Nous voulions simplement être des héros... par

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Continuation / Aventure / Action

1 Le braquage

Catégorie: G , 2172 mots
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- Un braquage vient d'avoir lieu à la banque Assart, envoyez-moi des renforts immédiatement. Je répète : envoyez-moi des renforts !

L'agent Jenny reposa son communicateur sur son support, à l'avant de sa moto, et accéléra l'allure. Quoiqu'un peu grésillante, la réponse ne tarda pas à lui parvenir. D'autres policiers étaient déjà en route pour le lieu où le crime était en train d'être commis. Le commissariat avait réagi très vite : ils avaient une chance d'arrêter les bandits avant qu'ils ne s'enfuient avec leur butin.

Parvenue à un carrefour, la femme bifurqua brutalement dans une ruelle sur sa droite. Elle exerçait à Voilaroc depuis qu'elle avait obtenu son diplôme national de sécurité civile et elle connaissait les moindres recoins de cette ville. Elle savait qu'elle venait d'emprunter un raccourci.

Moins d'une minute plus tard, elle débouchait à vive allure sur l'avenue où se trouvait la banque Assart. Ses collègues n'avaient pas encore eu le temps de mettre en place un barrage routier et la circulation était dense. Elle manqua d'emboutir une décapotable, mais ne ralentit pas l'allure pour autant.

Elle repéra à distance la vieille camionnette déglinguée qui était garée devant l'établissement. Elle ne portait pas de plaques d'immatriculation : le contraire aurait étonné Jenny. Deux hommes cagoulés étaient en train de jeter à l'arrière des sacs en toile de jute, certainement remplis de billets.

La femme lâcha le guidon de la moto d'une main pour saisir son arme de service, qu'elle portait à la ceinture. Elle était déjà chargée et prête à tirer. Alors qu'elle se rapprochait dangereusement de la zone où étaient stationnés les malfrats, elle freina violemment.

- Police de Voilaroc ! s'écria-t-elle en pointant le canon de son pistolet dans leur direction. Les mains en l'air, vous êtes en état d'arrestation !

Elle s'empressa de passer sa jambe par-dessus le siège de la moto et de se dresser face à eux sur ses deux pieds. Elle ne distinguait rien d'autres des deux individus que leurs yeux, qui la fixaient d'un air rieur. Jenny en avait l'habitude. Elle était souvent sous-estimée, que ce soit par ses pairs ou par les criminels qu'elle finissait pourtant toujours par jeter en prison.

- J'ai dit : les mains en l'air !

La seule réponse qu'elle obtint fut un vrombissement puissant. Apparemment, les malfrats avaient un troisième complice, qui se trouvait déjà au volant de la camionnette. Une fumée noire jaillit du pot d'échappement pour aveugler l'agent Jenny. L'odeur nauséabonde lui encrassa les poumons et elle fut victime d'une quinte de toux, pendant que les voleurs en profitaient pour monter à bord de l'habitable.

Elle tenta de viser un pneu avec son arme pendant que le véhicule démarrait, mais elle manqua sa cible, car sa vision était encore troublée. Comprenant qu'elle n'aurait à présent aucune chance de les arrêter elle-même, elle décrocha son communicateur afin de coordonner ses collèges.

- Trois hommes à bord d'une camionnette des années 80, pas de plaques minéralogiques. Ils sont partis vers le boulevard Haulevent. Intercept...

Jenny n'acheva pas sa phrase. Ses yeux se posèrent au même instant sur un Luxray qui remontait la rue au grand galop, visiblement lancé à la poursuite des braqueurs. Un Chimpenfeu était assis sur son dos et une Gardevoir suivait, courant dans son sillage. Une Hélédelle volait élégamment à côté d'elle, transportant un Carabaffe. Un Goinfrex, très loin derrière, fermait la marche.

- Interceptez-les, reprit l'agent Jenny. Vite !

***

- Plus vite, Zaiyad, plus vite !

- Je serais sûrement moins lent si je ne devais pas te transporter sur mon dos.

La réplique du Luxray eut l'effet escompté. Le Chimpenfeu, à califourchon sur son dos, se tut aussitôt et cessa de s'agiter. Au cours des vingt derniers mètres, dès qu'il avait vu la camionnette démarrer, il avait entrepris de donner des coups de talons à sa monture, meurtrissant les côtes de celle-ci.

- Est-ce que tu as un plan, au moins ? lança la Gardevoir derrière eux.

- J'en avais un les deux dernières fois, mais aucun n'a fonctionné. Rattrapons-les et nous aviserons à ce moment-là de ce que nous ferons. Boulard tient le coup ?

La pokémon psy se retourna pour jeter un rapide regard au Goinfrex. Haletant, il perdait de plus en plus de terrain sur ses amis. Le rythme du Luxray dénommé Zaiyad était bien trop rapide pour lui qui n'était pas un grand sportif, et qui devait surtout déplacer sa masse imposante.

- Non, on va le perdre.

- Tant pis, alors. Il nous rattrapera. Vanille ! s'écria Zaiyad. On fonce !

L'Hélédelle répondit par un claquement de bec, avant de se propulser vers l'avant d'un puissant coup d'ailes. Le Chimpenfeu resserra ses pattes autour de l'encolure du Luxray, tandis que celui-ci allongeait ses foulées. Il était rapide et agile. Il n'avait aucun mal à se faufiler au milieu de la circulation pour ne pas perdre de vue la camionnette qu'ils suivaient.

Celle-ci ne roulait pas aussi vite qu'elle le devrait, à cause des nombreux véhicules qui ralentissaient sa progression. Elle n'eut pas d'autre choix que de s'arrêter à un stop, attendant que la voie se libère pour s'engager sur le boulevard Haulevent. Lorsque cela se produisit, Zaiyad était pratiquement à sa hauteur.

- Saute, Willy ! ordonna-t-il au Chimpenfeu.

Le véhicule donna un puissant coup d'accélérateur, qui fit à nouveau cracher son pot d'échappement. En voyant le nuage noirâtre qui en sortait, le singe enflammé recula instinctivement, une grimace sur le visage.

- Tu n'es pas sérieux, j'espère ? Regarde-moi ça, c'est un coup à s'encrasser les poumons ! C'est sans doute plus toxique que ces bâtonnets que fument les humains, les cigarettes ou je ne sais quoi.

- Willy, si tu n'y vas pas maintenant, ils vont réussir à nous semer, insista Zaiyad. Je ne pourrai plus maintenir la cadence très longtemps.

- Pas question. En plus, je suis certains qu'il y a des tonnes et des tonnes de miasmes, là-dedans. C'est mauvais pour la santé.

Le Luxray leva les yeux au ciel. Il avait rencontré de nombreux pokémon, au cours de sa vie, mais Willy était le seul de sa connaissance à souffrir d'hypocondrie, ce qui se révélait particulièrement dérangeant en de telles situations. Entêté comme l'était le singe, il savait qu'il ne parviendrait pas à le convaincre.

Zaiyad observa les alentours. De nombreux passants flânaient sur les trottoirs et quelques voitures étaient stationnées sur le bord de la chaussée. S'ils tentaient d'arrêter les voleurs par la force, ils pourraient blesser des innocents. Ils devaient procéder en douceur, mais comment ?

Soudain, la camionnette vira brutalement sur sa droite pour s'engager sur une place où se tenait un marché. En regardant devant lui, le Luxray comprit immédiatement pourquoi. Un véritable mur de policiers se dressait à l'extrémité du boulevard. Ils avaient barré la route et ne laissait passer les véhicules que par une petite ouverture, qu'ils se tenaient prêts à boucher avec deux voitures de fonction pour bloquer la voie aux bandits.

Ceux-ci, cependant, espéraient leur couper l'herbe sous le pied en tentant de fuir par la zone piétonne. En voyant cette camionnette déglinguée fondre sur elle, la foule présente se dispersa en poussant des cris. Le moyen de transport des braqueurs percuta de plein fouet un étal de confitures et des milliers d'éclats de verre rebondirent sur le sol dans son sillage.

Zaiyad pila. La zone était trop importante pour qu'il songe à sauter par-dessus et s'il se risquait à la traverser, il se blesserait les pattes. Il devait la contourner, mais cela lui ferait perdre un temps précieux. Heureusement, Vanille l'Hélédelle pouvait la survoler.

- Raphaël ! cria-t-il au Carabaffe assis sur son dos. Hydrocanon !

Tandis que l'oiseau se rapprochait de sa cible, la tortue bleu bondit dans les airs pour disparaître dans sa carapace. Elle se mit à tournoyer sur elle-même, tout en tirant de puissants jets d'eau, qui atteignirent le flanc de la camionnette. Déséquilibrée par la pression et trop lourde pour être redressé, le conducteur perdit le contrôle du véhicule, qui fit un demi-tour sur lui-même.

- Non ! hurla Zaiyad.

Sans le vouloir, ils avaient servi les desseins des malfrats, puisque ceux-ci repartaient dans la direction opposée, vers le boulevard qu'ils avaient à peine quitté et qu'ils pourraient désormais emprunter dans l'autre sens. Pendant ce temps, Raphaël, emporté par son élan, poussa un cri en constatant qu'il allait atterrir dans une fontaine décorative.

- Vanille ! s'écria-t-il. Vanille, rattrape-m...

Un bruit magistral d'éclaboussures couvrit la fin de sa phrase. La Gardevoir, Ashton, qui s'apprêtait à lancer une attaque Feuillemagik sur les roues du véhicule qui passait juste devant elle, fut déconcentrée par son cri. Elle manqua sa cible d'un bon mètre et les malfrats s'éloignèrent.

- Boulard ! s'exclama Zaiyad.

Le Goinfrex venait enfin de les rattraper et d'apparaître sur le trottoir, que la camionnette avait presque atteint. Son regard s'illumina. Il s'élança à toute allure, encore plus vite qu'il n'avait couru durant la traque, et fondit, déterminé, sur les restes de confiture éparpillés sur le sol.

- Hum... De la baie fraive ! susurra-t-il en prenant à pleines mains la délicieuse denrée sucrée.

- Boulard ! se lamenta le Luxray. Bon, il semblerait que je n'ai pas le choix. Accroche-toi, Willy !

Les pattes du Chimpenfeu pincèrent sa fourrure pendant qu'il s'élançait à la suite de la camionnette, Ashton sur ses talons. Vanille aurait voulu les accompagner, seulement il lui fallait encore repêcher Raphaël dans l'eau de la fontaine.

- À mon signal, déclara Zaiyad, vous attaquez. Essayez de viser le mieux possible. Un... Deux... Trois !

La camionnette était de retour sur la chaussée lorsqu'ils visèrent. Willy cracha un puissant Lance-Flamme, Ashton rassembla toute son énergie dans une Ball'Ombre et leur chef balaya la zone d'une Fatal-Foudre. Aucune attaque n'atteignit sa cible, cependant. Le conducteur avait braqué à la dernière seconde pour tourner à gauche.

En revanche, les capacités heurtèrent les voitures de police qui avaient abandonné le barrage pour se lancer à la poursuite des voleurs. Un fracas assourdissant retentit. Les agents de sécurité eurent tout juste le temps de descendre des véhicules, qui venaient de se percuter les uns et les autres, avant ceux-ci n'explosent, frappés par l'électricité qui tombait du ciel.

- Oups... murmura Willy, et ce simple mot suffisait à résumer à lui seul toute la situation.

 

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