White Knight : Aiguillage

Chapitre 0 : Identité

855 mots, Catégorie: K

Dernière mise à jour 30/01/2026 21:02

Ludvina White avait tout.


Elle avait été sacrée Maître de la ligue. Elle avait sauvé la région d'Unys. Elle était l'élue du dragon légendaire, Reshiram. Elle était admirée. Elle était aimée. Elle avait des amis fidèles, des compagnons de combat qu'elle adorait et qui le lui rendaient bien, une famille aimante. Les trophées et certificats s'entassaient dans sa chambre, validant son talent exceptionnel pour une adolescente de quinze ans.


Ce devait être ce qu'on pensait d'elle, en tout cas. Mais Ludvina n'était pas satisfaite.


Les récompenses perdaient de leur valeur. Les combats s'enchainaient dans une monotonie désagréable, pénible. Ses amis avaient pris des routes différentes d'elle. Bianca avait décidé de se tourner vers la recherche tandis que Tcheren était retourné sur les bancs de l'université pour passer un concours lui permettant de devenir Champion d'arène. Ils ne se voyaient plus depuis. Ludvina n'avait plus N à ses côtés.


(Elle n'avait même pas pu lui dire qu'elle l'aimait...)


Un matin, Ludvina se réveilla mais Reshiram, lui, s'était rendormi.


Quoiqu'elle dise, quoiqu'elle fasse, le Pokémon resta dans son profond sommeil sous sa forme de rocher immaculé.


Elle paniqua. Elle était Ludvina White. Si elle n'était pas l'élue de Reshiram, la sauveuse d'Unys, si elle n'avait plus comme Pokémon signature l'allégorie de la Réalité...


Qui était-elle ?


Elle se battit. Elle chercha désespérément un moyen de redonner la flamme au Pokémon endormi. Elle alla demander conseil auprès de nombreux dresseurs. Elle se remit à chercher N, son alter-ego (sa moitié).


Mais il n'eut aucun résultat. 


Abandonnée par ceux en qui elle avait placé toute sa confiance, ce fut à son tour d'abandonner ceux qui tenaient à elle. Lâchement, Ludvina White fuit dans la nuit, créant derrière elle un incendie médiatique et une peine foudroyante pour ses proches.


Pour ne pas avoir trop de remords, elle arrêta de se renseigner sur les nouvelles d'Unys. Elle se concentra sur son voyage qui l'amena aux quatre coins du globe. Elle fit des rencontres extraordinaires, des banales, des bonnes, des moins bonnes. Elle captura de nouveaux Pokémon, se fit de nouveaux amis, mit au point de nouvelles stratégies.


Ludvina avait dix-sept ans. Reshiram continuait de dormir.


Elle découvrit de nouvelles cultures, des nouveaux mythes. Elle apprit même une ou deux autres langues en plus ! Lentement, Ludvina oublia sa peine.


Elle avait dix-neuf ans. Le Galet Blanc pesait un peu moins lourd dans son sac.


Elle était Ludvina White. Une dresseuse exceptionnelle, c'était ce qu'on lui disait toujours après un combat rondement mené.

Et c'était tout. Les gens l'avaient oubliée - avaient oublié ses prouesses, oublié ce qu'elle avait fait et l'éveil du dragon Blanc Réel. Aussi paradoxale que ça l'était, ne plus être reconnu lui manquait. Mais elle devait se faire une raison : elle n'était plus la seule adolescente ayant suscité l'intérêt des Dieux. Kalem a acquis la confiance de Yvelta. Selene, tout juste nouvelle Maître de la Ligue d'Alola, combat avec une créature venue d'un autre monde — Lunala. Mélis, le jeune successeur à la ligue d'Unys, a fait ses preuves auprès de Zekrom. Ludvina en était tombée des nues à cette nouvelle. Qu'était-il arrivé à N ?


De là, une spirale commença. Elle pensait à ses amis laissés derrière elle. Elle pensait à sa mère qu'elle n'avait jamais rappelée depuis. Elle pensait à Unys.


Elle pensait à N. 


Le Galet Blanc resta sourd à ses prières muettes. 


Ludvina White a vingt-deux ans. Renouet n'a pas tant changé depuis la dernière fois qu'elle est venue : il y a peut-être un peu plus de monde, mais la sérénité et l'esprit de la petite ville restent bien présents à son plus grand bonheur.

Il fait nuit. Des Chovsourir volettent en poussant de joyeux petits cris. Ludvina a un sourire nostalgique. Ses pas se ralentissent alors qu'elle approche de la maison où elle a vécu toute son enfance. Est-ce que sa mère vit encore ici ? Il n'y a qu'un seul moyen de le savoir...


Elle sonne. Attend.


Elle hésite à appuyer une seconde fois. Avant qu'elle ne le puisse, la porte s'ouvre.


Sa mère semble avoir vieilli de dix ans. C'est presque le cas. Les larmes ne coulent pas encore mais même dans la pénombre, Ludvina peut voir qu'elles sont prêtes à tomber.


— LUDVINA ! s'écrie sa mère en se précipitant vers elle.


Ses bras l'enserrent aussitôt. La jeune femme l'imite aussitôt, la serrant fort contre elle. Sa mère éclate en sanglots et, pendant de longues minutes, les deux femmes restent dans les bras de l'une et de l'autre. Puis, sa mère a pris entre ses mains le visage de sa fille unique. Ludvina a un sourire un peu coupable, et lui murmure : 


— Je suis de retour.

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