Derkomai's Mask

Chapitre 62 : Briza Media dans l’air

7009 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 18/04/2026 12:41

Si Voltère s’était tenu jusque-là à sa promesse de faire les réunions en distanciel pour qu’un incident comme celui de Vermilava ne se reproduise pas, il ne pouvait malheureusement pas faire grand-chose quand le Conseil 4 lui-même convoquait tous les champions dans ses locaux. Surtout qu’Eternara était loin d’être la ville la plus proche, isolée sur sa petite île refoulée aux limites de la région.


Quoique malgré sa situation géographique peu avantageuse, la ville n’avait rien à envier à ses comparses en termes de dynamisme, comme le prouvaient les hauts gratte ciels visibles dès votre arrivée en navire. Surtout que les rues devenaient encore plus animées à l’approche du tournoi, en particulier les restaurants qui savaient que leur chiffre d’affaires triplerait le prochain mois et se préparaient en conséquence.


Voltère en testait d’ailleurs les prémices et il pouvait déjà dire que les dresseurs ne seraient pas déçus du voyage avec cette tarte.


- Eh bien, tu n’as pas perdu de temps.

- Nous sommes deux alors, réplica-t-il en zieutant le guide qui dépassait de la poche d’Adriane. Tu as déjà commandé ?


Elle fronça les sourcils, mais prit finalement place aux côtés du vieil homme.


- Je pensais que tu trouverais une excuse, dit-elle.

- A quoi bon ? grimaça-t-il en même temps qu’il faisait tourner sa fourchette devant lui. Et puis, ça faisait un moment que je n’étais pas venu à Eternara donc…

- Ce n’est peut-être pas le moment le plus judicieux pour faire du tourisme, remarqua-t-elle alors que la serveuse posait une assiette devant elle. Elle s’appuya sur sa main, donnant des coups de fourchettes distraits tout en observant le port, les souvenirs pas si lointains de sa première ligue refaisant surface. Et voilà que maintenant, elle revenait ici, en partie pour discuter de si oui ou non la compétition aurait bel et bien lieu cette saison, tout ça parce que… Tu as vu les infos ?


Voltère se tendit et jeta des coups d’œil prudents autour de lui, comme s’il s’attendait à ce qu’un autre champion ou un membre du Conseil 4 se soit discrètement infiltré sur la terrasse pour les écouter.


- Elle a voulu aider, grommela-t-il tout bas. cC ne serait pas la première fois.

- Juste la deuxième.

- La troisième.


Voltère se mordit la langue alors qu’Adriane s’arrêtait de manger et relevait le nez vers lui. C’est vrai qu’il n’avait jamais détaillé les circonstances de sa rencontre avec la jeune coordinatrice.


- Elle était à New Lavandia ?

- C’était ma faute, s’empressa-t-il de préciser. Enfin, c’est vrai que Salamèche s’est montré plus que collant, et tu sais que Serena est du genre à…

- Avoir peur de le décevoir ?

- Je pensais plutôt au fait qu’elle était trop indulgente avec lui, se gratta-t-il la tempe. Honnêtement au début, j’avais peur que ça finisse par lui jouer des tours. Ah ! Au fait Adriane, il faut à tout prix que tu goûtes leurs sorbets !

- Deux desserts ? Vraiment ?

- Un sorbet ce n’est pas tout à fait un dessert.

- Si tu le dis, le laissa-t-elle commander sans plus protester. Pourquoi tu ne m’en as pas parlé plus tôt ?

- Pourquoi tu l’as poussée à affronter les Aqua ?

- J’ai juste proposé…

- On sait tous comment tu proposes Adriane. Hum ? Oh ! ça a l’air aussi bon que dans mes souvenirs.


Il plongea sa cuillère dans la glace après un dernier signe de main reconnaissant à la serveuse. Mais Adriane ne s’y trompait pas, il n’acceptait et n’accepterait jamais qu’elle ait mis la coordinatrice en danger, sans doute se méfiait-il même d’elle, de la manière dont elle pourrait tirer des conclusions trop hâtives et accuser Serena d’être avec l’une ou l’autre des Teams. Et honnêtement, Adriane ne pouvait pas nier que cela lui avait traversé l’esprit.


- Tu ne comprends pas. Même si j’admets que je n’aurais pas dû la laisser seule, il y a clairement quelque chose qu’elle ne veut pas que je sache sur leur rencontre, et qu’elle ne veut pas que tu saches non plus.


Voltère se renfonça dans sa chaise, son sourire disparut pendant qu’il dévisageait la championne de Vermilava. Elle le sentit hésiter, mais il secoua finalement la tête.


- Tu n’as toujours pas digéré que Dracaufeu l’ait préférée à toi ? Je t’avais prévenu pourtant.


Adriane leva les yeux au ciel. Ce n’était qu’une pirouette pour cacher ses propres doutes, mais le papy savait frapper là où il fallait.


- Je n’avais pas tort Voltère.

- Ah, Ah ! Certaines choses, étrangement, vont au-delà d’avoir raison ou tort.

- Tu sais aussi bien que moi que si ça avait été n’importe quel autre dracaufeu, jamais il ne l’aurait accepté comme dresseuse.

- Sauf que le gros mot est là : n’importe quel.


Adriane croisa les bras et observa quelques secondes la crème glacée qui fondait sous le soleil.


- Je sais…

- Bien, reprit-il sa cuillère.

- Elle a eu de la chance.

- Certes, mais certaines personnes en auraient plus si elles écoutaient les conseils qu’on leur donne. Toujours pas décidée pour un petit voyage à Galar, d’ailleurs ?


Elle pinça les lèvres et repoussa la coupelle. Elle avait toujours eu raison pour son père, et il n’avait pas besoin de l’entendre à nouveau.


- Il a sa fierté, tu sais.

- C’est vrai que ton grand-père n’était pas mal non plus dans le genre à l’époque, soupira l’inventeur. Et par pitié, ne gâche pas ton sorbet, sinon je vais vraiment me fâcher.


Adriane obéit à contre-cœur… quoique pas tant à conte cœur que ça. S’il y avait une seule chose qu’elle respectait chez le doyen des champions, c’était bien son carnet d’adresse des meilleurs restaurants d’Hoenn.


- C’est si bon, avoua-t-elle une main sur la joue avant de vite reprendre son sérieux. Tu sais, Voltère, je pense qu’on devrait quand même en parler aux autres.


Le vieil homme fronça les sourcils puis rétorqua :


- Il y aura Marc à cette réunion. Imagine qu’il refuse qu’elle participe au Grand Festival à cause de ça.

- Tu voudrais faire passer notre responsabilité de champion après…

- Notre responsabilité de champion, comme tu le dis si bien, est de nous assurer que les dresseurs puissent continuer leur voyage en sécurité, pas de régler nos comptes avec eux.

- Je ne règle pas mes comptes ! se releva-t-elle de sa chaise en frappant la table. Et si ça t’inquiète autant de leur en parler, c’est que toi aussi tu dois sentir qu’il y a un problème.

- C’est nous qui l’avons...

- Il n’y a pas que des coïncidences ! Pas avec cette…


Voltère arqua un sourcil tandis qu’Adriane choisissait soigneusement ses mots.


- Je crois… Je suis à peu près certaine que les Aqua avaient des comptes à régler avec elle. Est-ce qu’elle est avec eux ? Aujourd’hui, je ne crois pas. A-t-elle été un jour avec eux, ça, je ne sais pas. Mais je pense qu’aussi bien pour sa sécurité que pour celle des gens d’Hoenn, on devrait en discuter tous ensembles et sérieusement réfléchir à…


Un coup de klaxon. Les deux champions baissèrent de concert la tête pour regarder la limousine qui s’était stationnée sous la terrasse. Il n’y avait pas beaucoup de personnes qui se baladaient dans ce genre de véhicule, surtout en casquette et en short.


- J’arrive Charles, cria Voltère. Tu veux venir ? se tourna-t-il vers la femme.

- J’avais déjà prévu d’y aller par mes propres moyens.

- Bon, alors, on se dit à plus tard.

- Voltère.

- Hum ?

- Je n’ai rien contre elle, tu sais, j’essaye juste…

- On se dit à plus tard.


Quand il s’assit dans la voiture, le champion d’arène ne put s’empêcher de pousser un immense soupir en même temps qu’il enfonçait son visage dans ses mains.


- Toujours aussi difficile avec la petite Adriane ?

- S’il n’y avait que ça, gémit-il. Je n’ai vraiment pas envie d’aller à cette réunion.

- La situation est si mauvaise ?

- On n’aurait pas été convoqué ici sinon, se radossa le champion électrique. Et je te parie que c’est bibi qui va se prendre le blâme.

- Tu as encore joué l’argent de ton arène au casino ?

- Comment ça « encore » ? Je ne l’ai jamais fait !

- Hum ?

- Jamais depuis que tu es devenu président…


Charles Goodshow partit dans un fou rire avant de se rendre compte que, chose rare, la plaisanterie n’avait pas prise avec son ami.


- A ce point ?


Voltère frotta sa barbe avant de s’avachir et d’expliquer :


- Les Magmas ont piraté les systèmes de communication de New Lavandia, et devine qui n’a rien remarqué jusqu’à il y a quelques semaines ? dit Voltère en poussant la voix avant qu’elle ne s’effondre dans un nouveau soupir. Ça veut dire qu’ils pouvaient entendre toutes nos réunions comme s’ils y étaient, et ça explique aussi pourquoi ils avaient toujours un coup d’avance…

- J’avoue que ça m’étonne de toi, c’est le genre de choses dont tu te rends compte assez vite d’habitude.

- Ça a directement été injecté sur un de mes serveurs central, alors…


Voltère se mordit la joue. Il était impossible de dire précisément depuis quand le virus était là, mais il ne pouvait s’empêcher de repenser à la seule personne qui avait récemment eu accès à ces installations, le petit discours d’Adriane lui revenant bien trop violemment à son goût.


- C’est quand même dommage que tu ne viennes à Eternara que pour les problèmes.

- J’ai un peu de mal avec les dresseurs de cette saison.

- Comme celle d’avant, et celle d’encore avant.

- C’est juste… En ce moment, tout ce qu’ils me disent c’est : « je veux devenir le meilleur dresseur ! » Et c’est vrai qu’ils ne sont pas mauvais. Ils choisissent les meilleurs pokémons, les entrainent, et tant mieux pour eux si ça fonctionne, mais moi ça m’ennuie.

- Tu te fais vieux.

- C’est toi qui dis ça…

- Mais je pense comprendre un peu de quoi tu parles, dit Goodshow qui regardait le complexe de la ligue désormais visible à travers la fenêtre. Des fois, moi aussi je me dis que ça manque, disons, de passion ces derniers temps.


Le champion d’arène eut un léger sourire, ce qui n’échappa pas au président.


- Tiens, tiens, est-ce qu’au final il n’y aurait pas une petite chance que tu me demandes une place dans le carré des invités ?

- A moins que tu accueilles aussi le Grand Festival, toujours pas.

- Tu t’intéresses au concours maintenant ?

- J’ai deux petits gars qui se sont lancés dedans et… Je sais plus vraiment quoi en penser.


Parce que si elle était liée d’une manière ou d’une autre aux Teams qui ravageaient la région, alors...


- Ah ! Comme si c’était possible alors qu’elle arrivait à peine à gérer son Salamèche ! s’écria-t-il.

- Hum ? cligna plusieurs fois des yeux Goodshow.

- Il n’en faisait qu’à sa tête et elle avait l’air complètement dépassée. Vraiment, je me suis même sérieusement demandé comment elle allait faire une fois qu’il aurait évolué.

- C’était si catastrophique ? déglutit Goodman qui ne savait plus vraiment de quoi on parlait.

- Oh que oui, et tu sais que les dracaufeu ou même les reptincels ne pardonnent pas les lacunes de leurs dresseurs, dit Voltère avant de se radoucir. Mais ce petit Salamèche… Il aime sa dresseuse, comme n’importe quel pokémon tu me diras, mais je ne peux l’expliquer autrement que de dire qu’il l’aime sincèrement et que c’est peut-être pour ça que pour elle, s’en occuper est la chose la plus simple et la plus difficile qui soit… Bref, elle a trop à penser avec son pokémon pour s’allier à des criminels.

- Heureusement ?


Voltère croisa les bras et se renfonça dans son siège, persuadé que son raisonnement était juste. Même si elle s’était retrouvée trois fois confrontée aux bandits… Il souffla.


- On peut interdire à un dresseur de participer à une compétition ?


Goodshow arqua un sourcil et répondit sans plus d’hésitation :


- Si c’est suffisamment grave.

- Et si ce n’est pas de sa faute ?

- Tout dépend de si ça met en jeu la sécurité de l’évènement, haussa-t-il les épaules. Mais tu le sais déjà.


Voltère passa la main dans sa barbe. Adriane avait l’air de sincèrement croire qu’elle était une cible, et si le vieil homme ne croyait pas qu’elle ait pu être leur allié d’une quelconque manière, il ne pouvait pas exclure qu’elle ait pu les gêner suffisamment pour qu’ils veuillent s’en prendre à elle. Après tout, Sacha et son groupe d’ami en avaient été un bon exemple. Maintenant, allez expliquer ça aux autres…


- Je veux pas qu’elle ait de problèmes Charles, vraiment.


***


Marc écoutait d’une oreille distraite la réunion. Il se demandait encore pourquoi Juan avait refusé de venir à sa place. Même s’il n’était plus le champion actuel d’Atalanopolis, personne n’oserait contester sa présence, même parmi les membres du Conseil 4 et Marc aurait pu poursuivre les préparatifs du Grand Festival, surtout avec le retard qu’ils avaient pris dans le calendrier.


Enfin, peut-être que Marc n’aurait plus à s’inquiéter du retard puisque l’évènement risquait d’être reporté, voir annulé tout simplement, et c’était sans doute pour cela que son mentor avait insisté pour qu’il soit présent à cette réunion, pas seulement en tant que champion d’arène mais aussi et surtout en tant que représentant du Grand Festival. Les rumeurs allaient après tout bon train sur une annulation de la Ligue cette saison, et il savait que si une telle décision était réellement prise, le Grand Festival devrait s’y aligner en conséquence.


Pierre lui fit un signe de tête rassurant qui l’aida à se détendre, et aborda rapidement le sujet qui brûlait sur les lèvres de tous les participants. Comme Marc l’espérait, on s’accorda vite sur le fait qu’il n’y avait aucun intérêt à reporter. Les Aqua et les Magma n’étaient pas du genre à faire de grandes démonstrations de force, et intervenir à la Ligue n’aiderait en rien leur objectif, bien au contraire. Sans compter que les dresseurs ou les arènes n’avaient jamais été directement leur cible.


- Je n’en dirais peut-être pas autant des coordinateurs.

- Ce qu’Adriane veut dire, s’empressa d’ajouter le papy électrique, c’est qu’on s’inquiète un peu pour une jeune dresseuse qu’on a tous les deux croisés.


Une coordinatrice originaire de Kalos et qui combattait avec un Dracaufeu, il n’y en avait pas tant que ça. Et outre sa nièce qui lui en avait parlé, il se souvenait surtout de sa performance dans la catégorie « vidéo drôles » de Direct Concours. Marc déglutit, jetant un coup d’œil à l’Agent de Police Internationale qui sirotait tranquillement son thé. Et puis, quand les deux champions eurent fini de parler et que tous les regards furent braqués sur lui…


- Oui, oui, je suis au courant, vous en avez de toute façon déjà fait part notre agents, dit Beladonis comme on parlerait de la météo du jour.


Il prit une nouvelle gorgée de thé, calme et posé.


- Hu ? crièrent en cœur les deux champions.


Voltère s’en souviendrait pourtant si la Police Internationale était venue l’interroger, et les seuls au courant pour Serena étaient le personnel de New Lavandia et…


- Ah ! s’écria-t-il. Le gamin ?

- Quel gamin ? répéta Adriane.

- Eh bien, on avait fait un bon combat, j’avais besoin d’évacuer et sa tête me revenait bien, même si je n’avais pas fait tout de suite le rapprochement comme il n’avait plus la même équipe.


Adriane arqua un sourcil, ne pouvant nier qu’elle aussi avait reçu la visite d’un dresseur qui l’avait rapidement mise à l’aise pour discuter des évènements du Mont Chimnée peu après qu’elle ait rouvert l’arène.


- Je crois que tu avais déjà passé ton examen, mais que tu n’avais pas encore pris ton poste à l’arène à l’époque, se remémora Voltère. Il faisait beaucoup parler de lui aux bâtiments de combat, puis il est parti pour Sinnoh et ensuite on a tous un peu lâché l’affaire comme on ne le voyait plus mais…. Si je ne me trompe pas, cela veut dire que vous vous êtes impliqués bien plus tôt que je ne le pensais dans les affaires de notre région.


Beladonis leva la main, se dépêchant de préciser :


- Nous n’avions pas l’intention d’agir dans votre dos. A vrai dire, il était déjà sur place pour raison personnelle, nous avons simplement profiter de sa présence comme les Teams Aqua et Magma reprenaient de l’activité au même moment.


Pierre Rochard acquiesça, une validation bienvenue au vu de la méfiance des champions d’arènes.


- Quand même, reprit Adriane, si vous êtes au courant vous ne trouvez pas qu’elle les croise un peu trop souvent ?

- Disons que j’ai déjà connu pire, soupira-t-il. Un jeune dresseur qui s’est retrouvé, aussi bien à Sinnoh qu’à Unys, mêlé aux plans des Teams qui opéraient à l’époque, je crois d’ailleurs qu’il avait aussi rencontré les anciennes Teams Aqua et Magma quand il voyageait dans cette région. Je n’ai pourtant jamais pensé qu’il puisse être lié à eux d’une manière ou d’une autre, outre le fait qu’il ait la fâcheuse tendance à vouloir contrecarrer les plans de gens bien trop dangereux pour lui. Je ne nierais cependant pas que plus d’une fois, son aide et celle de ses amis a été précieuse, voir décisive.


Adriane serra les poings. S’ils voyaient la blessure qu’avaient infligés les Aqua à la jeune coordinatrice… Mais justement, il ne la verrait pas, il ne la comprendrait pas, et tout ce qu’ils retiendraient serait que non seulement elle avait laissé une dresseuse seule face à eux, mais que les conséquences avaient été bien plus graves que ce qu’elle avait laissé entendre jusque-là.


- Et toi Marc ? se tourna-t-elle vers le champion. Tu restes le principal concerné, surtout si elle participe au Grand Festival.


L’ancien Maître n’était justement pas très sûr qu’elle y parvienne. Sans aller jusqu’à connaître la progression de tous les coordinateurs, il lui semblait que la jeune fille n’avait toujours pas obtenu son cinquième ruban.


- Je n’ai pas très envie de me disputer avec ma nièce, soupira-t-il. Et ce n’est pas comme si elle était la seule dresseuse à avoir eu des problèmes avec ces Teams, surtout en ce moment… C’est bien pour ça que nous sommes là d’ailleurs.


***


La réunion s’était finalement terminée, même si certains, notamment les membres du conseil 4, n’acceptait que difficilement que la Police Internationale pourrait à partir de maintenant agir plus librement dans les affaires de leur région. Ce n’était toutefois pas le principal problème de Norman qui avait encore une petite discussion à mener avec les deux champions d’arène, et ce ne serait pas par simple courtoisie. Sans doute durent-ils le sentir vu comment ils se ratatinèrent sur eux-mêmes quand le dresseur spécialiste du type Normal les approcha.


- Pourquoi vous n’en avez pas parlé plus tôt ?

- Eh bien, vu ce que ça a donné… répondit tout penaud le doyen des champions.


Norman soupira. C’est vrai que la Police Internationale ou la majorité des champions ne connaissait pas particulièrement la jeune fille, surtout une coordinatrice, et il n’était pas faux de dire qu’elle n’était pas seule d’avoir eu quelques accrochages avec les groupes de malfaiteurs qui sévissaient depuis plusieurs mois dans la région. Cependant…


- Tu as eu des problèmes avec elle ? demanda Adriane.

- Pourquoi forcément des problèmes ? s’agaça Voltère.


Norman fit signe que non de la tête. Il se souvenait encore de la jeune kalosienne qui arrivait tout juste dans la région, encore un peu perdue et ne cachant pas son angoisse de voyager seule pour la première fois, sans oublier ce jeune Salamèche dont elle avait décidé de s’occuper malgré la difficulté que cela représentait. Voilà pourquoi il ne pensait pas qu’elle chercherait les ennuis, même si quand il y réfléchissait, rien de bien étonnant pour quelqu’un qui avait côtoyé Sacha, sa fille en était d’ailleurs un bon exemple…


- Elle est amie avec Flora, et j’ai encore un peu de mal à croire que c’est par vous que j’apprends tout ça.

- Tu penses qu’elle pourrait avoir été prise pour cible à cause du passif de ta fille avec eux ? s’essaya Voltère.

- Non, mais c’est peut-être ce que Flora croit, et la raison pour laquelle elle a décidé de rester plus longtemps à Alola pour s’entrainer peu de temps après avoir recroisé Serena, dit Norman. Il frotta son visage d’un geste las en grommelant : elle va m’entendre quand elle rentrera.

- J’espère que tu n’iras pas jusqu’à la priver de Grand Festival quand même, intervint Marc. Ta fille est très attendue, tu sais.


Le père ne put empêcher un petit sourire de fierté. Marc pensait sincèrement ce qu’il disait, Flora avait déjà largement prouvé son potentiel lors de la coupe Marc malgré sa défaite, et à présent son nom était bien devenu une référence dans le monde de la coordination, au même titre que celui d’Aurore ou de Drew pour ne citer qu’eux, et sa nièce était clairement aux anges qu’elle soit revenue se mesurer aux concours d’Hoenn.


- En tous cas, on reconnait bien les anciennes amies de Sacha, même si je ne sais pas si on peut dire que c’est une bonne chose, s’approcha à son tour Pierre.

- Vous connaissez la connaissez aussi ? s’étonna Voltère.


Pierre fronça les sourcils avant d’expliquer :


- Elle a apporté son aide lors de la crise de Kalos…

- Une crise ? répéta Voltère et les autres ne semblaient pas mieux que lui.

- L’attaque de la Team Flare, Kalos à deux doigts de se faire à moitié annihiler ? Vous n’aviez pas suivi ?

- …

- Ravi de savoir que vous vous inquiétiez pour moi… soupira-t-il.

- On avait juste pleinement confiance en tes capacités pour régler tout ça, s’empressa d’affirmer Marc, puis pour se dépêcher de changer de sujet : En tous cas cette Serena sait faire parler d’elle, et pas uniquement à cause de son Dracaufeu on dirait.

- Elle ne l’utilise pas dans ce but-là, tu sais, ne put s’empêcher de préciser le champion électrique.

- Tu avoueras que c’est quand même un choix étonnant, sourit doucement Marc.

- Disons qu’il ne lui laisse pas trop le choix, croisa-t-il les bras. J’ai rarement vu un pokémon aussi gaga de sa dresseuse.


En voyant que Norman et Adriane opinaient discrètement, Marc sentit soudain son intérêt piqué au vif. Sa nièce lui en avait parlé, mais il devait avouer qu’il ne l’avait pas vraiment cru, surtout en voyant le sketch de la « performance » du pokémon sur Direct Concours. Il pensait sincèrement que c’était quelque chose de calculé pour attirer l’attention, mais quand il y pensait, c’était assez difficile qu’un dracaufeu vous accorde sa confiance, en particulier en tant que coordinateur, pour prendre le risque de lui faire participer à quelque chose qu’il détesterait… Le pokémon n’était clairement pas à son aise sur la vidéo, pourtant, il ne semblait pas qu’il ait cessé d’obéir à sa dresseuse par la suite.


- C’est vrai que je l’aurais pensé beaucoup plus indépendant et incontrôlable, se souvint Pierre de leur rencontre dans la grotte Granite.

- Moi aussi, s’esclaffa Voltère. Du moins jusqu’à ce que je le voie se démener comme un fou pour elle à New Lavandia… Et le coup de foudre n’a pas dû l’arranger.

- Encore avec cette histoire, soupira Adriane.

- Toi aussi tu l’as vu, non ? Et tu sais aussi bien que moi qu’il ne se comporte comme ça que parce que c’est Serena.


Elle croisa les bras et renifla d’un air vexé, n’ayant pas oublié comment le reptile avait refusé devenir un pokémon d’arène pour des concours.


- Je me demande juste pourquoi il est aussi patient avec elle.

- Eh bien, il est son chevalier en armure… ou en écaille en l’occurrence, pouffa le papy.


Marc sentit une goutte de sueur glisser le long de sa tempe, et pourtant les autres avaient l’air de comprendre d’une manière ou d’une autre ce que Voltère avait voulu dire, sans pour autant pouvoir expliquer complètement le sentiment qu’ils avaient.


***



C’était un entrainement plus que spécial aujourd’hui : pas de danse, pas de cuisine, pas couture, non aujourd’hui ce serait entrainement c-o-m-b-a-t et maîtrise de la Méga-Evolution ! Euh, en fait quand on y réfléchissait, l’entrainement spécial correspondait peut-être plus à un dracaufeu que tout ce à quoi il s’exerçait ces derniers temps. Ça avait d’ailleurs valu à Serena le regard surpris d’Alan quand elle avait crié en urgence à son pokémon de retirer son tablier et de lâcher le fouet à pâtisserie. Parce que sinon Alan va sérieusement se demander pourquoi il nous a donné sa Méga-Gemme. Surtout que Dracaufeu serait capable de la faire tomber dans la pâte à gâteau, et si Alan le savait il la reprendrait dans la seconde, et c’est là que les Magmas attaqueraient parce qu’ils ont besoin de Dracaufeu pour je ne sais quelle raison. Et ce serait bien que Dracaufeu m’explique pourquoi, parce que je suis sa dresseuse et qu’il sait qu’il peut me faire confiance, même s’il a failli se faire tuer à cause de moi et… Respire, Serena, respire.


"Tu es sûr que tu ne veux pas faire une pause ?" déglutit le métamorphosé.

- Dracaufeu, ça fait depuis ce matin qu’on s’entraine, et je pense que tu as remarqué comme moi qu’il y a quelque chose qui cloche.

"Que tu n’as pas dormi de la nuit ?"

- J’ai très bien dormi, se vexa-t-elle. Incroyablement, excellement bien dormi, de quoi attirer tous les munnas d’Unys !

"Dommage qu’on soit à Hoenn."

- N’est-ce pas.

"Serena," dit-il, n’en revenant pas de la mauvaise foi de son amie. "Je ne connais personne qui peut passer une nuit entière sans bouger, et je suis le mieux placé pour savoir que tu ne fais pas exception à la règle."

- Comment tu pourrais m’entendre bouger quand tu n’es même pas réveillé par les ronflements de Voltère ?

"Pas besoin d’entendre," se targua-t-il. "Je sais à quel point tu as dormi à la manière dont tu es collée à moi le matin."


Sacha fit un pas en arrière, ayant soudain senti l’air s’échauffer alors que cette fois, il pouvait jurer qu’il n’y était pour rien. Et de toute évidence, la faute revenait bien à Serena qui était désormais plus rouge que son manteau.


- Eh bien, je dormirais mieux si un certain Dracaufeu s’inquiétait un peu plus de sa Méga-Evolution que de mes heures de sommeil ou de comment faire des crêpes.

"Ah ! Laisse nos crêpes en dehors de ça !"

Tes crêpes Dracaufeu. Ce sont tes crêpes.

"Tu vois bien que ça ne va pas ! Si tu étais dans ton état normal, jamais tu ne renierais nos crêpes ! Et le gâteau au yaourt ? Tu as pensé au gâteau au yaourt !?"

- Je n’ai pas eu le choix quand tu as encore failli incendier la cuisine du centre, leva-t-elle les yeux au ciel complètement excédée. Mais, là, maintenant, je veux que tu te concentres et ensuite on pourra parler de crêpes, de gâteau au yaourt, ou de petits cookies courants partout sous la tente.

"Tu voudrais des cookies ?"

- Dracaufeu, siffla-t-elle sur la note la plus aigüe qu’il était possible d’imaginer. Je voudrais juste, juste, que tu Méga-Evolues avant la fin de la journée.


Le métamorphosé se renfrogna. Tout était parti d’une bonne attention, et honnêtement, si Sacha était bel et bien à l’autre bout du monde sur des îles paradisiaques à s’entrainer pour une énième ligue, Alan aurait eu toute sa reconnaissance. Après tout, l’ancien dresseur n’avait aucun mal à imaginer à quel point il avait dû être difficile de trouver ces gemmes, et encore plus de devoir à nouveau s’en séparer – en fait, Alan avait déjà décidé de les offrir à Sacha (le Sacha sans les écailles, les ailes et tout le reste) depuis un moment maintenant, mais en voyant les problèmes récents de Serena, il s’était finalement dit que le dresseur au Pikachu ne lui pardonnerait jamais s’il n’aidait pas la performeuse.


Une déduction tout à fait exacte auquel le faux-pokémon n’avait pas pu s’empêcher d’acquiescer et il avait été d’autant plus heureux que Serena n’ait pas cherché à prétendre le contraire et se soit empressée d’accepter le présent. Bref, Sacha s’était montré très enthousiaste, surtout qu’il ne doutait pas d’y arriver vu son passif avec Amphinobi : s’il pouvait synchroniser son souffle, sa respiration, et ses objectifs sans aucune aide, alors avec un ‘catalyseur’, ce serait du tout cuit.

Sauf qu’il avait oublié un menu mais important détail : il n’était plus le dresseur et Serena n’était certainement pas Amphinobi (surtout qu’il avait fait bien plus de rêve sur Serena que sur… Que Pandarbare sorte de son esprit ! Tout de suite !). Et puis, comme l’avait si bien dit Alan comme s’il avait été frappé par la divine poésie de Samuel Chen : pensez la Méga-Evolution comme un lien qui vous unit, aussi bien par l’esprit que par le cœur.


Merci Alan, vraiment, merci pour ce conseil des plus pertinents quand on était un humain transformé en pokémon avec un esprit et un cœur complètement sens dessus-dessous. Et Sacha n’avait pas très envie que Serena mette son nez dedans quand lui-même ne savait pas ce qui s’y trouvait. Comme par exemple si elle se rendait compte que tu as voulu la fuir, hein ? Qu’est-ce qu’elle dirait à ton avis ? Quelque chose du genre : « tu n’es pas le vrai Sacha ! » Oh, comme elle serait déçue de savoir que c’est bien toi, le garçon qui passe son temps à se cacher derrière son rêve.


"Je ne suis pas parti."

Par accident Sacha. Par accident.

"Je ne veux plus partir."

Pour combien de temps ?

- C’est bon, j’ai compris, on s’arrête là, soupira Serena.


Sacha se crispa. Il sentait qu’il l’avait… énervée ? Il comprenait qu’elle soit frustrée, et même s’il en avait plaisanté toute la matinée, il regrettait lui aussi de ne pas pouvoir Méga-Evoluer aussi facilement que les autres pokémons. Cependant, il n’imaginait pas que Serena pourrait lui en vouloir pour ça, surtout vu toute la patience dont elle avait fait preuve quand ils répétaient leur chorégraphie avant que les évènements du Centre Météo ne mettent à mal leur routine, et de toute évidence, l’humeur de la coordinatrice.


- Dra, dracaudra, caufeu, essaya-t-il de s’excuser.

- Ça devait être simple, tiqua-t-elle. Tu sais, ce qu’a dit Alan : si tu as fait évoluer Salamèche en Dracaufeu, alors Méga-Evoluer ne sera pas un problème. Alors pourquoi ça l’est ? Ce n’est pas comme si on venait de se rencontrer, ou qu’on ne s’entendait pas donc qu’est-ce qui bloque à la fin ?


La mine affligée de son pokémon lui donna l’envie de ravaler toutes ses paroles dans la seconde. Elle n’avait pas voulu s’énerver, encore moins qu’il se sente coupable, et tout ce qu’elle avait dit était franchement injuste alors qu’il faisait toujours de son mieux pour l’aider. Et elle se sentit d’autant plus mal quand Alan s’approcha, lui rappelant que le pokémon subissait sans doute encore le contre-coup de l’attaque du Centre Météo et qu’il serait normal en ce sens que son corps ne puisse pour l’instant pas encaisser l’excès de puissance de la Méga-Evolution.


En d’autres termes, elle venait d’accuser son pokémon de ne pas y mettre du sien quand il était juste épuisé mentalement et physiquement. Clap, clap, clap, on applaudit bien fort Serena tout le monde ! La coordinatrice sentit les larmes lui monter aux yeux avant de finalement secouer la tête et s’éloigner, laissant derrière elle un Sacha complètement dérouté.


- Bravo Alan, très malin, ironisa Manon.


Ce que le métamorphosé aurait immédiatement approuvé s’il n’était pas déjà parti à la poursuite de sa dresseuse. Mais comment dire qu’Alan ne se sentait pas plus blessé que ça par la remarque de sa compagne de voyage, se contentant de soupirer longuement avant d’expliquer :


- Je ne voulais pas le dire devant Serena, mais ça se pourrait que Dracaufeu ne puisse pas Méga-Evoluer.


Manon plissa les yeux, étonnée que le garçon d’un naturel optimiste quand on lui demandait si telle ou telle Méga-Evolution existait (sauf quand il s’agissait de la Méga Evolution de Manon, bien entendu) puisse se montrer si dubitatif face à un pokémon qui, eh bien, était plus que connu pour en avoir une puisqu’Alan était le premier à l’utiliser.


- Tu n’as pas remarqué ? reprit-il en croisant les bras d’un air pensif. Si tu compares mon Dracaufeu au sien, les différences sont assez flagrantes.

- C’est vrai que je ne m’attendais pas au tablier, admit Manon.


Alan la dévisagea un instant, les sourcils encore plus froncés que d’habitude si on admettait que cela soit possible.


- Les crêpes de ce matin ? proposa-t-elle.

- …

- Je l’ai même vu dessiner un cœur avec du caramel sur l’une d’elle. Enfin, ça c’était avant qu’il semble s’en rendre compte et l’avale d’un coup.

- Manon, tu ne vas pas me dire que tu n’as pas remarqué la taille de ses cornes, ou la forme de ses ailes. Bon, je t’accorde que la solidité des écailles est plus dure à deviner à l’œil, mais avec un peu d’expérience ça se voit qu’elles ne sont pas tout à fait comme celles des autres dracaufeus. Avec tout ça, tu ne te poses pas des questions ?

- … Pourquoi Pandarbare semble surentrainé à la manœuvre d’Heimlich ?


Alan se frappa le visage du plat de la main. C’est vrai que Manon était une jeune dresseuse, mais quand même, il y avait certaines choses qu’on ne pouvait pas louper.


- Tu te rends compte qu’on a peut-être une nouvelle variante de dracaufeu, et toi tout ce qui t’intéresse c’est qu’il peut faire des crêpes avec des cœurs dessus ?


Manon se tourna vers le pokémon feu qui de toute évidence s’était fait refouler par sa dresseuse vu son air penaud, puis elle regarda Alan, puis le pokémon qui aurait soi-disant des cornes, ailes et écailles différentes d’un dracaufeu ordinaire, avant de revenir sur Alan. A cet instant, elle se demanda sincèrement si son ami était un futur chercheur pokémon de génie, ou juste le garçon le plus idiot du monde.


- Est-ce que tu sais faire des crêpes, Alan ?

- …

- Exactement, Alan, exactement.


***


Sacha avait dû vite battre en retraite tant l’atmosphère autour de sa dresseuse était glaciale. De toute façon, foncer sans préparation (quand bien même cette tactique l’avait plus d’une fois sauvé dans un combat pokémon, sauf que, justement, discuter avec Serena c’était bien tout sauf faire un combat pokémon) ne ferait qu’empirer les choses. Donc il avait besoin d’un plan, et qui de mieux pour ça que son conseiller stratégique depuis plus d’une semaine (d’accord, celui qui l’avait entendu se plaindre depuis plus d’une semaine).


"Pandarbare ! Il y a vraiment un truc qui cloche avec Serena !"

"Qu’elle veuille des œufs avec un humain qui se transforme en pokémon et qui fait sa déclaration dans les toilettes ?" demanda Posipi calé sur l’épaule du pokémon combat.

"… "

"Sacha ?"

"Je vous déteste."


Il fallut quelques minutes pour que le panda se remette de son fou-rire tandis que Sacha gardait les joues gonflées, aussi vexé qu’il était possible de l’être.


"D’accord, d’accord, désolé. Mais avant toute chose, tu lui en as parlé ?" demanda le panda.

"J’ai essayé," gémit-il, "mais en ce moment, elle est plus dure à approcher qu’un séracrawl derrière une attaque Avalanche."

"Je ne sais pas ce qu’elle penserait si elle savait que tu la compares à un séracrawl…"

"Je devrais peut-être l’amadouer avec mes cookies."

"Tu sais faire des cookies ?"

" … "

"Ah ! Tu veux dire la menacer avec tes cookies."


Sacha sentit sa tempe pulser d’agacement. Il se faisait sincèrement du souci pour Serena et le panda en plaisantait.


"Dis-moi Pandarbare, c’est vrai que je n’arrive pas à Méga Evoluer, mais si à la place on testait ce que donne ton évolution."

"Je passe."


Sacha et Posipi le dévisagèrent, et pendant un bref instant, tous deux crurent voir haine et terreur passer dans les yeux du panda, mais il se contenta d’hausser les épaules.


"J’ai encore un peu de mal à me coordonner," soupira-t-il. "J’ai quasiment quadruplé de volume et… Je ne pourrais plus me moquer de toi pendant les performances, on dirait."


Sacha sentit soudain son instinct de dresseur revenir au triple galop. Alors, oui, Pandarbare n’était pas son pokémon, mais cela ne lui interdisait pas pour autant de l’encourager, surtout que niveau changement de forme, il pensait avoir un peu d’expérience maintenant.


"C’est vrai que le changement de taille fait toujours un peu bizarre, mais tu as quand même plus le sens du rythme que moi, donc c’est juste une question de temps avant que tu t’y habitues. Et puis, je te rappelle que Serena accepte ça sans la moindre hésitation parmi ses pokémons de concours," se montra-t-il du doigt.

"Et c’est censé me rassurer ?"

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