Le faiseur de masques

Chapitre 4 : Intrus parmi les pommes

Par Orube

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Le soleil se leva dans un silence tendu entre les deux jeunes gens. Ils avançaient le long de la route qui menait jusqu’au port, les mâts des bateaux de longs sillages noirs dessinant des rayures sur le bleu de l’eau.


C’était un lieu de passage commercial, mais il n’était pas si fréquenté. Au nord se trouvait Hisui, que d’aucuns qualifiaient de nouvelle frontière : si ses habitants avaient besoin du riz et des vivres que l’on produisait dans la région, ils étaient, somme toute, fort peu nombreux. Ainsi, le port demeurait d’une taille modeste.


Zeiyu avait ralenti le pas et semblait flâner, allant dans un sens puis dans l’autre, à la manière des touristes qui se rendaient chaque année au festival des masques. Cependant, contrairement à eux, l’indécision de la jeune femme était feinte.


Son regard se posa sur un navire que l’équipage était en train de charger. La coque en bois était d’une taille respectable, et au vu des nombreuses marchandises qui attendaient non loin, le bateau était destiné au ravitaillement.


L’espace d’un instant, Suguri crut que c’était la nourriture qui avait piqué son intérêt. Elle n’avait, après tout, pas eu l’occasion d’en emporter avec elle, tout du moins de ce qu’il en savait. Lui-même sentait son estomac gronder après toutes ces heures de marche, mais il était assez habitué à la faim pour que sa boussole morale fonctionne encore.


— Ce serait du vol, chuchota-t-il.


Zeiyu fit mine de ne pas l’entendre. Elle s’approcha peu à peu. Suguri la suivit en essayant de se faire aussi petit que possible. Il ne manquerait plus qu’ils se fassent tous les deux arrêter.


Un cri retentit et fit bondir le jeune homme, certain que leur attitude suspecte les avait fait repérer.


— Pokémon ! Il y a un Pokémon dans la cale ! Où sont les membres du Corps des Chercheurs ?


Suguri réprima un soupir de soulagement. L’agitation n’avait rien à voir avec eux.


Il y eut du mouvement parmi les autres personnes en présence, des visages désemparés, mais aucune réponse.


— Bon sang… À quoi bon les faire monter à bord s’ils ne sont pas là quand on a besoin d’eux ? Ils vont laisser la vermine dévorer les marchandises !


L’homme, visiblement chargé du bon déroulement des opérations, s’éloigna du bateau à grands pas sans jamais cesser de crier les noms de ceux qu’il cherchait. Le reste de l’équipage demeura confus une minute ou deux, des murmures parcourant le groupe, puis, peu à peu, chacun reprit sa tâche.


Alors que l’accès au bateau était dégagé, Zeiyu s’élança. C’est seulement là que Suguri comprit que ç’avait été son intention depuis le départ. Ravalant une plainte qui ne ferait que leur nuire si quiconque les remarquait, il la poursuivit avec l’intention de la retenir physiquement s’il le fallait, mais elle allait trop vite pour lui. Lorsqu’il parvint enfin à la rattraper, ils étaient déjà à bord.


— Tu es folle ? souffla-t-il entre ses dents. Tu te rends compte de ce qui se passera si on se fait prendre ?


— Si ça t’inquiète, je ne te retiens pas, tu peux descendre, répondit-elle avec un sourire moqueur.


Elle balaya les lieux du regard avant de se faufiler à l’intérieur, moins en vue qu’elle ne l’était sur le pont. Tandis qu’elle était sur le point de relâcher sa garde, Suguri décida de tenter le tout pour le tout : il plaqua une main sur son visage et lui attrapa le bras sans s’inquiéter de lui faire mal au non, pourvu qu’il réussisse à la tirer de là. Dans sa précipitation, il avait oublié à quel point sa sœur était meilleure que lui à ce petit jeu.


Dix secondes plus tard, c’était lui qui était à plat ventre, le bras douloureusement tordu dans son dos. Zeiyu était agenouillée sur ses jambes et appuyait sa main contre son crâne, bloquant tout mouvement. La joue pressée contre le sol, c’était tout juste s’il pouvait encore respirer.


— Ne refais jamais ça, tu m’entends ?


Le venin dans sa voix lui donna des sueurs froides. Il s’efforça de répondre, mais la surprise ainsi que la douleur le paralysaient.


Tout à coup, une voix vint interrompre leur mêlée.


— Tu n’as pas entendu un truc bouger ?


— C’est sans doute un Keunotor ou je ne sais quoi, répondit tranquillement une voix féminine. Viens. Si on peut régler ça rapidement…


Deux silhouettes surgirent derrière les caisses de vivres et les énormes sacs de riz. Zeiyu s’empressa de relever son frère pour les dissimuler au regard des nouveaux venus, plaquant une main sur sa bouche pour s’assurer qu’il ne les trahisse pas.


— Il a parlé des pommes, non ? Elles sont où ?


Suguri entendit du mouvement. Par chance, elles se trouvaient plus loin d’eux, et les deux membres de l’équipage ne s’intéressaient à rien d’autre. Après quelques minutes de recherche infructueuse, ils étaient prêts à rendre les armes.


— Je ne vois pas de Pokémon et j’ai déjà assez mal au cœur en restant sur le pont. Est-ce qu’on peut remonter ?


À en croire la question et le ton suppliant de la voix de l’homme, la femme qui l’accompagnait était sa supérieure, ou tout du moins son aînée. Elle prit le temps de la réflexion avant d’admettre :


— On ne va pas soulever chaque fruit un par un pour vérifier, sinon on sera à Hisui avant d’avoir fini.


Le cœur de Suguri rata un battement. Il fallait qu’il regagne la terre ferme, et vite.


Lorsqu’il fut de nouveau seul avec Zeiyu, il tenta de se débattre, mais elle ne l’entendait pas de cette oreille. Pourquoi était-elle à ce point plus forte que lui ? Il connaissait sa tendance à en venir aux mains avec les autres enfants du village et, sans doute, l’habitude aidait. Lui-même en avait déjà fait les frais plus jeune, parce qu’il avait dit quelque chose pour lui déplaire. Néanmoins, il avait cru qu’en grandissant, la différence entre eux s’amenuiserait. Il s’était trompé.


Plusieurs dizaines de minutes s’écoulèrent. Il avait cessé de résister, conscient qu’il n’aurait pas le dessus. Le mouvement du bateau, léger tant qu’il était amarré, se fit plus franc, et il devint bientôt clair qu’ils avaient levé l’ancre.


Zeiyu s’en était aperçue. Maintenant qu’il était trop tard pour descendre, elle le relâcha.


— Ne t’avise pas de crier, l’avertit-elle.


Il n’était plus en état de le faire. Mille questions l’assaillaient. Qu’allaient dire leurs grands-parents ? Sauraient-ils seulement qu’ils étaient en vie ? Reverrait-il jamais leur maison ? Il ignorait comment il pourrait descendre du bateau sans se faire remarquer, et l’idée de devoir effectuer la traversée en sens inverse lui semblait hors de portée. Si au moins il avait eu de l’argent sur lui…


Et Fouinette ? Est-ce qu’il aurait assez à manger, en son absence ? Si par miracle il parvenait à rentrer chez lui sans encombre, le petit Pokémon serait-il toujours là pour l’accueillir ?


Il avait laissé ses outils et ses pinceaux sur la table avant de partir. La laque aurait séché sur les poils du pinceau avant que son grand-père ne réalise leur absence. Il allait encore lui faire perdre du temps. Ils n’avaient pas ce luxe, Yukinoshita le lui rappelait souvent. Si son père avait été en vie, les choses auraient été différentes, mais puisqu’il n’était plus là pour lui transmettre ce qu’il savait, ce devoir incombait au vieil homme.


— Sugu, fais moins de bruit.


Malgré ses mots, Zeiyu avait perdu de sa verve. Elle savait que son frère n’avait pas plus de contrôle qu’elle quand son souffle s’accélérait ainsi. La panique l’avait complètement submergé, et ses joues étaient baignées de larmes. Tout juste parvenait-il à contenir sa voix tandis que les sanglots secouaient ses épaules.


En vain.


— Il y a du mouvement en dessous !


— Le Pokémon ! Il est revenu !


— Attrapez-le, cette fois ! On ne va pas faire que ça !


Zeiyu émit un son agacé avant d’enrouler ses bras autour de lui, dans l’espoir crédule que s’ils occupaient moins de surface, ils seraient plus difficiles à repérer. Il serra les paupières. La situation le dépassait, et tout ce qu’il voulait, c’était disparaître.




* * *




— Tu es réveillé ?


Les yeux toujours fermés, Suguri offrit un hochement de tête bref. Il aurait donné cher pour, mais il n’avait jamais perdu connaissance.


Sans surprise, les matelots les avaient découverts, puis attachés faute de pouvoir se débarrasser d’eux en pleine mer. Ils avaient eu la clémence de ne pas les jeter à l’eau. C’était déjà ça.


Zeiyu soupira.


— Sans toi, je n’en serais pas là. Pourquoi est-ce que tu t’obstines toujours comme ça… ?


Il ne trouva rien à répondre. Lui-même commençait à se poser la question, même s’il était sûr d’une chose : ce trait-ci courait dans leur sang.


— La grande question, maintenant, c’est où ils vont nous débarquer… marmonna-t-elle. De ce que j’ai entendu, Hisui est une terre sauvage. S’ils nous abandonnent à l’arrivée…


Elle ne termina pas sa phrase et poussa un cri de surprise. Plusieurs pommes venaient de s’abattre sur sa tête et ses épaules, après avoir roulé du haut d’une caisse qui aurait pourtant dû être fermée.


— Aïe ! Mais… ? Qu’est-ce que… ?


Elle s’écarta maladroitement pour se soustraire à l’averse de fruits qui continuait.


— Vous n’êtes pas sérieux ? s’exclama-t-elle. Vous faites des simagrées pour deux personnes de plus à bord, mais vous vous fichez d’abîmer les pommes qu’on a cueillies à la sueur de notre front ? Fermez cette caisse !


Suguri aurait été incapable de dire si elle souhaitait réellement attirer l’équipage au-dessus d’eux ou si elle évacuait juste sa frustration, mais le résultat fut le même.


La porte s’ouvrit pour la troisième fois depuis qu’ils étaient coincés ici, et deux personnes vêtues d’un uniforme sombre descendirent les rejoindre. Il reconnut la voix de la jeune femme qui leur avait appris la destination du bateau quand celle-ci leur demanda d’un ton sévère :


— Ça ne vous suffit pas qu’on vous attache, il faut aussi qu’on vous bâillonne ?


— Qu’est-ce qui s’est passé ici ?!


Le garçon qui l’accompagnait venait de remarquer les pommes répandues sur le sol. Sa comparse ne semblait guère amusée.


— Vous aviez faim ?


— Elles sont tombées toutes seules ! s’indigna Zeiyu.


— Mais bien sûr.


— Sugu, dis-leur !


Il leva la tête vers ses geôliers. La pièce était sombre, mais il distinguait leurs visages grâce à la lumière que laissait passer la porte restée ouverte derrière eux.


— Il y a un Pokémon quelque part ici.


La jeune femme plissa les yeux sans jamais se départir de son expression agacée.


— D’abord on a des pommes dotées d’une volonté propre, et maintenant un Pokémon fantôme. On a fouillé cette pièce un peu plus tôt. Rappelez-moi ce qu’on a trouvé ?


— Rien ? tenta Zeiyu.


— Vous deux ! C’était vous qui causiez tout ce raffut, ne nous prenez pas pour des imbéciles ! Bon sang… Pourquoi est-ce qu’ils sont tous décidés à me faire perdre mon temps, aujourd’hui ?


Elle tourna les talons pour sortir. Zeiyu l’interpella, la voix plus suppliante à présent.


— Vous n’allez pas nous laisser ici avec un Pokémon sauvage alors qu’on ne peut pas se défendre ?


Elle esquissa un geste de la tête pour désigner ses pieds liés aux chevilles. S’il s’était agi d’un Pokémon agressif, alors ils auraient vraiment été en danger. Cependant, Suguri pensait savoir de quelle créature il s’agissait, et il avait bien plus peur de ce dont l’équipage était capable que de leur colocataire impromptu.


— En ce qui me concerne, s’il y a vraiment un Pokémon ici, alors ça vous servira de leçon. Rien de tout cela ne serait arrivé si vous ne vous étiez pas introduits sur ce bateau.


Elle marquait un point. Zeiyu tenta le tout pour le tout.


— Emmenez mon frère avec vous, au moins. S’il est là, c’est seulement parce qu’il voulait me ramener à la maison.


— Et je suis censée te croire sur parole ?


— C’est la vérité !


Elles continuèrent ainsi durant quelques secondes. Le garçon qui se tenait en retrait, lui, fixait la pile de pommes du regard.


— Euh… Shō ? l’appela-t-il d’un ton inquiet.


Elle pivota, irritée qu’on l’interrompe dans son échange stérile.


— Quoi ?


— Les pommes… elles bougent toutes seules.


— Ne raconte pas n’importe…


Mais elle s’arrêta net en voyant quelques fruits rouler du haut de la pile. Suguri n’en perdait pas une miette. Si le remous des vagues avait été responsable, alors les pommes ne donneraient pas l’impression de sauter comme elles étaient en train de le faire.


Shō plongea une main dans le sac qu’elle avait noué autour de sa taille.


— Je rêve. On ne peut pas avoir une minute tranquille. Et moi qui pensais que le ravitaillement serait une bonne occasion de relâcher un peu la pression…


— Ça ressemble à un Pokémon spectre, affirma le jeune homme.


— Non, intervint Suguri.


Les deux autres le dévisagèrent, surpris de l’assurance avec laquelle il venait de les contredire.


— Un Pokémon psy, alors ? Ils ne sont pas légion à pouvoir faire léviter des choses.


Il secoua la tête en signe de dénégation.


— Je ne l’ai pas bien vu, alors je ne peux pas être entièrement sûr, mais… ces pommes, elles viennent des vergers de Suiryoku, n’est-ce pas ?


La jeune femme se tourna vers son acolyte. Ce dernier acquiesça.


— C’est sans doute un Verpom. Il y en a beaucoup, et on finit toujours par en retrouver un qui a réussi à se faufiler dans les réserves de pommes. Ils vivent dedans, expliqua-t-il devant le regard confus des deux autres.


Le visage du jeune homme se décomposa quand il réalisa ce que cela impliquait.


— Tu es en train de nous dire que le Pokémon qu’on cherche est une pomme ?


Il eut un coup d’œil désespéré vers les caisses de fruits. Shō n’était guère plus réjouie.


— C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Est-ce qu’il y a un moyen de le reconnaître plus rapidement… ?


— Maintenant, vous nous demandez de l’aide ? railla Zeiyu. Si vous nous détachez, je veux bien vous le dire.


— Il n’y en a pas, pas tant qu’il se cache à l’intérieur de la pomme, répondit Suguri sans se soucier des protestations indignées de sa sœur.


— Donc même en vérifiant chaque pomme une par une, ça ne suffirait pas, grogna Shō en se frottant l’arrête du nez. Il aurait encore une chance de nous échapper.


— Il y a un moyen.


Il avait leur attention pleine et entière. Pour tout dire, il était surpris de l’étendue de leur ignorance sur le sujet. Les gens du village avaient l’habitude des Verpom ; ces derniers faisaient partie du quotidien au même titre que la pluie et le hululement des Hoothoot.


— Ils ne font pas que vivre dans les pommes. Ils s’en nourrissent. Et s’ils croisent une pomme qui semble meilleure que la leur, ils s’y installent.


— Donc en plus de nous voler nos fruits, ils les gaspillent.


— C’est nous qui les avons fait pousser, protesta Zeiyu.


— Est-ce que tu vas finir par la boucler ? intervint Suguri, excédé.


Faute d’avoir les mains libres, elle lui donna un coup d’épaule pour le punir de son impertinence. Il continua comme si rien ne s’était passé.


— Trouvez deux ou trois belles pommes et mettez-les bien en évidence sur le sol, à l’écart des autres. Après… cachez-vous. Les Verpom sont plutôt farouches. S’ils sentent le moindre danger, ils se contentent de rester cachés.


— Très bien. Teru, aide-les à se déplacer plus au fond. Je m’occupe de trouver les appâts, annonça Shō.


Tous se mirent en position. Suguri craignait que Zeiyu ne sabote leurs efforts à force de ses plaindre, mais après avoir interdit à Teru de la toucher, elle s’était elle-même frayé un chemin à l’écart, quitte à y passer bien plus de temps que nécessaire.


Se débarrasser d’un Verpom était avant tout un travail de patience et de persévérance. Suguri et sa sœur y étaient habitués, et pour une raison qui lui échappait, si les deux autres n’étaient pas familiers du petit Pokémon parasite, ils avaient l’air parfaitement dans leur élément. À ceci près, peut-être, que le visage de Teru se faisait un peu plus pâle à chaque minute qui s’écoulait.


— Je ne veux plus jamais avoir à monter sur un bateau, grommela-t-il au bout d’un moment.


Shō lui fit signe de se taire. Teru grimaça, mais il obtempéra.


Ils sursautèrent en voyant les pommes bondir à nouveau vers le plafond. Tous demeurèrent silencieux, priant pour que ce mouvement marque la fin de leur attente. Ils ne furent pas déçus.


Le Verpom en question se faufila vers le haut de la caisse où il s’était réfugié. Signe qu’il s’enhardissait, ses yeux étaient bien visibles, même s’il ne bénéficiait plus du feuillage des arbres pour que leur couleur et leur forme remplissent leur fonction de camouflage.


Le visage de Shō se fendit d’un sourire.


Verpom bondit de la caisse pour s’approcher des appâts. Il avait jeté son dévolu sur une pomme à l’odeur particulièrement sucrée, quand Teru lui lança quelque chose.


Suguri n’avait pas eu le temps de voir de quoi il s’agissait. Un éclat de lumière illumina brièvement la pièce, et Verpom disparut. Là où il se tenait jusque-là se trouvait une sphère en bois qui s’agitait d’avant en arrière, jusqu’à se figer avec un petit craquement similaire à celui d’un feu d’artifice. Une légère fumée s’éleva dans l’air.


Shō et Teru se redressèrent aussitôt. Pendant que ce dernier alla ramasser la sphère cerclée de métal, la jeune femme se félicita :


— Caninos n’aura même pas eu besoin d’intervenir.


Zeiyu balaya la pièce d’un coup d’œil interloqué, comme si elle cherchait où pouvait bien se cacher le petit Pokémon au pelage tigré qui comptait parmi les rares que les villageois domestiquaient parfois pour monter la garde.


— J’aime mieux le laisser dans sa Poké Ball pendant la traversée, expliqua Shō en désignant une sphère similaire à celle qui venait de faire disparaître Verpom et qu’elle portait à sa ceinture.


Zeiyu mit une seconde à comprendre ce que cela impliquait.


— Tu es en train de me dire que ces balles peuvent emprisonner des Pokémon ?


Puis, prenant conscience de l’ampleur de ce qu’elle venait d’apprendre :


— Est-ce qu’elles fonctionnent aussi sur les humains ?


— Si c’était le cas, on n’aurait pas perdu notre temps à vous attacher, remarqua Teru d’un ton jovial.


Suguri eut un rire jaune. Maintenant qu’il avait eu le temps de s’imaginer coincé dans une de ces sphères, les cordes autour de ses poignets et ses chevilles ne lui paraissaient plus si terribles.


— Qu’est-ce que vous allez faire de ce Verpom ? demanda-t-il.


— Je suppose que je le relâcherai une fois qu’on sera arrivés…


— Certainement pas, s’interposa Shō. Je n’ai jamais vu de Pokémon pareil à Hisui. Si on le relâche, on est reparti pour une invasion. Tu te souviens des Goupix des Terres Immaculées ?


Chose étonnante de par son mal de mer, Teru pâlit encore un peu plus.


— Je ne veux plus jamais avoir à chercher un Goupix dans la neige.


Suguri songea que cela semblait pourtant aisé, dit comme ça, mais à voir l’effroi sur le visage du jeune homme, peut-être que quelque chose lui échappait.


Shō haussa les épaules.


— Verpom reste dans sa Poké Ball jusqu’à ce qu’on ait consulté le professeur et la cheffe.


Teru acquiesça avec vigueur.


— Quant à vous deux…


Elle réajusta le carré de tissu blanc qui encadrait ses longs cheveux noirs.


— Merci. Sans votre aide, on aurait pu y passer des heures.


— De rien. Détachez-nous.


Si Suguri trouvait que Zeiyu poussait un peu sa chance, il n’en pensait pas moins. Shō ne semblait guère disposée à accéder à sa requête, mais Teru avait plus de scrupules.


— Ce n’est pas comme s’ils pouvaient aller bien loin. On pourrait leur donner quelque chose à faire ? Ils seront toujours mieux à travailler qu’à moisir ici pendant des jours.


Il brandit une Poké Ball et ajouta avec entrain :


— Et puis, s’ils font quoi que ce soit de suspect, je suis sûr que Pikachu sera ravi de s’en occuper.


Shō marmonna un instant, avant de céder.


— Laisse-moi juste demander l'accord du capitaine.




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