reyes, 30 ans, sans abri, sans emploi, arrêté pour tentative de vol, vous confirmez?" demanda froidement le petit homme à lunettes.

_ "Oui, je confirme." dit simplement Mathias, impatient d'en finir. Avec ces mots, l'homme à lunettes se leva du bureau après avoir fermé le dossier et alla prendre une boîte en carton blanche fermée avec un couvercle qu'il posa un peu négligemment sur le bureau, puis l'ouvrit.

Il a d'abord sorti plusieurs vêtements:

_ "Une veste en cuir noir, usée .... un T-shirt noir .... un pantalon en jean et un slip noir .... des bottes noires .... et des mitaines en cuir ..."

Après les vêtements, il a continué à sortir les quelques objets appartenant à Mathias.

_ "Une liasse de billets contenant exactement 100 dollars ..... Un canif ..... Et des clés de moto."

Mathias a pu récupérer toutes ses affaires dans la boîte en carton qui lui avait été remise. Il a été emmené dans une petite pièce vide où il pouvait enfin enlever ses vêtements de prisonnier et s'habiller comme il était lorsqu'il est arrivé ici il y a deux ans. Remettant enfin sa veste en cuir, le jeune homme sortit, son argent, son canif et ses clés dans sa poche, pour rendre la boîte vide à la pièce. Après avoir rempli et signé les derniers formulaires nécessaires à sa libération, Mathias a finalement été emmené à l'entrée de la prison où, quand les portes s'ouvrirent, se manifesta une petite brise d'air frais qui caressait le visage du jeune homme ... .Pendant deux années, il n'avait plus ressenti cela, quel plaisir, l'air frais ... La première chose qu'il vit fut les immeubles d'habitations de Boston, formant des rangées droites et parfaites dans les rues, encombrées de voitures et des trottoirs grouillant de monde. Cela ferait toujours rire Mathias intérieurement. Une prison contenant des meurtriers et des pédophiles, construite près des maisons. Les architectes de cette prison étaient des putains d'idiots, pensa-t-il.

_ "Va à la fourrière de la prison à ta droite, ta moto y est ... Allez, et que je te revois plus." le garde qui l'avait escorté dehors lui parla froidement, avant de faire demi-tour et de retourner à la prison. Mathias lui fit discrètement un doigt d'honneur.

_ "Adieu, pauvre con ..." murmura Mathias en se dirigeant vers la fourrière.

Comme prévu, le gardien responsable de la fourrière a conduit Mathias sur le parking où étaient entreposés les véhicules appartenant aux détenus qui les possédaient au moment de leur arrestation. Parmi eux se trouvait la vieille moto harley noire de Mathias. Après avoir signé le formulaire lui donnant le droit de récupérer son véhicule, Mathias a finalement pu la démarrer. Le son du moteur le fit sourire doucement, de même que sentir ses mains sur le guidon.

Enclenchant la vitesse, Mathias commença à sortir du parking de la fourrière et à entrer maintenant dans le trafic de la route faisant face à la prison. En le voyant sortir de la fourrière de la prison, certains piétons lui ont jeté des regards suspicieux, voire méprisants, mais il s'en fichait. Il était libre, maintenant ..... Mais malgré la joie de pouvoir rouler librement avec sa moto, de sentir l'air frais et de ne plus sentir le froid du métal des menottes aux poignets, une question le taraudait..... Qu'est-ce que je vais faire maintenant? ..... Après quelques minutes de réflexion et au volant de sa moto, il finit par trouver ..... Mathias sourit d'un air sombre. Il allait trouver la personne qui l'avait faite envoyer en prison et la faire payer pour cela.

*************

Pendant ce temps....

Arendelle, la Forêt Enchantée

Arendelle, le grand royaume du nord, retenait son souffle car un événement majeur se déroulait en cette nuit d'hiver calme, colorée par les aurores boréales envahissant le ciel et éclairant tout le fjord. Anna, la jeune princesse du royaume, était en train de mettre au monde son premier enfant. Clouée au lit dans sa chambre depuis des heures, la pauvre femme avait beaucoup de peine à faire sortir son enfant dans les meilleures conditions. Criant de douleur, le visage couvert de sueur, Anna essayait de rester forte, soutenue par le groupe de sages-femmes entourant le lit. Deux d’entre elles ont servi de soutien moral en tenant les mains de la princesse, tandis qu’une autre lui essuyait le front avec une serviette. La sage-femme la plus expérimentée se tenait prête à sortir le bébé, également soutenue par trois autres, au cas où.

_ "Respirez bien, respirez .....", dit la sage-femme en chef, très concentrée. Anna souffla doucement, prenant quelques secondes pour se préparer mentalement.

_ "Et ... poussez!"

Dans le couloir, la reine Elsa, vêtue de sa grande robe de glace, faisait les cents pas en silence, se frottant les mains nerveusement. Entendre les cris de douleur de sa sœur qui luttait pour accoucher lui donnait des frissons d'angoisse et lui faisait craindre le pire. Elle essaya de se calmer avant de déclencher involontairement une chute de neige dans le couloir. La porte de la chambre s'ouvrit et une sage-femme en sortit portant une petite bassine rempli d'un peu d'eau rougie. La reine l'interrogea sans délai.

_ "Comment est-elle?" Demanda Elsa, plus qu'inquiète.

_ "Tout va bien, Votre Majesté. Cela prend du temps, mais votre sœur est sur la bonne voie. Faites-nous confiance." La sage-femme lui répondit sincèrement avant de partir, laissant Elsa seule. Bien sûr, elle faisait confiance aux femmes qui aidaient sa sœur, mais ne pouvait empêcher cette once de doute de perdurer. Tout était arrivé si vite ... Il y a encore quelques heures, Anna parlait tranquillement avec sa sœur dans le grand salon, évoquant quelques souvenirs joyeux, près d'une cheminée chaleureuse et avec une bonne tasse de chocolat chaud, quand tout à coup, Anna avait ressentit une terrible douleur à l'estomac, à tel point qu'elle laissa tomber sa tasse et tomba à genoux sur le tapis ... À ce moment-là, Elsa pensa qu'elle allait avoir une crise cardiaque tant la surprise et le choc avaient été soudain....

Alors qu'elle continuait à marcher à droite et à gauche tout en priant pour que tout se passe bien, Elsa vit Kristoff arriver par le couloir. Le jeune homme, et maintenant le mari d’Anna, a montré plus qu’un visage inquiet. Il était allé dehors quelques minutes plus tôt pour essayer de se calmer, ne pouvant plus supporter d'entendre Anna hurler de douleur, mais avait finalement décidé de revenir auprès Elsa, ne voulant pas laisser la sœur d'Anna attendre seule et se sentant lâche de partir à un tel moment.

Le cri d'Anna venant de la pièce fit frémir Kristoff avec inquiétude, qui se mordit la lèvre. Elsa est venue le soutenir.

_ "Alors? Comment ça se passe?" Demanda Kristoff, très nerveux, sans détourner le regard de la porte de la chambre.

_ "Anna est forte, elle lutte de toutes ses forces et tient bon." répondit Elsa en reprenant ce que la sage-femme lui avait dit et en disant cela aussi pour se rassurer elle-même.

_ "Et si le bébé était ...... ou si Anna .....?" Kristoff commença à balbutier, dominé par l'inquiétude. Elsa lui prit les mains et essaya de le calmer un peu, la nervosité du jeune homme commençant également à la stresser. Déjà, des flocons de neige étaient apparus, flottant dans les airs, mais Elsa les avait fait disparaître immédiatement.

_ "Kristoff, pour l'amour d'Arendelle et pour l'amour que tu as pour ma sœur, calme-toi s'il te plaît. Te mettre dans un tel état ne fera qu'aggraver les choses, et personnellement, je ne voudrais pas transformer ce couloir en patinoire par accident à cause de toi, d'accord?"

Elsa fit un effort pour parler calmement et soupira d'un grand coup. Kristoff ne dit rien, ayant compris le message. Il alla s'asseoir sur une des chaises du couloir et se tourna nerveusement les pouces en regardant par la fenêtre pour voir la nuit noire, les aurores boréales dansant dans l'immensité du ciel et les quelques flocons de neige venant se coller contre le fenêtre et lentement glisser le long du carreau. Au moins c'était une belle nuit pour accoucher, ça le fit sourire un peu et penser pendant quelques secondes à autre chose.

Un cri d'Anna, plus fort que les autres, força Kristoff à sortir de ses pensées et à susciter encore plus sa peur. Elsa aussi était très inquiète. Puis le cri s’arrêta soudainement, suivi quelques secondes plus tard par d’importants bruits de pleurs de bébé. En entendant cela, les visages d'Elsa et de Kristoff s'éclaircirent, un sourire aux lèvres. La porte s'ouvrit et la sage-femme en chef, une femme de près de cinquante ans, sortit et sourit, fière d'elle.

_ "La mère est en parfaite santé et le bébé aussi. Félicitations, M. Kristoff. C'est une belle petite fille."

En entendant cela, Elsa et Kristoff ne pouvaient pas retenir leur joie et se prirent dans les bras. Après l'étreinte, Kristoff fut le premier à entrer, la sage-femme s'étant écartée pour les laisser passer. Dans la pièce, les autres sages-femmes s'étaient également écartées sur les côtés. Dans le lit à baldaquin drappé de draps de soie, Anna était allongée, vêtue de sa robe de chambre blanche, épuisée, respirant doucement, mais néanmoins souriante et versait des larmes de joie. Alors qu'ils approchaient, Elsa et Kristoff virent dans ses bras, enveloppés dans une petite couverture bleue, le visage d'un joli petit bébé émettant des petits gémissements et pleurant. Voyant enfin son premier enfant, Kristoff ne put empêcher les larmes de couler aussi et vint s'asseoir auprès sa femme et son enfant, touchant le front d'Anna avec sa main.

_ "Est-ce que tu vas bien?" Kristoff a demandé. Anna lui sourit et posa doucement sa main sur sa joue.

_ "Je ne pourrais pas être plus heureuse ..." répondit-elle d'une voix fatiguée.

_ "Elle .... Elle est tellement belle." Dit Kristoff en regardant le bébé et en venant très doucement toucher sa petite main, qui saisit doucement le doigt de Kristoff. Kristoff se pencha pour donner un petit baiser sur les lèvres d'Anna, tandis qu'Elsa s'approchait de l'autre côté du lit et observait tout cela avec tendresse. Anna la regarda et l'invita à se rapprocher.

_ "Approche, grande sœur ... viens dire bonjour à ta nièce." Anna a dit. Elsa s'est assise sur le lit, elle aussi admirant l'enfant avec un sourire et avec une grande délicatesse, étreint Anna avec amour.

_ "Félicitations, petite soeur." dit la reine, versant aussi sa larme de joie. Le bébé pleura à nouveau, sûrement affamée. Anna lui donna le sein et le bébé commença à téter doucement. Sur ordre de la sage-femme en chef, toutes les autres sages-femmes avaient quitté la pièce, laissant le couple et la reine seuls avec l'enfant pour un peu d'intimité.

_ "Quel nom lui as-tu choisi?" Kristoff a demandé.

_ "Lydia" fut la réponse d'Anna, qui y avait déjà pensé. Un joli prénom qui semblait plaire aussi aux deux autres. Lydia d'Arendelle, fille d'Anna et Kristoff. Pour fêter cette naissance, Elsa avait imaginé quelque chose qu'elle a secrètement créé pour le bébé. Un beau pendentif en argent représentant une étoile de glace. Le même genre de pendentif qu'elle avait donné à Anna comme cadeau de mariage. Elle posa le pendentif près du bébé.

_ "C'est beau, merci beaucoup." Dit Anna en embrassant la joue d'Elsa. La sage-femme en chef est toutefois revenue dans la chambre.

_ "Pardonnez moi ma reine, monsieur, mais la princesse et le bébé doivent se reposer maintenant."

Comprenant parfaitement, Elsa et Kristoff, après avoir souhaité une bonne nuit à Anna, ont quitté la pièce, la laissant seule, pour enfin dormir paisiblement dans cette nuit d'hiver, son enfant dans ses bras. Dans le couloir, Kristoff semblait peu disposé à regagner sa chambre.

_ "Je voudrais au moins rester pour veiller sur eux, je ...."

_ "Allons, allons, ne vous inquiétez pas ..." le rassura la sage-femme en chef "... Les autres sages-femmes et moi allons passer la nuit près de la chambre, au cas où. Votre femme et votre enfant n'ont rien à craindre."

Il voulait insister, mais le regard d'Elsa le fit abandonner. Alors que les sages-femmes se préparaient dans le couloir, Elsa et Kristoff se dirigèrent vers le fond du couloir pour se rendre dans la chambre de la reine. Voyant que le jeune homme semblait inquiet, Elsa lui parla tout en ouvrant la porte de sa chambre.

_ "Kristoff ... ce château est très bien gardé, et n'oublie pas que je ne suis pas une reine ordinaire. Anna et Lydia sont en parfaite sécurité."

_ "Je sais" soupira le jeune homme en se frottant les yeux "... Ce doit être la fatigue qui me rend nerveux comme ça ... Je vais dormir avec Sven à l'écurie, pour qu'il ne se sente pas trop seul... Bonne nuit."

_ "Bonne nuit." Dit Elsa en voyant Kristoff s'éloigner dans le couloir. Elsa ferma la porte derrière elle pour se retrouver seule dans sa chambre royale, une grande chambre luxueuse et très bien aménagée, avec un confortable sol recouvert de moquette et les armoiries d'Arendelle, un grand lit à baldaquin au fond, un grand lustre en cristal suspendu au plafond et de grandes fenêtres donnant une vue magnifique sur la baie, dont l'eau reflétait l'éclat des aurores boréales. Désormais seule, Elsa défit ses cheveux et les laissa tomber sur ses épaules. Elle regarda au-dessus de la cheminée pour admirer le grand portrait peint de son père, feu le roi d'Arendelle, la couronne sur sa tête et tenant le sceptre à la main. Elsa sourit.

_ "Vous devez être si fier d'Anna aujourd'hui, père ... et je vous comprends tout à fait." dit-elle, comme si elle s'attendait à recevoir une réponse du tableau.

Puis, en se dirigeant vers son lit, elle commença à penser à quelques souvenirs ... Elsa avait découvert il y a un an cet étrange monde et cette ville, Storybrooke, où elle avait fait la connaissance de nouveaux et formidables amis, notamment Emma Swan, une femme qui possédait elle aussi des pouvoirs. C'est à cette époque qu'Anna avait mystérieusement disparue et qu'une autre femme dotée de pouvoirs de glace, Ingrid, s'étant révélée être la soeur de la mère d'Elsa et Anna, qui, même si elle n'était pas vraiment mauvaise, voulait recourir à des méthodes peu recommandables pour obtenir ce qu'elle voulait. Après une longue péripétie et avoir retrouvé Anna, Ingrid avait finalement sacrifiée sa vie en ouvrant enfin ses yeux sur ce qu'Emma et Elsa essayaient de lui faire comprendre. Après ces aventures, Elsa, Anna et Kristoff étaient revenues à Arendelle et avaient chassé Hans qui avait réussi à prendre le pouvoir en l'absence de la reine, mais pas pour très longtemps.....

Elsa sourit en pensant à tout cela, même s'il y avait eu des moments difficiles. S'arrêtant devant son grand miroir et se regardant quelques minutes, Elsa se prépara à enlever sa robe, afin d'ensuite enfiler sa chemise de nuit et se coucher ...

_ "AAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHH!!!!"

Elsa se retrouva paralysée sur place et son cœur a sauté dans sa poitrine. C'était la voix d'Anna, dans un cri de terreur pure. Sans perdre une seconde, comme si elle était possédée, Elsa se précipita hors de sa chambre pour découvrir les sages-femmes, toutes paralysées par la terreur dans le couloir et regardant vers la chambre d'Anna. Elsa courut aussi vite qu'elle put et vit Kristoff se précipiter aussi, arrivant par l'autre extrémité. Il avait entendu le cri depuis la cour.

_"Qu'est-ce qui se passe?!" demanda-t-il en attrapant une sage-femme par les épaules. La femme ne pouvait pas répondre, tremblante comme une feuille, et ne pouvait même pas détourner le regard de ce qu'elle voyait. Elsa et Kristoff ont également regardé au même moment, et ce qu'ils ont vu les a surpris avec horreur.

Dans l'obscurité de la pièce, au pied du grand lit, se dressait une silhouette de deux mètres de haut, entièrement sombre et vêtue d'une longue tunique noire déchiquetée et d'une capuche sur la tête. Des mains griffues et putréfiées dépassaient des manches. Elle avait autour du cou une grande chaîne de métal rouillé et, à son extrémité, un vieux médaillon en forme de rune nordique. Dans le lit, Anna s'était blottie en arrière, tremblante de peur et tenant Lydia en pleurs.

La chose tourna furtivement la tête pour regarder Elsa et les autres, montrant un visage complètement noir, caché sous la capuche, et montrant pourtant deux yeux rouges terrifiants, brillants comme des lanternes. Un froid intense et macabre s'était répandu dans la pièce, ainsi qu'une atmosphère pesante. Tout le monde restait pétrifié par ses yeux surnaturels, répandant au cœur de tous une peur et une mélancolie intense.

_ ”ANNA!” Elsa voulut intervenir, préparant ses mains pour envoyer un sort. Mais la chose, avec un simple mouvement de la main en l'air, repoussa Elsa et tous les autres par une force invisible très puissante. Elsa, Kristoff et les sages-femmes n'ont pas pu résister et sont tous tombées en arrière. Elsa était abasourdie. Cette créature était capable de faire de la magie! Puis la porte de la chambre, par magie, fut brusquement fermée par cette même force et verrouillée. En se levant frénétiquement, Kristoff se jeta contre la porte pour essayer de l'ouvrir, tout en entendant les cris de terreur d'Anna derrière.

_ "ANNA! ANNA!!" Kristoff hurlait, essayant d'ouvrir avec acharnement, sans succès.

_ "Kristoff, pousse toi!" ordonna Elsa. Il l'a fait et la reine, en tendant ses mains en avant, a commencé à essayer de briser le verrou avec un sort de glace. Dans la chambre à coucher, Anna s'était recroquevillée aussi loin qu'elle le pouvait dans le lit, tenant sa fille en larmes, alors que la créature se dirigeait lentement vers elles, donnant l'illusion de glisser lentement sur le sol comme un fantôme. Anna trembla de tous ses membres, les yeux rouges de la chose fixant les siens avec une intensité terrifiante. Une fois à seulement trois mètres du lit, la créature leva lentement la main. Anna a alors senti une force invisible et écrasante arracher son enfant de ses bras sans qu'elle ne puisse la retenir. Horrifiée, Anna vit Lydia pleurer encore, lévitant dans les airs et venir dans les bras de la chose.

_ "NON, S'IL VOUS PLAÎT, PAS MON BÉBÉ! LYDIA!!" Anna cria, les larmes aux yeux, mais toujours trop faible pour pouvoir se lever, et tomba de son lit sur le tapis en essayant de se lever. Finalement, la porte a cédé sous les pouvoirs de glace d'Elsa et Kristoff a été capable de l'ouvrir en donnant un grand coup d'épaule, ce qui a presque fait sortir la porte de ses gonds. Il fut immédiatement suivi par la reine.

_ "ELSA! KRISTOFF!!" Anna leur cria de désespoir. À la vue de la créature tenant son enfant en pleurs dans ses bras griffus, Kristoff devint fou de colère. Ignorant la peur, il se précipita vers la créature.

_ "Relâche notre fille, sale monstre!!" cria Kristoff avec colère. Mais d'un simple geste de la tête, la chose déclencha à nouveau cette force invisible, repoussant Kristoff de plusieurs mètres en arrière et le faisant heurter le mur. Voyant cela, Elsa fit également un pas en avant, montrant un visage plus sombre et plus fermé, et étendant ses mains vers l'avant, provoqua un torrent de glace sur la créature. Mais c'est avec étonnement qu'Elsa a vu la créature se transformer en un nuage noir flottant, évitant le sortilège de la reine, et s'envola à toute vitesse alors qu'elle passait par l'une des fenêtres, la brisant et emportant Lydia avec elle, dont les cris continuaient de résonner dans l'air.

_ "LYDIAAAA!!" Anna pleura de toutes ses forces, tendant désespérément sa main alors que sa fille était emportée par ce monstre. Kristoff s'était levé, souffrant un peu à l'arrière de la tête, mais s'était précipité vers sa femme pour l'aider. Elsa s'avança jusqu'à la fenêtre brisée, sans voix et sans défense, contemplant cette chose qui disparaissait progressivement dans le ciel, tout comme les pleurs de Lydia s'évaporèrent peu à peu dans les airs.

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