Le jour de leur départ, les membres du Chapeau de Paille avaient dû faire tous les efforts du monde pour préparer le Vogue Merry. L’alcool avait coulé à flot la veille et tous avaient très peu dormi. Seul Luffy, qui n’avait bu que du lait, était en pleine forme.
Noriko, quant à elle, avait utilisé ses pouvoirs pour s’hydrater et faire disparaître sa gueule de bois. Une fois sobre – bien qu’épuisée –, elle avait enjambé Usopp qui s’était écroulé à terre et était allée s’occuper des voiles pendant que ses compagnons luttaient contre eux-mêmes.
Les adieux rapides avaient été difficiles pour Nami, mais l’excitation au sein de l’équipage avait été à son comble : leur navigatrice était de retour et ils partaient pour une nouvelle aventure.
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Les quelques jours suivants passés en mer avaient été paisibles.
Noriko avait pris pour habitude d’aider Sanji après chaque repas. Ne connaissant que quelques bases culinaires, elle était fascinée par tout ce qu’il était capable de faire.
La première fois qu’il avait préparé un repas, elle lui avait timidement proposé son aide et Sanji en avait été tout retourné d’avoir l’attention d’une aussi jolie fille au point d’en tomber par terre. Il avait néanmoins refusé, prétendant qu’il ne souhaitait pas qu’elle se dérange.
— Tu es sûr ? Je pourrais…
— Oh Nori-jolie, tu es tel un ange tombé du ciel, mais je refuse que tu prennes le risque d’abîmer tes jolies mains en coupant le moindre légume, l’avait-il interrompue en lui faisant un baisemain.
Elle avait souri, se demandant où il pouvait aller chercher de tels propos qui l’amusaient à chaque fois. Elle n’avait pas insisté, la cuisine de Sanji était excellente et elle n’avait jamais rien mangé d’aussi bon. Elle était consciente qu’il n’avait pas vraiment besoin d’aide et voulait seulement se rendre utile.
— D’accord, mais tu te débarrasseras pas de moi pour faire la vaisselle. Je m’en occupais déjà avant ton arrivée et je risque pas de m’abîmer les mains pour ça.
Sans attendre sa réponse, elle avait tendu sa paume pour créer une bulle d’eau qu’elle avait fait voltiger devant elle, puis avait écarté ses deux mains pour la diviser en deux. La première s’était posée sur la vaisselle sale et Noriko y avait ensuite ajouté du savon, puis avait agité son index. L’eau avait obéi et avait tourné sur elle-même à une vitesse folle jusqu’à devenir moins limpide.
Une fois satisfaite, elle avait placé la deuxième bulle sous celle qui était sale et y avait laissé retomber un par un les ustensiles de cuisine. Après les avoir rincés, elle les avait délicatement déposés dans leurs rangements sans y laisser la moindre goutte.
Dans un dernier geste habile, elle avait ensuite laissé l’eau sale s’écouler dans le siphon de l’évier.
La première fois que le cuisinier avait assisté à ce spectacle, il en avait été subjugué, n’avait cessé de chanter les louanges de Noriko, lui avait préparé du thé pour la remercier et s’était lancé dans un monologue sans fin, soulignant qu’elle épargnait une bien pénible corvée à tout le monde, mais que ça ne l’étonnait pas, parce qu’il la trouvait jolie.
Depuis lors, le rituel s’était transformé en véritable habitude : Sanji cuisinait, l’équipage débarrassait et Noriko nettoyait.
Après un nouveau repas, la manieuse d’eau s’éclipsa sur le pont qui était d’une propreté impeccable depuis qu’elle l’avait récuré la veille. Comme partout sur le navire, elle usait de ses pouvoirs et nettoyait tout ce qu’elle pouvait, épargnant ainsi une perte de temps considérable à son équipage. Contrairement à eux, cela ne lui coûtait ni effort, ni énergie. Elle était plus rapide et surtout d’une efficacité redoutable.
Un bruit sourd suivit d’un grand cri de douleur attira son attention.
Assis par terre, Luffy se frottait le crâne. Face à lui, Sanji s’insurgeait : les mandariniers récupérés à Kokoyashi appartenaient à Nami et le capitaine n’avait pas le droit de manger les fruits sans l’autorisation de cette dernière.
Noriko émit un souffle amusé, puis se rendit finalement compte que ce n’était pas le Chapeau de Paille qui avait crié.
Son enquête la mena vers Usopp qui se roulait par terre en pleurant. Un étrange liquide rouge recouvrait son visage et Noriko fit apparaître une bulle pour le retirer.
Instantanément soulagé, le tireur d’élite la remercia, puis expliqua que la bille de tabasco qu’il tentait de mettre au point lui avait explosé à la figure car il avait été bousculé par Luffy. Furieux et les yeux encore en feu, il s’en alla régler quelques comptes avec ce dernier.
Noriko ne put contenir un rire nerveux lorsqu’elle entendit son capitaine se plaindre d’un coup de pied aux fesses alors que c’était Sanji qui l’avait poussé en le frappant.
Elle ne prêta pas attention à la suite de la dispute et se dirigea vers la poupe du Merry.
Nami s’y trouvait. Elle aussi se disputait, non pas avec l’un de ses camarades, mais avec le livreur de journaux qui n’était autre qu’une énorme mouette coiffée d’un chapeau et portant un sac sur son dos.
L’animal s’envola et Nami se tourna vers Noriko, comme si tout était de sa faute.
— On n’a pas idée d’augmenter les prix sans prévenir !
Agacée et ruminant pour elle-même, elle se laissa tomber sur un fauteuil en osier qu’elle avait sorti pour lire tranquillement. Bien loin d’être apaisée, elle bougonnait encore lorsqu’elle ouvrit le journal.
Deux avis de recherche tombèrent aussitôt, virevoltèrent un instant dans les airs, glissèrent sur le sol et finirent par s’immobiliser aux pieds de Noriko.
Quand elle aperçut les photos, elle se figea.