Une autre version de l'histoire par

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Deviation / Aventure / Romance

2 Être un dictateur?

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Être un dictateur ?


Trois jours étaient passés depuis l’excursion de Zane dans la chambre de Lokar, cinq depuis sa mission dans les arbres. Et si avoir trouvé la clé de la prison des Imperiaz seul, prouvant ainsi sa force aux membres de son équipe, avait largement rassuré inconsciemment le nouveau chef des E-Teens, le répit n’avait été que de courte durée. Passé l’euphorie de la découverte –et un repos bien mérité-, les sensations de malaise avaient reprises. D’abord, ç’avait été l’impression que les choses ne s’étaient pas passé comme elles auraient dues. Ou plutôt que les façons de faire ne correspondaient pas. Zane avait beau se morigéner intérieurement, que c’était un exploit plus que digne de figurer à son tableau, rien n’y faisait. Puis, il avait commencé à se remémorer les détails de son excursion. Si la prise de risque ne le choquait pas outre mesure, ça rentrait dans les acceptable de son caractère, c’était la partie à l’intérieur de la chambre de Lokar qui le dérangeait. Cette façon de découvrir le coffre…c’était loin de ses habitudes, de ses façons de faire. Ca c’était plutôt le style de Maître Baoddaï, ou de Maya même, pas le sien ! Il avait depuis longtemps tourné la page « monastère » de sa vie, n’en souhaitant plus que vengeance, alors pourquoi avoir réagi de manière aussi naturelle là-bas ? Il n’était pas un de ces pantins pleins de bons sentiments, à crier haut et fort que le bien gagnait toujours ! Sa prudence vis-à-vis du coffre de Lokar ne subissait pas le même traitement de son esprit, ça, il trouvait que c’était un réflexe plutôt bienvenu. Non, ce qui le dérangeait, c’était que s’il l’avait conservé, c’était sur la base d’une supposition qu’il trouvait plus que stupide, refusant d’admettre qu’elle l’inquiétait plus qu’il ne tentait de s’en convaincre. Enfin, sa blessure l’agaçait par-dessus tout ! Elle était peu à peu moins douloureuse, mais une sollicitation excessive continuait de la tirailler désagréablement, le forçant à s’arrêter s’il ne voulait pas avoir l’impression qu’elle se déchirait. Cela lui était arrivé une fois, le lendemain de son excursion :impatient de s’entraîner, il avait voulu se transformer en Bruticon. Bien mal lui avait pris. Il ne se sentait pas de revivre une expérience aussi dérangeante. C’était la première fois qu’il avait eu une telle impression de dislocation en se transformant, et il ne voulait pas recommencer. Il avait aussi enfin pu voir à quoi ressemblait sa blessure, Zair ne pouvant pas toujours s’en charger quand il dormait. Comme il le craignait, il s’agissait bel et bien d’une brûlure s’étalant le long de son sternum, l’incapacitant dans certains mouvements. Lorsqu’il tentait de pousser malgré tout, elle se fendait sur toute sa longueur, laissant échapper un peu de sang. Par chance, la plaie était propre, et Zane trichait un peu sur sa position pour pouvoir faire ce qu’il voulait quand il voulait. Elle était laissée à l’air libre depuis la veille pour favoriser la guérison. Zair avait beau protester qu’il devait se reposer pour guérir de manière optimale, il n’en faisait qu’à sa tête, comme d’habitude, et chaque fois la jeune E-Teens levait les yeux au ciel, incapable de le faire se tenir tranquille, se contentant de l’accompagner pour être sûre qu’il ne forçait pas (trop).

Mais il n’avait pas le temps d’attendre qu’il soit complètement rétabli ; les Imperiaz approchaient du but, il le sentait. Encore quelques heures, et il pourrait mettre son plan à exécution. Zair et Tekris savaient ce qu’ils devaient dire, lui ce qu’il allait faire. Le tout était parfaitement rôdé, les Imperiaz n’auraient d’autre choix que de se plier à sa volonté, reconnaissant sa suprématie.

Cependant, allongé dans son lit sur le dos, un bras plié sous sa nuque, Zane ne se sentait pas tranquille. L’exaltation qu’il aurait du ressentir à ce moment précis, l’impatience qui devrait normalement monter pour envahir son être se faisait plus que désirer. Grognant de frustration, l’adolescent, certain que ses coéquipiers ne viendraient pas le déranger –il avait largement fait comprendre qu’il ne supporterait pas ce genre d’insubordination, sauf cas exceptionnel- il fit le geste de tracer un cercle dans l’air au-dessus de lui. Un contour correspondant à son tracé apparu, devenant ensuite opaque puis miroitant comme une surface réfléchissante. Fermant les yeux, Zane murmura « les Imperiaz ». Aussitôt, la surface se brouilla, puis s’éclaircit pour révéler les trois E-Teens, passant rapidement de montagne en montagne, à la recherche de la prison de leurs parents. Un petit tour apprit durant son enfance, et qu’il avait jalousement gardé pour lui – à l’exception de Zair : trop heureux de sa découverte, il s’était empressé de venir la trouver pour la lui montrer. Il se souvenait de l’air ébahi de la petite fille qu’elle était alors, et de ses petites mains battant l’une contre l’autre sous ses rires aigus. Grognant, Zane chassa le souvenir de son esprit pour se reconcentrer sur l’image. Bon, ils n’avaient pas vraiment avancé depuis la dernière fois, il avait encore n peu de temps avant de se mettre en piste. Il avait décidé de se rendre sur place lorsque les Imperiaz ne seraient plus qu’à deux ou trois montagnes de la prison. Encore quelques heures à ce rythme.

Soupirant, le voyeur fit un vague geste de la min, comme pour chasser une mouche. Le « miroir » disparut, ne laissant qu’une mince volute de kaïru qui disparut dans la seconde. Mieux valait qu’il s’économise, lui et son kaïru intérieur. Normalement il ne devrait pas y avoir de bataille, mais dans le doute, mieux valait prendre ses précautions, se dit-il en fermant les yeux pour se reposer. Il resta immobile presque une minute, avant de grogner et de se tourner sur le côté. Il tint encore un peu, avant de se redresser. Il s’était entraîné le matin même, et donc ne pouvait pas y retourner tout de suite s’il voulait être prudent, mais l’immobilité lui pesait. Depuis longtemps déjà, il détestait ne rien avoir à faire, ou même ne rien faire. Quand il se bougeait, il n’avait pas à réfléchir outre mesure, alors qu’en restant allongé comme maintenant, il se retrouvait seul avec lui-même et ses pensées. Un véritable cauchemar. Jetant un coup d’œil à l’extérieur, il vit que Zair s’entraînait aux arts martiaux. Déplaçant son regard, il vit également Tekris observant avec attention le sommet abîmé de la forteresse, sûrement en train de prévoir quels travaux il allait falloir entreprendre en priorité. Impossible de les rejoindre sans raison valable donc. Quoique, s’il prétendait vouloir voir s’ils se tenaient prêt ? Non, il leur avait fait le coup une demi-heure auparavant. Il était trop fébrile pour lire également, et les jeux de société en solitaire ne servaient à rien par définition, sans compter qu’il n’y en avait même pas. Établir un autre plan pour la suite ? Il tenta d’y réfléchir calmement, avant de laisser tomber. Oh, il aurait bien le temps d’y penser plus tard, il ne parvenais pas à se concentrer, repris par cet étrange pressentiment qui lui oppressait de nouveau la poitrine. Ses actes étaient justifiés après tout, un maître du mal avait forcément une armée, sinon un quota minimum de personnes à son service, et comme il prenait la place de Lokar, c’était logique que tous ses anciens disciples se rangent sous sa bannière, point !

Ne sachant quoi faire d’autre, il traça un nouveau cercle. Cette fois, celui-ci se contentait d’un contour rougeâtre instable. Passant sa main au travers, Zane en ressortit le coffret de Lokar. Encore un tour, qui avait mis plus de temps à rester stable – la première fois, l’adolescent avait faillit y perdre sa main. L’ouvrant, il saisit un papier plié en quatre. Sur la feuille était tracé à la main une carte représentant une région montagneuse. Une croix était inscrite au milieu d’un escarpement rocheux, indiquant la prison. Zane vérifia de nouveau qu’il avait bien mémorisé l’emplacement –une manière de se rassurer sur le futur bon déroulement des opérations-, puis rangea le tout, glissant de nouveau l’artefact à travers le cercle, qu’il fit disparaître. Il se releva avec précaution ; le lit était situé presque à même le sol, un faux mouvement risquait de rappeler sa blessure à son bon souvenir. Une fois debout, il se dirigea vers une chaise près d’une petite table, installées près de la fenêtre, sur lesquelles avaient été déposés ses vêtements et le matériel de soins. S’occupant d’abord de ce dernier, il saisit les compresses stériles après avoir désinfecté la plaie, puis maintint le tout en place à l’aide d’une bande. Bien moins joli que lorsque c’était Zair qui s’en occupait, mais il ne prêtait que peu d’attention à ce détail. Enfin, il remis son T-shirt, puis sa cape. L’épaisseur de celle-ci protégeait sa brûlure des à-coups que pouvait donner la clé, qu’il passa autour de son cou, comme il en avait prit l’habitude (excepté quand il dormait, où il la glissait sous son oreiller). Fin prêt, il sortit de la pièce, jusqu’à rejoindre Tekris sur la plateforme métallique. Après l’avoir vu tant de temps avec un chapeau sur le crâne, il avait encore un peu de mal avec sa nouvelle coupe. Peu regardant sur l’esthétique, le changement en lui-même lui importait peu, mais avec ses cheveux courts, la grande taille de Tekris était plus flagrante encore.

Le voyant apprêté, le E-Teens demanda :

-Alors ça y est, on y va ?

Hochant la tête, Zane cria pour appeler Zair afin qu’elle puisse l’entendre et venir les rejoindre. Relevant la tête, celle-ci comprit à son tour. Se dirigeant rapidement vers la tour, elle ne mit que quelques secondes pour monter l’escalier verglacé et se retrouver près des garçons.

-Il est temps que les Imperiaz se mettent à notre service, déclara Zane, dissimulant son malaise persistant. Dans peu de temps, ils trouveront la prison de leurs parents, et nous serons là !

-Oui, confirma Zair. Et nous leur dirons que tu as pris les commandes. Avec papa et maman entre tes mains, ils n’oseront pas faire les malins très longtemps.

-Cet amour dégoulinant est franchement incompréhensible, conclut Zane avec une grimace de dégoût.

Tekris n’ajouta rien, se contentant d’observer en silence les deux extraterrestres. Depuis qu’il les connaissait, il n’avait jamais vu ni Zane, ni Zair, sembler éprouver quelconque sentiments envers tel enfant et tel parent. Preuve en était l’acharnement qu’avait mis Zane à rappeler la disparition de son père à Ky. Pas par jalousie, du moins Tekris n’en avait pas vu l’intention, mais uniquement parce que cela semblait affecter le chef des Stax à l’époque. Que de la stratégie. Tekris n’en savait pas plus, un accord tacite entre les Radikors faisait qu’aucune question sur le passé ou l’autrefois n’était posée. Lui ne savait que ce que tout le monde savait :que Zane était autrefois entraîné au monastère. En dehors du passé commun, l’étendue de son savoir était plus que réduite.

Bien loin des considérations mentales de Tekris, Zair avait d’autre préoccupations :

-N’oublie pas : ta blessure est encore loin d’être guérie. Ne te transforme pas, s’il y a besoin de se battre, Tekris et moi nous nous en chargerons. Contente-toi d’attaquer en restant sous cette forme.

-Évidemment. Il ne faudra pas montrer le moindre signe de faiblesse devant ces gâtés-pourris habitués à avoir une horde de domestique à leur service, confirma Zane en s’accoudant négligemment au mur. Bien, vous êtes prêts ?

-Plus que prêts !

-Je dirais même, impatients de commencer, renchérit Zair, qui n’aimait guère les Imperiaz.

Un sourire mauvais aux lèvres, Zane décolla, suivi de près par ses acolytes. La journée risquait d’être très intéressante, en dépit de ses pressentiments.


***

A peine les Radikors eurent-ils atterris devant la grotte et s’installèrent sur des cristaux faisant office de promontoire (ils ne furent pas aperçus par les parents des Imperiaz, ceux-ci étant trop absorbés à se disputer pour une vague histoire de couchette), qu’ils entendirent la voix aiguë de Diara résonner. Zair leva les yeux au ciel : cette crécerelle semblait se répercuter dans l’habitacle, produisant à ses oreilles un son plus qu’insupportable. Cependant, Zane lui fit signe d’attendre.

Les Imperiaz entrèrent dans leur champ de vision, toujours sans qu’ils ne soit vus, personne ne songeant à lever les yeux. Zair regarda Zane, attendant un signe positif de sa part pour intervenir. Elle fronça les sourcils, se rendant compte qu’il ne semblait pas vraiment là. Fixant les Imperiaz, il n’avait pas l’air de les voir, plutôt de réfléchir à tout autre chose, et elle n’aima pas ça.. Se tournant vers Tekris, elle vit que lui aussi avait remarqué le comportement de Zane. Il ouvrit la bouche, puis se ravisa. Préférant lancer un regard interrogateur à Zair, celle-ci haussa les épaules en croisant les bras. Ne la voyant pas plus s’inquiéter, il fixa de nouveau les Imperiaz, attendant le signal.

-Ca m’avait manqué d’être la fille à papa ! s’exclama Diara, ravie.

Cette remarque réveilla Zane, qui sortit de ses pensées et hocha la tête à l’attention de ses coéquipiers.

-Les Imperiaz, quelle joie de vous revoir, lança l’adolescent.

Surpris, les intéressés sursautèrent avant de se tourner vers eux.

-Qu’est-ce que vous faites là ? Et qu’est-ce que c’est que ce nouveau style ? C’est vraiment affreux !

Si Zane se moquait totalement des remarques sur sa garde-robe, ce n’était pas le cas de Tekris, qui appréciait beaucoup sa nouvelle coupe de cheveux. Le visage fermé, il répondit immédiatement :

-Nous sommes là pour vous dire que Zane est le nouveau chef…

Dans l’idée de Tekris, il voulait annoncer que désormais, c’était pour lui qu’ils allaient collecter le kaïru désormais, appuyé par Zair. Cependant, avant même que Diara ne fasse sa remarque sur leur style, Zane trouva que le tableau sonnait affreusement faux. Il sentait que son premier plan était évidemment génial et sans faille, mais si habituellement il ne pensait jamais à autre chose qu’aux idées qu’il venait d’élaborer (comme le jour où il avait reçu l’attaque de l’imposteur, rien n’avait pu le dévier de son plan), ce satané mauvais pressentiment le faisait réfléchir à d’autres alternatives, au cas où. Autre chose lui était venu à l’esprit en entendant les Imperiaz discuter. Quoiqu’il en soit, ceux-ci aimaient leurs parents plus que tout. Lokar avait emprisonné ces derniers pour les forcer à travailler pour lui, mais lui n’était pas Lokar. Il pouvait tenter une manière plus insidieuse de s’assurer de leur obéissance, seulement il n’était pas certain que cela marche. Pouvait-il vraiment risquer un échec ?

Rester au plan initial et être exactement l’ombre de Lokar tout en s’assurant la réussite, ou utiliser mes propres méthodes en était un autre chef bien distinct, mais risquant bien plus ?

Il voulait absolument les Imperiaz, mais il ne voulait pas que l’histoire le retienne comme sous-fifre, ou pire, un paria si Lokar revenait. Il était son successeur, pas un usurpateur raté !

Ne croyant pas vraiment lui-même à ce qu’il faisait, il interrompit brutalement Tekris :

-C’est pourquoi nous venons vous proposer un marché.

-Ah bon ? s’exclama Tekris, confus.

-Pardon ? renchérit Zair, les yeux ronds, certaine de ne pas aimer la suite.

-Et qu’est-ce qui vous fait croire que nous allons accepter de vous écouter ? demanda Diara, peu convaincue par leur soudaine apparition.

Sortant un peu plus de l’ombre, Zane brandit la fameuse clé, un large sourire sur le visage – ce qui était loin d’être le cas pour ses équipiers, quelques peu perdus par son soudain revirement, Tekris étant carrément interrogateur, alors que Zair tentait de conserver une attitude faisant croire que tout était prévu depuis le début. Heureusement, les Imperiaz était concentré sur Zane.

-Travaillons ensemble pour récolter le kaïru et gagner en puissance pour écraser une bonne fois pour toutes les Stax et leur monastère, et en échange de vos bons et loyaux services, je libère vos parents.

-Vous travaillerez bien sûr sous la bannière de Zane, reprit Zair avec un regard équivoque vers l’intéressé, mais le kaïru sera partagé en fonction des résultats de chacun, jusqu’à ce que nous soyons en mesure de vaincre les Stax et leur maître, c’est bien ça ?

-Eh bien, à peu près Zair, mais c’est l’idée générale.

-Ah ! Ca suffit ! intervint Koz. Nous allons libérer nos parents, et vous allez nous laisser partir!

-Voyons Koz, je te propose de les libérer en échange d’un marché équitable. Il vous suffit d’accepter ma proposition, et tout sera bien plus simple. Ils pourront partir quand vous aurez donné votre accord, et une garantie que vous tiendrez parole. A vous de choisir celle-ci…

-Hors de question d’accepter quoi que ce soit venant de vous ! Nous déciderons après l’issue de cette bataille ! Si nous gagnons, vous libérez nos parents, et si vous gagnez, nous réfléchirons à votre proposition ! Défi kaïru !

-Hum, je ne trouve pas cette solution très équitable, par contre, Teeny. Mais cependant, votre attitude mérite que l’on vous remette un peu en place. Défi accepté !

-Pour ça, je veux bien me salir les mains, siffla Diara en se baissant légèrement, poings joints.

Les Radikors s’inclinèrent à leur tour, Zair faisant clairement comprendre qu’elle n’était pas d’accord à la fois avec le changement de plan, ensuite avec ce qu’elle considérait comme un caprice des Imperiaz. Le fait qu’ils aient refusé cette nouvelle idée prouvait juste qu’ils étaient encore plus stupide qu’ils n’en avaient l’air. Une telle proposition était trop facile à contourner ! Et s’ils s’étaient enfuis en laissant derrière eux leur soi-disant garantie ? Zane devenait-il fou ? Avait-il été atteint plus sérieusement par leur dernière mission ? Zair frissonna à cette idée.

Les Imperiaz ne perdirent pas de temps. A peine eurent-ils terminé le signe du défi qu’ils invoquèrent leur monstres, faisant preuve d’une rare rapidité venant d’eux.

-Nightasp ! commença Diara, suivie par Koz.

-Ocelot !

-Warnett ! termina Teeny pour les Imperiaz.

Zane fronça les sourcils en les regardant faire. Peut-être aurait-il du s’en tenir au plan initial en fin de compte, les Imperiaz se prenaient pour plus qu’ils n’étaient ! Mais ce n’était pas le moment de douter, mais de se battre et leur montrer qui était aux commandes maintenant !

-Bruticon !

-Cyonis ! suivit Zair, trouvant qu’au moins quelque chose en valait la peine.

-Silverbaxx ! acheva Tekris, annonçant le début du combat.

Ne laissant pas le temps de réfléchir aux Radikors, Diara lança une « frappe tourbillonnante » qui happa le pied de Zair, avant de tirer d’un coup sec pour mettre l’adolescente à terre. Heurtant durement le sol, celle-ci s’immobilisa, sonnée. Ne la voyant plus bouger, Tekris se dit que si même Zair n’avait pu éviter l’attaque, elle était vraiment rapide.

-Pas mal Diara ! Mais que dirais-tu d’une onde de choc ?

Incapable de l’éviter, Diara fut projetée sur plusieurs mètres, sous les yeux effarés de son père.

-C’est peut-être la pire des princesses, mais personne ne traite ma sœur de cette manière ! Six piqûres !

Tekris ne réussit pas à se pousser à temps; atteint de plein fouet, il se retrouva dans le même état que Zair.

-Bien joué ! maintenant, il ne reste plus qu’à terminer le combat ! Morsure de la fatalité !

Que tu crois, pauvre idiot ! Tu n’as pas idée de ma puissance désormais, avec ou sans que vous ne me rameniez de kaïru ! Tu aurais tellement mieux fait d’essayer de me mettre moi à terre !

Se mettent à briller d’une lueur mauve, Le X-Rider de Lokar l’emplit de sa force. Il ne se lasserait jamais de cette sensation, la brusque montée de pouvoir se déchargeant dans ses veines, bien mieux qu’une brusque poussée d’adrénaline !

-Le seule qui va terminer le combat ici, c’est moi ! clama-t-il. Vortex de Lokar !

L’apparition de l’attaque sous la forme de Lokar lui arracha tout de même une vague inquiétude, mais il l’oublia vite lorsque l’attaque de Koz l’engloutit totalement. Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, le vortex entoura Koz, l’entourant dans une tornade ténébreuse, l’envoyant au tapis.

-Vous avez compris ? Essayer de m’attaquer n’est rien d’autre qu’une idée suicidaire ! Maintenant, allez-vous-en, et ne revenez qu’une fois que vous aurez correctement réfléchi ! Et je vous conseille d’accepter ma proposition, que j’ai la générosité de maintenir ! Ou sinon, termina-t-il en brandissant la clé, laissant soin aux Imperiaz de deviner la fin de sa phrase.

Baissant les yeux, vaincus, ceux-ci repartirent la tête basse, sans un mot, devant les Radikors, avant de sortir de la grotte. Attendant qu’ils soient hors de portée de vue et d’oreilles, Zair se retourna vers Zane, les bras croisés, bien décidée à avoir une explication :

-Si tu m’avais demandé, je t’aurais dit qu’ils refuseraient. On peut savoir ce qui t’es passé par la tête ? Je croyais que nous devions montrer aux Imperiaz qu’ils n’avaient pas d’autres choix que de te servir en te ramenant du kaïru.

-Oui, tu nous as même détaillé ce que nous devions faire, renchérit Tekris. Alors pourquoi ce changement sans même nous prévenir ? C’est un peu bizarre, non ?

-Mais non. Vous avez l’impression que les Imperiaz ont le choix ? Mais s’ils veulent voir leur parents libres, ils devront m’obéir ! C’est une manière plus insidieuse de les contrôler.

-Mais sérieusement, coopérer avec eux ? Partager le kaïru ? s’étonna Tekris.

-Ils faut bien qu’ils aient un minimum de force si nous voulons vaincre les Stax une bonne fois pour toutes. Et puis, ils seront sûrement plus enclin à nous suivre s’ils ont quelques avantages.

Zair et Tekris s’échangèrent un regard dubitatif. Son raisonnement se tenait, ce n’était pas ça qui les inquiétait vraiment, c’était surtout que cette façon de faire ne lui correspondait pas. C’était presque comme un plan mûrement réfléchi, or encore la veille, Zane s’enorgueillissait d’avoir bientôt plus de combattants sous ses ordres. Il avait donc décidé de tout chambouler la dernière minute, ou ils ne connaissait absolument pas leur nouveau chef ! Mais réfléchir calmement était loin d’être son point fort, c’était même plutôt l’inverse : l’adolescent avait le sang chaud, lorsque l’idée d’un combat futur ou d’une manière de devenir encore plus puissant germait dans son esprit, il réagissait à l’instinct, sans se soucier des détails. Alors établir une stratégie complète en quelques minutes…

-Je n’arrive pas à savoir si tu es diaboliquement génial ou si la foudre t’as grillé le cerveau… laissa échapper la jeune E-Teens sans y penser.

-Pardon ? La foudre ?

-Euuh, oui, l’orage de notre dernière mission je veux dire, abus de langage, se dépêcha d’ajouter Zair, prenant l’air le plus innocent et convaincant qu’elle pouvait.

Tekris lui intima l’ordre de ne rien rajouter du regard, tandis que Zane la fixa une seconde, méfiant, avant de tourner les talons avec un jeu de cape, décidant de tirer ça au clair plus tard.

-Venez, nous n’avons plus rien à faire ici pour le moment.


***

Cependant, quelque part au-dessus de la mer, le vaisseau des Stax, le X-Scaper, se dirigeait rapidement vers les montagnes, à la recherche d’une nouvelle source kaïru détectée. Posant l’appareil à proximité de la source, sur une plateforme rocheuse suffisamment grande pour l’accueillir, les Stax en descendirent, Ky en tête. Se fiant à son X-Rider, il vérifia rapidement leur direction, avant de se mettre en route, suivit par ses coéquipiers. Cette mission tombait bien, au moins, pendant qu’ils combattraient inévitablement les E-Teens, il pourrait se sortir la convocation de son père par le Redakaï de sa tête et cesser quelques temps de s’inquiéter pour lui. Après tout, Maya avait peut-être raison, et les maîtres voulaient juste le féliciter pour son retour et les précieuses informations qu’il leur avait livré. Seul lui semblait s’en faire dans l’équipe, alors mieux valait se concentrer sur la relique.

Justement, d’après son X-Reader, elle ne devait plus être très loin.

-La relique est toute proche les amis, les encouragea Ky

-Je ne sens pas la présence de kaïru obscur cette fois-ci, les informa Maya.

Baissant les yeux, elle aperçut une sublime bague sertie d’un énorme diamant déposée sur une pierre, devant l’entrée d’une étrange grotte. Des étoiles dans les yeux, elle la ramassa, tout sourire :

-Waouh ! Je ne crois pas avoir déjà vu de relique coûtant aussi cher ! s’extasia-t-elle - peut-être pourrait-elle la garder après la mission, pour une fois que le kaïru se logeait dans un bijou.

-Ca, c’est ce que j’appelle une mission facile : pas de situations dangereuses, pas de batailles et pas de E-Teens. Bref, du gâteau !

-Ce n’est pas aussi facile, les Stax ! le détrompa la voix de Koz.

Se retournant vers leurs adversaires, les Stax s’attendaient à devoir se battre ; c’est pourquoi Ky lança sans attendre :

-Si vous voulez vous battre pour le kaïru, nous sommes prêts !

-Nous ne voulons pas nous battre, Ky. Nous sommes venus vous demander de l’aide.

Dire que le jeune homme en fut surpris n’était qu’un euphémisme, et vu l’expression de ses amis, c’était la même chose pour eux.

-Nous avons chargé cette bague de kaïru afin de vous attirer ici, renchérit Diara, leur semblant faire comprendre qu’elle avait bien l’intention de la récupérer.

Maya baissa les yeux sur la « relique » : il était vrai que l’emplacement bien en évidence n’était pas habituel. Et puis, c’était exactement le genre d’excentricité que pouvait porter Diara.

-Non mais vous croyez vraiment que quelqu’un abandonnerait une bague royale sertie d’un diamant énorme ? continua celle-ci en faisant des gestes agacés.

-Euh… et pourquoi avez-vous besoin de notre aide ? demanda Maya, dubitative.

-Nous avons finalement découvert où Lokar avait enfermé nos parents, mais avant d’avoir pu les libérer, les Radikors sont apparus, commença Teeny.

-Les Radikors ? Zane s’est déjà remis ? s’étonna Boomer.

-Nous ne savons pas de quoi vous parlez, mais il avait l’air en pleine forme dans la grotte, ironisa Teeny. Suffisamment pour faire son numéro en tout cas.

-Disons qu’un évènement de la dernière mission contre les Radikors nous faisait croire qu’on ne le reverrait pas avant un bon moment…soupira Ky.

-Eh bien il était là, avec ses deux équipiers. Nous n’avons rien pu faire. Zane nous a dit que c’était lui le chef maintenant, et il nous a proposé une sorte de collaboration pour récolter le kaïru, en échange de la libération de nos parents ! expliqua Koz, mettant le ton pour tenter de les convaincre.

-Venant de Zane, ça ressemble presque à un marché équitable. Pourquoi ne pas accepter et vous enfuir avec vos parents dès qu’il les aura libéré ? demanda Maya.

-Rien ne nous dit qu’il va tenir parole, alors que nous, nous devons lui fournir une preuve de la nôtre. Et puis, il nous retrouverait et nous le ferait payer très cher. Nous ne voulons pas revenir au même point qu’avec Lokar ! Nous sommes certains qu’il y a un piège, continua Koz.

- Il nous a battu grâce à l’X-Reader de Lokar, mais il est hors de question de s’associer avec cette face de lézard, pour quoi que ce soit ! Je ne les prendraient même pas pour domestiques.

-Vous vous êtes quand même battus ? s’interrogea Ky.

-Euh, oui, nous voulions libérer nos parents, et nous avons besoin de la clé autour du cou de Zane.

Faisant signe à ses deux amis de le suivre, Ky se mit un peu à l’écart pour discuter de la situation avec eux. Leurs visages fermés ne prévoyaient rien de convaincant pour les Imperiaz, et effectivement, à peine Ky le dos tourné à ces derniers, Boomer fit part de sa méfiance aux deux autres :

-Laisse tomber, chaque fois qu’on a voulu les aider, ça s’est retourné contre nous !

-On ne peut pas faire confiance aux E-Teens, c’est une règle de base, l’appuya Maya, tout aussi peu encline à aider les Imperiaz ; elle détestait profondément les trahisons.

-Oui mais, s’ils disaient la vérité ?

-Qu’est-ce que ça change ? A chaque fois qu’on les a aidés ils ont fini par nous trahir ! martela Boomer, visiblement incrédule que Ky puisse penser à les aider malgré tout.

-C’est vrai, mais il faut les comprendre. Moi aussi je voudrais retrouver mes parents à leur place, opposa Ky, se rappelant les longues journées à se demander si son père était toujours en vie.

-S’ils libèrent leurs parents, ils n’auront plus aucunes raisons de rester nos ennemis, admis Maya, qui trouvait qu’en dépit de sa méfiance, ce pouvait être un bon compromis.

Les voyant toujours hésiter, Koz décida d’intervenir pour les convaincre. D’accord, ils avaient de bonnes raisons de se méfier, mais ils étaient venus à eux en toute bonne foi, ne proposant même pas de défi kaïru pour les obliger à les aider. Et il était hors de question de laisser passer leur chance !

-Allez, s’il-vous-plaît ! Vous savez bien qu’on ne pourra jamais vaincre les Radikors sans votre aide !

-Vous êtes notre seul espoir, asséna Teeny pour achever de les convaincre.

Se tournant vers Boomer, le seul des Stax à s’opposer encore, Ky et Maya attendirent de voir s’ils changeait d’avis ou campait sur ses positions. Il hésita, puis lâcha un gros soupir :

-D’accord, mais vous pourrez pas dire que je ne vous avait pas prévenu !

Heureux à la perspective de retrouver leurs parents (ou leur confort), les Imperiaz crièrent de joie, Diara se laissant même aller à une danse...étrange, qui laissa les Stax perplexes.

Décidément, cette journée promettait des surprises…


***


Une fois de retour à la forteresse, Zane avait déclaré avoir besoin de réfléchir à la suite des évènements, autant pour éviter les remarques de ses équipiers que pour essayer de remettre de l’ordre dans ses idées. Maintenant que le plan avait changé, qu’allait-il faire ? Les Imperiaz allait forcément revenir, et en prévision de cela, il avait, avec l’aide de Tekris, installé plusieurs capteurs aux alentours de la prison à proprement dite de leurs parents. Mais s’ils refusaient encore son marché, il n’avait plus vraiment d’alternative, à part revenir à la menace pure et dure. Or, il perdrait toute crédibilité à partir de ce moment, puisque les Imperiaz penseraient qu’il n’aurait de toute façon pas tenu parole, et ils ne pourraient pas éprouver de culpabilité, ce sentiment étant souvent le ciment de beaucoup de choses. Les laisser repartir, avec leurs parents toujours enfermés, ne lui serait d’aucune utilité, voir même un poids plus qu’autre chose. L’amour qu’éprouvaient l’équipe royale pour leur géniteurs serait-il assez fort ? De ce que Zane avait pu constater sur Terre, c’était en général le cas, mais avait-il fait le bon choix en jouant sur les sentiments ? Mieux valait, car en plus des Imperiaz, Zair et Tekris pourraient se mettre à douter de lui. Déjà que son intervention dans la grotte les laissait perplexe –et sûrement un peu hésitants-, ce n’était pas le moment d’en rajouter.

Mais le pire était que lui-même doutait. Devenait-il fou ? Ou avait-il eu une idée de génie ?

Est-ce que je finirais comme eux ? Pourquoi ai-je cette sensation de pitié en pensant aux Imperiaz ? Ce n’est pas le moment de flancher ! Je suis enfin le chef, je devrais plus utiliser le formidable pouvoir de l’X-Reader de Lokar pour soumettre, au lieu de faire des compromis !

Un petit biper résonna, brisant le silence. Fronçant les sourcils, Zane observa l’écran de son propre X-Reader, pour voir que les capteurs avait repéré du mouvement dans ses prisons. Visiblement, les Imperiaz avaient réfléchi plus vite qu’il ne le pensait. D’ailleurs, cela l’étonnait franchement. Mais peu importait au fond, il était temps de voir s’ils avaient compris qui était le maître désormais ! Et peut-être y aurait-il un peu d’action, il avait besoin de se défouler.


***


Sautant à terre, Koz, les sens en alerte, se retourna vers ses sœurs :

-Faites attention, c’est précisément ici que les Radikors sont apparus la dernière fois.

Hochant la tête pour signaler qu’elles avaient compris, les jeunes filles s’élancèrent à sa suite. Regardant les alentours, redevenus silencieux après la bataille, Teeny soupira de soulagement et de déception mêlés, ne remarquant pas le petit appareil coincé entre deux cristaux.

-Je ne vois personne. On dirait qu’ils sont partis.

-Ca ne m’étonne pas d’eux. Ils ont du avoir peur de revenir se battre, fanfaronna Diara.

Un éclair jaillit brusquement du néant pour frapper le sol derrière eux, laissant apparaître les Radikors une fois la lumière et la fumée dissipées, ayant tout entendu de la dernière phrase de la princesse.

-Tu veux nous redire ça en face, Diara ? ironisa Tekris, d’un ton qui ne présageait rien de bon.

Effrayée, Diara recula jusqu’à la paroi de cristal en poussant de petits gémissements, suivie par Koz et Teeny, tout aussi peu rassurés qu’elle. S’avançant d’un pas vers eux, Zair mit les poings sur les hanches. Elle devait jouer son rôle coûte que coûte, en dépit des bizarreries de Zane, s’ils voulaient garder la main haute sur ces petits prétentieux nés avec une cuillère d’or dans la bouche.

-Je suis surprise que vous ayez le culot de revenir si vite ici après ce que vous avez fait. A moins que vous n’ayez déjà réfléchi et que vous apportez du kaïru pour Zane ?

Le regard attiré par un éclat métallique, ce dernier baissa les yeux vers Koz. Surpris, il y aperçu un bracelet qu’il n’avait jamais remarqué jusque là à son poignet. Y prêtant plus attention, il sentit une colère sourde monter en lui quand il se rendit compte que l’objet en question ressemblait à s’y méprendre à un X-com des Stax. Et plus rageant encore, à celui de Ky.

-Dis-moi, où est-ce que t’as eu ça ? exigea-t-il, désignant le bracelet.

Avant même que Koz ne démente, son visage coupable une fraction de seconde apprit au chef des Radikors qu’il ne s’était pas trompé. Mais il voulait l’entendre de la bouche même du coupable, qu’il avoue sa faute devant lui, admettant qu’il refusait nettement son offre !

-Ca ? Oh, c’est rien, je l’ai trouvé…tenta malgré tout Koz, mal à l’aise devant l’éclat meurtrier dans les prunelles de Zane.

Il n’eut pas même le temps de se reculer que l’adolescent se vit empoigné par l’écharpe, pouvant observer de très près la colère de son vis-à-vis, celui-ci, trichant sur sa position, ne bougeant presque pas la poitrine, tout en ayant l’air de pouvoir le soulever du sol sans effort. Mais Koz rêvait-il ou les iris de Zane se teintaient d’une couleur rougeoyante ?

Il ne sut jamais si sa sœur l’avait vu elle aussi, mais elle intervint, révélant que les Stax étaient venus les aider. Aussitôt, le rouge céda la place au noir, mais si rapidement qu’il ne savait pas s’il avait vraiment vu ce qu’il avait cru. Par chance, après une visible incrédulité, Zane sembla revenir à de meilleures dispositions. Koz ne pouvait qu’espérer qu’il ne décide pas de s’en prendre à ses parents en guise de représailles. Peut-être que la situation pouvait être rattrapée s’ils arrivait à déclencher le X-com, sans que Zane ne s’en aperçoive, et les Stax viendraient les aider et les sortir de là…

Justement, en parlant des Stax, le nouveau chef parlait d’eux :

-Vous êtes allé chercher leur aide, hein ? Très bien, ricana l’adolescent, réfléchissant rapidement. Eh bien, ce n’est peut-être pas une mauvaise chose (il pouvait presque sentir la surprise de l’assemblée, qui s’attendait sûrement à le voir se déchaîner). A dire vrai, vous avez encore une petite chance de vous rattraper et de libérer vos parents. Soit vous trahissez les Stax et vous nous aidez à les capturer, et je le prendrai comme un gage de bonne foi qui me fera oublier votre insolence de ce matin, vous laissant une autre chance, soit vous espérez qu’ils reviennent ici pour tenter de vous aider, en sachant qu’en attendant leur venue, je pourrais très bien me fâcher et faire payer à vos parents votre bêtise !

Pour illustrer ses propos, Zane s’avança jusqu’à la prison des parents des Imperiaz, clé à la main. L’enfonçant d’un coup sec dans la serrure, il la tourna du côté droit. Des cristaux jaillirent de terre, emprisonnant les occupant dans une forêt de cristal pointue et indestructible. Seul le patriarche parvint à passer la main dans un orifice de la paroi, qui servait habituellement à faire passer les repas, pour le supplier d’arrêter. Retirant la clé, Zane regarda de nouveau les Imperiaz dans l’attente de leur réponse. Médusés, Zair et Tekris le fixait, le dernier les yeux ronds, la première commençant à se sentir vaguement inquiète. Oh, pas pour les Imperiaz bien sûr. Mais depuis quand Zane avait-il ce nouveau tactisme diabolique ? Elle ne savait plus vraiment quoi penser, même si ses nouvelles techniques étaient plus que probantes. Croyait-il vraiment que Diara avait une autre loyauté que pour elle-même ?

La princesse venant de s’avouer vaincue devant la détresse de ses parents, Zane ordonna à Koz de contacter les Stax et de trouver un moyen de les faire venir. Puis les Imperiaz mettrait le X-com au sol, et les Radikors, ainsi que l’équipe princière, attendraient que leur guet-apens fonctionne, dissimulés derrière les rochers. Une nouvelle prison se formerait, et l’équipe fétiche de Baoddaï serait neutralisée.

Contraint, Koz soupira, allumant le X-com.


***


Quelques minutes passèrent, avant que les voix des Stax ne résonnent près des combattants cachés, les premiers apostrophant les parents des Imperiaz, trop occupés à se disputer, au grand désespoir de Teeny qui espérait qu’ils pourraient avertir les Stax. Enfin, Ky s’approcha de son X-com. Zane retint son souffle, un sourire réservé sur le visage. Pourvu que cela marche.

Et l’adolescent eut satisfaction. Ne se doutant pas tout de suite du piège, excepté Maya qui, comme toujours, sentit les problèmes arriver, ce soi-disant champion kaïru ramassa son appareil. Immédiatement, de nouveaux cristaux sortirent de terre, entourant les Stax. N’ayant pas eu le temps de réagir tout de suite, ils se retrouvèrent enfermés, incapable de pouvoir se libérer de leur geôle.

Sortant de l’ombre pour se mettre face aux Stax, Diara annonça, sans regarder les prisonniers :

-Il ne faut pas nous en vouloir, ils ne nous ont pas laissé le choix.

-Ou vous ne l’avez que trop eu, siffla Zair à l’attention de la princesse, qui l’ignora.

Zane savait que cette remarque lui était également destiné ; mais pour le moment, cela lui importait peu. Voir les visages défaits des Stax lui suffisait amplement, et les voir ainsi derrière les barreaux, à sa merci, était plus que satisfaisant. Enfin, monsieur le champion kaïru, le préféré de Baoddaï, celui que Maya regardait toujours avec admiration, était impuissant !

S’avançant devant la vitre, son sourire élargi, il lança, enfonçant le clou :

-Vous êtes mes prisonniers, maintenant !

Puis il partit d’un éclat de rire sardonique, heureux. Ky le regarda, surpris. Mais ce fut Zane qui cessa de ricaner, quand, le dos droit, le chef des Stax déclara :

-Je vois que de t’être pris un éclair en pleine poitrine ne t’as pas remis les idées en place, sauf s’il t’as grillé le peu de bon sens que tu avais ! Les gentils gagnent toujours à la fin.

-Un…éclair ? En pleine poitrine ?

Sourcils froncés et la tête penchée sur le côté, comme chaque fois qu’il cherchait dans ses souvenirs, il tenta une fois de plus de reconstituer les évènements de sa dernière mission. L’attaque lancée par Maya, cet éclat qui l’avait aveuglé…mais les « pointes de glace » réfléchissaient bien la lumière, non ? Sauf qu’il n’y avait pas de soleil à ce moment. Et la brûlure, tout s’expliquait ? Sauf que s’il s’était vraiment pris la foudre, il n’aurait pas du s’en sortir aussi bien, n’est-ce pas ? Et ses rêves étranges qui y avaient été consécutifs ? Et…Lokar toujours vivant ?

Se tournant vers les membres de son équipe en tournant les talons, son sourire disparu, il demanda d’un ton bas et lent, qui fit frémir jusqu’à Tekris, qui se doutait de la suite :

-Et…quand est-ce que vous comptiez me le dire exactement ?

Zair se gratta nerveusement l’arrière de la tête, les Imperiaz et Diara momentanément oubliés. Ceux-ci ne s’en plaignaient pas, et cherchaient plutôt à ce que cela continue, bien que ne saisissant pas tout.

-Ben, en fait, tu ne te souvenais pas de ce moment, et on a voulu éviter de t’inquiéter, avec ton statut de chef des E-Teens, tu avais sûrement d’autres choses à faire que de te préoccuper de ça.

-Et cela explique que vous m’ayez délibérément menti ?

-En y réfléchissant, on a plus omis de dire toute la vérité…après tout, l’attaque de Maya était violente, et les arbres ont aggravé ton état, donc…

-Dis donc Tekris, tu me prend vraiment pour un…

Zane n’eut pas l’occasion de terminer sa phrase. Une « lumière aveuglante » venue de la cellule des Stax jaillit dans la pièce, la plongeant dans une luminosité éblouissante. Se protégeant les yeux, les E-Teens laissèrent échapper des cris de surprise. Voyant l’attaque s’éloigner, Zane baissa sa cape, qu’il avait levé pour faire obstacle, ricanant de nouveau. Non mais vraiment, que croyait-il faire avec ça ? Plus tard, il devrait penser à leur retirer le cercle servant à faire passer la nourriture, ça leur ferait les pieds et ils réfléchiraient. Se plaçant devant la cellule, il s’y appuya, avant de demander, sarcastique :

-Je déteste être interrompu, tu devrais le savoir, mon vieux copain Ky. Tu croyais vraiment que cette attaque ridicule allait te sortir de là ?

Voyant Ky et Maya se baisser brusquement, Zane, ayant un léger doute, tourna la tête vers l’arrière, pour voir l’attaque, n’ayant pas trouvée de cible, frapper son pied, le déséquilibrant en le faisant tomber à l’arrière. A peine sentit-il la clé lui être arrachée, et Ky lui lancer une de ses habituelles remarque sarcastique ; dans sa chute, il n’avait contrôlé aucun de ses mouvements, et sa brutalité avait réveillée sa blessure. Le souffle coupé par la douleur, il se dit que finalement, il lui restait encore un peu de chemin avant d’être totalement guéri. Une main sur le thorax, il posa l’autre au sol pour se raccrocher à quelque chose. A son horreur, sa vue se brouilla rapidement, son cœur pulsant à ses oreilles. Prenant une grande inspiration en fermant une seconde les yeux, il se morigéna. Il ne devait pas montrer sa faiblesse, il ne devait avoir aucune faiblesse, prouver qu’il n’en avait pas, qu’il était capable de quelque chose ! Ignorant tant bien que mal sa blessure, il se releva pour voir que Zair et Tekris avaient lancé un défi kaïru, et surtout, ce qui le « consola », que Ky, n’ayant pas fait suffisamment attention, s’était lui-même aveuglé. Au moins, trop occupés à être au chevet de leur chef, les Stax ne l’avaient sûrement pas vu, n’y faisant pas attention. Se relevant avec précaution, il les rejoignit, faisant lui aussi le signe du défi, ne regardant délibérément pas du côté de Zair, au cas où elle l’aurait vu.

Mais la voix de sa jeune coéquipière résonna rapidement dans sa tête, faillit le faire sursauter :

Tu es sûr que tu vas tenir le coup ? L’attaque a l’air d’avoir été rude.

Ca ira, occupe-toi plutôt des Stax avec Tekris, je me charge personnellement de Ky !

D’accord, mais n’oublie pas : évite au maximum de te transformer.

Zane faillit en rire de dépit : il ne mentait pas, il était parfaitement en état de se battre, mais se transformer ? Aucune chance ! Zair devait vraiment être inquiète pour avoir prit le risque de le contacter mentalement, alors qu’ils limitaient au maximum ce genre d’échange pour ne pas se faire repérer. Même s’il ne l’aurait jamais admit sous la torture, cela le toucha malgré lui.

-Défi accepté, clama Boomer, les dents serrées, et Ky les yeux toujours fermés.

Aussitôt le signal donné, Maya et Boomer se transformèrent en leurs monstres respectifs, Harrier et Froztok. Ky tenta la manœuvre à son tour, mais en fut incapable à cause de sa propre attaque.

-Ton attaque s’est retourné contre toi, monsieur le champion kaïru ! ricana Zane, exultant. Je vais tout de suite passer aux choses sérieuse, et te faire goûter au faisceau antimatière concocté par Lokar, une attaque particulièrement dévastatrice !

Projetant l’attaque avec toute sa rage, il cria de douleur et de puissance mêlées. Mais alors que ce maudit chef des Stax semblait sur le point de se la prendre de plein fouet, il sauta en arrière, ne laissant qu’une crevasse impressionnante sur le sol où il se tenait juste avant. N’y prêtait pas plus attention, Zane invoqua cette fois un « mur de lame », plus étendue, celui-ci devrait faire mouche !

Cependant le résultat fut le même. Zane se releva, le corps tremblant de rage. Comment était-ce possible, il était aveugle et évitait malgré ça ses attaques ? Il ne perdait rien pour attendre, mais il allait le lui payer ! Il n’allait pas se laisser ridiculiser par un Stax, qui plus est Ky !

Faisant jaillir une "épée de l’ombre de sa main", l’adolescent laissa échapper un nouveau cri bref, se penchant sur l’arme comme pour prier qu’elle atteigne sa cible. La lançant de toutes ses forces, lui donnant une trajectoire tourbillonnante pour perturber son adversaire, il faillit laisser échapper un soupir de soulagement quand, enfin, Ky, relevant les yeux au lieu d’esquiver, se fit avoir à la fois par la lame ténébreuse et par l’onde de choc qu’elle généra. Jamais son ne lui parut si doux que les bruits mats que fit le corps de Ky en se prenant la paroi, puis en tombant lamentablement sur le sol.

Maya, furieuse, se retourna vers les Imperiaz, restés sagement à l’écart depuis que Diara avait trouvé la clé de la prison laissée tombée par Ky un peu plus tôt.

-Je commence à en avoir par-dessus la tête des E-Teens aujourd’hui, surtout des traîtres dans votre genre, clama-t-elle, se demandant si tout avait été prévu depuis le début par les deux équipes.

Prenant de la hauteur, elle lança une terrible « tornade stridente », qui balaya les Imperiaz comme des fétus de paille. Voyant cela, Zair, qui songea que les effectifs des « méchants » risquait de baisser drastiquement, décida qu’il était temps d’intervenir, Zane étant toujours occupé avec Ky.

-Cyonis ! cria-t-elle avant d’enchaîner avec un « Choc briseur ! » envers Boomer.

Vérifiant ensuite que Zane ne forçait pas, elle ne réagit pas assez vite quand Boomer dit :

-Très bien, à mon tour de lancer une attaque verte !

Le « fouet de glace » du Stax la balaya, emmenant également Tekris en même temps, trop proche.

Les voyant tous les deux à terre, Zane grogna de frustration. Pire encore, Ky se relevait comme si de rien n’était. Ce dernier, prêt à en découdre, lui lança, droit dans les yeux :

-Tu n’as pas réussi à me vaincre lorsque j’étais sans défense, tu n’y arriveras pas maintenant !

Bon sang, il me faut une idée, et vite ! En temps normal je pourrais les vaincre tous les trois, mais avec cette maudite brûlure qui n’est pas guérie, je ne suis pas fou au point d’y croire !

Tout à coup, alors qu’il maudissait Ky en le foudroyant du regard, il aperçut les trois Imperiaz, se dirigeant vers la prison de leurs parents, sa clé en main. Après tout, les Stax ne devaient plus avoir beaucoup d’énergie désormais. Quelques attaques de force suffiraient, et ces trois-là ne s’étaient pas vraiment bougé depuis le début du combat. Il allait jouer le tout pour le tout, en espérant que cela marche. S’efforçant d’avoir l’air sûr de soi, il apostropha les Imperiaz :

-Eh bien, dois-je comprendre que vous refusez toujours mon offre en refusant de nous aider ? Si tel est le cas, je crains de ne plus avoir besoin de vos parents, et craignez ma colère !

-Mais, je croyais que nous étions à nouveau du même côté ! protesta Diara, confuse.

-Il n’y a qu’un côté, le mien, et vous n’en faites pas encore partie. J’ai dit que je vous laissais une seconde chance si vous nous aidiez tout à l’heure, mais pas que ce serait suffisant. C’est maintenant que vous devez choisir, que je sache ce que je fais de vos parents !

Pointant le doigt vers la prison, il fait jaillir un cristal sous la gorge de la mère des Imperiaz. Il n’avait pas prévu de repasser à d’aussi radicales menaces, mais à situation extrême, solutions extrêmes !

-Maintenant, si vous acceptez, attaquez les Stax ! Ou sinon, attaquez-moi moi !

-Allons-y, soupira Teeny, résignée. C’est le seul moyen d’aider papa et maman !

Se lançant à leur tour dans la bataille, Maya vit les Imperiaz arriver avec inquiétude, lâchant un « Oh non, pas encore eux ! ». Elle n’avait plus beaucoup d’énergie, et Boomer non plus ! Ils ne pourraient pas tenir très longtemps, et visiblement les trois frères et sœur allaient ensuite rejoindre les Radikors, bien qu’elle ignore la teneur exacte du marché. Que pouvait-ils faire à présent ?

Choisissant une attaque verte, le « marteau titane », Koz balaya les deux Stax présents avec violence, mettant toute sa rage d’être impuissant dans ce coup. S’écrasant contre les cristaux, Maya et Boomer se retrouvèrent sonnés, hors d’état de combattre. Les voyant sans défense, Ky s’élança :

-Maya, Boomer ! Ne vous en faites pas, j’arrive !

Que tu crois, pauvre fou ! rit intérieurement Zane, certain de sa victoire à présent.

-Il est trop tard, Ky ! Fureur Radikors ! cria-t-il, plus que motivé à l’écrabouiller douloureusement.

Atteignant ses pieds, comme la lumière aveuglante l’avait fait plus tôt avec Zane, l’attaque fit trébucher et rouler Ky, qui se retrouva sur le ventre, sur plusieurs mètres. Le voyant encore remuer, l’E-Teens voulut finir le travail. Mais alors qu’il s’avançait vers Ky, qui s’efforçait toujours de se relever, la douleur revint, aiguë, comme si un couteau lacérait son torse. S’arrêtant, sentant l’énervement monter devant son incapacité passagère, il décida de tester son autorité sur les Imperiaz :

-Il bouge encore, siffla-t-il à l’attention de Teeny.

Satisfait, il vit la jeune fille s’avancer sans qu’il n’ait eu à rajouter quelque chose.

-Comme disait Diara tout à l’heure, il ne faut pas nous en vouloir. Coup ultime !

Après un ultime sursaut, le champion kaïru retomba sur le sol, vaincu, bientôt rejoint par ses équipiers ; Maya l’aida à se relever et le soutint. A cette vue, Zane serra les poings, mais ne dit rien.

-Nous avons fait tout ce que nous avons pu, dit-elle pour rassurer son chef.

-Mais ça n’a pas suffi, et ça me fait mal de dire ça, mais nous avons perdu cette fois.

Repartant en soutenant Ky, les Stax quittèrent la grotte sous les regards satisfaits ou mauvais des E-Teens. Zair à côté de Diara, s’adressa pour une fois à elle d’un ton enjoué :

-Je ne me lasserais jamais de vaincre les Stax. Vous avez fait du bon travail, dit-elle comme si elle flattait un animal de compagnie mal dressé qui fait enfin ce qu’on lui dit.

-Oui…fit Diara, qui ne savait pas si elle devait se réjouir d’avoir ratatiné les Stax ou trembler de s’être « alliée » avec son équipe aux Radikors, qui n’étaient pas connu pour être des enfants de chœur.

Les adolescents furent interrompus par la voix de Burkbey, qui s’exprimait d’un ton pressé :

-Excusez-moi de vous interrompre, mais je…je veux dire nous sommes un peu à l’étroit !

-Je dirais même que nous sommes dans une position très inconfortable, renchérit sa femme.

Se retournant, Koz s’avança vers Zane, bien décidé à obtenir la libération de ses parents.

-Nous avons accepté votre marché, alors remplis ta part du contrat !

-Mais avec plaisir, susurra le E-Teens. Dès que vous m’aurez donné la preuve de votre bonne foi. C’est ce que nous avions dit, n’est-ce pas ?

-Mais, qu’est-ce que tu veux comme preuve ? demanda Teeny, commençant à désespérer.

-C’est très simple, quelque chose qui me prouvera que vous ne vous enfuirez pas une fois que j’aurais le dos tourné. Oh, et bien sûr, vous devrez rester disponible pour récolter le kaïru.

-Et une fois que tu seras assez fort pour éliminer les Stax, tu nous rend notre liberté totale, c’est bien ce que tu as dis ? Tu ne vas pas changer d’avis au dernier moment ? Et si ça mettait des années, hein ? Et enfin, nous voulons savoir ce qu’il adviendra du kaïru que nous récolterons !

-Hum, oui, non, on avisera à ce moment et nous aurons un principe analogue à celui que nous avions avec Lokar, c’est-à-dire que vous garderez assez de kaïru pour débloquer de nouveaux X-Drives et le reste sera stocké dans mes réserves. Ah oui, et ayez du respect pour moi et mes deux acolytes.

-C’est plutôt le principe de Baoddaï pour le kaïru, non ? osa demander Diara.

Se tournant vers elle pour la foudroyer du regard, Zane lui envoya un avertissement muet.

-Si tu veux, je peux durcir les termes de notre accord, princesse, cela ne me dérange pas.

-Non non, c’est suffisant, intervint Teeny, ne l’écoute pas. Diara, donne-lui ta bague, fit Teeny en en sortant une de la pochette de son X-Reader, aussitôt imitée par Koz, qui conservait la sienne dans son brassard.

-Quoi ? Mais pourquoi devrais-je leur donner ma précieuse bague ?

Ignorant les protestations outrées de sa sœur, Koz pris celle de Teeny et se posta devant Diara. Commençant par l’ignorer, la princesse finit par soupirer de désespoir en lui donnant une troisième chevalière, issue de son sac. Puis, le plus âgé des Imperiaz les donna à Zane, qui regarda les anneaux, de couleur vert foncé, argenté et doré (celui de Diara étant évidemment le plus luxueux avec une pierre d’opale énorme sertie, ceux de Koz et Teeny se contentant d’une insertion de topaze et de jade. Enfin, ça y ressemblait, mais Zane ne s’intéressait pas aux bijoux extraterrestres) au creux de sa main. En y regardant de plus près, il vit un symbole à l’intérieur des bagues, sûrement le blason des Imperiaz.

-Vous savez, dit-il en relevant son regard sur les trois enfants royaux, il va me falloir une petite explication. Ils sont de très belle facture, mais je ne peux pas les offrir à Zair, voyez-vous, elle n’est pas très verroterie, et ça ne va pas avec les cheveux de Tekris.

Ce dernier, qui avait commencé à rire, Zair se contentant de hausser les épaules (après tout, c’était vrai, elle laissait les artifices aux pourris-gâtés tels que Diara), s’interrompit en poussant un « Hé ! » indigné, Zair cette fois cacha son rire derrière sa main pour que les autres ne la voient pas. C’était ça ou elle secouait Diara en lui demandant si elle se moquerait encore longtemps d’eux.

-Ce sont nos bagues royales, les signes de notre rang. Chez nous elle sont très précieuses, et un noble, pire un héritier royal n’imaginerait même pas sortir sans. J’espère que ça te suffira, et que tu comprendras que pour nous, c’est un sacrifice, acheva Teeny, croisant les bras.

-Oui, confirma Diara, je reviendrais toujours la chercher, conclut Diara, encore horrifié à la fois que Zair aurait pu porter sa bague que par le peu de considération qu’avait porté Zane à ces artefacts.

Regardant de nouveau les bijoux, Zane laissa passer quelques secondes, avant de replier ses doigts, les enfermant comme dans une autre sorte de prison. Puis, il alla jusqu’à la serrure de celle des Imperiaz. Y enfonçant la clé, il la tourna d’un coup sec vers la gauche. Les cristaux qui avaient envahis la cellule rentrèrent sous terre sans même laisser de traces, comme s’ils n’étaient jamais apparus. Une hésitation s’empara de lui ; il avait encore la possibilité de changer et de revenir à quelque chose de plus dur, garder les Imperiaz prisonniers en ne libérant pas leurs parents, c’était une garantie bien plus sûre après tout. Se doutant de la raison de son hésitation, Teeny intervint :

-Tu ne vas pas t’arrêter maintenant ?! Nous avons fait tout ce que tu voulais !

Zane échangea un regard avec Zair. Le visage fermé, il était évident qu’elle n’était pas d’accord de laisser partir comme ça leurs prisonniers, et les bagues royales ne l’avait guère convaincue. Zane savait qu’outre son ressentiment pour les Imperiaz, elle voyait surtout ce que ça pouvait leur rapporter. Pour calculer sans états d’âme, la jeune femme était parfois plus douée encore que lui. Se détournant, il vit qu’au contraire, Tekris semblait avoir réfléchi, et avait l’air plus favorable à respecter le marché. Après tout, pour lui, les Imperiaz les respecteraient plus s’ils étaient réglos, et ils voulaient juste voir leurs parents libres. Pour ça, Tekris se disait qu’ils étaient prêts à tout, et cela assurait leur loyauté.

-Non, je ne vais pas m’arrêter. Et je m’engage, si jamais la situation change, à vous rendre sur-le-champ vos bagues. Mais je garde la clé de la prison.

Un dernier coup sec, et les murs de la cellule émirent un crissement en s’abaissant. Les Imperiaz ne réagirent pas tout de suite, n’arrivant pas à le croire. Le regard de Diara passa de Zane à ses parents, puis de ses parents à Zane. Enfin, Koz s’élança, suivi de Teeny, courant vers ses parents.

-Papa ! Maman !

-Les enfants !

A son tour, Diara alla se réfugier dans les bras de son père, qui ne cessa pas de complimenter « sa merveilleuse petite princesse à la manucure impeccable ». Personne ne prêtait plus attention aux Radikors, tous absorbés à leurs joyeuses retrouvailles.

-Je ne veux pas gâcher la situation, mais profitez bien de ces quelques moments de paix. Si jamais Lokar revenait, il n’hésiterait pas à enfermer de nouveaux vos parents, et je n’y pourrais rien.

Tous le regardèrent, surpris, mais Zane avait déjà tourné les talons, faisait signe à ses deux acolytes de le suivre. Avec ce que Ky lui avait révélé involontairement, à propos de l’éclair qui l’avait frappé, il avait de plus en plus de mal à douter de la véracité de ce qu’il avait vu pendant sa chute de l’arbre. Il ne s’expliquait toujours pas pourquoi il n’avait pas subi plus de dégâts, mais il n’y réfléchit pas plus, car il était certain d’une chose : ce n’était pas seulement un mauvais rêve, Lokar était vivant quelque part, et il allait désormais agir en partant de ce principe. Et si jamais il avait finalement tort, eh bien ça ne serais pas plus mal ! Mais que penser des autres choses qu’il avait vu plus ou moins précisément ?Et si le jour où il se retrouverait face à Lokar arrivait bel et bien, que ferait-il ? Resterait-il un E-Teens de Lokar, ou resterait-il le chef ? Si seulement Lokar pouvait avoir bel et bien péri…

Et enfin, qui était cette personne capuchonnée qu’il avait vu tout à la fin ?


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