La fontaine de jouvence (Version alternative)

Chapitre 11 : Persuasion et trahison

1821 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 06/08/2026 10:07

Le Black Pearl voguait tranquillement sur les eaux calmes, le soleil était présent, la journée était belle. Et pourtant...


- C'est là que le Black Pearl nous est apparu et cela à ma plus grande surprise, je dois bien l'avouer !

- C'est une histoire étonnante capitaine, je crains que la mienne ne vous déçoive beaucoup, dit Gibbs.

- Allons, vous devez avoir des tas de choses à raconter ! Où étiez-vous passé durant tout ce temps ? Dans quel univers mystique et incontrôlable ?

- A vrai dire personne ne se souvient de rien, à part le moment où Barbe Noire nous a jeté à l'eau, nous avons perdus connaissance et... plus rien. Nous nous sommes réveillés sur le Black Pearl et nous vous avons vu.

Jack fut étonné.

- Au moins c'est un récit clair et simple à se rappeler !

- Jack, où devons-nous aller si la fontaine de jouvence était censée être sur cette île.

- Elle ne l'était pas.

- Comment pouvez-vous en être aussi sûr ?

- Parce que en quittant cet enfer, j'ai interrogé mon compas et qu'il n'a pas du tout pointé vers cette île, j'en déduis donc... qu'elle n'est pas dessus.

- Alors où ?

- Voilà une excellente question !

Il sortit de sa poche une carte, la carte nautique chinoise.

- Vous l'avez récupérée ?

- Ce vieux Barbe Noire oublie toujours de surveiller ses arrières.

Il plaqua la carte sur la table.

- Qui peut me dire notre position et notre cap actuel ? Monsieur Cotton ?

Le vieil homme ne dit rien.

- Et toi le perroquet ?

- Terre ! Terre ! Hurla le volatile.

Jack se retourna pour regarder mais il n'y avait que l'océan.

- Je regrette vraiment d'être désarmé.

- Capitaine ! Nous allons au sud-ouest et nous sommes proches des côtes de l’Amérique !

Jack chercha l'origine de la voix venant de parler, il baissa le regard et vit Marty le nain.

- Oh. Merci.

Il regarda la carte.

- Donc nous sommes tout proche, la Floride est à moins d'une journée. Nous touchons au but !

- Euh capitaine, est-ce que ce sera dangereux ? Demanda Murtogg, l'ex soldat idiot.

- Avec vous c'est sur que oui ! Si j'étais vous je resterai ici pour lever le pont.

- Oui capitaine, à vos ordres capitaine !


Philippe explorait le navire dans tous ses recoins, cherchant quelque chose de précis, ou quelqu'un. Il la trouva assise sur les marches de l'escalier menant à la réserve.

- Vous devriez me laisser, j'ai peur de ne pas être d'une très bonne compagnie.

- Ça ne m'empêche pas de rester avec vous pour vous remonter le moral, dit-il en s'asseyant près d'elle.

Angelica semblait très triste, elle avait visiblement pleuré.

- Je pensais que votre père ne vous touchait pas plus que ça.

- C'est mon père. Je ne cesse de revoir le dernier regard qu'il m'a adressé avant que nous soyons séparés, j'y ai vu son cœur. Il s'est sacrifié sans penser à lui où à un quelconque intérêt. Il a fait ça pour moi.

- Vous le reverrez, j'en suis sûr.

- Je l'espère. J'espère le revoir, tel qu'il était.

- Si il y a une chose que je sais avoir par expérience, c'est la foi. Donc, gardez la foi.

Elle sourit, faisant glisser une autre larme sur sa joue gauche. Philippe l’effaça de sa main et tourna le visage d'Angelica vers le sien. Elle le regarda dans les yeux intensément.

Et il l'embrassa d'un baiser long, tendre et passionné. Ils se regardèrent ensuite.

- Tout va s'arranger, dit-il.

Elle répondit d'un simple sourire d'enfant.


Jack était toujours occupé à consulter la carte pour y chercher des indices sur la fontaine de jouvence ou d'autres trésors.

- Jack ! Appela une voix grave et faussement mielleuse.

Il se retourna et vit Barbossa entouré d'hommes d'équipage, Pintel et Ragetti en tête. Ils avaient des pistolets en main.

- C'est à quel sujet ?

- Oh je compte juste reprendre mon statut de maître de bord sans te demander ton avis.

- J'ai une impression de déjà-vu.

- Tu sais donc ce que tu dois faire si tu veux éviter de subir une mort horrible et atrocement douloureuse.

- Oui : je refuse ! C'est moi le capitaine !

Barbossa soupira.

- Les gars...

Ils pointèrent tous leurs armes sur Jack.

- Mais que se passe-t-il ici ! Cessez cela de suite !

Grooves arriva furieux.

- Commodore, pouvez-vous m'expliquer ce que vous faites au juste ?

- Une mutinerie des plus simples mon cher Théodore, d'ailleurs, cela me fait penser... que je vous relève de vos fonctions. Vous n'avez donc plus rien à faire sur ce bâtiment !

Il fut jeté à la mer, l'équipage hurla de rire.

- Vous paierez très cher cette trahison !

Barbossa rigola et se retourna vers Jack.

- Emmenez le « capitaine » Jack Sparrow à ses véritables quartiers et veillez à ce qu'il n'en sorte pas cette fois !


Ponce de Léon, sous les traits du roi Ferdinand, était assis sur un siège de pierre. Barbe Noire se tenait devant lui.

- Sais-tu qui je suis ? Demanda le mort-vivant.

- N'importe qui sauf Ponce de Léon.

- Il y a bien longtemps, le dieu de la mer Neptune régnait sur les océans ainsi que sur les marins. Seulement, lorsqu'il commença à voir la décadence de ces hommes qui se prenaient de plus en plus pour des dieux, il décida de les punir de leur insolence. Beaucoup périrent en mer, frappés par des vagues immenses, d'autres furent emportés par les chants des sirènes ou dévorés par des créatures titanesques. Les autres dieux virent ceci et n'en furent pas indifférents, et plutôt que de raisonner de façon juste, ils punirent Neptune en le réduisant à la condition de mortel, mais un mortel qui ne mourrait pas pour souffrir plus longtemps de sa condition, son corps en revanche vieillirait comme les autres. Il fut exilé sur une île dont il ne pouvait s'échapper à cause d'un champ de protection magique qui accélérerait immédiatement sa vieillesse jusqu'à une mort très rapide si il le franchissait. Ainsi les années s'écoulèrent, puis les siècles, jusqu'à ce qu'un explorateur espagnol s'échoua accidentellement sur l'île, Neptune y vit sa chance de s'évader enfin. Puis il apprit que cet homme avait découvert une fontaine miraculeuse apportant la jeunesse éternelle. Dès qu'il appris son emplacement, Neptune tua Ponce de Léon et se prépara à quitter l'île. Mais le champ de protection l'en empêcha, malgré tous ses efforts. Ainsi, il se servit de son savoir et de ses pouvoirs pour créer sa propre fontaine de jouvence, seulement, il échoua et la source ne fit qu’accélérer le processus de vieillissement. Pour fonctionner, il fallait l'énergie vitale d'un mortel, un seul, celui qui redonnerait à Neptune toute sa force et lui permettrait de constituer une armée invincible pour s'emparer de ce monde corrompu par ces humains arrogants et prétentieux.

- Et cette personne était le roi d'Espagne n'est-ce pas ? En prenant son apparence, vous prenez le contrôle de son armée sans que personne ne s'en aperçoive.

- Exactement.

- Vous êtes Neptune.

- Oui. Cependant, pour que mon pouvoir soit total, il me faut la puissance de la véritable fontaine de jouvence car celle que j'ai fabriquée n'a pu que me redonner un corps et ma force tout en créant une brèche dans le champ de force pour que je puisse m'échapper. La malédiction des dieux pèse toujours sur moi, mon corps vieillit, je ne suis pas libre. Plus je vieillit, plus je m'affaiblis.

- Vous n'êtes que l'ombre d'un dieu alors, dit Barbe Noire avec un sourire narquois.

- Pour l'instant seulement. Avec mon armée et votre navire, je réussirais à m'emparer de la fontaine et alors, je serais l'unique Dieu auxquels tous croiront, sous peine de mort.

- En clair, si je comprends bien, mon seul rôle sera de vous servir de transport.

- Votre navire est le plus rapide ayant jamais existé.

- Sauf qu'il n'existe plus.

- Chaque chose en son temps.

- Mais moi, qu'est-ce que j'y gagne dans cette affaire ?

- Votre vie sauve avec celle de votre fille.

- Une vie de soumission plutôt.

- Je sais récompenser ceux qui me rendent service.

- Et pourquoi vouliez-vous ma fille en premier lieu ?

- Parce que c'était l'unique moyen de vous avoir, vous êtes tellement prévisibles !

- Sachez que je n'hésiterais pas à vous tuer dès que j'en aurais l'occasion.

- Moi de même cher ami.

Ils se jaugèrent du regard.

- Maintenant sortons, votre navire nous attend.

- Il ne vous servira pas à grand chose dans son état actuel.

- J'ai fait revenir le Black Pearl, je ne vois donc pas ce qui m'empêcherait de faire revenir le Queen Anne’s Revenge !

- Et mes hommes, tous ceux que vous avez tués, vous comptez les faire revenir aussi ?

- Ils ont rencontré leur destin.

- Pourquoi avoir fait revenir l'équipage du Pearl alors !?

- Parce que sinon jamais il n'aurait pu nous mener à notre destination finale !


Ils quittèrent la mine souterraine pour revenir devant l'épave du Queen Anne’s Revenge coupé en deux parties éparpillées.

- Bon courage mon vieux ! Lança Barbe Noire en riant.

Neptune se concentra et leva les bras, Barbe Noire fut ébahi. Une à une, les pièces vinrent se rassembler comme si chaque partie était aimantée. En à peine une minute les deux morceaux se rejoignirent pour ne former qu'un seul bâtiment des plus imposants. Le Queen Anne’s Revenge était de retour.

- Après vous capitaine !

Barbe Noire monta à bord, le bateau était intact à présent, ce fut même comme si il n'avait jamais servi.

- En avant messieurs ! Vers notre victoire ! Lança Neptune.

Il se retourna et vit une cinquantaine de morts-vivants embarquer et prendre les différents postes.

- Capitaine, cap à l'ouest ! Suivons le Black Pearl !

- A vos ordres.

Il se maudit lui-même en disant cela.

Les zombies se métamorphosèrent en soldats espagnols, cela passerait sûrement mieux.

- Tout sera bientôt à moi, dit Neptune avec un regard des plus avides.


Les machines du Queen Anne’s Revenge se mirent en marche, le vaisseau quitta la baie puis l'île. Neptune eut un grand sourire, une fois de plus il s'évadait de sa prison et cette fois, il n'y reviendrait plus jamais.

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