Les souvenirs perdus

Chapitre 5 : "going away means forgetting”

Par zarinahook

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Le capitaine James tournait en rond dans sa cabine. Il ne pouvait s’empêcher de ruminer sur tout ce qu’il avait perdu. Il avait réussi à avoir de la poussière de fée de manière illimitée pendant quelque heures, il avait pu se sentir à nouveau s’élever dans les aires. Cela lui était déjà arrivé, il en était sûr, mais quand. Tout était flou, c’était à se rendre malade. Il essayait de revenir toujours plus loin dans ses souvenirs, afin de comprendre ce qui lui échappait. 

Il se rappelait certaines choses de son ancienne vie. Il s’agissait principalement d’hypothèses suite à ses manières d’agir, de parler et de penser. Il se rendait compte qu’il avait fait des études liées à son rang plus élevé que les hommes qu’il côtoie aujourd’hui. Ce qui le fait se sentir souvent seul, sans personne à qui se confier. Mais ce n'était pas tout, une autre chose le dérangeait, les fées venues secourir Zarina ne lui étaient pas inconnues même s’il ne savait pas pourquoi. Il avait la sensation que sa vie avant le Pays Imaginaire était comme le souvenir d’un rêve que l’on tente de rattraper, mais qui s’effrite inexorablement. 

Il était sûr d’une seule chose, il avait fui sa vie pour pouvoir retrouver de la poussière et qu’il ne voulait plus entendre le tic-tac incessant du temps qui passe. Alors pourquoi veut-il autant revenir, il détestait sa vie d’avant et tout ce qui se rapporte à l’autre monde. 

De rage, il prit une chaise et la fit valser contre le mur en hurlant. Cela n’aida en rien sa situation, il se mit à entendre des voix, certaines lui évoquait quelque chose, d’autre lui étaient totalement inconnues, il y avait certaine phrase où il reconnaissait sa voix, mais sa voix uniquement :  « Soit un homme James ! », « Je ne crois que ce que je vois, par conséquence, je ne crois pas au conte de fées », « Ce ne sont que des balivernes ! », « Même si je te racontais toute la vérité, je suis sûr que tu ne me croirais pas. », « Il suffit d’y croire. », « Je vole. Je vole ! ». 

Il se boucha les oreilles, hurla aux voix de se taire. Il avait l’impression que ces souvenirs frappaient dans sa tête avec qu’une seule envie, sortir. Mais rien n'y faisait, tout ce qui pouvait se rappeler c’est qu’il oubliait. Au bon de quelque heure, il arriva à se calmer, il finit avec une migraine et Mr. Mouche mit tout en œuvre pour qu’il se rétablisse au plus vite. En plus de tous les soins médicaux, il s'assura également que son capitaine ne loupe rien des nouvelles du pays imaginaire et ce matin, il arriva avec une nouvelle particulièrement surprenante. 

Comme à son habitude, le capitaine ne lui répondait que par un hochement de tête en signe d’approbation.

M. Mouche fut surpris, son capitaine réagissait rarement à ses paroles. Il prit cela comme un signe de rétablissement et n’en laissa rien paraître :


Ainsi, James entendit pour la première fois le nom de Peter Pan. Et même si le combat légendaire qui allait les réunir n’avait pas encore eu lieu, James éprouvait déjà un profond mépris envers lui et ce qu’il représentait. Tout le pays imaginaire parlait de ce garçon volant qui ne pouvait pas grandir. Il y avait même des rumeurs qui relataient que l’enfant était capable de voler. Peter Pan était le miroir de son échec, mais cela ne se démontra que le jour de leur première rencontre. 

Ce jour-là, Peter était allé proche du bateau des pirates, il voulait les voir, car Clochette lui avait dit de ne pas s’approcher d’eux. Et comment commencer mieux une journée qu’en bravant l’interdit ? Il s’avérait qu’au même moment le capitaine James était sur le pont pour inspecter le navire et surtout remettre à leur place quelques fortes têtes. C’est en levant la tête pour nettoyer son épée que James le vit, le garçon qui refusait de grandir. 

James essayait de garder son sang froid, mais cette enfant le faisait perdre le contrôle. Il avait l’impression de se voir lui enfant, ce qu’il aurait pu être avec quelques années en plus. De plus, en le regardant, ses crises liées à son passé perdu redoublèrent d’intensité. Il fallait qu’il parte. 

Pour la première fois, Peter Pan commença à faire la moue.

«  Tu n’es qu’un enfant, tu ne peux pas comprendre ! » Cette phrase hurla dans sa tête en écho. James s’écroula par terre en hurlant. Peter s’envola, ce qui se passait était une histoire de grande personne et cela l’ennuyait. 

James se tordait sur le sol, il avait l’impression que son crâne allait exploser. Il hurla de toutes ses forces et tout d’un coup tout lui revint en mémoire : son enfance, sa vie à l'internat, la naissance de Lizzie, sa vie avec elle, tout son amour pour elle et finalement, le jour où il l’avait abandonnée. Il hurla encore et encore, se roula par terre, toutes ses informations arrivaient trop vite. Il n’arrivait pas à toutes les encaisser. Il fallut deux hommes en plus de Mr. Mouche pour le traîner dans sa cabine. Il s'écroula dans son lit et fit face à l’horrible vérité, il avait abandonné Lizzie. Il l’avait livrée à elle-même. Mais le pire, c’est qu’il l’avait oublié. Il avait oublié sa propre fille. Il comprenait pourquoi il tenait temps à retourner dans l’autre monde et pourquoi il avait l’impression qu’une partie de lui manquait. Il avait oublié Lizzie, mais son inconscient, lui, ne l’avait pas abandonnée. 

Il fallait absolument qu’il parte, il pouvait la ramener, il vivrait heureux ensemble sur l’île. Lizzie adorerait le Pays Imaginaire. Ils pourraient tout recommencer. Il fallait partir maintenant. Il courut vers son bureau et ouvrit les tiroirs pour retrouver des parties des affaires abandonnées de Zarina. James avait déjà fouillé ses tiroirs depuis le départ de la fée. Il savait qu’il y avait un grain de poussière bleue et quatre de poussière normale, il voulait les garder pour attendre la bonne occasion, mais désormais, il ne voulait plus en faire quelque chose de grandiose. James n’avait besoin que de poussière pour trois voyages, en comptant sa fille, la

poussière bleue et jaune réunies lui suffirait amplement.

La nuit tombée, il s’envola et partit. Juste avant d’atteindre la deuxième étoile à droite, il entendit un bruit qui le surpris, le tic-tac d’une horloge… Il se retourna violemment et vit les narines d’un crocodile. Il en fut surpris, mais n’y prêta pas plus d’attention. Le temps n’avait d’importance que dans l’autre monde.






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