The New Era

Chapitre 20 : Sous les Étoiles Gelées

5870 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 08/01/2026 14:59

Cinq jours s'étaient écoulés depuis leur départ de Port Brume.

Cinq jours pendant lesquels le Moby Dick avait navigué sans relâche vers le nord, porté par des vents favorables mais de plus en plus glaciaux. Les voiles restaient gonflées. La mer était calme. Mais le changement de climat était indéniable.

Chaque jour, la température baissait un peu plus.

Le premier jour après Port Brume, l'air était juste frais.

Le troisième jour, il fallait porter des vestes.

Le cinquième jour, les souffles devenaient visibles le matin.

Le septième jour, l'équipage portait constamment tous les vêtements chauds achetés à Port Brume — manteaux épais, écharpes, gants, bonnets.

Sohalia portait son nouveau manteau et l'écharpe offerte par Izo presque constamment maintenant. Même avec ça, elle avait froid le matin.

« Et on n'est même pas encore dans le North Blue, yoi, » dit Marco un matin alors qu'ils regardaient la mer ensemble depuis la proue.

« Ça va être si froid que ça ? »

« Pire. Le North Blue est réputé pour son climat glacial. Même en été. Yosei no Toketsu... » Il secoua la tête. « Je n'ose pas imaginer. »

Sohalia frissonna, et ce n'était pas juste à cause du froid.

Les entraînements continuaient, mais adaptés au froid. Pas de sessions trop longues — personne ne voulait risquer l'hypothermie.

Sohalia s'entraînait avec Vista le matin, travaillant sur sa technique avec sa hallebarde fraîchement réparée. L'arme était comme neuve, peut-être même mieux qu'avant.

Ce soir-là, après une journée particulièrement froide et éprouvante d'entraînement, Sohalia cherchait un moment de légèreté. Elle aperçut Marco qui filait vers les cales du navire avec ce sourire en coin qu'il avait quand il préparait quelque chose.

Sans réfléchir, elle le suivit au pas de course.

Une fois en bas des escaliers, elle se figea afin de laisser sa vision s'adapter à l'obscurité. Elle n'y voyait rien. Elle soupira et se retourna afin de remonter sur le pont du navire.

Alors qu'elle allait poser un pied sur la première marche, un bras la saisit par la taille et l'entraîna dans l'obscurité.

La Shizen cria de surprise avant de se mettre à rire de son idiotie. Marco la tenait contre lui, la serrant fortement. Il n'était pas essoufflé par la course-poursuite, et pourtant, la jeune femme le sentit inspirer une grande goulée d'air. Elle sourit et enfouit son visage dans son torse dénudé.

Ils restèrent ainsi un long moment, simplement à profiter de la présence rassurante de l'autre, bercés par le Moby Dick qui continuait d'avancer.

Sohalia se recula légèrement de façon à pouvoir le regarder, mais elle fit bien attention à ne pas quitter ses bras.

« Tu devrais penser à mettre un pull... » lança-t-elle.

« Tu aurais pu me le dire ! Je rêvais d'un peu de chaleur », soupira-t-il, faussement. « Je retourne dans ma cabine », souffla-t-il. « Il fait moins froid là-bas. »

« Y a beaucoup de monde sur le pont ? »

« Eh bien, sûrement. Ils doivent tous être en train de jouer aux cartes ou de boire. Tu veux éviter tout le monde ? »

« Je rêve de tranquillité et de chaleur. »

Il la détailla longuement et sourit.

« Dans ce cas, je te propose une soirée dans ma cabine. »

« Y aura à manger ? » demanda-t-elle en lui offrant un immense sourire.

« J'irai en chercher », s'esclaffa-t-il en la guidant vers sa cabine.

« Et du saké ? » ajouta-t-elle.

« Et du saké ! » affirma-t-il en lui ouvrant la porte.

Marco la laissa s'installer sur son lit et il fila rapidement dans la cuisine. Lorsqu'il croisa ses frères, il leur mentit et leur dit qu'il devait préparer quelque chose pour le lendemain. La plupart riaient en pariant sur autre chose, mais il les ignora et continua son chemin.

Il retrouva Sohalia sous la couette. Elle lui sourit et tendit les bras vers lui. Il déposa les victuailles sur le lit. Pendant que la jeune femme inspectait leur repas, il s'installa sur la couette. Elle poussa un cri de joie et prit un saladier.

« Tu ne peux pas savoir comme j'en avais envie », s'exclama-t-elle en caressant le verre de sa joue.

« Je vois », marmonna le phénix en croisant les bras. « La mousse au chocolat, hein... Moi, qui croyais que c'était moi que tu voulais voir », ajouta-t-il en attrapant un paquet de chips aux crevettes.

« Mais toi aussi, voyons ! » rit-elle en posant sa tête sur son épaule. « Tu n'as pas pris de cuillère ! » s'écria-t-elle en écarquillant les yeux.

« Vas-y avec les doigts », s'esclaffa-t-il en enlevant le film protecteur du plat.

« Mais on va en mettre partout ! »

« Je ferai le ménage », dit-il en haussant les épaules et en plongeant un doigt dans le dessert.

« Pas touche ! C'est ma mousse ! » grogna-t-elle en lui volant le saladier. « Tu as tes chips ! »

« Mais je voulais faire un mélange ! »

« Enlève ces choses de ma mousse ! Il est hors de question que tu mélanges ça avec cette merveille ! » ordonna-t-elle en mettant le plat dans les airs.

Marco se mit à rire et s'avoua vaincu. De temps à autre, Sohalia le laissait prendre un peu de mousse tandis qu'elle prenait une ou deux chips.

Ils parlèrent de tout et de rien. Du froid qui s'intensifiait, de l'île qui se rapprochait, des entraînements de la jeune femme, de la carte mystérieuse qui ne leur avait rien révélé depuis Port Brume. Ils évoquèrent les alliés, l'équipage, les inquiétudes sur ce qui les attendait.

« Tu as peur ? » demanda Marco doucement.

Sohalia réfléchit un instant.

« Pas vraiment peur. Plutôt... consciente du danger. C'est différent. »

Marco hocha la tête, comprenant parfaitement ce qu'elle voulait dire.

« C'est bien. La peur paralysante est dangereuse. Mais la conscience du danger nous garde vigilants, yoi. »

Après avoir fini tout ce que le phénix avait ramené, ils continuèrent à discuter pendant des heures, blottis l'un contre l'autre pour se réchauffer. Elle s'endormit en plein milieu d'une phrase sous les yeux amusés du commandant.


La porte claqua avec force contre le mur et Sohalia sursauta. Elle voulut se relever pour voir qui pouvait bien être de si mauvaise humeur si tôt le matin, mais elle se prit les draps dans les pieds et finit par atterrir sur le plancher de la cabine.

Elle sortit péniblement de cette prison et, avec les yeux encore collés par le sommeil, découvrit Izo. Il tapait impatiemment du pied et la fixait avec un sourire sadique. Ce regard la réveilla instantanément. Elle chercha fébrilement Marco des yeux, mais elle ne put que constater son absence.

« Il est parti faire sa ronde », expliqua Izo avec un sourire en coin. « Et moi, j'ai décidé de venir te rendre une petite visite. »

« C'est un amour », souffla-t-elle de soulagement en se relevant.

« Moi pas ! Soit tu passes à table, soit tu peux dire adieu à ta tranquillité », grogna-t-il en pointant l'un de ses pistolets vers elle avec une expression théâtrale.

« Comment ça ?! » couina-t-elle en se demandant ce que voulait le commandant.

« Il s'est passé quoi cette nuit ? » balança sans plus de subtilité l'homme travesti.

« Bah, rien », répondit-elle en fronçant les sourcils.

« Tu as passé la nuit avec l'un des hommes les plus chauds du navire et rien ?! » insista-t-il, n'y croyant pas.

« Mais oui ! Marco est mon frère ! Je ne pourrais jamais coucher avec l'un d'entre vous ! » s'énerva-t-elle.

« Pourquoi ça ? » demanda-t-il en s'asseyant sur le lit.

« Tout simplement, car je vous connais depuis toujours ! J'ai grandi avec vous. Je ne peux pas vous imaginer de cette façon. »

« Tu dis ça maintenant... On verra dans quelques jours », marmonna-t-il mystérieusement. « Bon, j'ai quelque chose pour toi. »

Il sortit de son kimono une paire de gants doublés de fourrure supplémentaire.

« J'ai pensé que tu en aurais besoin. Il va faire encore plus froid, et ceux que tu as sont biens, mais ceux-ci sont encore mieux. »

Sohalia les prit avec un sourire reconnaissant.

« Merci, Izo. »

Il se leva avec élégance.

« Et pour répondre à ta question non formulée : oui, j'ai le même modèle pour moi. Je ne vais pas geler mes mains parfaitement manucurées pour cette mission. »

Elle éclata de rire.

« Évidemment. »

Les jours continuèrent de s'écouler ainsi.

Le neuvième jour après Port Brume, quelque chose changea.

Sohalia était seule dans la cabine de Barbe Blanche, examinant le parchemin pour la énième fois, quand l'encre argentée se mit soudainement à briller.

Son cœur bondit.

« Marco ! » cria-t-elle.

Marco arriva en courant, Barbe Blanche sur ses talons.

« Quoi ?! Qu'est-ce qui se passe, yoi ?! »

« La carte ! Elle se met à jour ! »

Ils se penchèrent tous sur le parchemin.

De nouvelles inscriptions apparaissaient, se formant lettre par lettre comme tracées par une main invisible.

Mais ce n'était pas l'emplacement exact du Fragment 4 — juste plus de détails sur Yosei no Toketsu elle-même.

Et surtout...

Troisième Clé

Gardée par les Sentinelles de Glace

Île Yosei no Toketsu

Temple du Cœur Gelé

Sohalia sentit son souffle se couper.

« La Clé 4... elle est SUR Yosei no Toketsu ! »

« La même île que le Fragment 4, yoi. »

« Deux objectifs en un seul voyage, » murmura Barbe Blanche. « C'est... fortuit. »

« Ou dangereux, » dit Marco prudemment. « Si les deux sont au même endroit, il y a une raison. »

« 'Gardée par les Sentinelles de Glace', » lut Sohalia. « Qu'est-ce que c'est ? »

« Aucune idée, yoi. Mais ça n'inspire rien de bon. »

« Des gardiens, » dit Barbe Blanche pensivement. « Comme à Veilombre. Chaque île semble avoir des protections. »

Il marqua une pause.

« Convoquez une réunion. Tous les commandants doivent savoir. »

Une heure plus tard, tous les commandants étaient rassemblés dans la grande salle.

Marco présenta les nouvelles informations.

« Le Fragment 4 ET la Clé 4 sont tous deux sur Yosei no Toketsu. »

Des murmures excités parcoururent l'assemblée.

« Si on réussit, » continua Marco, « on aura deux Fragments et trois Clés. Un avantage majeur, yoi. »

« Mais 'Gardée par les Sentinelles de Glace', » dit Vista sombrement. « Ça ne me plaît pas. »

« À moi non plus, » admit Marco. « On doit se préparer au pire. »

« Combien de temps avant d'arriver ? » demanda Jozu.

Marco consulta ses cartes.

« Moins de trois semaines. Peut-être un peu moins si les vents restent favorables, yoi. »

Trois semaines.

Vingt et un jours.

Sohalia sentit le poids du temps s'abattre sur elle.

Trois semaines pour se préparer. Trois semaines avant de faire face à l'inconnu. Trois semaines avant de potentiellement changer le cours de leur quête.

« On se prépare, » dit Barbe Blanche fermement. « Entraînements. Stratégies. On arrive prêts. »

La réunion se termina avec une détermination renouvelée.


Deux semaines passèrent encore.

Deux semaines de navigation constante vers le nord. Deux semaines de froid de plus en plus intense. Deux semaines d'entraînement et de préparation.

Le climat était maintenant franchement glacial. Des vagues gelées s'écrasaient contre la coque. Le matin, une fine couche de givre couvrait le pont et devait être grattée.

Mais l'équipage tenait bon.

Et ce soir-là — trois jours avant l'arrivée estimée à Yosei no Toketsu — Barbe Blanche décida qu'ils méritaient une soirée de repos.

Le dîner fut organisé sur le pont malgré le froid. Des braseros furent installés pour la chaleur. Des tables improvisées dressées. Et le cuisinier prépara un festin.

L'équipage entier était rassemblé — trop nombreux pour tenir à l'intérieur de toute façon. Des lanternes avaient été accrochées aux mâts, créant une lumière chaude et dorée qui contrastait avec le froid de la nuit.

Ace s'endormit trois fois dans son assiette, comme d'habitude.

Izo racontait une histoire embarrassante sur Vista qui faisait rire tout le monde.

« Ce n'est PAS vrai ! » protestait Vista, rouge jusqu'aux oreilles.

« Si, c'est vrai ! » insistait Izo. « Demande à Jozu ! »

Jozu hocha solennellement, confirmant l'histoire, ce qui déclencha une nouvelle vague de rires.

Haruta défiait Namur à un bras de fer pour la cinquième fois — et perdait pour la cinquième fois.

Curiel jouait de l'accordéon, ses doigts agiles malgré le froid.

Et Barbe Blanche, assis à la table principale dans son fauteuil massif qui avait été déplacé sur le pont, observait tous ses enfants avec ce sourire satisfait qu'il avait toujours quand la famille était réunie et heureuse.

Sohalia était assise entre Marco et Ace, une assiette à moitié pleine devant elle. Elle ne mangeait plus vraiment — elle observait.

Tous ces visages. Toutes ces voix. Tous ces rires malgré le froid, malgré les défis à venir, malgré tout.

Sa famille.

Marco se pencha vers elle.

« Ça va, yoi ? »

Sohalia hocha la tête, souriant.

« Oui. Je... j'observe juste. »

« Quoi ? »

« Ça. » Elle désigna l'équipage d'un geste large. « Eux. Nous. Cette... famille. »

Marco suivit son regard, comprenant.

« Une des meilleures choses au monde. »

« Oui. »

Ace se réveilla soudainement, comme frappé par la foudre.

« Qu'est-ce que j'ai raté ?! »

« Tout, » dit Sohalia en riant. « Comme d'habitude. »

« Merde ! » Ace attrapa une autre brochette de viande. « Je déteste quand ça arrive ! »

La soirée continua ainsi — rires, histoires, musique, chaleur humaine malgré le froid glacial de la nuit.

C'était parfait.

Lentement, les conversations se calmèrent. Les pirates commencèrent à rejoindre leurs quartiers, fatigués mais heureux, leurs souffles visibles dans l'air glacé.

Sohalia resta sur le pont, ne voulant pas que ce moment se termine.

Marco resta aussi.

Et quelques autres — Vista, Izo, Ace (qui luttait vaillamment contre le sommeil), Jozu.

« Trois jours, » dit Vista pensivement, regardant vers le nord. « Trois jours avant Yosei no Toketsu. »

« Trois jours pour finir de se préparer, » ajouta Izo.

« Ou trois jours pour profiter, » dit Ace en bâillant largement. « Parce qu'après... ça va être intense. »

Un silence confortable s'installa.

Puis Sohalia dit doucement, sa voix portant dans la nuit froide :

« Merci. »

Tous la regardèrent.

« Pour quoi, yoi ? » demanda Marco.

« Pour... tout. Pour être là. Pour me soutenir. Pour être ma famille. »

Marco sourit — ce sourire rare et chaleureux qu'elle aimait tant.

« Tu es notre sœur, yoi. C'est normal. »

« Et puis, » ajouta Ace en souriant malgré sa fatigue évidente, « tu nous protèges aussi. On est une équipe. »

Izo hocha la tête avec élégance.

« Une famille ne laisse personne derrière. Jamais. »

Vista leva sa tasse fumante — probablement du thé chaud pour combattre le froid.

« À la famille. »

« À la famille, » répétèrent-ils tous en chœur.

Ils trinquèrent sous les étoiles, cinq pirates — bientôt six quand Jozu les rejoignit avec sa propre tasse — unis par des liens plus forts que le sang, plus profonds que l'océan.

Un par un, ils finirent par partir se coucher.

Ace s'endormit carrément sur le pont gelé et dut être porté par Vista et Jozu ensemble.

Izo salua élégamment, son kimono flottant dans le vent glacé, avant de disparaître vers ses quartiers.

Jozu donna une tape amicale sur l'épaule de Sohalia qui la fit presque trébucher — il ne connaissait pas sa force.

Et finalement, il ne resta que Marco et Sohalia.

Le silence était paisible. Juste le bruit des vagues contre la coque. Le vent dans les voiles gelées. Le crépitement des derniers braseros qui s'éteignaient.

« Tu devrais dormir, yoi. Demain, entraînement intensif. On arrive bientôt. »

« Toi aussi. »

« Je vais faire un dernier tour. M'assurer que tout va bien. »

Sohalia se leva, étira ses bras engourdis par le froid.

« Je viens avec toi. »

Ils marchèrent ensemble sur le pont presque désert, vérifiant les cordages gelés, les voiles rigidifiées par le froid, les lanternes qui résistaient au vent glacial. Un rituel simple mais apaisant.

Quand ils arrivèrent à la proue, ils s'arrêtèrent.

L'océan s'étendait devant eux, noir et mystérieux sous la lune. Vers le nord. Vers Yosei no Toketsu. Vers l'inconnu qui les attendait dans trois jours.

Mais ce soir, l'inconnu ne semblait pas effrayant.

Ce soir, il semblait juste... lointain. Encore lointain.

Et entre ici et là-bas, il y avait trois jours.

Trois jours de navigation paisible.

Trois jours avec sa famille.

Trois jours pour vivre.

« Bonne nuit, Marco. »

« Bonne nuit, Sohalia, yoi. »

Elle descendit vers sa cabine, ses pas légers sur le bois gelé du pont.

Marco resta encore un moment, regardant les étoiles qui brillaient avec une clarté particulière dans l'air glacé.

Puis il sourit — un petit sourire satisfait — et alla lui aussi se coucher.

Le Moby Dick voguait tranquillement vers le nord, porté par des courants constants et un vent glacial mais favorable.

Sur le pont, tout était calme.

Dans les cabines, l'équipage dormait paisiblement malgré le froid.


Le lendemain matin, l'atmosphère avait changé.

L'île était proche maintenant. On pouvait presque la sentir à travers la brume glaciale. Les pirates étaient plus silencieux, plus concentrés. La fête était terminée.

Il était temps de se préparer à l'épreuve.

Les entraînements reprirent avec une intensité renouvelée. Chacun voulait être au meilleur de sa forme. Chacun savait que les jours à venir seraient décisifs.

Sohalia s'entraînait dur, poussant son corps à ses limites malgré le froid mordant. Sa hallebarde sifflait dans l'air glacé, traçant des arcs parfaits. Vista l'observait, hochant la tête avec approbation.

« Tu es prête, » dit-il simplement.

« J'espère. »

Deux jours passèrent dans cette préparation intense.

Et puis...

Trois jours après la soirée paisible, l'île apparut à l'horizon.

Yosei no Toketsu.

Une masse blanche et grise se découpant contre le ciel, entourée de brumes glaciales. Même de loin, on pouvait voir les montagnes enneigées qui dominaient le paysage, les forêts gelées, les falaises de glace qui brillaient faiblement sous le soleil pâle.

Le Moby Dick ralentit son approche, esquivant habilement les icebergs. L'équipage entier était sur le pont, silencieux, observant leur destination.

C'était magnifique.

C'était terrifiant.

C'était leur objectif.

« Yosei no Toketsu, » murmura Marco à côté de Sohalia. « L'île du gel féerique. »

« Elle porte bien son nom. »

« Cette île appartient à Kaido, yoi. »

Sohalia se tourna vers lui, surprise.

« Kaido ? Alors on est sur son territoire ? »

« Oui. Nous avons essayé de le contacter pour avoir son autorisation, mais il ne répond pas. Père pense qu'il est occupé ailleurs. »

« Et on va quand même débarquer ? »

« On n'a pas le choix. Le Fragment 4 et la Clé 4 sont là. On ne peut pas attendre indéfiniment une réponse qui ne viendra peut-être jamais. »

Sohalia hocha lentement la tête, comprenant la gravité de la situation.

« Père veut te voir, » ajouta Marco doucement.

Elle le regarda, une appréhension soudaine dans le ventre.

« Maintenant ? »

« Maintenant, yoi. »

Sohalia frappa à la porte de la cabine de Barbe Blanche et attendit son autorisation avant d'entrer.

Le capitaine était assis dans son fauteuil massif, regardant par la fenêtre l'île qui se rapprochait lentement. Il se tourna vers elle quand elle entra.

« Assieds-toi, gamine. »

Elle s'assit, attendant patiemment qu'il prenne la parole.

« Tu vois cette île ? » commença-t-il en désignant Yosei no Toketsu par la fenêtre.

« Oui, Père. »

« Elle appartient à Kaido. Nous sommes sur le territoire d'un autre empereur. Nous n'avons pas pu le joindre pour obtenir sa permission de débarquer. »

Sohalia resta silencieuse, écoutant.

« Mais nous devons poser pied à terre. Notre mission l'exige. Le Fragment 4 et la Clé 4 sont là-bas, quelque part sur cette île gelée. »

Il marqua une pause, son regard pesant sur elle. Barbe Blanche se pencha en avant.

« C'est pour ça que j'ai besoin de toi. »

Sohalia sentit son estomac se nouer.

« La quatrième division a besoin d'un chef pour cette mission. »

« Non. » La réponse sortit instantanément, viscérale.

« Écoute-moi jusqu'au bout. »

« Je connais votre argument, et la réponse est non ! »

« Sohalia— »

« C'est la division de Thatch ! » s'exclama-t-elle en se levant d'un bond. « Ce n'est pas ma division ! »

« Tu les connais, » rétorqua calmement le capitaine.

« En tant que frères, pas en tant que chef ! Je ne peux pas ! » contra-t-elle.

« Pourquoi ça ? »

« Je suis princesse héritière ! »

« Ça ne t'empêche pas d'être pirate, pourtant. Tu n'as pas d'autres arguments plus convaincants ? »

Sohalia serra les poings, cherchant ses mots.

« La quatrième appartient à Thatch et pour toujours. Personne ne peut prendre sa place ! Il était le meilleur pour eux ! Je ne me vois pas donner des ordres à ses hommes ou... Merde ! Je ne peux pas ! »

« Je ne te demande pas de le remplacer, » dit Barbe Blanche d'une voix ferme mais douce. « Je te demande d'être leur chef pour cette mission. Temporairement. Le temps de l'expédition sur Yosei no Toketsu. »

Sohalia le fixa, déstabilisée.

« Temporaire ? »

« Oui. Un chef temporaire. Quelqu'un pour les diriger face aux Sentinelles de Glace. Quelqu'un pour les mener au Temple du Cœur Gelé. Quelqu'un en qui ils ont confiance. »

Il marqua une nouvelle pause.

« Thatch restera toujours le commandant de la quatrième division. Ça, personne ne peut le changer. Mais pour cette mission, ils ont besoin de quelqu'un. Et ce quelqu'un, je pense que c'est toi. »

« Je... »

« Nous allons avoir besoin de tout le monde pour cette mission. Je ne peux surcharger les autres divisions. »

Sohalia ne savait plus quoi dire. L'argument du temporaire changeait tout. Ce n'était pas remplacer Thatch. C'était juste... les aider. Pour une mission.

« Penses-y, » dit Barbe Blanche. « Tu peux disposer. »

Elle sortit, la tête pleine de doutes et de questions.

Sohalia ne savait pas où aller. Pas vers Marco — il serait d'accord avec Barbe Blanche. Pas vers Ace — il lui dirait qu'elle en était capable. Pas vers Izo ou Vista — même réponse.

Presque sans y penser, ses pas la menèrent vers l'infirmerie.

Yori était là, organisant des bandages et des remèdes. Il leva les yeux quand elle entra.

« Pas heureuse d'être là ? » demanda-t-il sans préambule.

Sohalia soupira et s'assit sur l'un des lits vides.

« Tu as parlé avec Barbe Blanche ? »

« Le vieux veut que je sois chef temporaire de la quatrième. Pour la mission. »

« Et ? »

« Et je ne peux pas ! Tu le sais bien ! »

Yori la regarda longuement, puis posa ses bandages.

« Tu sais ce qu'on m'a raconté sur toi quand je suis arrivé sur ce navire ? »

Elle secoua la tête.

« On m'a parlé d'une Sohalia têtue, bornée, farceuse, inventive dans ses bêtises, rieuse et forte. Tu la connais ? Moi, je n'ai pas encore eu le plaisir de la rencontrer. »

« Pardon ? »

« Je ne vois rien de ce qu'on m'a raconté. Je ne vois pas de femme forte, je vois une pleurnicheuse. Je ne vois pas de femme têtue, je ne vois qu'une personne remplie de doutes. Je ne vois pas une femme rieuse, mais une femme apeurée. »

Sohalia se dressa, furieuse.

« Comment oses-tu— »

« Peut-être que finalement, tu as raison, » continua Yori implacablement. « Tu n'as pas les épaules assez fortes pour avoir ce poste. Tu n'as pas la puissance, ni le caractère pour être chef de la quatrième division. Je me demande même si tu as ta place dans cet équipage. »

« Je t'emmerde ! »

« Prouve-le alors, » dit-il calmement.

Sohalia le toisa, cherchant dans son regard s'il était sincère. Elle ne vit aucun doute ni mensonge dans ses yeux.

La rage explosa en elle.

Elle l'attrapa par le col de sa chemise blanche et le balança sur le pont du navire.

« Je suis digne d'être membre de cet équipage ! J'en ai la puissance et le caractère ! Je t'interdis de dire le contraire ! » hurla-t-elle prête à attaquer.

Attirés par les éclats de voix, les pirates se rassemblèrent autour d'eux, étonnés. Bientôt, tous furent réunis pour observer cette confrontation. Le capitaine sortit et resta en retrait.

« Vraiment ? » s'esclaffa Yori. « Je ne vois qu'une larve ignorante et prétentieuse qui tente de vivre dans un monde qui ne lui va plus ! » s'écria-t-il à son tour en reculant vers la proue du navire.

« Ce monde est le mien ! » s'exclama-t-elle en se tendant.

« Non, je ne vois qu'une princesse fragile qui ne fait qu'agiter ses bras dans les airs pour tenter de prouver aux autres qu'elle sait qui elle est ! Tu es remplie de doutes, de peurs ! Tu ne fais que chialer ! » balança-t-il en dégainant son sabre.

« Je sais qui je suis ! » s'époumona-t-elle en se jetant sur lui.

La branche qui se tenait dans le creux de sa main grandit à une vitesse affolante et se solidifia. Avec une force accentuée par la rage, elle frappa Yori. Elle sentait le silence qui pesait sur les membres de son équipage.

Elle accéléra l'allure, abattant son arme toujours plus fortement contre l'épée du médecin. Sans plus de cérémonie, elle crocheta son pied avec sa jambe, lui faisant perdre l'équilibre, puis l'assomma.

Elle était essoufflée mais toujours si furieuse. Elle se tourna vers les spectateurs et dévisagea froidement les membres de la quatrième division.

« Vous voulez que je sois votre chef pour cette mission, hein ? » s'écria-t-elle, sa voix résonnant sur le pont glacé. « Si vous me foutez à terre, je me plierai à votre décision et je me tairai pour de bon. Si j'arrive à vous battre, vous me foutrez la paix avec ça ! »

Les hommes se tournèrent vers Barbe Blanche, attendant son choix. Le capitaine détailla longuement la jeune femme, jaugeant sa force et sa détermination, puis hocha la tête.

Kenta fit signe à ses frères de patienter. Il était connu pour sa force légendaire et sa résistance à encaisser les coups. Il s'avança vers Sohalia et alors qu'il allait parler, elle se jeta sur lui.

Un pirate ne fait pas la causette, il attaque et tue s'il le faut, lui avait dit Vista une fois.

Malgré sa rage, sa force physique ne valait rien contre celle de Kenta. Il lui fallait donc être plus maligne que lui. Elle recula en continuant d'attaquer et d'esquiver. Lorsque son dos frôla le bastingage, elle fit apparaître des lianes, qui la soulevèrent dans les airs. De toutes ses forces, elle lança ses jambes dans le dos de Kenta qui passa par-dessus bord dans l'eau glacée.

Elle retomba sur ses pieds et se tourna vers ses partenaires.

« Au suivant ! » cria-t-elle.

Le combat dura longtemps.

Essoufflée, épuisée, blessée, elle abaissa son arme alors qu'Aki tombait au sol, vaincu. Plus aucun membre de la quatrième division ne tenait debout.

Elle les avait battus.

Tous.

Yori avait repris connaissance et se massait le crâne en grognant. Kenta était remonté à bord et frissonnait violemment à cause de l'eau gelée. Hogo tentait de desserrer les liens qui le retenaient prisonnier à l'un des mâts du navire. Kan gigotait dans tous les sens afin de faire sortir sa tête de la gueule du canon. Les autres se remettaient lentement debout en grommelant quelques insultes.

Sohalia fit disparaître son arme et se dirigea vers les dortoirs des membres de la cinquième division. Si avec ça, on venait encore une fois lui demander d'être chef, elle ne répondait plus de ses actes.

« Joli spectacle... » railla une voix qu'elle n'avait pas envie d'entendre à cet instant.

« Ferme-là ! » le remballa-t-elle sans lui adresser un seul regard.

Ace s'appuya contre le mur, souriant.

« Tu sais à quoi ça a servi ton numéro ? »

« À ce que l'on me foute la paix ! » grogna-t-elle en lui jetant un regard noir.

« À montrer à tout le monde que tu as les capacités pour protéger tes subordonnés, » répondit-il en l'ignorant.

« Pardon ?! Je n'ai pas été assez claire ?! Je ne veux pas être chef ! »

« Tu as la force, la puissance et la pratique d'un chef ! Tu veux bien être pirate, tu acceptes ton rôle de princesse, mais tu refuses le poste de chef pour une raison absurde. »

Elle s'avança vers lui, menaçante.

« Ce n'est pas absurde ! C'est— »

« Thatch aurait aimé que ce soit toi, » l'interrompit-il doucement.

Ces mots la stoppèrent net.

« Tu ne peux pas le savoir, » dit-elle d'une voix étranglée.

« Non. Mais je sais qu'il t'aimait comme sa petite sœur. »

Ace se redressa.

« Tu crois vraiment qu'il voudrait que la division reste sans personne pour les guider face au danger ? Juste pour préserver son souvenir ? »

Sohalia serra les dents, les larmes menaçant de couler. Elle s'empressa de fuir la conversation en rentrant dans le dortoir.

Elle s'accouda à la porte.

Elle descendit les escaliers, déterminée à se réfugier dans sa couchette.

Mais en chemin, elle croisa Dom.

« Les femmes et leurs sautes d'humeur... C'est pour ça que je suis devenu pirate, moins de chance d'en croiser une ! » s'esclaffa-t-il.

Son rire mourut lorsqu'une branche lui saisit la cheville et le fit tournoyer dans les airs avant de le balancer par-dessus bord.

Le bruit du splash résonna sur le navire silencieux.

Sohalia continua son chemin sans un regard en arrière.

Elle s'enferma dans sa couchette et s'assit sur son lit, la tête dans les mains.

Pourquoi personne ne comprenait qu'elle ne POUVAIT pas ?

Un coup léger à la porte.

« Va-t'en. »

« C'est moi, yoi. »

Marco.

Évidemment.

Elle soupira mais ne dit rien. Il prit ça pour une permission et entra, refermant doucement derrière lui.

Il s'assit à côté d'elle sur le lit, sans dire un mot. Juste là. Présent.

Après un long moment, il parla enfin.

« Qu'est-ce qui te gêne tant que ça ? »

« C'est évident, non ? »

« Pas du tout. Chacun a ses raisons de penser que tu es la bonne personne. »

« Je ne peux pas ! Personne ne peut prendre sa place ou lui succéder ! Il était le meilleur pour eux ! Je ne me vois pas donner des ordres à ses hommes ou vivre dans sa cabine ou... Merde ! Je ne peux pas ! »

« Lia... » soupira-t-il en utilisant ce diminutif qu'il n'employait que rarement.

« Ah non ! N'utilise pas ce diminutif et ce ton avec moi ! Je n'ai plus dix ans ! » le coupa-t-elle en lui frappant l'épaule.

« Très bien, » accepta-t-il en souriant, amusé. « Écoute, tu ne lui voleras pas sa place. Thatch restera toujours le commandant de la quatrième dans nos cœurs. Mais pour cette mission, juste pour cette mission, ils ont besoin de quelqu'un. Et ce quelqu'un, c'est toi. »

Il marqua une pause.

« Tu as la force, yoi. Tu as le caractère. Tu as leur respect. »

« Mais— »

« Et surtout, » continua-t-il en posant doucement une main sur son épaule, « tu es déjà leur famille. C'est ça qui compte. Pas un titre. Pas un rang. La famille. »

Sohalia resta silencieuse, les larmes coulant maintenant librement.

« Je ne veux pas le décevoir, » murmura-t-elle finalement.

« Tu ne le décevras pas, yoi. Tu ne l'as jamais déçu. »

Marco se leva.

« Si ça peut te décider plus rapidement, le vieux a décidé que la quatrième ne poserait pas pied à terre si elle n'avait pas de chef pour cette mission. »

Sohalia releva brusquement la tête.

« Il ne peut pas faire ça ! C'est... C'est mesquin ! C'est... »

« Pirate ? » proposa le commandant avec un sourire en coin. « Alors ? Tu as choisi ? »

« Foutu ananas ! Ça te fait rire en plus ! » s'insurgea-t-elle.

« Énormément ! » rit-il. « Bon, on va manger ? »

En remontant sur le pont, elle ignora les suppliques de Dom, qui était toujours dans l'eau glacée et tentait de remonter à bord. Elle s'assit entre Marco et Vista et commença à manger en ignorant les regards suppliants des hommes de la quatrième division.

« Sohalia ? » l'appela le commandant de la cinquième.

« Quoi ? » répondit-elle méfiante.

« Pourrais-tu relâcher Dom ? Je vais en avoir besoin pour l'expédition. »

« Oh... Pas de problème. »

Ils purent facilement entendre le bruit que Dom produisit en atterrissant sur le pont. Sous le regard faussement mécontent de Vista, elle lui offrit un grand sourire rempli d'innocence feinte.

Le repas se passa dans un silence relatif. Les membres de la quatrième la regardaient avec un mélange d'espoir et de respect. Elle avait prouvé qu'elle était plus forte qu'eux tous.

Mais elle n'avait toujours pas accepté.

Ce soir-là, Sohalia ne dormit pas.

Elle resta sur le pont, regardant l'île qui se rapprochait dans l'obscurité. Demain, ils débarqueraient. Demain, l'aventure commencerait.

Et la quatrième division...

Elle pensa à Thatch. À son sourire. À sa gentillesse. À la façon dont il s'occupait de ses hommes.

Elle pensa à ces mêmes hommes, maintenant. Qui l'attendaient. Qui comptaient sur elle.

Elle pensa à sa famille. À Marco, Ace, Izo, Vista, Jozu, Barbe Blanche.

Et elle prit sa décision.


Le lendemain matin, toutes les divisions étaient réunies sur le pont du navire, prêtes à poser pied à terre.

Barbe Blanche était debout devant eux tous, imposant. Il donna ses ordres, sa voix portant sur tout le pont.

Les divisions commencèrent à débarquer dans l'ordre.

« Première division ! En avant ! »

Marco passa par-dessus le bastingage avec un sourire sadique adressé à Sohalia.

« Deuxième division ! En avant ! »

Ace ricana en sautant à terre, lui adressant un clin d'œil complice.

« Troisième division ! En avant ! »

Jozu hocha solennellement avant de débarquer.

« Cinquième division ! En avant ! »

Vista lui adressa un regard encourageant avant de partir.

Barbe Blanche se tourna vers Sohalia et les membres de la quatrième division, toujours sur le pont.

Le silence s'installa.

Tous attendaient.

Sohalia sentit le poids de tous ces regards sur elle. Le poids de cette décision. Le poids de ce titre qu'elle n'avait jamais voulu.

Elle pensa une dernière fois à Thatch.

Pardonne-moi.

Puis elle saisit son sac, se tourna vers les hommes qui l'attendaient, et prit une grande inspiration.

« Quatrième ! » cria-t-elle d'une voix forte et claire. « En avant ! »

Et elle s'élança par-dessus le bastingage.

Elle ne regarda pas derrière elle pour voir le sourire victorieux de ses hommes. Elle ne regarda pas le sourire satisfait de son Père. Elle ne regarda pas les regards fiers de ses frères.

Elle se concentra sur le sol gelé qui se rapprochait, sur l'île blanche qui les attendait, sur la mission qui commençait.

Son orgueil venait d'en prendre un coup.

Elle s'était fait piéger.

Mais au fond, très au fond...

Elle savait que c'était la bonne décision.

Sohalia posa pied sur la neige gelée, chef temporaire d'une division qu'elle avait juré de ne jamais diriger.

Derrière elle, sa division — non, la division de Thatch — la suivait sans hésitation.

Devant elle, l'île s'étendait, mystérieuse et dangereuse.

L'aventure sur Yosei no Toketsu venait de commencer.

Et Sohalia était prête.

Enfin... aussi prête qu'elle pouvait l'être.

Le vent glacial hurlait autour d'eux, emportant leurs souffles visibles dans l'air froid.


REECRIT : 08/01/2026

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