War of Change

Chapitre 5 : La colère de Barbe Blanche

7939 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 13/02/2026 18:56

Royaume de Laugh Tale — Place Centrale

Les spectateurs du royaume n'eurent même pas le temps de reprendre leur souffle. À peine le Moby Dick venait-il d'émerger dans une explosion d'eau spectaculaire que l'océan se remit à bouillonner.

Pas une fois. Pas deux. Mais trois fois plus.

Les trois autres répliques du Moby Dick surgirent des profondeurs dans une chorégraphie parfaite, chacune émergeant à un point cardinal différent autour du navire principal. L'eau ruisselait de leurs coques massives tandis qu'elles se stabilisaient, flottant maintenant au cœur même de la baie de Marineford, entourées de tous côtés par les forces de la Marine.

La caméra balaya les ponts de ces navires, révélant progressivement les silhouettes qui s'y tenaient. Des hommes impressionnants, puissants, portant tous le symbole de Barbe Blanche avec une fierté évidente.

Les commandants.

Akihide se leva de son siège, s'approchant du bord de l'estrade pour mieux voir. Il commença à les identifier pour le peuple qui attendait, suspendu à ses lèvres.

« Vista, » dit-il en pointant une silhouette élégante avec deux épées croisées dans le dos. « Commandant de la cinquième division. On l'appelle l'Épéiste Fleur. On dit que ses lames peuvent couper n'importe quoi, que lorsqu'il se bat, ses mouvements ressemblent à une danse mortelle de pétales de rose. »

La caméra se déplaça vers un homme massif dont le bras droit brillait comme du diamant même dans la lumière grise de l'aube.

« Jozu. Commandant de la troisième division. Diamond Jozu. Utilisateur d'un Fruit du Démon qui lui permet de transformer son corps en diamant. »

D'autres commandants apparurent à l'écran, chacun plus impressionnant que le précédent. Rakuyo. Namur. Curiel. Tous se tenaient prêts, déterminés, attendant le signal pour se lancer dans la bataille.

Sur l'estrade royale, Maiya scrutait intensément l'écran, ses yeux balayant chaque visage, cherchant désespérément une silhouette familière. Une chevelure dorée qui brillerait même dans cette lumière sombre. Des papillons lumineux qui danseraient dans l'air. Elle cherchait Sohalia, mais sa cousine restait invisible.

« Je ne vois pas Sohalia... »

Sa voix était tendue, inquiète, presque tremblante.

Akihide posa doucement une main rassurante sur son épaule.

« Il est plus sage qu'elle fasse profil bas, Maiya. Si son identité était révélée maintenant, devant le monde entier... »

Il n'eut pas besoin de finir sa phrase. Maiya comprenait parfaitement. Le royaume resterait secret tant que leur reine resterait cachée. Mais si le monde apprenait son existence, si sa position était compromise, tout ce pour quoi ils avaient lutté pourrait s'effondrer.

Maiya hocha la tête, mais son inquiétude ne diminua pas. Quelque part là-bas, sur l'un de ces navires ou peut-être caché ailleurs, Sohalia se préparait à risquer sa vie. Et il n'y avait rien que Maiya puisse faire sauf regarder et prier.


Navire à aubes — Sous les vagues

Dans les profondeurs sombres sous l'océan, le navire à aube flottait silencieusement dans sa bulle de revêtement, invisible au monde au-dessus. Sur le pont, la quatrième division était rassemblée devant les écrans Den Den Mushi qui retransmettaient la bataille.

Sohalia se tenait à la proue, les mains agrippées au bastingage, regardant l'écran avec une intensité qui aurait pu faire fondre le métal. Elle vit les répliques émerger. Vit Vista avec ses épées croisées dans le dos. Vit Jozu, imposant et inébranlable. Vit Haruta qui sautillait d'un pied sur l'autre, visiblement excité malgré la gravité de la situation.

Tous prêts à se battre. Tous prêts à mourir si nécessaire.

Et puis la caméra se fixa sur le Moby Dick principal. Sur sa proue. Et là, debout dans toute sa gloire, se tenait Marco.

Le souffle de Sohalia se coinça dans sa gorge.

Il était... magnifique. Impressionnant. Même à travers la distance et l'écran pixelisé, même sans le voir en personne, elle ne pouvait s'empêcher de le détailler malgré elle. Ses cheveux blonds ébouriffés par le vent. Sa posture détendue mais prête, ce mélange parfait de confiance et de vigilance qui le caractérisait. Ses flammes bleues qui crépitaient doucement autour de ses épaules et de ses bras, projetant une lueur éthérée qui le faisait ressembler à une créature mythologique venue d'un autre monde.

Son regard traça les lignes familières de son visage, la courbe de ses épaules, la façon dont il se tenait — confiant mais pas arrogant, puissant mais pas menaçant. C'était Marco. L'homme qu'elle...

Les regrets l'assaillirent comme une vague soudaine. Elle aurait dû lui parler. Aurait dû forcer cette conversation au lieu de le laisser fuir, au lieu de détourner les yeux à chaque fois. Aurait dû trouver un moyen de réparer ce qui avait été cassé avant qu'ils n'arrivent ici, à ce moment où tout pourrait se terminer en un instant.

Et si c'était la dernière fois que je le voyais ?

La panique monta dans sa gorge.

Et si l'un de nous tombait aujourd'hui et que nos derniers mots échangés avaient été prononcés dans la colère ?

Mais elle devait rester concentrée. Sa division comptait sur elle. Ace comptait sur elle. Ce n'était pas le moment de se laisser submerger par des regrets ou des sentiments.

« Commandante ? »

La voix de Hogo la ramena au présent. Son second se tenait à côté d'elle, son visage habituellement calme marqué par l'inquiétude.

Sohalia cligna des yeux, se ressaisissant. Elle se redressa, forçant ses mains à se détacher du bastingage, forçant son esprit à se reconcentrer.

« Oui ? »

« Vous allez bien ? »

« Parfaitement. » Sa voix était plus ferme maintenant, plus contrôlée. « Reste concentré, Hogo. La bataille a commencé. Nous devons être prêts à intervenir au moindre signal. »

Mais même en prononçant ces mots professionnels, son regard dériva à nouveau vers l'écran. Vers Marco.

Survit, pria-t-elle silencieusement. S'il te plaît. Survit. Pour qu'on puisse réparer ça.


Marineford — Moby Dick

Sur le Moby Dick, le silence qui avait suivi leur émergence spectaculaire commença à se briser. Les pirates commençaient à s'agiter, à vérifier leurs armes, à échanger des regards déterminés. Cent mille ennemis les entouraient. Les chances semblaient impossibles. Mais ils étaient la famille de Barbe Blanche, et ils n'avaient jamais reculé devant l'impossible.

Puis, soudain, un son résonna à travers la baie.

Pas un cri. Pas une explosion. Un son. Profond. Résonnant. Comme si la terre elle-même vibrait en réponse à une présence titanesque.

Sur Laugh Tale, des milliers de personnes se figèrent, retenant leur souffle simultanément. À Marineford, cent mille soldats cessèrent de bouger, tous les yeux se tournant vers la source de ce son.

La caméra zooma sur le Moby Dick. Sur la figure massive qui se tenait à sa proue.

Barbe Blanche.

Et il riait.

Un rire énorme, tonitruant, qui roula à travers la baie comme le tonnerre roulant à travers les montagnes. Ce n'était pas un rire nerveux ou incertain. C'était le rire d'un homme qui regardait la mort en face et qui souriait.

« GURARARA ! »

Le rire s'estompa, remplacé par sa voix — une voix qui portait à travers toute la baie, à travers toute la retransmission, à travers le monde entier.

« Ça faisait un bail, Sengoku ! »

Il leva son bisento massif, la lumière se reflétant sur sa lame.

Barbe Blanche se tourna légèrement, son regard fixant maintenant Ace enchaîné sur la plateforme. La caméra zooma sur le visage d'Ace — choqué, les larmes aux yeux, incrédule devant ce qu'il voyait.

« Ace ! Mon fils bien-aimé... Tu vas bien, j'espère ? »

Ace, en larmes et rongé par la culpabilité d'avoir causé tout ce chaos, ne sait pas quoi répondre. Barbe Blanche enchaîne alors pour le rassurer et lui montrer que personne ne lui en veut :

« Attends-moi encore un peu... »

Sur Laugh Tale, le peuple éclata en acclamations. Des milliers de voix criant ensemble, emportées par le moment, par la puissance brute de la déclaration de Barbe Blanche.

Mais sur l'estrade royale, le Conseil restait plus prudent. Ils voyaient ce que le peuple ne voyait pas encore — les cent mille soldats, les cinquante navires, les Amiraux qui n'avaient pas encore bougé. La victoire était loin d'être assurée.

Nostradamus ferma brièvement les yeux, et ceux qui le connaissaient bien purent voir la douleur qui traversa son visage. Il voyait quelque chose. Des futurs possibles qui se déroulaient devant ses yeux blancs. Et aucun d'eux n'était entièrement heureux.


Marineford

Barbe Blanche se tenait immobile maintenant, son bisento planté à ses côtés. La tension dans l'air était presque palpable, comme de l'électricité statique avant un orage. Puis il bougea.

Lentement. Délibérément.

Il croisa les bras sur son torse massif, ses mains se posant sur ses épaules. Ses doigts se recroquevillèrent légèrement, comme s'il saisissait quelque chose d'invisible.

Le monde retint son souffle.

Il resta immobile pendant quelques secondes qui semblèrent durer une éternité. Même les Marines cessèrent de bouger, hypnotisés par ce qu'ils sentaient arriver sans comprendre ce que c'était.

Puis Barbe Blanche lança ses poings de chaque côté.

L'air se fissura.

Littéralement.

Des lignes apparurent dans l'air comme si quelqu'un venait de briser une vitre invisible. Des fissures qui s'étendaient, qui craquaient, qui se propageaient dans toutes les directions depuis les poings de Barbe Blanche. L'air lui-même se brisait sous la force de son pouvoir.


LAUGH TALE

Des cris explosèrent dans tout le royaume.

« Qu'est-ce que... ?! »

« L'air se brise ?! »

« Comment est-ce possible ?! »

Akihide, la voix grave et chargée d'un mélange d'admiration et de terreur :

« Le Gura Gura no Mi. Le Fruit du Tremblement. »

Mizuki, la représentante de la Lignée Senrigan qui venait de se lever brusquement, les yeux écarquillés :

« Il peut... créer des tremblements de terre ? »

« Des tremblements de terre. Des tsunamis. Des raz-de-marée. » Akihide secoua la tête, son visage pâle. « On dit que c'est le Fruit du Démon le plus destructeur de type Paramecia qui existe. Qu'avec suffisamment de force... » Il déglutit difficilement. « Il pourrait littéralement détruire le monde entier. »

Un silence horrifié tomba sur le Conseil.

À l'écran, les effets du pouvoir de Barbe Blanche commencèrent à se manifester. L'océan lui-même répondit à sa volonté. L'eau commença à se tordre, à bouillonner, à se soulever de manière impossible qui défiait toutes les lois de la physique.

Des vagues se formèrent. Pas des vagues normales. Des murs d'eau massifs.

Deux immenses tsunamis se dressèrent de chaque côté du QG de la Marine, s'élevant de plus en plus haut. Cinquante mètres. Cent mètres. Plus haut encore. Ils continuaient de monter, bloquant le soleil, projetant des ombres massives sur toute l'île.

Assez hauts pour engloutir Marineford entière. Assez puissants pour tuer cent mille hommes en quelques secondes.

Lux, la prochaine chef de la Lignée Kiku qui contrôlait l'air, se leva brusquement, sa voix portant à travers le silence stupéfait :

« La guerre commence... »

Les deux vagues grondaient maintenant, leurs sommets s'incurvant, se préparant à s'abattre sur Marineford comme les mâchoires d'une bête préhistorique.

Puis...

Ils disparurent.

Pas qu'ils s'écrasèrent. Ils se dissipèrent. Comme si Barbe Blanche les avait rappelés d'un simple geste de volonté. Les deux murs d'eau massifs se désintégrèrent, retombant en pluie fine sur l'océan.

Un avertissement. Une démonstration. Pas une attaque. Pas encore. Une façon de les saluer.

Le message était clair :

Je pourrais vous tuer tous. Mais je vous laisse une chance de rendre mon fils.

Un silence lourd, épais, presque suffocant tomba sur Marineford. Sur Laugh Tale. Sur le monde entier qui regardait.

Mizuki fut la première à parler, sa voix tremblante :

« Les îles voisines... Si ces vagues avaient continué... »

Elle n'eut pas besoin de finir. Tout le monde comprenait. Ce n'était qu'un aperçu. Une fraction du vrai pouvoir de Barbe Blanche. Et c'était déjà terrifiant au-delà de toute compréhension.

Kino, le représentant de la Lignée Kasai, murmura d'une voix à peine audible :

« Comment peut-on combattre quelqu'un qui contrôle les forces de la nature elle-même ? »

Personne n'avait de réponse.


Marineford — Plateforme d'exécution

Sur la plateforme, Ace regardait, les larmes coulant maintenant librement sur ses joues. Il voyait son père adoptif, l'homme le plus puissant du monde, démontrer une puissance capable de détruire des nations. Et tout ça... pour lui. Pour sauver un fils qui avait désobéi, qui avait causé tout ce chaos.

Sa voix s'éleva, brisée par l'émotion :

« Père ! Pourquoi ?! »

Il cria plus fort, sa voix se brisant sur chaque mot :

« Je suis parti contre vos ordres ! Vous m'avez dit de ne pas poursuivre Teach ! Pourquoi venez-vous me sauver ?! »

La culpabilité le dévorait. Tous ces hommes. Tous ces navires. Barbe Blanche lui-même risquant tout. Et pour quoi ? Pour un fils désobéissant qui avait ignoré les conseils de son père ?

Barbe Blanche se tourna vers lui. Et il mentit.

Sans hésitation. Sans remords. Avec une conviction absolue.

« Non, Ace. »

Le temps sembla s'arrêter.

« C'est moi qui t'ai dit d'y aller. »

Un choc visible traversa le visage d'Ace. Ses yeux s'écarquillèrent.

« Non... ce n'est pas... »

Barbe Blanche se tourna légèrement vers Marco qui se tenait sur le pont en dessous de lui.

« N'est-ce pas, Marco ? »

Marco n'hésita pas une seconde. Sa voix porta clairement à travers la baie :

« Oui. Nous t'avons tous entendu donner l'ordre. »


LAUGH TALE — CONFUSION

Maiya fronça les sourcils, confuse. Elle se tourna vers Akihide.

« Mais... Sohalia nous a dit qu'Ace était parti contre l'avis de tous, non ? Que Barbe Blanche lui avait ordonné de laisser tomber Teach ? »

Akihide acquiesça lentement, son regard fixé sur l'écran.

« C'est exact. Barbe Blanche ment. »

« Pourquoi ?! » La voix de Maiya monta légèrement. « Pourquoi mentirait-il sur quelque chose d'aussi important ? »

Nostradamus, qui était resté silencieux pendant l'échange, parla enfin. Sa voix était douce mais chargée de compréhension profonde :

« Il veut le protéger. »

Tous se tournèrent vers lui.

« Ace renie Roger. Refuse son héritage. Refuse même son nom. » Nostradamus marqua une pause, ses yeux blancs semblant fixer quelque chose que personne d'autre ne pouvait voir. « Mais tout comme son père biologique... il est loyal. Il exècre les injustices. Et il porte le poids de ses décisions comme des chaînes. »

Il regarda l'écran où Ace pleurait maintenant ouvertement.

« Si Barbe Blanche admettait qu'Ace a désobéi... Ace porterait cette culpabilité pour toujours. Il croirait que ses frères meurent à cause de sa désobéissance. Que chaque goutte de sang versé aujourd'hui est de sa faute. »

Akihide comprit soudainement, ses yeux s'écarquillant.

« Alors Barbe Blanche ment. Pour lui retirer ce fardeau. Pour qu'Ace sache que sa famille est venue parce qu'ils l'aiment. Pas par obligation ou par devoir. Mais par choix. »

« Exactement, » confirma Nostradamus. « C'est le dernier cadeau qu'un père peut faire à son fils. Le pardon. Même si ce pardon est construit sur un mensonge. »

Le silence qui suivit fut respectueux. Même chargé de tristesse.

Les pirates sur les navires de Barbe Blanche commencèrent à crier, scandant le nom d'Ace comme un hymne de guerre.

« ACE ! ACE ! ACE ! »

Des milliers de voix. Tout l'équipage de Barbe Blanche et ses alliés. Leurs cris roulaient à travers la baie comme le tonnerre, déclarant au monde entier que cet homme — ce fils de Roger, ce criminel condamné — valait la peine de se battre. Valait la peine de mourir.


NAVIRE A AUBES

Dans les profondeurs, la quatrième division criait aussi, même si personne ne pouvait les entendre.

« Ace ! »

« On vient te chercher ! »

« Tiens bon ! »

Yori, le médecin de la division, habituellement si calme et professionnel, avait les larmes aux yeux. Kenta frappait le bastingage de son poing. Hogo regardait fixement, sa mâchoire serrée. Ikaku, Hayate, Genjiro, Kan, Hade — tous criaient, tous unis dans leur détermination.

Sohalia ne criait pas. Mais sa main serrait si fort le bastingage que le bois craqua sous ses doigts. Des papillons dorés apparurent instinctivement autour d'elle, tourbillonnant avec une intensité qui reflétait ses émotions turbulentes.

Tiens bon, Ace, pensa-t-elle avec une férocité qui aurait pu enflammer l'océan. Tiens bon juste un peu plus longtemps.

Soudain, le silence revint. Étrange. Inquiétant. Comme si quelque chose venait d'aspirer tout le son hors du monde.


Sur Laugh Tale, Mizuki se leva brusquement, se rapprochant de l'écran. Son pouvoir de vision lui donnait parfois des prémonitions, des sensations de danger imminent. Et maintenant, chaque fibre de son être hurlait.

« Tsunami... » murmura-t-elle.

Et puis tout le royaume le sentit.

Le sol se mit à trembler.

Sous leurs pieds. Réel. Pas à l'écran — ICI, sur Laugh Tale, à des milliers de kilomètres de Marineford.

Des exclamations de surprise et de peur éclatèrent dans la foule.

« Un tremblement de terre ?! »

« Comment ?! »

« Nous sommes si loin ! »

Nostradamus se leva, sa voix grave portant à travers le chaos croissant :

« Le pouvoir de Barbe Blanche ne connaît pas de limites géographiques. Il ne touche pas juste l'eau ou l'air autour de lui. Il touche la TERRE elle-même. Le substrat rocheux. Les plaques tectoniques. »

Il marqua une pause, laissant la terreur de cette réalisation s'installer.

« Et nous... nous sommes tous debout sur la même terre. »

À l'écran, les effets étaient bien plus dramatiques. Des vagues commencèrent à se former à nouveau. Mais cette fois, ce n'était pas une démonstration. Ce n'était pas un avertissement.

C'était une déclaration de guerre.

Deux immenses tsunamis se formèrent de chaque côté de Marineford, grandissant à une vitesse terrifiante. Cent cinquante mètres de haut. Plus. Des murs d'eau qui défiaient toute logique, toute loi naturelle.

Assez pour engloutir l'île entière. Assez pour tuer cent mille soldats. Assez pour effacer Marineford de la carte.

À travers l'écran, on pouvait entendre les cris.

Des Marines. Terrifiés. Paniqués.

« ON VA TOUS MOURIR ! »

« C'EST LA FIN ! »

« LES VAGUES ! LES VAGUES ARRIVENT ! »

Certains soldats reculaient, leurs armes tombant de leurs mains tremblantes. D'autres se figeaient, paralysés par la peur. Quelques-uns couraient même, cherchant désespérément un abri qui n'existait pas.

Des rires éclatèrent dans la foule. Des gens se moquaient de la peur des Marines, prenant une satisfaction perverse à voir ces soldats si arrogants réduits à la terreur.

Mais le Conseil resta impassible. Sérieux. Sombre.

Parce qu'ils comprenaient ce que le peuple ne comprenait pas encore.

Maiya, sa voix à peine plus haute qu'un murmure mais portant dans le silence relatif de l'estrade :

« Sohalia est là-bas. Quelque part au milieu de... ça. »

Sa main trouva celle de Kino, serrant fort. Kino la serra en retour, offrant le seul réconfort qu'il pouvait.

Alors que les deux tsunamis atteignaient leur apogée, prêts à s'abattre sur Marineford et à tout engloutir, une silhouette surgit entre eux.

Un homme. Maigre. Grand. Portant un uniforme de Marine avec la cape de Justice. L'air presque endormi malgré l'apocalypse qui grondait autour de lui.

Aokiji.

L'Amiral de la Glace.

Il flottait dans l'air entre les deux tsunamis, ses mains levées vers chacun d'eux. Puis il parla, sa voix portant malgré le rugissement de l'eau :

« Ice Age. »

Les deux tsunamis se figèrent.

Instantanément. Complètement.

Transformés en sculptures de glace massives qui s'élevaient vers le ciel comme des monuments à la puissance d'Aokiji. L'eau qui, quelques secondes auparavant, menaçait de tuer cent mille hommes, était maintenant immobilisée dans une beauté glaciale et mortelle.

Mizuki, sa voix remplie d'admiration malgré elle :

« Quelle puissance... En seulement quelques secondes... Il a arrêté des tsunamis de cette taille... »

Nostradamus, grave :

« Ce n'est pas un ennemi à prendre à la légère. Aucun des Amiraux ne l'est. »

À l'écran, Aokiji ne s'arrêta pas là. Il lança plusieurs javelots de glace vers Barbe Blanche. Les projectiles traversèrent l'air comme des lances mortelles.

Barbe Blanche les brisa d'un simple geste, les réduisant en poussière de glace.

Puis Aokiji commença à tomber vers l'eau de la baie. Et au moment où il toucha la surface...

Tout changea.

L'eau entière se transforma en glace épaisse.

Toute la baie. Des milliers de mètres carrés. Gelée solide en quelques secondes. L'eau qui, quelques instants auparavant, portait les navires, était maintenant une plaine glacée massive.

Kino se leva brusquement, pointant l'écran.

« Il vient de donner un avantage énorme à ses ennemis ! »

Maiya fronça les sourcils.

« Comment ça ? »

« Les navires de Barbe Blanche sont maintenant immobilisés dans la glace, » expliqua Kino rapidement. « Ils ne peuvent plus manœuvrer. Ne peuvent plus utiliser leurs canons efficacement. Mais... »

Il pointa les pirates qui commençaient déjà à descendre sur la glace.

« Maintenant, c'est un champ de bataille terrestre. Les pirates peuvent charger directement. Et Barbe Blanche... »

Akihide comprit, finissant la pensée :

« Barbe Blanche peut marcher droit vers Ace. Plus besoin de naviguer à travers les défenses maritimes. Plus de navires à couler. Juste... une charge directe. »

Il marqua une pause sombre.

« C'est un choix tactique d'Aokiji. Il sacrifie la mobilité des Marines et l'avantage naval... pour créer un champ de bataille où les nombres comptent à nouveau. Cent mille contre quelques milliers. »

Le silence qui suivit fut lourd d'implication.

Les tirs de canons éclatèrent soudainement de partout. Les Marines, reprenant leurs esprits après le choc des tsunamis et de la glace, commençaient à tirer sur les navires immobilisés. Des dizaines de boulets de canon volaient à travers l'air, sifflant vers leur cible.

Mais les commandants de Barbe Blanche réagirent. Jozu frappa un boulet, le réduisant en miettes. Vista trancha plusieurs autres avec ses épées dans un mouvement si rapide que les lames étaient à peine visibles. Marco, sous sa forme de phénix, intercepta ceux qui menaçaient le Moby Dick principal.

Et sur la glace nouvellement formée, les pirates descendaient. Des milliers d'hommes hurlant, courant, chargeant avec une détermination féroce. Ils envahissaient la baie gelée, leurs cris enthousiastes portant à travers l'air froid.

Les Marines vinrent à leur rencontre, formant un mur de corps et d'acier.

Et les deux armées se heurtèrent.

Le sang commença à couler. Les premiers corps tombèrent — des deux côtés. Des pirates s'effondraient, transpercés par des baïonnettes. Des Marines tombaient, décapités par des sabres pirates.

La guerre avait vraiment commencé.


NAVIRE A AUBES

La quatrième division regardait, silencieuse maintenant. Regardant leurs frères et sœurs se battre. Tomber. Mourir.

« C'est vraiment en train d'arriver... », souffla Kenta, la voix basse et tendue.

« Tant de blessés... Si seulement on pouvait... » ajouta Yori, les mains serrées sur sa sacoche médicale, sachant qu'il ne pouvait rien faire pour aider.

Sohalia le coupa rapidement.

« Nous avons notre rôle. Restez concentrés. Notre tour viendra. »

Mais même elle sentait la frustration, l'impuissance de devoir rester en arrière pendant que sa famille saignait.

Parmi les Shichibukai alignés sur leur plateforme surélevée, un homme fit un seul pas en avant.

Juste un pas. Mais ce seul mouvement attira immédiatement toutes les attentions. Parce que cet homme était Dracule Mihawk. L'Œil de Faucon. Le plus grand épéiste du monde.


LAUGH TALE

Akihide se redressa brusquement, ses yeux fixés sur l'écran.

« Dracule Mihawk... Il va vraiment prendre part au combat ? »

Nostradamus fronça les sourcils, surpris.

« L'Œil de Faucon ? C'est inhabituel. Il ne se bat généralement que contre des adversaires qu'il juge dignes de lui. Contre des épéistes de son calibre. »

À l'écran, Mihawk dégaina lentement son épée. Yoru. La lame noire la plus grande et la plus légendaire du monde. Elle brillait d'un éclat sinistre même dans la lumière grise.

Il la leva. Puis frappa.

Une seule fois.

L'attaque n'était même pas visible au début. Juste une distorsion dans l'air, comme de la chaleur montant d'une route en été. Puis elle traversa la baie gelée à une vitesse incroyable.

Elle trancha la glace sous elle, créant une ligne parfaitement droite qui s'étendait sur des centaines de mètres. Les pirates sur son passage plongèrent désespérément de côté, criant des avertissements.

L'attaque fonçait droit vers le Moby Dick. Vers Barbe Blanche.

Maiya retint une exclamation d'horreur, sa main volant à sa bouche.

Le peuple regardait, figé, horrifié. Cette attaque allait tuer des dizaines de pirates. Allait peut-être même atteindre Barbe Blanche lui-même.

Les pirates sur le passage semblaient bloqués, incapables de l'éviter. Rien ne semblait pouvoir l'arrêter.

À quelques mètres du Moby Dick, une silhouette s'élança soudainement.

Elle lui fit face. Sans hésitation. Sans peur.

Et encaissa l'attaque de plein fouet.

Il y eut un flash aveuglant, si brillant que même à travers l'écran, les gens sur Laugh Tale durent détourner les yeux. Un son comme le tonnerre frappant la terre. Puis...

L'attaque fut redirigée.

Vers le ciel. Où elle disparut dans les nuages.

La caméra zooma sur la silhouette qui avait intercepté l'attaque. Un homme massif, musclé, torse nu. Et son bras droit...

Il brillait comme du diamant pur.

Diamond Jozu.

Maiya sourit largement, le soulagement évident sur son visage.

« Diamond Jozu ! Commandant de la troisième division ! »

« Il a transformé son corps en diamant. C'est probablement la seule chose qui pouvait arrêter une attaque de Mihawk. » déclara Akihide, admiratif malgré la gravité de la situation.

La bataille continua de faire rage. Les pirates continuaient d'avancer malgré les tirs de canons, malgré les Marines qui venaient à leur rencontre. Les commandants de Barbe Blanche donnaient tout ce qu'ils avaient, et les efforts des Marines ne semblaient rien faire pour les ralentir.

Les navires alliés à la surface étaient bombardés sans relâche, mais ils tenaient bon, ripostant avec leurs propres canons.

Puis, soudain, une lumière aveuglante surgit dans le ciel.

Pas le soleil. Quelque chose de plus brillant. De plus concentré.

La lumière se rassembla en un point, puis se matérialisa en une silhouette qui flottait dans les airs, brillant comme un petit soleil personnel.

Kizaru.

L'Amiral de la Lumière.

Akihide reconnut immédiatement la menace, sa voix montant :

« Kizaru ! »

L'Amiral leva un doigt. La lumière à son extrémité devint de plus en plus brillante, de plus en plus concentrée, jusqu'à ce qu'elle soit presque douloureuse à regarder même à travers l'écran.

Puis il tira.

Un faisceau de lumière pure traversa le ciel à la vitesse... eh bien, de la lumière. Il visa directement le Moby Dick. Directement Barbe Blanche.

Assez puissant pour percer un navire. Pour tuer l'homme le plus fort du monde si l'attaque touchait.

Un éclat bleu surgit de nulle part.

Plus rapide que l'œil ne pouvait suivre. Interceptant l'attaque de lumière jaune.

Il y eut une explosion. Un flash si brillant que les caméras saturèrent momentanément. Pendant quelques secondes, on ne vit que lumière jaune contre flammes bleues, les deux forces s'entrechoquant dans un spectacle qui aurait été beau s'il n'était pas si mortel.

Puis l'attaque de Kizaru s'évanouit. Complètement. Absorbée ou détruite.

La caméra zooma, cherchant ce qui avait intercepté. Et là, flottant dans les airs avec des ailes de feu bleu et or...

Marco le Phénix.

Ses cheveux blonds ébouriffés. Ses flammes bleues dansant autour de lui comme des aurores boréales vivantes. Son expression concentrée mais calme.

Il avait arrêté un Amiral.

Maiya ne put se retenir. Un cri de joie explosa de ses lèvres :

« MARCO ! »

Son cri fit sursauter tous les membres du Conseil. Certains se tournèrent vers elle, surpris par l'explosion soudaine d'émotion de la régente habituellement si composée.

Ume sourit doucement, compréhensive. Kino sourit largement, heureux de voir Maiya retrouver un peu d'espoir. Nostradamus eut un petit sourire, sachant la vérité. Même Akihide, malgré la gravité de la situation et ses propres préoccupations sur Akainu, ne put s'empêcher de sourire légèrement devant l'enthousiasme de Maiya.

« Qui est-ce ? » demanda Mizuki, confuse, se tourna vers Maiya.

« C'est Marco ! Le commandant de la première division de Barbe Blanche ! » répondit Maiya, ses yeux brillant maintenant.

« Marco le Phénix. Utilisateur d'un Fruit du Démon Zoan Mythique extrêmement rare. Le fruit du Phénix lui permet de se régénérer de n'importe quelle blessure. Tant qu'il a de l'énergie, il est pratiquement immortel. » expliqua Akihide, plus formellement pour le reste du Conseil et le peuple qui écoutait.

« Et... c'est celui qui a pris soin de Sohalia. » ajouta Maiya, plus doucement maintenant, sa voix chargée d'affection.

Le Conseil la regarda, comprenant maintenant pourquoi elle avait crié. Ce n'était pas juste un commandant puissant. C'était quelqu'un d'important pour Sohalia. Donc important pour Maiya.

À l'écran, Marco et Kizaru échangeaient maintenant des coups. Lumière contre flammes. Vitesse contre régénération. C'était un spectacle hypnotique — les deux hommes se déplaçant si vite qu'ils étaient à peine plus que des traînées de couleur.

Puis Marco frappa. Un coup de pied enflammé qui connecta parfaitement avec le visage de Kizaru.

L'Amiral fut envoyé voler, s'écrasant dans un bâtiment au loin dans une explosion de débris et de poussière.

Le peuple acclama. Même ceux qui ne connaissaient pas Marco, qui ne comprenaient pas vraiment ce qu'ils venaient de voir, savaient qu'un Amiral venait d'être frappé. Battu.

« Il a vaincu un Amiral ! »

« Incroyable ! »

« Barbe Blanche a des hommes si puissants ! »

Mais le Conseil resta prudent. Plus expérimenté. Plus sage.

« Ce n'est qu'un échange. Kizaru n'est pas vaincu. À peine ralenti. Les Amiraux ne tombent pas si facilement. » intervinnt Nostradamus, sa voix portant un avertissement.

Pendant que l'attention était sur Marco et Kizaru, Jozu agissait. Il plongea son bras de diamant profondément dans la glace gelée. Ses muscles se tendirent. Puis, dans une démonstration de force brute qui défiait toute logique...

Il extrait un bloc de glace.

Pas un petit morceau. Un bloc massif. De la taille d'un bâtiment. Des centaines de tonnes de glace compacte.

Il le souleva au-dessus de sa tête comme si ce n'était rien.

Et le lança vers la plateforme d'exécution.

Des exclamations de stupeur résonnèrent à travers le royaume.

« Comment est-ce possible ?! »

« Ce poids... ! »

« Il va détruire toute la plateforme ! »

Le bloc de glace géant vola à travers l'air, tournoyant, projetant une ombre massive sur tout ce qui se trouvait en dessous.

Un homme se leva de son siège parmi les Amiraux.

Pas Aokiji. Pas Kizaru.

Akainu.

Son bras se transforma. Pas en glace. Pas en lumière.

En magma.

Rouge. Bouillonnant. Dégoulinant de lave liquide qui brûlait si chaud que l'air autour se déformait.

Il frappa le bloc de glace avec son poing de magma.

Le bloc ne s'écrasa pas. Il ne se brisa pas. Il s'évapora. Instantanément. Des centaines de tonnes de glace transformées en vapeur en une fraction de seconde.

« Magma ?! » s'exclama Lux, se levant, choquée.

« Il est dangereux... Beaucoup plus dangereux que les deux autres Amiraux. » annonça Kino, sa voix tendue, tous ses instincts de maître du feu hurlant danger.

Le magma ne s'arrêta pas. Le poing d'Akainu continua son mouvement, et le magma se sépara en dizaines de roches volcaniques enflammées.

Elles s'élevèrent dans le ciel comme des météores inversés. Puis elles commencèrent à retomber, pleuvant sur les pirates en dessous.

Une des quatre répliques du Moby Dick fut touchée directement. Le magma frappa sa coque et le feu se propagea instantanément. Pas un feu normal. Un feu qui brûlait avec l'intensité de l'intérieur de la terre elle-même.

Les pirates l'abandonnèrent immédiatement, sautant sur la glace, sachant que rester à bord signifiait la mort.

Le royaume regardait le navire brûler, les flammes dévorant le bois et la voile.

« Le magma... Il ne peut pas être éteint avec de l'eau normale. Il brûle trop chaud. Même l'eau de mer s'évaporerait avant de pouvoir l'éteindre. » déclara Akihide, expliquant pour ceux qui ne comprenaient pas.

À l'écran, une roche volcanique massive volait maintenant vers le Moby Dick principal lui-même. Si elle touchait, le navire de Barbe Blanche brûlerait comme la réplique.

Barbe Blanche leva calmement une main et stoppa la roche en plein vol.

Puis... il souffla dessus.

Comme on soufflerait une bougie d'anniversaire.

La roche s'éteignit. Le magma se refroidit instantanément, devenant noir et inerte.

Kino se leva d'un bond, son contrôle habituel complètement abandonné. Sa voix porta à travers toute la place :

« SÉRIEUSEMENT ?! IL A JUSTE SOUFFLÉ DESSUS ?! »

Des têtes se tournèrent vers lui, surprises de voir le représentant normalement calme de la Lignée Kasai perdre son sang-froid.

« La température de ces roches varie entre sept cents et mille deux cents degrés ! Comment... ?! Comment peut-on simplement SOUFFLER sur du magma et l'éteindre ?! »

« Il est l'homme le plus puissant du monde, Kino. Les lois normales ne s'appliquent pas à lui. » dit Maiya, calmement, presque amusée malgré la situation.

Kino se rassit lentement, secouant la tête d'incrédulité.

Les tirs de canons se concentrèrent maintenant sur les Moby Dick restants. Des dizaines de boulets volaient, cherchant à couler les navires immobilisés.

Mais Barbe Blanche, Jozu, Marco et Vista les stoppèrent. Travaillant ensemble avec une synchronisation parfaite. Chaque boulet de canon intercepté, détruit ou redirigé.

La Marine tirait. Les commandants protégeaient. Et pendant ce temps, les pirates sur la glace continuaient leur avancée implacable vers la plateforme d'exécution.

Des pirates tombaient. Des Marines tombaient. Le sang tachait la glace blanche, créant des motifs rouges qui s'étendaient comme des toiles d'araignée.

Aucun des deux camps n'était prêt à abandonner.

La caméra trembla à nouveau. Un son inquiétant se fit entendre — pas le craquement de la glace ou les explosions des canons, mais quelque chose de plus profond. Plus primitif.

Des pas. Massifs. Lourds.

Maiya fronça les sourcils, confuse.

« Barbe Blanche n'a pourtant pas relancé d'attaque... Une réplique du tremblement de terre précédent ? »

Ume secoua la tête lentement. Elle pointa l'écran du doigt, son expression habituellement calme maintenant marquée par l'inquiétude. Une tache sombre apparaissait à l'horizon de Marineford. Grandir rapidement. Devenant de plus en plus claire.

Kino se pencha en avant.

« Qu'est-ce que... ? »

La forme devint claire. Immense. Gigantesque.

Un monstre.

Cinquante mètres de haut. Peut-être plus. Avec des cornes massives qui s'élevaient de sa tête. Une peau verte-grise. Des défenses comme un sanglier préhistorique. Des muscles qui bougeaient sous sa peau comme des câbles d'acier.

Il tenait une lame — si on pouvait l'appeler ainsi. C'était plutôt une montagne de métal affilé, de la taille d'un navire entier.

Il l'abattit sur un navire de guerre de la Marine.

Et le trancha comme du beurre.

Le navire se sépara en deux parties parfaitement coupées. Les Marines à bord hurlèrent tandis que les moitiés commençaient à couler, l'eau envahissant les coques éventrées.

Le monstre rugit.

Un son qui fit trembler le sol même sur Laugh Tale. Un rugissement primitif, sauvage, qui portait des siècles de rage et de puissance.

« Qu'est-ce que ce monstre ?! » demanda Lux, sa voix tremblante.

« Barbe Blanche a des alliés bien terrifiants. » déclara Nostradamus, grave.

Il regardait l'écran où le géant continuait son avancée dévastatrice.

« C'est un descendant de Oars. Un ancien géant qui terrorisait le monde il y a des siècles. Un chef de nation sanguinaire dont le nom seul faisait fuir des armées entières. »

Pause lourde.

« Son nom est Little Oars Junior. »

Les douze Vice-Amiraux Géants s'élancèrent pour l'affronter. Armés de lames et de masses massives, ils chargèrent ensemble, écrasant des pirates sur leur passage sans même ralentir.

Mais Little Oars Junior ne ralentit pas non plus. Il les rencontra de front.

Puis, dans une démonstration de force qui laissa même les géants stupéfaits, il souleva à mains nues un navire de guerre entier qui était piégé dans la glace.

Et le lança sur les géants.

Ils furent emportés comme des quilles de bowling, projetés en arrière vers leur point de départ dans une masse confuse de corps massifs.

« C'est un monstre de force brute pure... La Marine ordinaire n'a aucune chance contre lui. Leur seul espoir, c'est qu'un détenteur d'un Fruit du Démon intervienne. » souffla Mizuki, sa voix remplie d'effroi et d'admiration.

Comme si l'univers avait entendu, un des Shichibukai avança.

Bartholomew Kuma.

Le Tyran.

Il marcha calmement vers le champ de bataille, ses pas mesurés et délibérés. Puis il s'arrêta. Enleva lentement ses gants, révélant les coussinets distinctifs sur ses paumes.

Et commença à compresser l'air.

Encore. Encore. Encore.

Ses mains bougeaient si vite qu'elles étaient à peine visibles. L'air entre elles se comprimait de plus en plus, devenant de plus en plus dense.

Une bulle se forma. Petite. Adorable presque. Translucide et brillante, flottant doucement entre ses mains comme un jouet d'enfant.

Le silence tomba sur l'île. Tous savaient. Même sans comprendre exactement le pouvoir de Kuma, ils sentaient le danger. Cette petite bulle adorable contenait quelque chose de terrible.

Kuma libéra la bulle.

Elle flotta doucement vers Little Oars Junior. Paresseusement. Comme portée par une brise légère.

Puis elle le toucha.

Pas de feu. Pas de fumée. Pas de flash visible.

Juste une onde de choc pure.

L'air lui-même sembla exploser. Little Oars Junior fut projeté en arrière, son corps massif soulevé et lancé comme une poupée de chiffon. Il s'écrasa sur la glace avec un impact qui fissura la surface gelée dans un rayon de cent mètres.

Du sang. Tellement de sang. Jaillissant de dizaines de blessures qui s'étaient ouvertes sur tout son corps.

Maiya ferma les yeux, incapable de regarder la violence pure de l'attaque.

« C'est... c'est la fin, n'est-ce pas ? »

« Non. Incroyable. Il est toujours conscient. » répondit Nostradamus, incrédule.

Maiya rouvrit les yeux, choquée.

À l'écran, Little Oars Junior bougeait encore. Lentement. Douloureusement. Mais il bougeait. Essayait de se relever.

« Mais il est bien trop blessé pour combattre efficacement maintenant. Il est devenu une proie facile. » intervint Ume, sa voix douce mais triste.

Les canons se concentrèrent sur Oars maintenant qu'il était à terre. Et cette fois, elles l'affectaient. Son corps massif tremblait à chaque impact. Plus de sang. Tant de sang.

Mais il continuait de ramper. Vers la plateforme. Vers Ace. Centimètre par centimètre, laissant une traînée rouge derrière lui.

« ACE ! » cria-t-il, sa voix rauque. « Ace ! J'arrive ! »

Little Oars Junior tenta de tuer Doflamingo, levant son bras massif pour écraser le Shichibukai.

Mais Doflamingo rit. Un rire aigu, presque hystérique, qui portait quelque chose de brisé et de dangereux.

Il s'échappa dans les airs, utilisant ses fils invisibles pour se propulser comme une marionnette.

Et en représailles, ses fils brillèrent. Se tendirent.

Et coupèrent la jambe droite d'Oars.

Complètement.

La jambe massive tomba sur la glace avec un impact qui résonna à travers toute la baie. Du sang jaillit de la blessure en une fontaine horrible.

Maiya étouffe un cri d'horreur, sa main volant à sa bouche. Des gens dans la foule détournèrent les yeux, incapables de supporter la cruauté.

Sur l'estrade, même le Conseil — habitué à la violence, à la guerre — grimaça.

Little Oars Junior resta conscient. Malgré tout. Malgré les blessures de Kuma. Malgré les canons. Malgré sa jambe coupée. Malgré le sang qui continuait de couler.

Il posa une main sur la glace. Ses doigts massifs s'enfoncèrent, trouvant une prise.

Et il avança.

Péniblement. Lentement. Chaque mouvement une agonie visible. Laissant une traînée de sang qui marquait son passage.

Il étendit son bras vers Ace. Vers la plateforme. Son bras tremblant de l'effort, de la douleur, de la détermination pure.

Il n'était plus qu'à quelques mètres. Quelques centimètres.

Sa main tendue. Tremblante. Ensanglantée.

Presque là.

Presque...

Une lame d'ombre le transperça au niveau de la cage thoracique.

Gecko Moria.

Le silence tomba. Glacial. Absolu.

Le souffle d'Oars n'était plus audible. Il était immobile maintenant. Accroupi. Bras tendu vers Ace. La lance d'ombre plantée profondément dans sa poitrine.

Le royaume entier retint son souffle. Est-ce que...?

Était-ce la fin ?

Little Oars Junior bougea.

Un mouvement. Faible. Mais là.

Il était toujours conscient. Toujours en train de se battre.

Il continua. Lentement. Sa progression vers Ace. La lance d'ombre toujours dans sa poitrine. Le sang toujours coulant.

Quelques petits mètres les séparaient maintenant.

Puis quelques centimètres.

Sa main frôla Ace. De la pulpe des doigts. Si proche. Si terriblement proche.

Mais...

Son corps s'affaissa.

Maiya pleurait maintenant. Ouvertement. Silencieusement. Ses mains sur sa bouche, essayant de contenir les sanglots.

Cette image. Cette main tendue. Prête à tout sacrifier pour un ami. Qui l'avait frôlé mais s'était effondrée avant d'atteindre son but.

Le corps massif de Little Oars Junior tomba.

Le son résonna à travers Marineford. À travers la retransmission. Sur Laugh Tale, on entendit la chute même à travers l'écran.

Un impact final qui marquait la fin d'un géant.

Et puis...

Le cri.

Ace cria.

Un cri de douleur. De détresse. De rage impuissante contre son incapacité à faire quoi que ce soit.

« OAAAAAAARS ! »

Un cri qui déchira les cœurs de tous ceux qui l'entendirent.

Les sanglots de Maiya n'étaient plus silencieux. Elle pleurait ouvertement maintenant, sans honte, sans retenue. Ume avait des larmes qui coulaient sur ses joues, même si elle restait silencieuse. Nostradamus avait fermé les yeux, incapable de regarder. Kino serrait les poings, sa mâchoire serrée au point que ses muscles tremblaient. Même Akihide, qui avait vu tant d'horreurs dans sa vie, sentit quelque chose se serrer douloureusement dans sa poitrine.


NAVIRE A AUBES

La quatrième division était silencieuse. Certains pleuraient ouvertement. Yori avait les yeux fermés, ses mains tremblantes. Kenta avait détourné le regard. Hogo fixait l'écran mais ses yeux étaient rouges.

Sohalia regardait, son visage impassible mais ses mains agrippées si fort au bastingage que le bois se fissurait sous ses doigts. Les papillons dorés tourbillonnaient violemment autour d'elle, réagissant à la tempête d'émotions qu'elle retenait.

Un des Vice-Amiraux Géants, profitant du moment de distraction causé par la chute d'Oars, chargea Barbe Blanche par derrière.

Il leva sa lame massive, prêt à frapper l'Empereur sans défense.


LAUGH TALE

Ume poussa un cri :

« Attention ! »

Comme si Barbe Blanche pouvait l'entendre, il se retourna.

Et son visage...

Ils n'avaient jamais vu cette expression auparavant. Ce n'était plus le sourire confiant. Ce n'était plus la détermination calme.

C'était de la fureur pure.

Il attrapa la tête du géant d'une main. Et activa son pouvoir.

L'air se fissura directement autour de la tête du Vice-Amiral. Les fissures se propagèrent, s'approfondirent, se multiplièrent.

Le géant s'effondra. Mort ou inconscient, personne ne pouvait le dire.

Barbe Blanche n'avait montré aucune pitié. Aucune hésitation.

« Barbe Blanche est furieux... » déclara Nostradamus, sa voix grave et chargée d'avertissement.

Il regarda l'écran où l'Empereur se tenait, menaçant, sa simple présence faisant reculer les Marines autour de lui.

« Ils ont difficilement abattu un monstre. Mais le plus dangereux de tous est encore là. Et maintenant... » Pause. « Il est en colère. »

Les pirates, galvanisés par la rage de Barbe Blanche, reprirent leur avancée avec une détermination renouvelée. Plus furieux. Plus déterminés.

Pour Oars. Pour Ace. Pour la famille.

Atmos, un des commandants alliés, s'en prit directement à Doflamingo.

« POUR OARS ! » cria-t-il, chargeant avec sa double épée.

Mais Doflamingo rit. Toujours ce rire brisé.

Ses fils invisibles prirent contrôle d'Atmos. Le commandant se figea, ses yeux s'écarquillant d'horreur alors qu'il réalisait qu'il ne contrôlait plus son propre corps.

Doflamingo le força à se retourner. À attaquer ses propres hommes.

« Tuez-moi ! » cria Atmos, désespéré. « Ne le laissez pas... ! S'il vous plaît ! »

Mais ses hommes ne pouvaient pas. C'était leur commandant. Comment pouvaient-ils le frapper ? Et pendant qu'ils hésitaient, Atmos — contre sa volonté — les frappait. Les blessait. Les tuait.

Sur la plateforme d'exécution, une nouvelle silhouette apparut soudainement.

Un vieil homme. Portant un uniforme de Marine. Mais avec une cape qui disait simplement "Héros".

Des cheveux blancs. Un visage ridé mais encore fort. Une présence qui, malgré son âge, commandait le respect.

Garp.

Le Héros de la Marine.

Il s'assit lourdement à côté d'Ace, ne disant rien. Juste... là.

« Un garde supplémentaire pour la plateforme ? » demanda Lux, confuse :

Nostradamus secoua lentement la tête.

« Non. C'est bien plus compliqué que ça. »

Il regarda l'écran où Garp et Ace étaient assis côte à côte, ne se regardant pas, le silence entre eux lourd de décennies d'histoire.

« Garp est celui qui a protégé Ace quand il était enfant. Qui l'a élevé. Qui lui a appris à se battre, à survivre. »

Silence choqué du Conseil.

« Il a élevé le fils de Roger ? »

« Oui, » confirma Nostradamus. « Parce que Roger le lui a demandé. Parce que malgré tout — malgré qu'ils aient été ennemis pendant des décennies — ils étaient amis. Roger a fait confiance à Garp avec la chose la plus précieuse qu'il avait : son fils. »

Il marqua une pause lourde.

« Et maintenant, Garp doit regarder cet enfant qu'il a élevé être exécuté. Doit choisir entre son devoir envers la Marine et son amour pour un petit-fils adoptif. »

Personne ne savait quoi dire face à une telle tragédie.

Soudain, des cris résonnèrent à travers Marineford. Des gens pointaient vers le ciel. Vers quelque chose qui tombait.

Un point sombre. Devenant de plus en plus grand. Plus rapide.

Akihide plissa les yeux, essayant de distinguer ce que c'était. Puis il se figea.

Ce chapeau...

Il l'avait vu. Sur tellement d'avis de recherche récemment. Un chapeau de paille distinctif.

Sa voix monta, incrédule :

« Chapeau de paille ?! Monkey D. Luffy ?! »

Le ciel tombait littéralement sur Marineford.


Publié ! 13/02/2026


Le ciel tombe sur Marineford. Et avec lui, l'espoir fou d'un frère qui refuse d'abandonner.

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