Nébuleuse par

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Continuation / Romance / Drame

1 Nébuleuse

Catégorie: G , 3554 mots
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La nuit était tombée, un lourd silence enveloppant le Sanctuaire. C’était une nuit froide, annonciatrice de triste sort qu’allaient devoir affronter les chevaliers d’Athena : Hadès, le dieu des Enfers, et son armée de Spectres. C’était la dernière bataille, celle qui mènerait enfin à la paix, au bonheur, celle qui remportée permettrait à nouveau au monde de retrouver son calme initial.

Le bonheur des hommes… C’était ce pourquoi il s’était toujours battu, lui, Mû du Bélier, mais, hélas, il n’y avait rien de plus éphémère que le bonheur. A chaque guerre achevée une autre commençait, et ce renouvellement était perpétuel. Alors, face au cruel destin, que pouvait-il faire, lui, un simple mortel dont la vie ne valait aux yeux des dieux pas plus qu’un grain de sable ?

Il n’y avait aucune issue, ce malheur jamais ne s’arrêterait, et pourtant… Pourtant Mû savait qu’il devait se battre, non pas seulement pour ce monde mais aussi pour quelqu’un. Il devait pouvoir lui promettre qu’un jour tout deux seraient enfin libres de pouvoir être ensembles, qu’un jour le soleil brillerait à nouveau, illuminant leurs yeux comme ceux d’enfants découvrant le monde, qu’un jour Douleur ne serait plus.

C’était pour que cette personne soit heureuse qu’il n’abandonnait pas. Il voulait la rendre fière, qu’elle lui adresse ce même sourire que celui des mères voyant leurs enfants grandir. Cette personne, c’était un homme, l’un des douze chevaliers d’or du Zodiaque. Celui que l’on disait être le plus proche de Dieu, le chevalier de la Vierge, Shaka.

Mû, au départ, ne voyait en lui qu’un guerrier respectable, et un homme paisible et serein sur qui tous se devaient de prendre exemple. Seulement… Ce qui n’était que de l’admiration devint au fur et à mesure des années un sentiment plus profond, à la fois contradictoire, mirifique et terrible, cette chose si particulière à l’homme que l’on nommait Amour.

Le bélier, face à la Vierge, perdait ses mots, et tout sens de la raison. Il tremblait et sentait son coeur s’emballer, laissant à Shaka la vision d’une statue. Ce dernier ne comprenait pas un tel comportement, mais finit par trouver ça amusant, si bien qu’il profitait de ces situations pour essayer de découvrir d’autres points faibles. Les nerfs de Mû furent rudement mis à l’épreuve, et il comprit rapidement que cet amour était néfaste pour lui, car il était persuadé que Shaka, en retour ne l’aimait pas, et que jamais il n’obtiendrait ce qu’il désirait vraiment.

C’est ainsi qu’il commença à éviter Shaka. A chaque fois qu’il le voyait, il se cachait, détournait le regard, faisant tout pour faire taire ces sentiments incontrôlables qui le détruisaient un peu plus chaque jour. Si seulement il avait eu le courage de l’avouer…

Shaka, face à la prise de distances de son camarade, commença à s’inquiéter. Lui aussi appréciait beaucoup Mû et l’estimait bien plus que tout les autres, et le voir ainsi lui brisait le coeur. Ils ne se parlaient plus, n’échangeaient plus un seul regard, et la Vierge redécouvrit le goût des larmes. Il pleura durant de longues nuits, car il pensait que Mû le détestait pour une raison qu’il ignorait. Il pouvait tout tolérer, mais pas l’indifférence, surtout pas…

Mû ne remarqua pas ce qu’il ressentait, car il tentait de le cacher au mieux. Mais si seulement il avait pu le voir, si seulement il s’en était rendu compte… Car Shaka, au bout de longs mois d’anxiété, en vint à croire que si tout pouvait s’achever, il n’aurait plus à souffrir. Maintes fois il essaya de parler à l’homme qu’il appréciait, mais ce dernier ne répondait pas, et partait. L’Hindou ne voyait plus dans son regard cette étincelle qu’il chérissait tant, et sentit la seule chose qui comptait réellement pour lui l’abandonner. Jamais il n’avait rencontré une lumière aussi pure que celle du Bélier, jamais il n’avait trouvé à sa vie un sens avant de le rencontrer.

Il questionna Bouddha, et il répondit, avec ambiguïté, qu’il n’est aucun sentiment plus beau et à la fois laid que l’amour, et que c’était à l’homme de le dompter. Hélas, cette ignition dans le coeur de Shaka était trop puissante qu’elle lui déchirait jusqu’à l’âme. C’était dans le bonheur du réconfort qu’il trouvait auprès de Mû que son malheur trouvait sa source. Il l’aimait, mais lui ne l’aimait pas, et sans réciproque, un néant se formait.

Shaka ne comprenait pas ce sentiment et niait ce qu’il éprouvait. Lui, l’homme le plus proche de Dieu, ne pouvait subir ce terrible maléfice purement humain. Hélas, il avait succombé à l’emprise de la déesse de l’Amour, et commença à se rendre compte de son humanité. Ce n’est que lors de son combat contre Ikki qu’il comprit. Avant de mourir, la dernière chose qu’il crut voir fut Mû, celui qui enflammait son coeur, celui qu’il désirait à ses côtés. Etait-ce donc ça l’amour… ? Vouloir être à tout jamais avec quelqu’un ? Ne lui souhaiter que le meilleur pour l’avenir ? Etre prêt à tout pour lui même dans la sinistre mort ? Et ainsi son égoïsme partit.

Lorsque qu’il pria Mû de le ramener dans son temple, il avait si peur du refus, mais l’Atlante répondit à sa requête, et Shaka n’en revint pas. Mû voulait encore que la flamme de vie l’anime… Seulement, perdu entre son identité de presque-dieu et d’humain, la Vierge ne savait plus comment agir. Seule une chose envahit à nouveau son esprit : le doute.

Mû ne le remarqua toujours pas, Shaka restant de plus en plus seul, enfermé dans son temple à secrètement murmurer ses complaintes. Si tout ceci lui arrivait, ce n’était pas à cause de Mû, ni à cause de l’Amour… C’était la Vie. Quant au Bélier, il n’arrivait pas à les ignorer, mais espérait un jour pouvoir avouer ses sentiments. Ce qui était en réalité néfaste était le secret, mais même si l’espoir fait vivre le songe, il ne l’emporte qu’un court instant.

Si Mû croyait à la vie, Shaka, lui croyait en la mort. Cette dernière n’était pas une fin en soi, alors pourquoi la craindre ? Loin de l’amour que jamais il n’obtiendrait, il connaîtrait enfin le bonheur dans une autre vie. Mourir… Mourir… C’était si beau de mourir, de voir enfin le bout du chemin étroit, de ne plus rien ressentir… En mourant, il abandonnerait tout, mais aussi Mû, et ça, il ne voulait pas.

A quoi bon, se disait-il… A quoi bon ? Il pensait que de toute évidence son existence n’avait plus d’importance, et que sans lui, Mû n’aurait plus à détourner le regard et à fuir. Il serait enfin libre, libre de la souffrance, et Shaka aussi. Il quitterait enfin cette vie pour en vivre une meilleure, mais sa mort ne devait pas être vaine…

Il savait comment mourir. Sous les deux arbres de Sera, là où Bouddha mourut, il se sacrifierait afin d’éliminer les spectres d’Hadès, et partirait, sans au revoir, sans adieu. C’était mieux ainsi après tout. Enfin, Mû serait libéré de sa souffrance.

Ce dernier se tenait justement devant l’entrée de son temple, d’apparence serein, mais profondément inquiet. Et si cette guerre était un échec ? Il n’osait même pas en imaginer les conséquences, et se contentait d’imaginer la douleur de Shaka. Si ce dernier se retrouvait dans un monde en proie aux ténèbres, que penserait-il ? Il serait malheureux pour sûr, mais à quel point…

Mais alors qu’il sentit un larme couler le long de sa joue, il fut tirer hors de ses pensées par des bruits de pas se rapprochant de plus en plus. Ce son… La personne en question portait une armure. Mais de qui pouvait-il bien s’agir ? Mû releva la tête et écarquilla les yeux.

« Mû du Bélier, me donnes-tu l’autorisation de traverser ton temple zodiacal ? »

C’était lui… L’homme qu’il avait toujours tenté de fuir, Shaka de la Vierge. A cet instant précis, il sentit son corps partir, mais fit tout pour ne pas céder. Il se sentait si mal… Tant qu’il ne parvint pas à prononcer un seul mot ni à cligner ne serait-ce qu’une fois des yeux.

Shaka ne fit pas attention à ces détails puis se contenta de se rapprocher du Bélier, cherchant un moyen de rassurer Mû. Il devait lui dire que tout irait bien, que la paix reviendrait… Mais les mots restèrent coincés dans sa gorge, et son coeur s’emballa une fois qu’il fut au plus proche de celui qu’il aimait. Il se trouvait à quelque centimètres de lui, et ne savait comment agir.

« Shaka… parvint à murmurer Mû entre deux inspirations. »

Ce dernier ne parvenait plus à contrôler son corps. Shaka était juste là… Pourquoi ne pouvait-il plus agir ? Il avait tant envie de le prendre dans ses bras, de le serrer contre lui et d’embrasser…. D’embrasser ses belles lèvres pulpeuses et rosés. Il l’avait pourtant évité…

Il avait tenté d’effacer ce sentiment horrible qu’était l’amour, de le renier, de le traiter de tous les noms, mais rien n’avait marché, tout ce qu’il avait entrepris n’avait servi à rien. Il aimait Shaka, et c’était une chose qu’il ne pouvait plus nier.

Soudain, la Vierge, qui s’était arrêtée presque contre Mû, passa derrière lui et se tourna en direction du dos tourné du Bélier. Il ne pouvait pas le regarder dans les yeux, mais il savait pertinemment que c’était sa dernière occasion de le faire. C’est pourquoi il reprit calmement son souffle, et parvint à dire :

« Mû, peux-tu te retourner et… me regarder ? Dans les yeux… Ces yeux que jamais je n’ouvre… »

Comment regarder Shaka dans les yeux… Après tout ce qu’il lui avait fait, Mû ne pouvait se retourner. Après tout, il l’avait ignoré, et peut-être même blessé, alors pourquoi fixer ses pupilles si belles que même Dieu n’oserait reluquer ? Elles étaient si pures, d’une beauté à en faire pleurer le plus grand débauché de ce monde… C’était un crime que de rentrer en contact avec elles rongé par la culpabilité, et il ne voulait plus commettre d’autres erreurs…

Pourtant, Mû, qui ne contrôlait plus ses émotions, sentit son corps se tourner vers Shaka, comme si c’était la dernière fois qu’il pourrait voir ces yeux qu’il n’avait que rarement vu en secret… Finalement, il se retrouva à ne plus pouvoir regarder aux alentours. Ils étaient si beaux, comme si tout le bonheur et malheur du monde avaient élu domicile en ces pupilles sacrées. Cette fois, Mû sentit son coeur ne plus contrôler ses battements, et des larmes se nicher dans ses yeux émeraudes. Etait-ce ça, le paradis ?

« Mû… Toi aussi tu as peur, n’est-ce pas ? Nous avons beau être chevaliers, nous restons semblables aux hommes, et face aux dieux, nous n’avons plus d’autre choix que d’abandonner cette joie que tous nous promettaient dans la mort. Nous mourrons en criminels, punis pour nos péchés. »

Mû parvint cette fois à ressentir toute la tristesse et le doute de Shaka dans sa voix chevrotante. Lui qui autrefois s’élevait à l’égal des dieux, il paraissait tout à coup si humain, si touché par ce qu’il autrefois reniait… Il ressentait ces émotions en son coeur, et ce regard prouvait que ses paroles n’avaient jamais été aussi sincères.

Pourtant, quelque chose lui sembla étrange. Shaka… tremblait, comme s’il retenait ses larmes. Lui, pleurer… Que lui était-il arrivé pour qu’il change autant ? Mû se posait et se posait cette question, jusqu’à imaginer le pire : était-ce à cause de son indifférence ? Le Bélier avait tenté de se protéger d’Amour, mais jamais n’avait réfléchi aux conséquences…

« Peut-être que notre arrivée en ce monde et un crime à elle seule, mais je ne veux pas le croire, parce que j’ai compris quelque chose en tant qu’homme, qu’un dieu jamais ne pourra. J’ai appris qu’il est un sentiment bien plus puissant que tout, un sentiment qui peut changer n’importe quel homme, un sentiment si beau et laid à la fois qu’il est redouté. Ce sentiment… c’est l’amour. »

Mû fut pris de frissons en entendant ce mot, et ses larmes coulèrent le long de ses joues. Et si Shaka l’aimait depuis le début… Cette fois, il sentit la culpabilité grandir, encore et encore, ne sachant plus quoi penser. Et si il l’avait fait souffrir en l’évitant, et si… et si…

Shaka, lui, voyait bien que Mû s’inquiétait, mais il ne pouvait s’arrêter en si bon chemin. Il avait pris la parole, et continuerait jusqu’à ce qu’il ait tout dit. Il avait enfin compris, compris qu’il n’était pas un dieu, mais un humain, ressentant lui aussi ces stupides émotions, et qu’il n’y pouvait rien. Cet amour… Il voulait l’avouer, mais blesser encore celui qu’il aimait lui briserait le coeur.

« Grâce à l’amour, j’ai compris pourquoi je me battais, en tant que chevalier mais aussi en tant qu’homme. Si je vis, c’est pour le perpétuer, car il n’est rien de plus puissant. J’ai alors fait un choix : me battre jusqu’au bout. Me battre pour cet amour, et je te promets, Mû, que tu seras heureux. Je te promets que je serai prêt à tout durant cette guerre pour que tu t’enlises dans la complaisance pour le restant de tes jours, et que ce monde connaisse enfin la paix. Je te jure que nous serons tous réunis, ébaubis devant cette nature aussi mirifique qu’imparfaite, et que côte à côte nous serons prêts à profiter de ce cadeau qu’est la Vie. Je te le jure. »

Shaka sentit alors une unique larme couler. Lui, l’homme orgueilleux se prenant autrefois pour un dieu, pleurait, mais il en était désormais fier. Il en sourit, et adressa à Mû le regard le plus doux possible. Hélas, il ne serait pas à ses côtés pour vivre cette paix qu’il lui avait promis, mais tant qu’il était heureux, ça lui était égal. Seul les êtres méritant selon lui de la connaître devaient en jouir, et il ne se considérait pas comme en faisant partie.

Mû, lui, pleurait toutes les larmes de son corps, ne pouvant même plus distinguer les yeux de Shaka. Pourquoi l’avait-il ignoré… Pourquoi ne lui avait-il pas dit la vérité ? Il s’en voulait tant, il pensait ne plus jamais pouvoir voir son reflet. La Vierge avait tant changé… Il était devenu un homme honnêtement bon, et qui croyait en l’amour. Mais Mû ne voulait pas vivre dans un monde, bien qu’en paix, sans Shaka. Il était sa seule raison de vivre, de croire en leur victoire…

C’est alors que sans hésitation, il ne put contenir plus longtemps cette peine qui envahissait son esprit. Il courut vers Shaka le prenant dans ses bras, ignorant la peur, ignorant les représailles. Il ne voulait pas que celui qu’il aimait parte, pas plus qu’il ne voulait l’abandonner. C’est pourquoi il enroula ses bras autour de ce corps pâle et maigre, cette silhouette déliée qu’il avait toujours préféré à toutes celles que le monde lui exhibait chaque jour.

« Shaka… Je t’en supplie… Ne nous abandonne pas, ne m’abandonne pas. Ce n’est pas parce que nous sommes en guerre que nous devons nous sacrifier. Nous gagnerons, et nous nous tiendrons ensemble devant le soleil rouge de l’aube, main dans la main, célébrant notre victoire… »

Rien ne pouvait rendre plus heureux Shaka que d’avoir à ses côtés Mû… Il sourit encore plus, et répondit à l’étreinte, posant sa main sur le dos de Mû. Lui aussi ne put plus contenir ses larmes restées trop longtemps cachées.

« Je te le promets… Peu importe où je serai, je me tiendrai à tes côtés, peu importe le temps, peu importe l’heure, peu importe l’endroit. Et toi, tu seras heureux. C’est la dernière chose que je te demande… garde ce sourire qui te rend si magnifique et resplendissant, garde-le jusqu’à la fin et jouis de cette paix que nous remporterons. »

Le Bélier ferma les yeux, rassuré mais à la fois inquiet. Shaka serait là… Mais le serait-il physiquement ? L’emploi de « dernière demande » l’effrayait au plus profond de son âme, et crut qu’il désirait mourir. Non… Mû ne pouvait être heureux s’il mourrait…

« Shaka, si tu meurs… Jamais je ne pourrai être heureux ! Jamais je ne pourrai jouir de cette paix parce qu’elle n’est rien sans ta présence. J’ai besoin de toi Shaka, je… je… je ne veux pas que tu meurs, en tant que chevalier, mais aussi en tant qu’ami pour qui j’éprouve le plus grand respect. »

Mû n’osa pas avouer ses sentiments, et Shaka fut surpris de l’inquiétude soudaine de son ami à l’idée qu’il meurt. Hélas, Mû ne l’aimait pas par amour, seulement par respect et amitié… Après toutes ces années d’indifférence, en avait-il encore quelque chose à faire qu’il meurt ? Shaka ne changea cependant pas d’avis. Pour celui qu’il aimait, il mourrait, face aux spectres.

« Je te le promets Mû… Je serai là, et tu seras heureux. »

C’est sur cette phrase qu’il se défit de l’étreinte de Mû, ce dernier perdu dans ses sentiments. Il ne voulait plus rester plus longtemps dans les bras de celui qu’il allait abandonner, car la mort en serait plus que douloureuse. Sans un mot, il quitta alors le temple, puis se dirigea vers le sien, n’adressa pas même un dernier regard à celui qu’il aimait.

Mû, lui, tomba à genoux, hurlant son désespoir. Son coeur était brisé, et s’il restait encore sur cette Terre son enveloppe physique, son âme, elle, n’était plus. Shaka allait mourir, sans que le Bélier ai pu lui avouer son amour véritable, sans que tout deux ne trouve un jour le bonheur…

« Pourquoi Shaka… Je t’aimais, non, je t’aime, et jamais ces mots ne sont sortis de ma bouche. Jamais je n’ai pu te dire en face ce que je ressentais, jamais… »

Ce secret resterait à jamais ce qu’il avait toujours été… Une lubie, peut-être, le rêve de toute une vie, une histoire d’amour qui jamais ne se réaliserait… Enfin, ainsi était la vie, et c’est avec cette douleur que tous deux partiraient rejoindre les bras de la Mort, leur coeur à jamais enveloppé de regrets… Shaka mourrait, heureux sûrement, et Mû le regarderait partir, les bras tendus dans sa direction, les yeux baignés de larmes au goût amer, tous ses espoirs effondrés, sans jamais avoir pu dire à celui qu’il aimait à quel point l’amour qu’il lui portait était puissant…

« Mû… »

Une dernière fois, la Vierge s’adressa aux étoiles, un triste sourire s’affichant sur son visage. Il avait pu prendre dans ses bras l’homme qu’il n’avait jamais osé toucher, et cela était désormais pour lui le plus beau de tous ses souvenirs, ceux de sa courte vie en ce monde… Finalement, ne deviendrait-il pas lui aussi une simple nébuleuse, éclairant de sa lumière le ciel nocturne ? Il rassurerait ainsi Mû, lui promettant que tout irait bien, et tout serait mieux ainsi…

Finalement, il reprit sa route, ce même sourire sur son visage, adressant un dernier regard à la maison du Bélier, heureux d’enfin offrir à celui qu’il chérissait son repos tant mérité...



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