La fontaine de jouvence (Version alternative)
Chapitre 7 : Le nouveau code des pirates
1932 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 02/08/2026 09:12
Tout était noir. Aucune lumière, aucun son. Rien. Le néant.
Pourtant Jack se sentait conscient, conscient d'être nul part.
Soudain : un bruit. Un cri. Un cri d'animal. Une mouette.
Et il ouvrit les yeux.
Le ciel au-dessus de lui n'avait jamais paru aussi bleu, le soleil était là, presque à son zénith. C'était le matin.
Lentement, il se releva assis. Il était sur une plage. Derrière lui se trouvait une jungle épaisse et devant lui la mer jonchée de débris... avec l'épave brisée du Queen Anne’s Revenge.
En le voyant, Jack prononça un « oh » de surprise. Il se leva, chancela, reprit son équilibre et partit en quête de quelque chose. Il parcourut la plage brièvement avant de retrouver Barbossa, Grooves et Philippe plus loin, tout aussi égarés que lui.
- Te revoilà parmi nous Jack, lança Barbossa. Je te croyais mort et j'avoue que cette pensée me rendait presque heureux !
- Ravi de te revoir aussi Hector !
- Peut être allez vous pouvoir nous dire où nous sommes tombés ? Demanda Grooves.
- Bien sûr ! Je n'en ai aucune idée ! Répondit Jack.
- Voilà qui est très rassurant, dit Philippe.
Un bruit de branche cassée attira leur attention, ils virent alors Barbe Noire, Angelica et une poignée d'hommes d'équipage émerger de la jungle dans leur direction.
- La situation devient intéressante, dit Grooves.
Barbe Noire semblait à la fois fatigué et furieux.
- Je pense que vous ne m'échapperez plus désormais, lui lança Grooves.
- Cessez votre fierté, vous n'êtes pas plus avancé que moi.
- Cela ne m'empêche pas d'avoir le sourire.
- Où sommes-nous ? Demanda Barbe Noire.
- Comme Jack l'a si bien dit tout à l'heure, répondit Barbossa. Aucune idée !
- Je crois que je sais, dit Philippe.
Tous les regards se tournèrent vers lui.
- Ma mère me racontait beaucoup d'histoires autrefois et l'une d'elles parlait de ces sirènes qui charmaient les marins pour les faire s'écraser sur une île perdue où elles s'emparaient de leur trésor.
- Tu m'en dira tant, fit Barbossa.
- Trésor, j'aime ce mot, dit Jack.
- D'après le dernier relevé que j'ai effectué, dit Barbe Noire, nous nous trouvons en plein milieu des Bermudes, l'endroit précis d'où aucun marin n'est jamais revenu.
- Je vous remercie tous pour ces paroles des plus optimistes ! Lança Grooves. Le mieux à faire pour le moment est d'explorer cette île pour voir ce qu'elle a à nous offrir, tant en vivres qu'en matériel.
- Et qui dirigera nos actions ? Demanda Barbe Noire.
- Ce n'est l'île de personne monsieur Teach, répondit Grooves.
- C'est pour cela que je m'en déclare gouverneur dès maintenant.
- C'est une blague, dit Jack.
- Le Code des Pirates stipule clairement que le premier homme qui pose le pied sur un sol inconnu sans signe de civilisation la détient dès lors, expliqua Barbossa.
- Et je suis arrivé le premier messieurs !
- MAIS... le Code stipule également que toute revendication s'annule si le navire est perdu.
- Nous avons tous perdu notre navire ! Le Code prévoit quelque chose dans ce cas ?
- Et bien... non.
- Je crois qu'il est temps d'établir un nouveau Code ! Dit Barbe Noire en portant la main à son pistolet.
Barbossa l'imita aussitôt.
- Comment ose-tu me défier ainsi misérable !
- Arrêtez ! Fit Grooves en s'interposant. En tant qu'officier de sa Majesté et ayant de bien meilleures compétences administratives que vous, je suis le mieux disposé à mettre l'ordre ici.
- Le seul ordre que vous mettre Grooves, sera de rassembler les morceaux de votre corps dans votre cercueil quand je vous aurai taillé en pièces ! Lança Barbe Noire.
- Pas si je vous taille en pièces le premier.
- C'est quand tu veux mon gars !
- Ça suffit ! S'interposa Barbossa. Pour le moment, nous allons devoir cohabiter, la priorité est de trouver des vivres et la seconde, un moyen de quitter cette île.
- Faites comme bon vous semble Majesté, fit Barbe Noire, moi je serai mon propre chef, comme toujours. Bonne chance.
Il fit demi-tour et repartit avec ses hommes, Angelica resta, ce qui le surpris.
- Que fais-tu ?
- Je reste avec eux, pour l'instant.
Il se contenta de répondre d'un regard et reprit son chemin.
- C'est tout de même très amusant ! Dit Jack.
- En quoi cela pourrait-il paraître amusant ? Demanda Barbossa.
- Tu m'a abandonné sur une île autrefois et à présent c'est toi qui te retrouve dans cette situation. La roue tourne !
- Sauf que tu es avec moi Jack et pense bien que je le regrette amèrement.
- Allons sourit un peu, prend des couleurs, il faut positiver !
- Comment ai-je pu m'engager dans ton équipage autrefois ? Cela m'aurait évité tant de déconvenues !
- L'appel de l'aventure probablement. Tu ne t'es pas ennuyé en attendant !
- Jusqu'à présent.
- Il faut savoir prendre son mal en patience.
- Je suis surpris que la disparition de ton navire ne t'affecte pas plus que cela.
- Le Black Pearl est indestructible. Il en a vu des pires que ça je dirais même. Il n'a pas disparu, il ne peut pas disparaître sans moi.
Angelica était assise sur la plage en train de regarder l'océan. Philippe la vit, il voulut s'approcher mais renonça.
- Approchez, je ne vais pas vous mordre, dit-elle en se retournant.
- Qui sait, vous êtes une pirate après tout.
- Mais pas une sauvage, malgré tout ce que l'on raconte sur les femmes pirates.
Il sourit.
- Vous êtes un moine ?
- Non, un missionnaire à vrai dire, c'est tout de même bien différent.
- Quelle est la différence ?
- Et bien je parcoure le monde pour faire part à l’Église de ce que je découvre de nouveau en terme de civilisation pour changer les choses, apporter la foi à ceux qui n'en ont pas, ce genre de choses.
- Vous tombez bien je ne sais plus en quoi croire en ce moment.
- Je tombe toujours bien, vous êtes chanceuse.
- Mais, vous n'avez pas des principes à respecter ?
- Non, pas moi. Il faut savoir évoluer avec son temps. Et puis, je ne suis pas un sauvage...
Ils rigolèrent.
Jack, Hector, Grooves, Barbossa, Philippe et Angelica partirent explorer la jungle à la recherche de vivres. Leur quête dura de nombreuses heures sans véritable succès. Ils trouvèrent des fruits, une cascade, la base de toute île qui se respecte.
Ce fut lorsqu'ils sortirent de la jungle au nord qu'ils firent la plus intéressante des découvertes inattendue.
Sur la plage d'épaves se trouvait un bateau en parfait état, c'était un galion espagnol vieux d'au moins 200 ans.
- Stupéfiant ! Fit Jack.
- Voilà qui paraît bien étrange quand on voit le sort de tous les autres navires, dit Grooves intrigué. Comment expliquez-vous cela ?
- Il n'y a rien à expliquer, dit Jack. Ne voyez-vous donc pas l'évidence ?
Ils le regardèrent tous.
- C'est un navire entier... nous pouvons donc nous en servir pour partir d'içi !
- Il a raison, dit Barbossa avec un acquiescement. Allons d'abord voir ce qu'il contient.
Ils pénétrèrent à l’intérieur, Angelica passa près de Jack.
- Pour une fois je dois bien reconnaître que tu a eu un excellent éclair d'intelligence.
Il sourit.
Ils se rendirent très vite compte d'un détail frappant.
- Il n'y a aucun mort, dit Philippe, où ont-ils pu passer ?
- Ils ont dû s'installer à terre, ce qui signifierait qu'ils sont restés un bon moment, dit Barbossa.
- Mais alors pourquoi ne sont-ils pas repartis si le navire est intact ? Se demanda Jack.
- Voilà une question très pertinente à laquelle je ne peux répondre, dit Grooves.
Ils ouvrirent la trappe de la cale et descendirent. Elle était plongée dans l'obscurité. Philippe alluma une torche près d'eux en produisant quelques étincelles. Et ce qu'ils virent les laissa bouche bée.
La cale était remplie d'or et d'objets de très grande valeur.
Jack s'avança.
- Chers amis, je suis dès maintenant le Capitaine de ce navire !
- Je reste la principale autorité ici et personne ne fait rien tant que je ne l'ai pas autorisé ou ordonné, dit Grooves. Nous ne sommes pas ici pour ce trésor.
- Regardez, dit Philippe, il y a une porte à côté.
Il ouvrit, c'était la cabine du capitaine.
Elle était intacte et bien rangée, le regard d'Angelica fut attiré par une carte sur le mur.
- C'est nôtre île ça non ?
Ils regardèrent de plus près. Jack et Hector restèrent sans voix en voyant le nom de l'île écrit sous la carte :
ISLA DE LA MUERTA
- C'est impossible ! Fit Barbossa.
- C'est peut être une autre île de la Muerta, les espagnols ne sont pas les plus inspirés pour nommer les choses, dit Jack.
- J'ai été plus de cent fois sur cette île, j'en connais tous les recoins et je n'ai jamais vu ce rafiot avant !
- Il suffisait d'ouvrir l’œil ! Fit Jack amusé.
- Il y a un journal de bord, dit Philippe en montrant un carnet noir posé sur le bureau du capitaine. Il l'ouvrit à la dernière page et lut :
- 6 avril 1513. Nous venons de nous échouer sur cette île étrange sans pouvoir repartir, une force étrange nous retient rendant armes et instruments de navigation inutilisables. JE suis si proche du but et me voici prisonnier de mon ambition. Nous allons explorer l'île à la recherche de vivres et d'une probable civilisation. Je ne sais pas quand nous pourrons repartir mais j'espère que ce sera rapidement, l'endroit n'est guère hospitalier et les hommes sont terrorisés depuis les sirènes et la tempête. Tous les éléments semblent se liguer contre moi, mais je ne renoncerai pas, je trouverai la Fontaine de Jouvence.
C'est signé Ponce de Léon, dit Philippe en refermant le livre.
Tout le monde réfléchit à la mention « force étrange ». Soudain, tout trembla. Un bruit fort se rapprochait d'eux.
- SORTEZ !! Hurla Barbossa.
Ils coururent au dehors sur le pont du navire et furent horrifiés.
Un autre galion espagnol, beaucoup plus récent et imposant arrivait droit sur eux !
- Sautez ! Quittez le navire, c'est un ordre ! Hurla Barbossa.
- Mais...
Philippe n'eut rien à dire, Barbossa l’entraîna avec les autres, ils sautèrent du navire pour tomber dans les fourrés. Ils eurent juste le temps de se retourner pour voir le terrifiant spectacle.
Le nouveau galion surgit au-dessus de l'autre, comme porté par une vague invisible, mais il s'arrêta dans sa course et chuta pour s'écraser de tout son poids sur le navire de Ponce de Léon.
- Non ! Hurla Angelica.
Trop tard. Leur unique moyen d'évasion fut totalement anéanti. Barbossa jura.
- Nous sommes maudits !
- Nous ferions mieux de partir ailleurs, suggéra Grooves.
- Bonne idée, fit Jack.
Ils partirent des fourrés mais à peine avaient-ils fait quelques pas que des fusils se braquèrent sur eux. Les ennuis n'étaient pas prêts de s'arrêter !