Noriko

Chapitre 85 : Archipel Sabaody (2)

10086 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 22/05/2026 14:53

Toujours en proie à la panique, les cris des spectateurs fusaient de part et d’autre : la plupart des pirates venus assister au spectacle se précipitaient vers la sortie – refusant de se retrouver face à un Amiral – tandis que les civils, effrayés, n’osaient plus bouger.



Pappag paniqua, suivi d’Octy, ainsi que de Camie, dont l’expression affichée suffisait à faire comprendre ce qu’elle ressentait.



Luffy reprit son calme et s’excusa auprès de son équipage, ayant parfaitement conscience des conséquences de son geste. Aucun de ses amis ne lui en tint rigueur car tous connaissaient son tempérament.



Après quelques paroles échangées, Franky s’imposa dans les coulisses à la recherche de la clé de l’entrave de Camie, Chopper apporta les premiers soins à Octy et les autres se tinrent prêts au combat.



Le père de Saint Charlos s’était levé, furieux que quelqu’un s’en soit pris à sa famille. Il arma un fusil et s’apprêta à tirer sur Luffy, ce qui raviva une nouvelle vague de panique au sein du reste des spectateurs qui craignaient de tomber sous des balles vengeresses.



Au moment de tirer, l’arme fut cependant déviée par un coup de pied de Sanji et le public profita de ce bref instant pour prendre la fuite.



Simultanément, des gardes envahirent la salle sur les ordres de Disco – qui se cachait derrière un rideau – et les Chapeaux de Paille encerclèrent Octy et Chopper pour les défendre.



Noriko fit apparaître des bulles d’eau qu’elle envoya se coller sur le visage de ses assaillants. Ils luttaient quelques instants contre eux-mêmes en se roulant par terre, tentant d’arracher l’eau qui s’infiltrait toujours plus loin dans leur gorge, puis finissaient par s’écrouler.



La salle était désormais vide, à l’exception de Tralfagar Law et d’Eustass Kidd, tous deux accompagnés de leurs hommes. Ils n’avaient pas bougé, ni manifesté l’envie de les aider, et Noriko se questionna sur leur présence. Elle s’attarda sur leur équipage de Kidd, et reconnut Killer, un autre des Supernovas.



— À TERRE !



Elle sursauta, puis obéit sans réfléchir à la voix de Zoro.



L’instant d’après, une onde trancha la salle et repoussa leurs ennemis.



— Tu veux nous tuer !? hurlèrent d’une seule voix Sanji et Luffy.


— Je vous avais prévenus, bougonna le bretteur, tandis que d’autres gardes arrivaient en masse.



La partie supérieure de l’aquarium de Camie, également touché par l’onde, glissa et se brisa au sol dans un grand fracas.



Ils n’eurent pas le temps de se réjouir. Un bruit plus assourdissant encore résonna et la salle trembla : deux exocets venaient de se fracasser dans ce qui restait du toit.


— Chargeons mes braves ! hurla Brook lorsqu’il se jeta dans les airs.



Il fut suivi par Robin, qui déploya des centaines de bras dans son dos afin de faire des ailes pour se poser en douceur, et tous deux prirent rapidement part au combat.

Instinctivement, Noriko leva la tête en entendant une voix qu’elle connaissait bien.



Perché à plusieurs mètres de haut, Ussop s’encourageait lui-même pour sauter. Il finit par se lancer, mais le flot d’insultes qu’il lâcha durant sa chute fit comprendre qu’un des hommes de Duval l’avait poussé.



Noriko voulut le réceptionner avec une bulle d’eau, mais un garde se jeta sur elle, déviant ainsi la trajectoire de son projectile. Elle se dégagea et roula sur le côté pour faire face à son ennemi, mais le trouva déjà au sol. Un angle bizarre s’était formé dans sa nuque et de la fumée se dégageait de son corps noirci. Elle leva les yeux et croisa ceux de Robin et Nami.


Un sourire pour les remercier et elle se précipita vers l’endroit où avait atterri Ussop, entre deux rangées.


— Ussop !


— Merci d’avoir amorti ma chute, dit-il sincèrement avant de se relever.


Perplexe, Noriko regarda ce qui avait remplacé sa bulle d’eau et constata avec horreur – puis amusement – qu’il s’agissait du paternel des nobles. Il avait dû vouloir se cacher et gisait désormais assommé.


— J’ai… J’ai dégommé un… Dragon Céleste, s’affola subitement Ussop en s’arrachant les cheveux. On va tous mourir !


— T’en fais pas, je suis sûre que ça passera inaperçu avec celui que Luffy vient de rétamer, rassura Noriko en le gratifiant d’une tape amicale dans le dos.


— IL FAIT QUOI !?


Des ennemis les obligèrent à écourter leur dispute et à se recentrer sur le combat.


— On peut pas s’attarder ici, prévint Sanji en dégageant un garde qui s’approchait trop près de Chopper.


— On récupère Camie et on retourne au Sunny avant que la Marine débarque, compléta Luffy.


— Elle est déjà là, Chapeau de Paille, avertit une voix calme.


— T’es qui, toi ? s’agaça Luffy en se tournant vers Trafalgar Law.


— La salle de vente est cernée, reprit ce dernier, et c’est pas étonnant : avec la base de l’autre côté de l’archipel, les soldats n’ont pas mis longtemps à venir.


Noriko fronça une narine quand elle remarqua la présence d’un ours blanc derrière lui qui affichait un air sympathique. Elle secoua la tête pour reprendre une certaine contenance.


— D’après les habitants, la plupart des soldats ont été mobilisés ailleurs.


Law la détailla de haut en bas.


— Et tu crois tout ce qu’on te dit ?


Le sang de Noriko ne fit qu’un tour.


— Ils devaient pourtant pas s’attendre à ce qu’un Dragon Céleste se prenne une droite, interrompit Eustass Kidd.


Surplombant la salle, il passa une main dans ses cheveux rouges et toisa Luffy ainsi que ses compagnons d’un sourire arrogant.


— Quoi qu’il en soit, merci à tous pour le spectacle.


Luffy s’apprêtait à répliquer lorsque la voix de Disco s’éleva.


— Sainte Sharlia, je vous en prie ! Cette marchandise vaut plus de 600 millions de Berrys et…


— La ferme, trancha la noble en tirant à ses pieds pour le faire détaler.


Sans que personne ne s’en aperçoive, elle s’était avancée sur la scène et faisait désormais face à l’aquarium de Camie. Apeurée, cette dernière se recroquevilla sur elle-même, les chaînes et son entrave l’empêchant de s’enfuir.


— CAMIE ! hurla Octy.


Tous les Chapeaux de Paille dirigèrent leurs attaques vers la noble dans l’espoir d’être plus rapides qu’elle. Cependant, au moment où elle s’apprêtait à l’abattre, le corps de celle-ci s’affaissa sous son propre poids. Elle tomba de tout son long, inconsciente.


— Elle… Elle est morte ? s’enquit Pappag.


— Seulement évanouie, corrigea Chopper.


Le mur du fond trembla, puis se fissura en son centre. L’instant d’après, une explosion en détruisit une partie et une ouverture apparut à travers la poussière qui s’éleva dans la salle.



La silhouette d’un homme âgé apparut.


— Bah alors, s’étonna-t-il, les enchères du jour sont déjà terminées ?


Celui à qui il s’adressait – un géant – passa à son tour par l’ouverture, fracassant davantage le mur.



Deux gardes encore debout peinaient à croire ce qu’ils voyaient.


— Ils étaient prévus pour la vente de demain, qu’est-ce qu’ils fichent ici !?


— Regarde, leurs entraves ont disparu !


— C’est impossible, comment ils ont fait ?


Agacée par leurs jérémiades, Noriko profita de leur inattention pour les réduire au silence à l’aide d’une bulle qui les repoussa plusieurs mètres en arrière. Lorsqu’elle reposa son regard sur la scène, la poussière était retombée, lui permettant de mieux voir l’homme qui discutait tranquillement avec le géant. Une flasque en main, il affichait un air amusé.


— J’avais l’intention de dépouiller le bougre qui allait m’acheter, mais tant pis.


— Tu te laisses vendre pour te remplir les poches ?


— Que quand je m’ennuie, précisa-t-il avant d’aviser son contenant. Il semblerait qu’une nouvelle urgence s’impose : ma flasque est vide.


Noriko fronça les sourcils quand elle le détailla, la ressemblance était trop frappante pour que ce ne soit qu’une simple coïncidence.



Octy confirma ses soupçons en interpellant le nouveau venu.


— Rayleigh !



Les Chapeaux de Paille s’entreregardèrent, ce nom mentionné plus tôt par Shakky indiquait qu’ils venaient de retrouver le revêteur.



Entre la propriétaire du bar et l’artisan, Noriko était loin d’imaginer que les pirates faisaient une reconversion professionnelle après leur carrière.



Rayleigh fut ravi d’apercevoir Octy, mais perdit son sourire à l’instant où ses yeux se posèrent sur ses blessures.


— Tu t’es mis dans un sacré pétrin, soupira-t-il.


Il observa Chopper qui le soignait toujours, puis avisa les autres compagnons, ainsi que les gardes qui reprenaient leurs positions pour une meilleure attaque. Son regard s’illumina lorsqu’il s’attarda sur Luffy.


— Heureux de te rencontrer, Monkey D. Luffy. Merci d’avoir aidé Octy.


— On se connaît ? s’étonna le jeune capitaine.


Rayleigh sourit, puis reprit un air sérieux et releva le menton. Simultanément, tous les gardes présents s’écroulèrent à leur tour.


— Le fluide royal, murmura Noriko pour elle-même.


Elle constata qu’aucun membre de son équipage n’avait été impacté, ni ceux de Law et de Kidd, ce qui témoignait de leur puissance.


— Co… Comment il a fait ça ? demanda Nami d’une voix blanche.


L’incompréhension gagna le reste des Chapeaux de Paille tandis que l’artisan se dirigea vers Camie.


— Navré pour cette interruption de combat, s’excusa l’artisan, mais il faudrait éviter de s’attarder ici.



Il ordonna à la sirène de ne pas bouger et, sous les protestations de ses amis, activa la bombe implantée dans l’entrave. Sous une tension palpable, il retira le collier au moment juste avant que celui-ci n’explose et le jeta au loin.



Son geste avait été si rapide que l’intégralité de l’équipage crut que Camie y était restée, mais seule une partie de la scène avait été détruite sous le coup de l’impact.

Pappag sauta au cou de la sirène, heureux de la voir en vie, tandis que Franky revenait au même moment, les clés de l’entrave en main. Comprenant qu’elles se seraient plus d’aucune utilité, il les donna au reste des esclaves qui attendaient en coulisses – n’ayant pas pu se sauver à cause de leurs chaînes.



Ray s’enquit auprès du géant de ce qu’il allait faire et celui-ci expliqua qu’il aiderait les malheureux prisonniers à fuir l’archipel.



— Mais d’où il sort, ce vieux ? questionna Ussop, partagé entre la crainte et l’admiration du revêteur.


— Il s’agit de Silvers Rayleigh, répondit Kidd, plus connu sous le nom de Seigneur des Ténèbres.


— Ici, je ne suis que Ray, corrigea l’artisan en se dirigeant vers eux. Je ne suis plus tout jeune et je compte bien finir ma vie en paix.


Il demanda à Franky de prendre Camie sur son dos tandis que lui s’occuperait de porter Octy.


— Il faut partir avant que…


— Monkey D. Luffy, Trafalgar Law et Eustass Kidd, hurla une voix au travers d’un mégaphone à l’extérieur de la salle. Vous et vos équipages êtes cernés. Laissez sortir les Dragons Célestes et rendez-vous !


— Et nous voilà désignés comme complices, s’amusa Law en gratifiant Noriko d’un sourire hypocrite qu’elle lui rendit aussitôt, pas vrai, Bepo ?


— C’est toi qui as voulu rester, commenta contre toute attente l’ours blanc qui répondait à ce prénom.


— Je me plains pas, railla Kidd, au moins on a rencontré le Chapeau de Paille et il est aussi taré qu’on le prétend ; ceci dit, j’ai pas envie de me frotter à un Amiral.


À ces mots, il prit la direction de la sortie, suivi de ses hommes.


— Vous m’excuserez, mais plus j’attends, plus il y aura de soldats. Vous dérangez pas, je vais gérer tout seul, puis je sauverai votre peau en même temps.


Luffy serra les poings et Law se leva, tous les deux partiellement agacés par le comportement arrogant de leur rival.



Ce fut le Chapeau de Paille qui s’élança en premier à sa poursuite.


— Je peux savoir où tu vas comme ça !? J’ai pas besoin de ta protection !


— J’ai pas d’ordres à recevoir ! hurla Law en les suivant.


— Reviens ici, Luffy, s’égosilla Nami, tu crois qu’on a le temps pour ça !?


— Laisse tomber, lui dit Ussop avec lassitude, c’est sa fierté qui est en jeu.


— Vous allez devoir vous débrouiller, les enfants, avertit Rayleigh. Je veux pas que la Marine me repère, ça compliquerait ma vie. Ici, je suis un simple civil.


— De toute façon, il faudra bien faire une percée, temporisa Noriko. Si ces trois-là font diversion, on pourra s’enfuir discrètement avant l’arrivée de l’Amiral.


Tous se mirent d’accord. La priorité était de soigner Octy et de le mettre à l’abri avec Camie et Pappag.


— Si jamais vous deviez vous séparer, retrouvez-moi au grove 13, lança Rayleigh avec un sourire malicieux.


— Compris, affirma Zoro.


— J’ai comme un doute, se moqua Sanji.


— T’as un problème, le cuistot ?


— C’est pas le moment, vous deux ! s’emporta vainement Nami alors que la dispute éclatait déjà.


Noriko voulut calmer la navigatrice, mais s’interrompit lorsqu’elle remarqua que Zoro tremblait légèrement, comme s’il était déjà à bout de forces. Elle fronça les sourcils. Ce n’était pas dans ses habitudes d’être fatigué après un combat contre une dizaine de gardes.


— Je l’accompagnerai, assura-t-elle.


— J’ai pas besoin de chaperon, s’énerva le bretteur.


— Et on n’a pas besoin que tu te perdes en cours de route ! rétorqua la manieuse d’eau.


— Nori-jolie a raison, rajouta Sanji pour enfoncer le clou en ravivant ainsi la querelle.


— On peut y aller, maintenant ? s’impatienta Ussop.


— C’est amusant de les voir se disputer quelle que soit la situation, sourit Robin.


— Ce serait embêtant de mourir ici, se désola Brook, même si pour ma part, je suis déjà mort.


Le squelette se mit à rire aux éclats de sa propre blague, sous le regard dépité de ses amis.


— J’aimerais bien qu’on se dépêche, se lamenta Chopper, je dois m’occuper d’Octy.


Tous se hâtèrent de quitter les lieux.



Devant la porte principale, ils tombèrent sur les équipages de Kidd et Law, attendant patiemment que leurs capitaines daignent finir de se crier dessus.



Effectivement, plantés face à leurs ennemis, les trois pirates se disputaient en même temps qu’ils combattaient, chacun prétendant que l’autre avait un pouvoir étrange. Autour d’eux, les Marines affluaient de plus en plus, ou du moins ils essayaient.



— Le capitaine se lâche, commenta l’ours blanc.


— Le nôtre monte facilement dans les tons, ajouta Killer.


— C’est quoi ce bordel ? bougonna Sanji en expirant de la fumée.


— Je n’en crois pas mes yeux, ironisa Brook.



Noriko cilla plusieurs fois, se demandant si ce qu’elle voyait était réel.



Luffy avait gonflé ses deux mains et frappait tout ce qu’il voyait sans s’arrêter de crier et sans préciser si c’était de rage ou de joie.



Kidd avait un bras remplacé par toutes les armes des soldats qui venaient à lui comme si elles étaient aimantées. La main géante et métallique balayait ensuite les ennemis dans un immense fracas, accompagné de cris de douleur et d’agonie. Le pirate arborait un sourire cruel, profitant très clairement de la situation. La violence de ses coups rappela à Noriko que son équipage avait conduit à la perte de civils et elle préféra détourner son regard.



Law, quant à lui, semblait plus calme. Il faisait apparaître des dômes sphériques bleus à l’intérieur desquels il semblait avoir un contrôle absolu sur toute matière présente dans cette espace. De simples mouvements de ses doigts décorés de tatouages, il échangeait des soldats avec des objets, déviant ainsi leur trajectoire. Lui aussi souriait, mais d’amusement. Il dégaina son sabre et trancha l’air devant lui. Aussitôt, les dizaines de Marines furent découpés. Pour autant, ils n’étaient pas morts et Law les reconstitua les uns avec les autres d’un simple geste de la main.



— Je crois que je me sens mal, pâlit Ussop.


— Pour une fois, je suis d’accord avec toi, déglutit Noriko en voyant un homme sans tête et avec trois bras.


— Ça me fait penser à cet abruti de clown, cingla Zoro.


— Armez les mortiers ! hurla un soldat qui semblait être le chef de l’unité.


Luffy fit un pas en arrière pour s’adresser à ses compagnons.


— Ils sont plus nombreux que prévu, haleta-t-il d’une voix plus aigüe que d’habitude.


— Pourquoi t’es tout petit, Chapeau de Paille ? s’étonna Law. Tu crains, là.


— Ah bon ?


Il était d’usage pour Luffy de rétrécir lorsqu’il gonflait ses bras pendant trop longtemps – son corps se rétractait naturellement après l’effort et le rendait temporairement vulnérable.


— Ne les laissez pas s’enfuir ! hurla le soldat en chef.


Luffy reprit subitement sa taille normale et se remit en position offensive aux côtés de ses camarades.


— Allez les gars, on se prépare. Franky, le vieux, vous courez, on vous couvre.


— Super bien reçu !



— Tout ça m’a l’air très drôle, rit Rayleigh de bonheur.


La situation n’était pourtant pas des plus amusantes. Autour d’eux, des dizaines de soldats encore valides s’armaient, tentant de se préparer au mieux pour lancer un assaut malgré le nombre restreint de leurs équipes.



À la surprise générale, ce fut l’ours blanc Bepo qui s’en occupa à lui seul, enchaînant d’innombrables prises de combat semblable à du kung-fu qui témoignaient de sa surpuissance.


— Sacrée stratégie, releva Kidd avant de s’adresser à Luffy et Law. Au fait, content de vous avoir rencontrés, mais la prochaine fois, je vous ferai pas de cadeau.


— Je m’en contrefous, bougonna celui qui était couvert de tatouages en gardant un œil sur son compagnon.


— Fais ce que tu veux, lâcha le Chapeau de Paille, mais tu m’empêcheras pas de trouver le One Piece.


Kidd resta tellement abasourdi par cette affirmation qu’il ne vit pas le Marine qui lui fonçait dessus.


— Réveille-toi ! pesta Killer en le sauvant de justesse à l’aide d’une de ses deux faucilles.


Kidd reprit ses esprits sans lâcher Luffy du regard.


— J’ai trucidé tellement de gens qui se sont moqué de moi quand je disais vouloir trouver le One Piece… Ici, affirmer ses convictions revient à te condamner à mort.


Avec un sourire machiavélique, il salua son rival et donna l’ordre à ses hommes de foncer dans le tas afin de pouvoir s’enfuir.


— On se reverra dans le Nouveau Monde, Chapeau de Paille !


Kidd et son équipage s’occupèrent d’une bonne partie des soldats, tandis qu’une autre fonçait déjà sur les autres pirates.



De son côté, Law ordonna à ses compagnons d’en faire de même et fit un signe de tête à Luffy.


— Tu m’excuseras, Chapeau de Paille, mais j’ai pas envie d’engager un combat contre un Amiral. À la prochaine.


Le capitaine du Sunny releva à peine l’adieu et balaya d’un coup de pied un groupe d’ennemis, ouvrant ainsi une brèche.


— On fonce ! hurla-t-il.


— Ouais ! répondirent en chœur ses amis.



Fidèles à leurs habitudes, Sanji donna des coups pieds, Zoro trancha, Robin brisa des os, Nami électrocuta, Ussop tira à vue d’œil, Chopper se servit de ses poings sous sa forme Heavy Point et Noriko noya tous ceux qu’elle croisait.



Franky se contentait de courir, Camie et Pappag perchés sur son dos. Sur ses talons, Rayleigh le suivait.



Brook prit appui au sol et se propulsa dans les airs. Son violon en main, il joua une magnifique berceuse qui eut le pouvoir d’endormir une quinzaine de soldats qui leur barraient la route.



— Comme c’est beau, s’extasia Luffy, on dirait…


Il s’endormit, sans pour autant s’arrêter de courir.


— Mais ronfle pas, sombre crétin ! hurla Sanji en le gratifiant d’une claque derrière la tête.



L’équipage réussit à passer la ligne ennemie, tout en évitant et en repoussant les tirs de mortiers.



Noriko formait des bulles qu’elle envoyait derrière elle, sans savoir si elle faisait mouche et en songeant d’une vague serait plus efficace pour les repousser. Elle aperçut le médecin de bord à ses côtés et eut une idée.


— Chopper !


Il eut tout juste le réflexe de la rattraper quand elle se jeta dans ses bras.



Sa taille maintenue, elle se redressa pour caler ses coudes sur l’une de ses larges épaules et ouvrit ses mains jointes. L’instant d’après, un torrent en jaillit à pleine puissance, emportant leurs poursuivants avec lui.


— Nami ! héla le jeune renne.


La navigatrice n’eut pas besoin d’explication. Elle fit apparaître de gros nuages noirs et, comme à l’accoutumée, électrisa le torrent pour plus d’efficacité.



— Youhouuuuuuuu ! interpella une voix enjouée.


Au loin, tout en faisant de grands gestes, Duval souriait, heureux de les revoir. À ses côtés se trouvaient ses hommes et leurs poissons-volants.


— Tout est prêt pour votre fuite, les amis !


— Ça m’énerve de faire appel à eux, mais le temps nous est compté, bougonna Sanji.


— Pas le choix, on fonce, confirma Luffy.


Cependant des soldats avaient repéré les La-vie-en-rose-Riders et tenaient en joue leur chef tout en les accusant de complicité.



Ce dernier, traumatisé depuis que la Marine s’était mise à le traquer alors qu’elle le confondait avec Sanji, se mit à paniquer.


— Mais non, je suis pas un pirate !



Ce fut Robin qui le sauva en faisait apparaître des bras sur ses assaillants et les forçant à tourner le haut de leur corps sur eux-mêmes jusqu’à briser leur colonne vertébrale.



Lorsque les Chapeaux de Paille et Rayleigh arrivèrent près de Duval, celui-ci remercia vivement l’archéologue, les larmes aux yeux.



— Allons, allons, un grand garçon comme toi, s’amusa-t-elle.



Sans perdre de temps, tous embarquèrent sur les exocets et décollèrent.




Duval les escorta près du bar de Shakky et leur fit ses adieux, rappelant qu’il serait toujours là pour les aider jusqu’à ce qu’ils atteignent l’Île des hommes-poissons. Avant de disparaître, il tendit à Camie le sac qu’elle avait perdu lorsqu’elle s’était faite enlever. Il l’avait récupéré auprès du fauteur de troubles après lui avoir joyeusement cassé plusieurs membres et jeté à l’eau.



Les Chapeaux de Paille restèrent pantois. Si la crainte de la Marine était plus forte que Duval, il n’en était rien pour les autres bandits qui ne faisaient assurément pas le poids face à sa force.



Luffy le remercia et tous saluèrent les exocets qui s’envolèrent de nouveau.




Il ne fallut pas longtemps à l’équipage pour s’installer à l’intérieur du bar de Shakky. Chopper continua de soigner Octy tandis que le reste des Chapeaux de Paille se rendirent enfin compte de qui était vraiment Rayleigh, ancien capitaine en second de Gol D. Roger, le Roi des Pirates. Une joyeuse cacophonie résonna dans l’établissement, certains d’entre eux ayant vu son nom dans des livres et d’autres l’ayant reconnu de par des vieux avis de recherche.



Rayleigh raconta sa rencontre avec Octy, ce dernier l’ayant sauvé alors qu’il était perdu en pleine mer il y a près de deux décennies. Ils étaient par la suite devenus de très bons amis.



Vint finalement la question de savoir comment le bras droit de Roger pouvait être encore en vie alors que tout l’équipage avait été capturé.



Le revêteur afficha un sourire énigmatique avant de rétablir la vérité : Roger s’était rendu de lui-même à la Marine. Seul. Le Gouvernement Mondial avait prétendu l’inverse dans l’unique but d’assurer sa puissance.



Il se lança dans un récit qui tint en haleine les jeunes pirates.



Environ quatre ans avant sa mort, Roger avait contracté une maladie qui le faisait beaucoup souffrir et qu’il savait incurable. Il avait donc recruté un médecin, Crocus, afin de l’accompagner dans son dernier voyage pour que celui-ci puisse le soulager de ses douleurs.



Trois ans plus tard, l’équipage naviguant sur l’Oro Jackson – conçu par le maître de Franky – avait réussi l’impensable : conquérir Grand Line.



— Crocus ? songea Brook. Celui qui vivait au Cap des Jumeaux ?



Quelques informations permirent de comprendre que tous connaissaient le vieil homme qui veillait sur Laboon.



Crocus avait été le médecin personnel de Roger, ayant accepté d’embarquer avec lui dans l’unique but de retrouver un certain équipage pour honorer sa promesse faite à Laboon.



Ému, Brook se mit à pleurer, comprenant que le gardien du phare n’avait jamais pu les trouver car son équipage était déjà mort. Cette nouvelle le revigora et il réitéra sa promesse de retrouver le jeune baleineau qui attendait depuis près de cinquante ans.



Rayleigh s’essuya le coin de ses yeux, heureux de savoir Crocus en pleine forme. Il n’avait passé que quelques années en sa compagnie, mais était devenu un très bon ami.



L’artisan vida son whisky et reprit le fil de son histoire.



Après la conquête de Grand Line, Roger avait été surnommé le Roi des Pirates. L’ancien capitaine était content même s’il s’évertuait à dire qu’un homme qui allait droit vers la mort n’avait nullement besoin d’un titre.



Roger vivait sa vie comme il le souhaitait, et voyait tout en grand, les banquets comme les batailles. Il se savait condamné et voulait profiter de chaque instant de liberté. Alors qu’il sentait sa santé décliner dangereusement, il avait ordonné la dissolution de l’équipage et que chacun parte de son côté sans se retourner. Quelques temps plus tard, il se livrait à la Marine.



L’exécution avait été prévue à Logue Town, sa ville natale. Le but était de dissuader toute personne souhaitant devenir pirate en leur montrant le sort qui leur était réservé. Cependant, les dernières paroles du Roi des Pirates eurent l’effet inverse : en invitant le monde à trouver le One Piece, il instaura une nouvelle ère.


— Je n’ai jamais autant ri et pleuré de ma vie, ni même été aussi ivre, s’amusa Rayleigh.


Il précisa qu’il avait refusé d’assister à l’exécution et sourit tristement en évoquant les derniers mots de son ami à son égard.


— « Je ne mourrai jamais, vieux frère. »



Il avait raison : vingt-deux ans plus tard, son esprit vivait toujours à travers les nouvelles générations de pirates.



Luffy fut parcouru d’un spasme qui le secoua. Il s’enquit des nouvelles du reste de l’équipage.



L’artisan expliqua qu’il n’avait jamais revu ses compagnons et ignoraient même ce qu’ils étaient devenus, jusqu’à ce qu’il recroise l’un d’eux à Sabaody, il y a un peu plus de dix ans.



Les Chapeaux de paille restèrent béats d’admiration lorsqu’il annonça qu’il s’agissant de Shanks le Roux.



Ce dernier venait de perdre son bras gauche et avait confié son précieux chapeau de paille à un gamin en qui il plaçait de grands espoirs.


— Il parlait de toi avec un visage illuminé et depuis ce jour, je n’attendais que de te rencontrer, Monkey D. Luffy.


Le jeune homme tremblait de joie. Il n’en revenait pas : son modèle qu’il avait hâte de revoir avait donc fait partie de l’équipage du Roi des Pirates.


— Tu ne savais pas ? demanda Sanji.


— Non, s’extasia Luffy qui avait les joues rouges d’excitation, ça explique comment il est devenu Empereur : il était dans le meilleur équipage pirate du monde !


— Il ne t’a vraisemblablement pas tout raconté, donc je ne le ferai pas non plus, reprit Rayleigh. Il a aussi assuré qu’il t’attendrait quelque part dans le Nouveau Monde.


Luffy ne tenait plus en place désormais, et passait d’un pied à l’autre, des étoiles dans les yeux.


— Tous ceux ayant navigué avec Roger étaient ses héritiers, reprit le revêteur. Si vous venez d’East Blue, vous avez sûrement dû en croiser un autre. Il s’appelle Baggy.


Les réactions ne furent pas les mêmes que pour Shanks. Une mauvaise humeur générale plomba subitement l’atmosphère du bar, ce qui fit rire Shakky.


— Ce bouffon jouait dans la même catégorie qu’un Empereur ? bougonna Zoro.



Noriko repensa au clown à Logue Town et se demanda brièvement ce qu’il était devenu. Elle tourna ensuite ses pensées vers le défunt Roi des Pirates ainsi que tout ce qu’elle savait à son sujet.



L’histoire racontée par un témoin direct n’avait rien à voir avec ce que clamait les livres d’histoire. Jusqu’au bout, Roger avait échappé au Gouvernement Mondial et une fois de plus, ce dernier se gardait bien de dire la vérité. Pour pallier cela, le Roi des Pirates avait donc volontairement lancé une nouvelle vague de piraterie.



Elle songea à Ace et à cette version qui n’éveillerait sans doute pas le moindre intérêt pour lui.



— De ce que je sais, ton oncle était présent le jour de l’exécution, jeune fille.



La manieuse d’eau sursauta quand elle comprit que Rayleigh s’adressait à elle.



Prise de cours, elle lui adressa un sourire poli avant de perdre le fil de la conversation lorsque Robin aborda le sujet du fameux siècle oublié dont elle tentait de percer le secret.



Mihawk avait assisté à la mort du Roi des Pirates ? Il ne lui en avait pourtant jamais parlé. Cela dit, il fallait bien admettre qu’en plus du mutisme légendaire de son oncle, Noriko avait commencé à s’intéresser à la piraterie uniquement pour fuir des éventuels ennemis lors de sa première fugue. C’était l’unique raison pour laquelle elle connaissait les plus grands noms de Grand Line.



Elle se demanda s’il connaissait la version de Rayleigh. Probablement. Elle avait cette image de son parent, lisant le journal tout en rabâchant que la Marine n’était jamais très claire concernant la véracité des propos qu’elle était amenée à partager. Aujourd’hui, Noriko ne pouvait que corroborer le sens de ces mots : à en croire les écrits, son équipage avait détruit Enies Lobby.



Durant ses leçons d’histoire et de géographie, Mihawk n’avait jamais non plus été très loquace, se contentant de lui expliquer comment fonctionnait le monde ainsi que la hiérarchie qui en découlait depuis que le Gouvernement Mondial s’était imposé en tant que dirigeant principal.



Le Grand Corsaire évoquait sans réserve ceux qui dirigeaient la Marine – en citant les noms les plus importants ainsi que leurs grades – mais ne parlait jamais de son affiliation avec celle-ci. Quand Noriko lui posait des questions à ce sujet, il répondait qu’elle n’avait pas à savoir. En grandissant, elle s’était alors convaincue qu’il ne collaborait avec ses anciens ennemis uniquement pour aspirer à mener une vie tranquille.



Aussi loin qu’elle s’en souvienne, il ne répondait que très rarement aux convocations de la Marine et quand c’était le cas, il l’emmenait avec elle.



Depuis une sombre histoire avec les humandrills – les singes géants vivant sur Kuraigana qu’elle avait innocemment voulu rencontrer – le Grand Corsaire s’était refusé à laisser sa nièce seule sur l’île, prétextant qu’elle était beaucoup trop jeune pour se débrouiller. Elle avait tenté de l’amadouer en boudant, mais il n’avait jamais été sensible à ses caprices. Il avait conclu la négociation en disant qu’elle serait plus en sécurité à bord de son navire plutôt qu’en proie à des baboons qui réclameraient vengeance.



Noriko n’avait jamais été d’accord avec sa logique : les primates avaient peur de son oncle, jamais ils n’auraient été assez fous pour s’en prendre à elle. Du moins, plus depuis l’unique fois où elle avait justement provoqué la colère de l’un d’entre eux, qui avait ensuite été tué par Mihawk.



Quand ils prenaient la mer à bord du petit navire qu’elle volerait plus tard pour sa première fugue, Mihawk lui apprenait les bases de la navigation et lui ordonnait de se cacher dans la cabine sitôt qu’un bateau pirate était en vue. Le nez collé au hublot, Noriko n’avait jamais peur. Elle était censée se faufiler dans le placard, mais préférait admirer silencieuse la puissance de son oncle. Dans ces moments-là, les obligations de Grand Corsaire s’imposaient d’elles-mêmes et les ennemis étaient envoyés par le fond avant même d’avoir le temps d’effectuer la moindre manœuvre.



Une fois à destination, elle se revoyait, seule et enfermée dans la cabine. Avec l’interdiction formelle d’essayer d’en sortir sans la présence de Mihawk – et durant des heures parfois – elle attendait sagement son retour en coloriant une multitude de dessins et en jouant avec son bracelet en grosses perles bleues, unique cadeau du Grand Corsaire qui ne la quittait jamais et qu’elle avait fini par casser.



S’enfonçant plus loin dans ses pensées, Noriko fronça les sourcils. Comment Mihawk pouvait-il avoir la certitude qu’il ne lui arriverait rien alors qu’elle était seule et sans défense ?



Aussi loin que sa mémoire lui permettait de remonter, il était toujours convoqué sur des îles perdues au milieu de Grand Line. Maintenant qu’elle était adulte, elle se rendait compte que ça n’avait aucun sens. Il aurait dû être convoqué dans des bases Marines, au Quartier Général de Marineford ou encore à Marie-Joie. Pourtant, à travers le hublot de la cabine, elle revoyait parfaitement des falaises, des plages ou de la végétation luxuriante. Aucune trace de zone portuaire. Aucune trace d’un quelconque habitation.

Un cri de fureur la ramena à la réalité. Luffy invectivait Ussop qui avait posé une question maladroite.



Le capitaine clamait que si Rayleigh leur dévoilait ce qu’était le One Piece et s’il existait vraiment, il arrêterait d’être pirate. Selon lui, personne ne savait, mais tout le monde prenait la mer, mené par la soif de savoir.


— Une aventure ennuyeuse, ce sera sans moi ! hurla-t-il.


Noriko resta interdite, tandis qu’Ussop s’excusait fébrilement de sa curiosité mal placée. Elle n’avait jamais entendu Luffy mentionné le fait d’arrêter d’être pirate.


— Seras-tu capable de conquérir Grand Line ? s’enquit Rayleigh. Vos ennemis seront de plus en plus forts et les obstacles plus terribles encore. Te sens-tu capable de dominer cette mer ?


— Je vais rien dominer du tout, contesta le Chapeau de Paille. L’homme le plus libre, c’est le Roi des Pirates, et ce sera moi.


Le revêteur le regarda avec fierté et Shakky répéta qu’il aurait toujours son soutien.



Noriko esquissa finalement un sourire : son ami réaliserait bel et bien son rêve. Quelles que soient les épreuves qu’il traverserait, il deviendrait le Roi des Pirates.


De son côté, Robin affichait un air déterminé. Elle avait refusé d’en savoir plus sur le siècle oublié après que l’artisan lui ait conseillé de ne pas se précipiter et de le découvrir par elle-même.



— Revêtir un navire ne se fera pas tout seul, je vais m’atteler à la tâche, prévint soudainement Rayleigh en se levant.


— On a de quoi vous payer, assura Nami.


— Je ne demande jamais d’argent aux amis, rétorqua le vieil homme avec un sourire malicieux.


La navigatrice le remercia poliment pour sa générosité, mais tous savaient qu’elle exultait intérieurement à l’idée d’avoir une gratuité sans explication.




Transportant quantité d’outils dans un sac, Rayleigh souhaitait aller seul au Sunny. L’Amiral étant probablement déjà présent sur l’archipel, il questionna les Chapeaux de Paille sur leurs prochaines intentions.



Octy devait rester alité quelques jours, Camie et Pappag souhaitaient rester auprès de lui. Pour ne pas leur attirer d’ennuis, il fut convenu qu’ils demeureraient donc en sécurité auprès de Shakky.



Nami proposa naturellement de retourner faire du shopping et Ussop la traita d’inconsciente car il valait mieux se cacher.



Franky dut les séparer pour empêcher une énième dispute.


— Si on reste ensemble, on va attirer l’attention. Mieux vaut se disperser en ville.


— Bah c’est réglé alors, trancha Zoro, on se retrouve quand il a terminé.


— Je viens avec toi, annonça fièrement Noriko.


Le bretteur lui répondit par une moue agacée qui voulait certainement dire qu’il n’allait pas se perdre.


— Toi, retrouver quoi que ce soit ? Tu t’entends ou c’est comment ?


Zoro passa finalement ses nerfs sur Sanji.



Bien qu’amusé par l’engouement des plus jeunes que lui, Rayleigh garda son sérieux et leur donna à tous un morceau de sa carte de vie.


— Si vous connaissez le principe, ça simplifiera tout.



Les cartes de vie étaient faites à partir d’un ongle du donneur qui était transformé en papier. Ce dernier pouvait être déchiré et les morceaux séparés pointeraient éternellement vers la carte originale – donc vers le possesseur si celui-ci la gardait sur lui. Une carte de vie n’était pas plus grande qu’une paume de main, mais pouvait se consumer et rétrécir lorsque la santé de son utilisateur se détériorait ou qu’il était sur le point de mourir. Elle disparaissait complètement lorsqu’il mourrait.



Ace avait voulu que Noriko en fasse une, mais elle avait refusé, de peur qu’un des morceaux ne se retrouve entre de mauvaises mains.



— Vu que je suis aussi recherché, je vais m’éloigner du grove où vous avez amarré pour travailler tranquillement, reprit Rayleigh. Le revêtement de votre navire prendra trois jours.


— Trois jours !? s’étrangla Ussop.


— Votre vie en dépendra dans les fonds-marins, je peux pas faire plus vite.


— Compris, sourit Luffy. Merci à toi, papy !


— Retrouvez-moi le troisième soir. Je sais pas où je serai donc suivez ma carte, je vous attendrai.


Il tourna les talons et leur fit un signe de main.


— Profitez-en pour faire du stock pour votre voyage et surtout, restez discrets !



Luffy le salua en criant de joie et le remercia une nouvelle fois. Il se tourna ensuite vers son équipage et proposa le plus sérieusement du monde de retourner à Sabaody Park.



Personne ne releva l’invitation.



Les Chapeaux de Paille firent leurs adieux à Octy et ses amis qui étaient plus que reconnaissant de leur aide. Ils promirent de les guider jusqu’à l’Île des hommes-poissons et les supplièrent de rester prudents d’ici là.



De son côté, Shakky assura avec un sourire qu’elle viendrait leur dire au revoir.



L’équipage s’éloigna parmi divers bâtiments en ruine, profitant d’être parmi les groves les plus reculés et les plus désertés de l’archipel pour débattre de ce qu’ils allaient faire durant les prochains jours.



Luffy réitéra sa proposition d’aller s’amuser et prit la direction du parc d’attractions, sous les cris de Nami qui rappela qu’ils devaient tous se séparer et non pas rester ensemble.




Ussop fut le premier à hurler de peur lorsqu’une silhouette immense leur barra le chemin. Une silhouette qui n’était autre que celle de Bartholomew Kuma, l’un des Sept Grands Corsaires qu’ils avaient déjà vainement affronté quelques jours plus tôt. Tous avaient été vaincus et abandonnés à leur sort. En effet, après avoir détruit l’intégralité des navires qui composaient Thriller Bark en les faisant exploser, Kuma avait finalement laissé l’équipage des Chapeaux de Paille sur place, sans les arrêter.



À leur réveil, le Grand Corsaire avait disparu et personne n’avait compris pourquoi. Les soupçons s’étaient alors portés sur Zoro, qui avait été le plus touché. Tous pensaient qu’il l’avait vaincu en combat singulier, mais le bretteur n’avait jamais voulu confirmer leur hypothèse et prétextait que leur ennemi les avait simplement cru morts. Il refusait depuis d’en parler.



Luffy, qui s’était évanoui après son attaque contre Gecko Moria – un autre Grand Corsaire –, n’avait pas eu l’occasion de croiser Kuma, et ses compagnons durent lui expliquer l’étendue de ses pouvoirs : l’homme attaquait à l’aide d’onde de chocs dévastatrices et avait la capacité de se téléporter, ce qui rendait toute attaques et défenses difficiles.



Une explosion surgit à leurs pieds et tous sautèrent pour l’éviter. Le sol trembla avant de s’enflammer et un cratère se forma à l’endroit où ils se trouvaient quelques instants plus tôt.



— C’est quoi ce bordel !? hurla Ussop en se redressant. Il n’était pas aussi puissant la dernière fois !


— C’était un laser, s’emporta Franky. C’est impossible, ça se saurait si une telle arme existait !


— C’est génial ! s’extasia Luffy.


Il reçut une claque derrière la tête de la part de Nami.


— C’est pas une bonne chose, andouille !


— Qu’est-ce qu’il fait ici ? s’inquiéta Robin. Je croyais qu’on nous envoyait un Amiral.


— Il serait venu terminer le boulot ? hasarda Sanji.


— Si on doit se battre contre les deux, on s’en sortira pas, blêmit Noriko.


— Y a pas à tortiller, râla Zoro en dégainant ses sabres, on le découpe et on se tire d’ici.


Brook imita le bretteur avec sa lame et se mit en position.



Franky envoya son poing relié à une chaîne dans la figure de Kuma. Rien ne se produisit.


— Il… Il n’a même pas cillé, murmura Nami en serrant son bâton climatique contre elle.


— Dans ce cas, la manière forte, railla l’homme aux cheveux bleus.


Il fit gonfler ses avant-bras et affligea un coup de Burst dans le thorax de son ennemi. Celui-ci fut éjecté à une centaine de mètres avant de se rattraper et de glisser sur ses talons. Une fois immobilisé, il se mit à courir vers l’équipage.


— C’est un cyborg, avertit Zoro dans un souffle.


Personne ne demanda comment il savait, la réponse était évidente.



Le corps de Luffy se mit dangereusement à fumer, indiquant qu’il accélérait son apport sanguin pour activer son Gear second. Cela avait l’avantage de le rendre plus rapide, mais l’inconvénient d’utiliser une grande quantité d’énergie.


— S’il est balèze, autant y aller à fond dès le début.


Il lança son poing à une vitesse fulgurante vers son ennemi quand il fut à bonne distance, mais celui-ci sauta au moment de l’impact et en profita pour repartir en arrière.


— C’est bizarre, marmonna le jeune bretteur. On dirait qu’il est différent de la dernière fois.


Comme pour lui donner raison, Kuma ouvrit la bouche et un énorme laser fut tiré sur l’équipage. Le sol explosa, laissant place à un nouveau cratère.


— Mais depuis quand il peut faire ça !? paniqua Nami en rampant au sol.

Le Grand Corsaire présenta ses paumes devant lui et tira sans sommation sur les compagnons. Un terrible fracas s’ensuivit.


— Il n’a plus ses coussinets, remarqua Sanji, comment c’est possible ?



Noriko roula sur le ventre après avoir évité une énième attaque et se redressa. À ses côtés, Chopper tentait de masquer son angoisse en aidant Robin à se mettre debout. D’un regard, il demanda si tout allait bien. En guise de réponse, la manieuse d’eau fit exploser une bulle à leurs pieds qui les éjecta en arrière, évitant de peu un nouveau laser.



— Restez pas groupés ! hurla la voix de Luffy à travers les nuages de poussière.



Tous obéirent, prenant du recul pour mieux contre-attaquer.



Armée de son bâton, Nami couvrait Noriko pour qu’elle se concentre sur les particules d’eau qu’elle faisait danser dans les airs. Si elle avait écrasé un cuirassé, ce n’était pas un Grand Corsaire qui résisterait à sa pression.



De leurs côtés, Luffy, Sanji, Zoro et Brook tentaient désespérément de lui porter un coup, mais Kuma s’évertuait à éviter chacune de leurs attaques. Frapper dans le vide fatiguait les garçons plus que de raison et ils furent très vite à bout de souffle.



Se tenant à l’écart, arme en main, Ussop envoyait tous les projectiles que son sac pouvait contenir, mais n’avait pas plus de succès que ses amis.



— Économise tes munitions, conseilla Franky en armant la mitraillette dans son avant-bras, il faut d’abord l’affaiblir !


Ses balles rebondirent sur le corps de leur ennemi sans laisser la moindre trace.


— Mais en quoi il est fait, cet enfoiré !? râla le cyborg avant d’éviter un rayon de laser.



Brook réussit enfin à planter son sabre dans l’épaule du Grand Corsaire, mais ne parvenait plus à déloger son arme.



Chopper usa de ses bras musclés pour aller l’aider, ce qui signifiait qu’il avait déjà avalé une Rumble Ball. Kuma l’attrapa par la taille avec une facilité déconcertante. Avec violence, il le repoussa et l’envoya rouler sur le sol. Le jeune médecin se releva sans trop de peine, sa forme Guard Point qui l’enveloppait d’une fourrure dense ayant amorti sa chute.



Une bille explosive parfaitement tirée à l’endroit précis où la lame du squelette était plantée l’aida à se dégager. Il sauta de son promontoire tout en remerciant Ussop.



Le tireur d’élite ne put lui répondre, un rayon laser les expulsa douloureusement dans les airs.



Dans un cri de colère et le corps toujours fumant, Luffy envoya une salve de coups de poing vers le Grand Corsaire. Ce dernier esquiva plusieurs fois, laissant le capitaine pirate user son énergie inutilement. Lorsqu’il dut reprendre son souffle, Kuma attrapa son avant-bras et tira brutalement vers lui. La loi de la physique aidant, le capitaine décolla et alla s’écraser dans un bâtiment abandonné.



— Luffy ! hurla Ussop qui se relevait.


— Il est en caoutchouc, rabroua Franky, reste concentré !


Le cyborg fonça vers l’ennemi pour réitérer son attaque précédente. Il ne fut malheureusement pas assez rapide et fut balayé d’un revers d’une main. Noriko étant occupée, Robin usa de ses pouvoirs pour le réceptionner.



Le Chapeau de Paille réapparut à ce moment-là dans une course folle. Il sauta dans les airs. Son pied devenu géant était sur le point de s’enfoncer sur le haut du crâne de Kuma, mais une nouvelle esquive réduisit son attaque à néant.



Zoro profita de la réapparition du Grand Corsaire pour le prendre par surprise, mais ne put même pas l’effleurer. Une explosion à ses pieds le propulsa en arrière, sans qu’il ne puisse se rattraper.


— Qu’est-ce qui t’arrive !? s’inquiéta le Chapeau de Paille. Son coup était si puissant que ça ?


Le bretteur haletait, reprenant difficilement ses positions. Il toussa et cracha du sang.


— Plus tard, Luffy, intervint Sanji, il faut d’abord lui régler son compte.


À ces mots, le cuisinier enflamma sa jambe et se précipita sur l’ennemi avant d’être violemment repoussé d’un simple geste.



Les doigts arqués, Noriko observa le jeune homme aux cheveux verts. Il était déjà mal en point dans la salle des ventes. Quoiqu’il se soit passé avec Kuma, son ami ne s’était pas remis de ses blessures. Elle frissonna. Engager un combat maintenant le condamnait d’avance.


— ÉCARTEZ-VOUS ! hurla-t-elle.


Ceux qui combattaient au corps-à-corps firent un bond en arrière. L’instant d’après, une énorme bulle d’eau entourait Kuma.



Sans attendre, Noriko força dans ses bras pour faire claquer ses paumes. Son regard croisa celui de son ennemi et ses yeux s’écarquillèrent.



Ses mains se touchèrent, la bulle d’eau implosa sur elle-même mais se referma dans le vide. Kuma s’était déplacé à côté de la jeune femme, la paume déjà illuminée à l’apparition du rayon laser. Elle n’avait plus le temps de réagir. Luffy hurla son prénom, tous se précipitèrent pour l’aider.



— NE LA TOUCHE PAS ! s’égosilla soudainement Nami, folle de rage.


Elle n’avait pas quitté les côtés de son amie, s’acquittant de sa tâche qui était de la couvrir. D’un geste, elle abattit de la foudre sur lui.



Le corps toujours trempé, l’assaillant fut électrocuté et son attaque interrompue. De la fumée se dégageait de son dos.



Sans prendre le temps de constater les dégâts causés, la navigatrice attrapa Noriko par le bras et la força à s’éloigner.


— Ce… Ce n’est pas…


— Attention ! hurla Sanji en se précipitant toujours vers elles.


La manieuse d’eau ne put finir sa phrase. Le tireur de laser ouvrait déjà grand la bouche dans leur direction.


— Je rêve, il n’a rien senti ! s’affola Nami.



Ce fut l’intervention de Robin qui les sauva. Deux avant-bras géants avaient poussé sur les épaules de leur ennemi commun et deux poings s’étaient écrasés sur sa tête, le forçant à ravaler son propre rayon laser.



Une explosion fit trembler le sol et obligea l’équipage à se coucher. Lorsqu’ils se relevèrent, la carcasse métallique fumait toujours et bougeait dans tous les sens, tirant tout autour d’elle à l’aide de ses paumes.



— Il a grillé un fusible ou quoi ? s’alarma Franky.


— C’est le moment ! assura Sanji en s’élançant.



Un coup de pied formidable éclata en plusieurs morceaux l’épaule de leur ennemi.



Zoro suivit le mouvement, et, à l’aide d’une technique puissante, donna l’illusion qu’il s’était multiplié en trois. L’assaillant fut ainsi découpé par neuf sabres.



Pour l’achever, Luffy fit gonfler son poing jusqu’à devenir plus gros que le cyborg lui-même et l’écrasa au-dessus de sa tête. Il l’enfonça dans le sol jusqu’à sa taille.



Un bruit d’un système électronique en surchauffe résonna dans le grove. L’instant d’après, le robot implosa sur lui-même.



Les Chapeaux de Paille étaient essoufflés et leurs muscles douloureux ne leur permettraient pas de faire face à un nouvel affront. Les mains sur les genoux pour certains, d’autres assis à même le sol, ils reprenaient difficilement leur souffle.



— Il… On l’a eu ? s’inquiéta Ussop, sans oser s’approcher.


— Il a explosé de l’intérieur, ahana Zoro. Il a dû être déréglé.


Luffy haletait.


— Je pensais pas qu’il serait aussi balèze.


— C’est pas Kuma, affirma Noriko en venant à eux. Il n’a pas été affaibli par mon eau, comme si… comme s’il n’avait pas mangé de Fruit du Démon.


— Il n’utilisait pas d’ondes de choc et n’avait pas non plus de coussinets dans ses paumes, renifla Sanji dont le nez saignait. Le vrai se téléportait pour esquiver, lui se contentait d’être plus rapide que nous.


— Tu es sûr que c’est un cyborg ? s’enquit Robin auprès de Franky.


— Ouais. Il saigne, tout comme moi. C’est un humain à la base, mais il a été bidouillé pour devenir une arme. Son alliage est beaucoup plus résistant que le mien, je sais pas en quoi il est fait, mais c’est plus épais que l’acier. Je pense qu’il a été conçu pour encaisser une grande quantité d’attaques. À lui seul, il pourrait sûrement combattre tout un équipage.


— Il nous a pris par surprise, déclara Brook en rengainant son épée. Il va falloir rester prudent les trois prochains jours.


— Si c’est pas Kuma, alors qui est-ce ? Son jumeau ? hasarda Nami.


— Je vois pas d’autre explication, songea Noriko en attachant ses cheveux.


Chopper examina le corps fumant et confirma qu’il s’agissait bien d’une arme humaine. Il remarqua qu’une inscription était encrée dans son cou.


— « PX-4 ».


— Si le vrai est toujours dans la nature, c’est qu’ils sont deux à posséder la même force, souffla Sanji en s’allumant une cigarette.


Personne ne rétorqua, comprenant que cela ne prévoyait rien de bon.


— On dirait qu’il va se relever, gémit Nami.


— S’il se relève on est cuits, répondit Luffy donc le souffle était saccadé. Je peux à peine bouger.


Les attaques spéciales du jeune homme consumaient plus d’énergie qu’il n’en avait à revendre, sans compter qu’il s’en était déjà servi pour combattre les Marines autour de la salle des ventes.


— On aurait peut-être mieux fait de fuir et d’éviter le combat, souffla Ussop.


— Non, répliqua Robin, si on ne se débarrasse pas de nos ennemis quand on en a l’occasion, ils nous pourchasseront.


— Tu as raison, mais soufflons un peu, proposa le capitaine, je pensais pas devoir tout donner d’un coup.


— J’aimerais bien, intervint Zoro en se forçant à se lever, mais vaut mieux se mettre à l’abri dans un premier temps. Si un ennemi se pointait, on serait faits jusqu’au dernier ; je vous rappelle qu’on a un Amiral qui nous cherche.


Cette affirmation suffit à redonner un peu de force à l’équipage. S’ils restaient ici, ils courraient à leur perte.



— Je suppose que vous êtes fiers de vous !? hurla une voix inconnue.



Les Chapeaux de Paille levèrent la tête et se tinrent sur leurs gardes.



Perché sur la branche d’un arbre géant, un homme semblable à un sumo les toisait d’un regard sévère. Sur son épaule était posée une hache immense qui laissait croire que ses intentions étaient hostiles.



— C’est qui, celui-là ? maugréa Luffy avec méfiance.


— Il est en miettes ! reprit le sumo. Vous savez qu’un Pacifista coûte aussi cher qu’un cuirassé ? Comment je vais expliquer ça à Vegapunk, moi !?


— Vegapunk ? répéta Franky.


— Kobby a parlé de lui, indiqua Nami. C’est un scientifique travaillant pour le Gouvernement Mondial.


Luffy pencha la tête sur le côté, content que son ami soit mentionné.


— T’as parlé avec Kobby ?


La navigatrice fit la sourde oreille, préférant sans doute nier qu’elle avait espionné la conversation de son capitaine à Enies Lobby.


— C’était donc ça, spécula Sanji, des créations pour aider la Marine. Pas étonnant qu’il soit aussi fort.


— Je vous parle ! s’égosilla le nouveau venu. Je suis Sentomaru, le capitaine de la brigade scientifique et je vous garantis que vous allez payer pour vous en être pris à l’un des miens !


Un sentiment d’impuissance général envahit les Chapeaux de Paille lorsqu’un autre Pacifista atterrit près du Marine.



En proie à une vive appréhension, tous reculèrent sans quitter leurs ennemis des yeux.


— Comment on va faire ? gémit Nami en tendant son bâton devant elle. On a déjà eu du mal avec l’autre !


— Ça craint, s’exclama Franky, vous croyez que c’est le vrai ?


— Ça change rien, rétorqua Zoro, on n’est plus en état de combattre.


— Non pas que je compte, mais c’est le troisième si c’est pas le vrai, s’insurgea Sanji. S’ils ont une armée, on n’en sortira pas.


— Un Pacifista n’est pas justement censé être pacifique !? s’étrangla Ussop.


— S’ils sont programmés pour aider la Marine, c’est qu’ils maintiennent la paix en éliminant les pirates, supposa Noriko d’une voix blanche.


— Mais comment ils peuvent nous différencier des civils ? s’indigna Chopper.


— Nos avis de recherche, souffla Franky. Ils doivent être mémorisés dans leur système. Ça explique pourquoi Sanji et toi n’avez pas eu droit aux lasers.


Sur ordre de Sentomaru, le Pacifista tendit une main sans coussinets. L’instant d’après, une explosion secouait l’équipage et faisait trembler le sol.



Les compagnons profitèrent de la poussière pour se dissimuler derrière une grosse racine.


— On peut pas engager un combat comme ça ! argumenta désespérément Ussop.


— Faut qu’on se mette à couvert, toussa Sanji.


— Ouais, confirma Luffy. Pas le choix là, faut s’enfuir et surtout pas rester groupés. Quoiqu’il arrive, rendez-vous au Sunny dans trois jours.



Ils n’eurent pas le temps de discuter davantage, une explosion retentit et les dispersa.



Séparé en trois, l’équipage jeta un bref coup d’œil pour s’assurer que tout le monde était sauf, puis détala le plus vite possible dans des directions différentes.



Ussop s’accrochait au dos de Zoro, le suppliant de le protéger, mais le bretteur pesta qu’il n’était pas en état de supporter son poids. S’assurant que son ami aux cheveux verts ne se perdrait pas, Noriko les suivait de près, flanquée de Brook. Le squelette se rapprocha du bretteur à trois sabres et, d’un souffle à peine perceptible, le rassura : il les couvrirait car il savait qu’il ne s’était pas remis de ses blessures. Il lui avoua alors qu’il avait assisté à son sacrifice. La manieuse d’eau ne comprit pas le sens de ses mots et se promit de poser la question le moment venu. De son côté, Zoro se contenta de le remercier.



Plus loin, Sanji s’égosillait à prétendre qu’il donnerait sa vie pour Nami qui courait à ses côtés ; mais lorsque Franky proposa au cuisinier de servir de distraction s’il tenait à se sacrifier, l’intéressé rétorqua que cela ne fonctionnait que pour les dames.



Fuyant à l’opposé, Luffy se tenait aux côtés de Chopper et Robin. Leurs conversations étaient inaudibles mais la voix du capitaine s’éleva dans les airs quand il manqua de s’arracher les cordes vocales.


— LES AMIS ! RESTEZ EN VIE !



Avec détermination, chacun assura d’honorer cette promesse.

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