La fin d\'un équipage par

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Continuation / Drame / Action

4 While your lips are still red

Catégorie: T
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       J'ouvris lentement les paupières. Mon corps se balançait au rythme des vagues de façon agréablement rassurante. La douleur dans mes membres avait disparu ; le sel avait dû cicatriser les plaies.

       Il faisait nuit. Peut-être pouvais-je à présent retourner sur Rough Tell, ne serait-ce que pour les revoir...une dernière fois. Je devrais leur offrir des obsèques digne de leur nom.  

       Je rentrai sur l'île à la nage. L'eau était incroyablement douce, caressée par les rayons de la lune qui semblait m'observer d'un oeil protecteur. La distance qui me séparait de mes compagnons me parut si ridicule que je me demandai si Teach ne m'avait pas laissée m'échapper. Je touchai le sol seulement quelques minutes après mon réveil. Je constatai que le navire de Teach avait disparu : il avait dû quitter l'île. Je retirai mon pantalon imbibé d'eau qui entravait mes mouvements et suivis mes traces de pas afin de retrouver sans mal le lieu du combat. C'est avec horreur que je découvris la scène.

       L'île était ravagée. Les maisons brûlées ne constituaient plus qu'une ruine macabre ; le feu s'était propagé à la forêt et les arbres n'étaient plus que des amas de bois consumé. Les traces d'une bataille sans merci demeuraient sur le sol ravagé et les corps d'hommes, de femmes et d'enfants calcinés jonchaient la terre. Je sentis ma gorge se nouer en voyant un petit corps fragile dont les poils étaient à moitié grillés. Son chapeau n'était plus qu'un tas de cendre et ses bois étaient arrachés. Je vis à côté de lui un corps couvert de cloques, qui aurait été méconnaissable si son nez n'avait pas été épargné. Derrière lui, deux corps, l'un sur l'autre. Celui du dessus paraissait vouloir protéger la femme qu'il enlaçait. Quelques cheveux blonds persistaient sur son crâne découvert, et une dernière cigarette grillait lentement dans sa bouche. Non loin, des objets métallique amoncelés soutenaient un crâne seul, affublé d'une coupe afro intégralement intacte. Un peu plus loin gisait un corps presque entièrement calciné, identifiable à ses trois boucles en or et à sa main qui serrait avec force un katana hors de son fourreau. Enfin, à mes pieds, un chapeau de paille dissimulant un visage déformé par les flammes. Son corps était recouvert de cloques et seul son bras gauche avait été ménagé. Devant moi, l'équipage anéantit gisait sur le sol d'une bataille perdue.

       J'entrepris de ramasser les corps lorsqu'une intense douleur se fit sentir dans mon ventre. Je toussai violemment et découvris avec stupéfaction du sang couler de ma bouche. Je compris alors que mon espoir de survie n'avait été qu'une illusion pathétique créée par ma peur de la mort. J'avais perdu trop de sang, reçu trop de coup pour pouvoir survivre. J'allais mourir ici, avec mes compagnons. Après tout, ce n'était pas plus mal.

Je pris le corps de mon capitaine et marchai vers un point épargné par les flammes.

Je m'en vais de bon matin...

 La mélodie que nous chantions tous ensemble s'insinuait dans ma tête.

Livrer le bon rhum de Binks...

Je posai le corps et retournai vers l'équipage. Je me saisis du crâne et l'apportai au même endroit.

Les vagues dansent et je chevauche...

 _Les flots au gré du vent...

Ma voix était tremblante. Je fis plusieurs aller-retour, portant avec délicatesse chacun de mes amis. J'alignai les corps les uns à côté des autres. Puis, je m'allongeai à leur côté, poursuivant cette mélodie et ces paroles qui s'imprégnaient en moi.

_Alors que je prends le large,

Le soleil entame sa course

Et les oiseaux dessinent des cercles,

Dans le ciel en chantant...

 

Enfin, je fermai les yeux et attendis

 

_Adieu port de ma jeunesse,

Adieu mon village natal.

Chante avec moi quelques couplets,

Le navire met les voiles...

 

... .

 

_______

 

Je m'en vais de bon matin,

Livrer le bon rhum de Binks.

Les vagues dansent et je chevauche,

Les flots au gré du vent.

 

Alors que je prends le large,

Le soleil entame sa course

Et les oiseaux dessinent des cercles,

Dans le ciel en chantant !

 

Adieu port de ma jeunesse,

Adieu mon village natal.

Chante avec moi quelques couplets,

Le navire met les voiles.

 

Il balaie sur son passage,

De grandes vagues d'or et d'argent.

Je mets le cap là où la mer,

Jusqu'à plus fin s'étend !

 

Je m'en vais de bon matin,

Livrer le bon rhum de Binks.

Je suis un pirate,

Je passe mon temps a dompter l'océan.

 

Les vagues sont mon lit douillet,

Le bateau est ma maison.

Et à son mât flotte au vent,

Un noir pavillon.

 

Une tempête a l'horizon,

Obscurcit le ciel immense.

Les vagues dansent roulez tambours,

Le tintamarre commence !

 

Si la peur m'envahit,

Ce sera mon dernier soupir.

C'est ainsi,

Je ferai une croix sur mon bel avenir.

 

Yoh-ohohoh Yoh-ohoh-oh,

Yoh-ohohoh Yoh-ohoh-oh,

Yoh-ohohoh Yoh-ohoh-oh,

Yoh-ohohoh Yoh-ohoh-oh,

 

Je m'en vais de bon matin,

Livrer le bon rhum de binks.

Jour après jour,

Le même rêve occupe mes pensées.

 

Adieu silhouettes lointaines,

Agitant leur grand mouchoir.

Pourquoi pleurer ?

La lune brillera à nouveau demain soir !

 

Je m'en vais de bon matin,

Livrer le bon rhum de Binks

Chante avec moi,

Cet air du large connu des grands pirates !

 

Quoi que tu fasses mon ami,

Tu finiras les os blanchis.

La vie est une longue comédie,

Pleine d'aventures, promis !

 

Yoh-ohohoh Yoh-ohoh-oh,

Yoh-ohohoh Yoh-ohoh-oh,

Yoh-ohohoh Yoh-ohoh-oh,

Yoh-ohohoh Yoh-ohoh-oh,

_______

 

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