Chevalier, mais pas trop ...

Chapitre 7 : LA CURIOSITE EST UN VILAIN DEFAUT

Par Sumoenjun

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Disclaimer : cf. chapitre 1

ATTENTION : CE CHAPITRE CONTIENT UNE SCENE D’AGRESSION SEXUELLE. BIEN QUE TRES PEU DETAILLEE, LA SCENE RISQUERAIT DE HEURTER UN JEUNE PUBLIC.

A BON ENTENDEUR …

 

CHAPITRE 7

LA CURIOSITE EST UN VILAIN DEFAUT

 

         Il était déjà dix heures passées. Il faisait bon paresser sous la couverture quand le temps n’invitait par du tout à mettre le nez dehors. D’après ce qu’elle pouvait entendre, il pleuvait faiblement ; les gouttes d’eau, au lieu de s’écraser lourdement sur le toit de la cabine, le léchaient pour ne former qu’un ronronnement continu. Malgré la torpeur dans laquelle elle se prélassait, Iris devait néanmoins penser à se lever. Saga devait être en compagnie de son maître depuis plus de quatre heures maintenant. La place qu’il occupait dans le lit était vide et froide. De plus, l’estomac de la petite criait famine : c’était déjà une bonne raison pour émerger.


         Une fois habillée et quelques tartines avalées (il fallait plus que quelques figues, olives et galettes à Iris pour contenter son estomac. Ses origines nordiques devaient y être pour beaucoup !), elle fila au village sans même prendre un parapluie ou un imperméable pour rejoindre la vieille tenancière d’une petite épicerie dans lequel elle passait des heures à humer l’odeur du café que la dame préparait pour les clients ou l’aider à ranger la marchandise.


         Vers le milieu de l’après-midi, Iris s’échappa. La pluie n’avait toujours pas cessé mais tombait de façon plus régulière. La fillette tâchait d’éviter les flaques d’eau qui transformaient les ruelles en pataugeoire. Elle retroussa également sa robe pour épargner à Daphné une corvée de lavage inutile et se dirigea vers un petit endroit isolé, au pied de la falaise, ou elle était sûre de trouver Saga et son professeur. Il fallait impérativement qu’elle fasse part à Saga de son intention d’aller voir Daphné. Mais elle se ravisa au dernier moment car elle savait qu’elle n’avait pas le droit de le déranger durant son apprentissage.


         « Non, Iris ! Tu es une grande fille maintenant. Tu n’as plus besoin de demander la permission. Tu es suffisamment intelligente pour savoir ce qui est dangereux et ce qui ne l’est pas ».


         Par conséquent, Iris revint sur ses pas sans que le chevalier et son apprenti aient jamais pu soupçonner sa présence. Sur le chemin de la maison, elle était complètement trempée ; et ses sandales gorgées d’eau produisaient un son amusant comparable à celui d’une ventouse que l’on décolle à chaque fois qu’elle levait le pied. C’était une distraction comme une autre. Mais ce n’était pas uniquement pour se délecter de ce divertissement qu’elle marchait plus lentement.


         A mesure qu’elle approchait de son objectif, son cœur se mettait à battre plus fort, comme pour lui faire comprendre qu’elle était en tort. « Va t’en ! Tu sais que tu n’as pas le droit d’être là tant qu’IL est à la maison ! » Mais l’envie de braver l’interdiction, de savoir ce qui se passait derrière son dos, produisait un mélange d’angoisse et d’excitation. Personne ne l’avait vue arriver sur les lieux ; par conséquent, elle n’avait pas à craindre une éventuelle délation. Et même si …


         Un cri stoppa son raisonnement. Elle se tenait pourtant à une cinquantaine de mètres de la maison mais elle entendit très distinctement, même brièvement, la voix de Daphné. Et à en juger par l’intensité de son cri, ce n’était pas une simple coupure ou piqûre d’abeille qui pouvait lui arracher une telle clameur de ses entrailles mais plutôt … Iris souhaitait ardemment que cela ne soit pas ce à quoi elle pensait. Son salut lui interdisait d’approcher davantage mais son sens du devoir exigeait qu’elle portât secours à sa mère adoptive. Elle la défendrait du mieux qu’elle pourrait, aussi menue et frêle qu’elle était.


         Iris prit son courage à deux mains et fonça droit devant elle alors que le bon sens eût plutôt voulu qu’elle appelât à l’aide. Mais chaque seconde était précieuse. Elle ouvrit la porte sans se préoccuper davantage des conséquences désastreuses qui pouvaient lui arriver. Elle se retrouva face à une scène horrible et inimaginable pour une enfant de six ans et qui la glaça d’effroi : Daphné était à genoux, prête à s’affaler complètement sur le sol, le corps contorsionné sous l’action d’Ixion qui lui tirait les cheveux dans le sens opposé. Le poing de ce dernier était levé suffisamment haut pour asséner un coup brutal sur la frêle créature qui lui tenait l’autre main dans l’espoir de se dégager.


         Interrompu par cette arrivée aussi soudaine qu’inattendue, Ixion se retourna légèrement, gêné dans une fâcheuse posture qui risquait de le compromettre. Daphné releva légèrement la tête, presque reconnaissante du court sursis auquel elle avait eu droit. Iris vit avec horreur que son visage était souillé de sang et déjà passablement enflé par d’autres coups tout aussi violents que celui qu’elle s’apprêtait à recevoir.


         L’horrible vérité explosa à la figure d’Iris. Elle comprit enfin la raison de ses départs forcés. Daphné était battue mais voulait à tout prix soustraire sa fille à cette violence qu’elle endurait régulièrement depuis des années. Elle sut enfin pourquoi Daphné la récupérait tardivement : il fallait laisser à ses meurtrissures le temps de cicatriser et de s’estomper. Cela pouvait durer plus ou moins longtemps selon la gravité des coups.


         Mais pourquoi Daphné n’avait jamais rien dit à Polydeukès ou aux autorités ? Iris apprit bien plus tard que sa mère était redevable d’une dette dont on ne lui expliqua pas la nature obscure. Quoi qu’il en soit, cela ne donnait pas à Ixion le droit de la maltraiter ainsi, même s’il était un simple garde au Sanctuaire !


         Ixion reconnut l’intruse et baissa son poing. Toutefois, il empoignait toujours fermement dans son autre main la chevelure de Daphné. Cette dernière, après avoir vu l’identité de son hypothétique sauveur, baissa les yeux au sol, morte de honte. Iris qui n’était toujours pas remise de ce choc, osa provoquer l’adulte qui la toisait :


—   Laisse-la tranquille ! Sinon, je vais te faire très mal !


Pour toute réponse, Ixion lui décocha un sourire ironique. Que pouvait faire ce moucheron face à lui ? Cela ne l’inquiéta pas plus que cela. En revanche, Iris commença à se rendre compte de la bêtise de sa provocation et de la gravité de ses paroles. Elle regrettait de ne pas posséder un atome de la force de Saga : Ixion aurait moins fait le fier.


—   Va t’en Iris ! Ça va passer !

—   Non ! Je ne partirai pas ! Je sais qu’il va recommencer. Maman ! Je ne veux plus qu’il te frappe !

—   Maman ? s’étonna faussement Ixion. Non seulement tu n’es pas sa fille, mais en plus tu n’es même pas Grecque.

—   C’est MA maman quand même ! répondit sèchement la petite.


Iris sentait la haine et la colère bouillonner en elle. Elle serrait les dents de rage quand soudain, elle partit comme une flèche pour se jeter sur la brute elle-même. Mais Ixion, rompu aux combats, la balaya d’un revers de la main et envoya Iris s’écraser au sol. Elle ne pesait pas plus lourd qu’une mouche en face de cette montagne. Il maintenait toujours Daphné qui avait voulu profiter de l’effet de surprise pour lui faire lâcher prise.


Sonnée par cette parade inattendue, Iris se releva péniblement, du sang au coin des lèvres, afin de tenter un nouvel assaut et sauver enfin Daphné prisonnière de l’étreinte de ce monstre.


—   Je t’en prie, Iris ! Sauve-toi si tu veux rester en vie ! Ne t’occupe pas de moi.


Mais la fillette n’écouta pas ses supplications : la vie de celle qu’elle considérait comme sa mère était plus sacrée que la sienne. Iris retenta à nouveau sa chance mais Ixion répliqua cette fois par un coup de poing qui l’envoya percuter la table déjà renversée pour rouler contre le mur. Malgré la violence de l’impact, Iris n’était pas inconsciente. Elle gisait face contre terre et pouvait entendre et voir ce qui se passait. Toutefois, en essayant de se relever, elle sentit que son corps refusait de lui obéir.


C’est alors que Daphné la croyant morte intervint et se libéra douloureusement de son carcan en sacrifiant une bonne poignée de cheveux. Elle se releva et menaça Ixion.


—   Monstre ! Tu l’as tuée ! Je te ferai payer !


Malheureusement, Ixion lui réserva le même sort qu’à la petite. Comme elle lui faisait face et que ses réflexes n’égalaient en rien ceux du soldat, il n’eut aucun mal à la frapper en plein visage. La tête de Daphné heurta le mur contigu. La jeune femme s’écroula, inconsciente.


Satisfait de son travail, Ixion se retourna alors vers Iris qui regardait son agresseur telle un bête fauve, blessée, prête à livrer ses dernières forces pour le terrasser. Il s’approcha tranquillement d’elle mais elle ne pouvait toujours pas bouger le petit doigt. La main du géant s’abattit sur son crâne et il souleva la petite qui se sentit glisser : il la traînait par les cheveux jusqu’à la chambre de Daphné.

—   Apparemment, tu as l’air plus coriace qu’elle ! Ça tombe bien : je vais régler mes comptes avec toi, marmonna-t-il en fermant la porte derrière lui.


Il jeta ensuite Iris comme un vulgaire sac de pommes de terre sur le lit puis lui déchira la robe. Son sourire ne présageait rien de bon. La petite se demandait ce qu’il allait lui faire maintenant qu’il l’avait dénudée. Elle le regarda déboutonner son pantalon duquel elle le vit sortir avec horreur son membre turgescent. Il s’allongea sans ménagement sur elle en lui envoyant encore au passage quelques coups de poings pour faire cesser ce regard effronté. Le crâne d’Iris résonnait tellement qu’il allait exploser. Elle ne cherchait même plus à se débattre maintenant qu’il l’écrasait sous son poids.


—   Si tu ne peux pas être ma fille, je vais au moins résoudre ton problème de nationalité.


C’est à ce moment qu’Iris sentit le pénis d’Ixion la pénétrer et lui brûler les entrailles. Une brûlure et une déchirure. Elle voulait crier et se débattre tellement elle souffrait mais était dégoûtée. Sa seule protestation furent ses larmes. Elle ne sut combien de temps dura son calvaire mais au bout de quelques instants, Ixion s’écroula sur elle, pantelant, des gouttes de sueur son front. Puis il se releva, affichant un sourire de satisfaction dû à son étreinte forcée. Il se rhabilla sans précipitation et lança sur un ton glacial :


—   Maintenant, tu es Grecque.


Il sortit de la chambre, ferma la porte et quitta la maison.





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