Depuis combien de temps ?
Tel est cette question qui me taraude l’âme depuis que ce sang s’est répandu sur mes cendres. Pourtant, la réponse est simple : je ne le sais pas moi-même. Années, siècles, ou encore générations, quel que soit le cas, le temps n’a pas eu de mesure pour moi. Je ressens seulement leur passage dans le silence qui m’entoure, dans les changements imperceptibles du monde et dans les variations de ma propre Origine, lorsqu’elle poursuit sa course sans jamais m’emporter avec elle, même lorsque je demeure immobile, même lorsque aucun Cosmos ne parcourt mes plaques. Même dans ces moment-là, une partie de moi demeure éveillée, à ressentir, à conserver, à attendre…
Et qui suis-je ? Rien de plus que l’Armure du Phénix qui vient d’atteindre le sommet de sa puissance. Une puissance que je découvre encore à travers lui, avec lui.
Car aujourd’hui, alors que la fin d’un cycle semble enfin poindre à l’horizon et que je renais une nouvelle fois de mes propres cendres, je ressens mon Porteur se relever, avec moi assemblée sur lui.
Son Cosmos circule en moi avec une intensité que je n’avais encore jamais connue depuis ma naissance. Je le sens pénétrer chacune de mes protections, embraser mes plaques et se propager jusque dans mes ailes, où chacune de mes plumes métallisées semble s’illuminer sous la chaleur de sa vie. Plus qu’une simple énergie qui me traverse, c’est un brasier qui rencontre le mien, une flamme qui s’unit à celle qui brûle en moi depuis mon Origine. Son Cosmos se mêle au mien, nourrit le feu qui brûle au plus profond de mon essence et attise une puissance que j’avais été partiellement capable de libérer, mais que j’avais refoulé.
Et pourtant, plus son Cosmos s’élève, plus mes propres flammes y répondent. Elles se déploient autour de mon corps métallisé et consument les dernières limites qui subsistent encore en moi. Pour la première fois, je comprends que cette renaissance ne consiste pas seulement à retrouver ce que j’étais autrefois. Qu’en fait, je suis en train de devenir quelque chose de nouveau.
Je ne suis plus seulement le Phénix qui renaît de ses cendres, je suis le feu, la représentation même de la vie qui renaît avec lui.
Pourtant, au cœur de cette puissance nouvelle, quelque chose d’autre commence à se manifester. Tandis que le Cosmos de mon Porteur embrase chacune de mes plaques, je ressens une présence qui dépasse la simple force qu’il me transmet.
Mais qu’est-ce donc… ?
Je reconnais sa volonté, cette détermination qui est en lui. Elle brûle en lui avec la même intensité que mon propre feu, mais derrière elle, je perçois également quelque chose de plus profond, quelque chose que je n’avais encore jamais ressenti de cette manière. On dirait comme une sorte de… pureté.
Oui, c’est ça. Une pureté aussi limpide que le cristal.
Cette présence fait vibrer une partie de moi que je croyais éteinte depuis longtemps, depuis l’Origine. Elle réveille des traces enfouies dans mon Cosmos, des sensations que le temps n’a jamais réussi à effacer complètement. Je les ressens comme des braises sous la cendre, qui se rallument les unes après les autres, faisant remonter à la surface des images que je pensais enfuie à jamais
Mes souvenirs…
Je me souviens d’eux, de leurs Cosmos naissant qui m’ont effleuré avant de disparaître, de leurs mains sur mes plaques avec l’espoir de devenir mon Porteur. Je me souviens aussi de ceux dont le feu intérieur avait été suffisamment puissant pour que je puisse les reconnaître, imprimant leurs essences en moi car aucune existence qui m’a véritablement touchée, n’a jamais totalement disparu de moi.
A l’opposé des hommes qui, eux, ont leurs propres façons de conserver le passé, moi j’ai la mienne.
Eux, ils ont commencé à graver des noms dans la pierre, à consigner des événements dans des récits, à transmettre des histoires à ceux qui viennent après eux et à finir, au fil des générations, par confondre ce qu’ils ont réellement connu avec ce qu’ils ont cru comprendre. Moi, je n’ai pas besoin de tout ça pour me souvenir. Tout ce qui a laissé une empreinte dans mon Origine demeure la, en moi.
C’est ce qui fait toute la différence !
Mon histoire n’est pas celle que ces Chevaliers connaissent en cet ère. Pendant des générations, ils ont raconté mon histoire en affirmant que j’avais attendu un seul être, celui qui serait suffisamment puissant et digne pour devenir le Porteur du Phénix. Refus, attente ou destinée exceptionnelle, tel est ce qu’ils ont répété dans le temps. Tel était ce qu’ils pensaient que je réservais à un enfant unique.
Avec le temps, les mots ont changé, puis leur sens s’est resserré autour d’une même certitude. Il n’était plus question d’un enfant qui viendrait un jour à moi, mais de l’Enfant Phénix, de l’unique Enfant Phénix. Cette version s’est transmise depuis si longtemps que nul n’a plus songé à se demander si elle correspondait réellement à la vérité, à ce que j’avais vécu depuis ma première naissance.
Mais moi, je me souviens !
Je me souviens qu’avant lui, d’autres enfants sont venus. Je me souviens des premiers, recouvert d’espoirs et de peurs, puis de ceux qui ont cherché à comprendre le feu qui sommeillait en moi. Et enfin, de ceux qui ont voulu me soumettre.
Aucun d’eux ne furent mes Porteurs. Pourquoi ? Car ils ne furent pas capables de faire naître en moi la renaissance que je connais actuellement. Pourtant, je les ai connus, ressentis. Et contrairement aux hommes, je n’ai jamais oublié leur passage.
Et pourtant, je réalise, seulement maintenant, pourquoi ces souvenirs reviennent maintenant jusqu’à moi avec une telle force.
Il lui ressemble…
Cette pensée me traverse avec une évidence que je ne peux l’ignorer. Dans cette flamme nouvelle qui brûle au plus profond de mon Origine, je reconnais quelque chose que j’avais déjà ressenti autrefois. Quelque chose que le temps avait recouvert sans jamais parvenir à l’effacer complètement.
À ce souvenir, je décide de ne plus garder le silence et d’ouvrir cette porte derrière laquelle demeure toute mon histoire. Histoire que l’on a bannie, dont on en a fait un récit qui n’est désormais plus qu’une vérité déformée par le temps, génération après génération.
Mais l’unique véracité est celle qui réside en moi, celle dont je suis la seule à avoir conservée intacte, celle dont chaque fragment demeure gravé dans mon Cosmos.
Je laisse alors mon Cosmos l’atteindre, non pour lui transmettre une simple sensation, mais pour établir entre nous un véritable lien. Je n’ai nul besoin de faire parvenir ma voix jusqu’à lui, car elle ne voyage pas dans l’espace qui nous sépare. Elle naît directement dans son esprit, portée par le feu qui circule désormais entre son Cosmos et mon Origine.
« Ikki… »
Je le sens écarquiller ses yeux d’un profond cobalt sous l’effet de la surprise, mais celle-ci ne dure qu’un instant avant que son regard ne retrouve cette sombre intensité qui lui était coutumière.
« Tu connais la légende du Phénix. Tu as grandi avec… Mais tu ne connais pas encore mon histoire, ma véritable histoire… »
À peine j’ai terminé ma phrase que je l’emmène avec moi, sans détours. Dans la seconde qui suivis, il sentit son environnement se dérober progressivement autour de lui, et sa réalité se muer en une autre réalité.
La chaleur diffuse qui naquit au plus profond de notre Lien, se répandit lentement en lui, enveloppant sa perception jusqu’à recouvrir le présent. Nulle illusion, nul rêve, je l’emmenais avec moi vers cette mémoire étrangère qui venait de s’ouvrir à lui.
Je lui fis découvrir une immensité obscure, silencieuse, presque dépourvue de toute forme. Je voulais qu’il ressente ce que j’avais ressenti lorsque ma conscience, d’abord inexistante, s’était éveillée pour la première fois au monde, avec cette seule et infime lueur qui brûlait au cœur des ténèbres, telle une étincelle qui semblait fragile en apparence, mais bel et bien déjà animée d’une chaleur qui ne demandait qu’à grandir.
Peu à peu, il quitta les ténèbres pour revenir à la lumière dont les contours commencèrent à prendre forme dans l’obscurité.
« C’est ainsi que je me souviens de mon commencement. »
Je lui montrai mes premières plaques, mes ailes, mes plumes métallisées et cette silhouette qui venait d’être réalisé par ce Muvien alors que ma première conscience s’éveillait au cœur du feu de la forge.
Je lui montrai ce qui en avait suivis, du silence, de l’apaisement qui me parcourait alors que, autre part, la guerre tombait.
Puis je lui montrai le premier d’entre eux : un enfant.
Il découvrit son approche prudente, son espoir, la chaleur de son Cosmos naissant lorsqu’il tendit sa main vers moi, quand son énergie entra en contact avec la mienne et où, durant un bref instant, nos deux flammes eurent fini par se rejoindre mais restèrent à distance malgré tout.
Puis je fis disparaître cette image pour lui montrer un autre enfant. Puis un autre encore. Et encore un autre…
Je ne cherche pas à lui montrer une succession de visages oubliés. Non. Je veux simplement qu’il ressente ce que moi seule ai conservé de leur passage : leurs Cosmos, leurs volontés, leurs espoirs et leurs faiblesses, tout ce qui avait permis à chacun d’entre eux de laisser une empreinte différente dans mon être.
Puis je lui montre ce qui est venu après, cette horreur qui est née après cette période d’attente. Je lui montre ceux qui se sont succédé devant moi, l’un après l’autre, et qui ne sont plus venus avec cette pureté que j’avais connue dans le premier. L’espoir a peu à peu laissé place à l’avidité, la volonté de servir s’est transformée en désir de posséder, et ceux qui se présentaient devant moi ne cherchaient plus à comprendre le feu qui brûlait en mon sein. Ils voulaient tous me soumettre, s’approprier ma puissance, la plier à leur volonté et faire de mon âme le prolongement de leurs propres ambitions.
Pourtant, mon feu, qui n’avait jamais appartenu à personne depuis ma naissance et qui avait toujours brûlé librement, à commencer à être considéré comme une force qu’il suffirait de maîtriser pour en devenir le maître.
Pourtant, aucun d’eux ne fut capable de devenir mon Porteur.
Jusqu’à lui ! Jusqu’à son arrivée ! Le dernier d’entre tous !
Aucune pureté ne résidait en lui. Son Cosmos n’était qu’obscurité et haine ! Il était celui qui ne cherchait pas à comprendre mon feu, ni à s’unir à lui. Tout ce qu’il voulait, s’était de me soumettre entièrement à sa volonté.
Je lui montre tout ce qui a été remplacé, écrasant tout ce qui avait autrefois permis à un être humain de résonner avec moi. Je lui dévoile la main tendue qu’il veut poser sur moi, ce regard de convoitise qui voile ses yeux.
Oui Ikki… voit ce que j’ai enduré avant de te connaitre…
Et c’est là que j’ai été brisée ! À l’instant où il m’a touchée !
Pour la première fois, mon feu ne s’est pas élevé vers les cieux. Lui qui était libre, ardent et indomptable, là, il ne s’était pas déployé comme il l’avait toujours fait en présence d’un enfant. Il s’était brisé, fissuré au plus profond de mon Origine, comme si la volonté de cet homme était parvenue à atteindre quelque chose que nul autre n’avait jamais réussi à atteindre avant lui.
Pour la première fois depuis mon éveil, j’ai ressenti quelque chose que je n’aurais jamais cru possible pour une Armure comme moi : la peur !
Lorsqu’il imprima plus de sa volonté sur mon âme, lorsqu’il chercha à pénétrer jusqu’à mes étoiles et à soumettre l’Origine qui brûlait en moi, je perdis toute contenance. Je ne pouvais plus raisonner, je ne le voulais pas. Je ne voulais plus voir qui se tenait devant moi. Je ne voulais plus qu’il soit question de choisir un Porteur, ni même de reconnaître un Cosmos digne du mien.
Il n’y avait plus que lui, plus que ce Porteur de la haine qui tentait de consumer tout ce que j’étais.
Et c’est là que je devins folle, que je me déchaînai entièrement, ne cherchant qu’une seule chose sur le moment : me protéger !
Tel l’esprit que je représentais, j’ai libéré toute la puissance qui sommeillait dans mes plaques et mon Origine. Stimulée de ma peur et de cette volonté qui venait de déchirer mon âme en un seul instant, mon feu jaillit avec une violence que je ne connaissais pas moi-même, se déployant autour de moi comme si le ciel tout entier venait de prendre feu. Je montrai à mon Porteur que celui qui s’était présenté devant moi ne fit pas long feu, englouti par cette puissance. Il disparut sous mes flammes en un instant, son corps consumé, ne laissant qu’un amas de cendres dispersées par la chaleur de mon propre feu.
Mais ce fut de trop. De trop pour le peuple qui m’avait aussi donné naissance.
Ma peur était tellement forte que je ne vis pas sa chute, ni les flammes qui s’étendaient bien au-delà de lui, avalant cette terre de naissance qui se déchirait de toute part, elle-même ne supportant pas ma propre puissance.
Ceux qui avaient donné leur existence à cette terre où j’étais née et où j’avais attendu durant tant de temps, disparurent dans le mouvement, leurs cendres s’éparpillant au-dessus de l’océan alors que je me retrouvai dorénavant seule, seule au milieu des ruines et des infimes parcelles fumante encore existante
Je lui montre aussi que, lorsque mon feu s’apaisa, mon âme se brisa de nouveau car il ne resta autour de moi qu’un monde réduit au silence. Et de vie, il n’y avait plus.
A cause de la cupidité d’un être dépourvue de toute pureté, tout ce qui avait entouré mon existence avait été ravagé par la même puissance que j’avais libérée pour me défendre.
Et moi… je décide simplement de me plonger dans un sommeil réparateur, mon Origine étant trop bouleversée pour répondre correctement à un quelconque stimuli.
Je lui montre ensuite le temps qui passa, ainsi que les nombreuses autres venues. Plusieurs ont tenté de m’avoir, mais à chaque tentative, je leur faisais vivre leur pire cauchemar par le bais de ma puissance. Je me protégeai de chacun d’eux, de ces hommes qui ne voyaient plus en moi qu’un pouvoir à conquérir, une force capable de satisfaire leur soif de puissance et leur cupidité. Je les repoussai tous, souvent avec violence, et parfois avec cette froideur qui était devenue nécessaire à ma survie. Je ne pouvais plus me permettre de faire confiance à ceux qui venaient jusqu’à moi, surtout quand je les voyais revêtir les prototypes sombres qui avaient servi à la réalisation de mes semblables.
Et puis, il y eut ton arrivée. Toi, l’enfant au cœur pur, mais au regard solitaire.
Dès que je te vis, quelque chose en moi se figea.
Car oui… face à toi, je me suis sentie démunie face à ton apparence qui ressemblais tellement à la sienne. À lui, le Porteur de la haine.
Ta chevelure sombre, tes traits marqués, ta carrure déjà forgée par les épreuves et surtout cette manière de te tenir devant moi, le regard levé avec cette assurance charismatique… Tout en toi réveillait l’empreinte de celui que je croyais ne plus jamais devoir revoir. Même ton visage semblait porter quelque chose de cette ressemblance qui, durant un instant, fit renaître en moi une peur que je pensais avoir définitivement ensevelie.
Et pourtant, quand j’ai plongé mon regard dans le tien, tes yeux cobalt étaient ceux d’un autre. Leur profondeur, leur éclat, cette intensité qui semblait vouloir défier tout ce qui se dressait devant toi, auraient facilement pu me rappeler son regard. Mais il y avait quelque chose de différent. Quelque chose que je ne parvenais pas à comprendre au premier instant.
Oui… dans tes yeux, je trouvai une étincelle que je n’avais plus vue depuis longtemps : la pureté.
Elle était là, fragile mais bien réelle, dissimulée derrière cette attitude provocatrice, derrière cette dureté que tu avais appris à porter comme une seconde peau. Je la ressentais jusque dans ton Cosmos, comme une petite flamme qui refusait de s’éteindre.
Et c’est là que je compris pourquoi ta ressemblance avec lui ne provoquait pas en moi le même rejet. Car si tes traits me le rappelaient, ton regard, lui, me disait tout le contraire.
Là où ses yeux écarlates ne m’avaient montré que la convoitise, la domination et cette volonté de posséder ce qui ne lui appartenait pas, les tiens, malgré leur dureté, conservaient cette étincelle de pureté que je croyais perdue à jamais.
Oui, je te le dis, ton âme, elle, n’a rien avoir avec la sienne. Elle avait tout du premier qui s’était présenté à moi. Jusqu’à ce jour fatidique qui te brisa entièrement. Quand celle que tu aimais par-dessus-tout te fut arrachée, devenant le déclencheur de ta puissance, je sentis ton Cosmos s’embraser jusqu’à atteindre cette puissance qui me rappela celle du dernier d’entre eux. Douleur, colère, désespoir, tout alimentait les flammes qui brûlaient au plus profond de ton être. Mais moi seul savait que ce n’était qu’une façade, car je connaissais le fond de ton cœur.
Et c’est ce qui m’a décidé de t’accepter, de m’unir à toi !
Même lorsque cette puissance atteignit son paroxysme, même lorsque tes actes me rappeler ceux du Porteur de la haine, je savais que quelque chose demeurait intact au fond de toi : ta pureté.
Tu la cachais à tous, même face à ce frère cadet que tu aimes par-dessus tout. Tu la dissimulais derrière ta solitude, tes silences, tes provocations, mais principalement derrière cette violence que tu laissais parfois parler à ta place. Mais moi, je la ressentais, toujours. Je la ressentais dans ton Cosmos, dans cette flamme qui, malgré toutes les blessures, n’avait jamais cessé de brûler autrement que par la haine.
Et maintenant, te voilà ici, avec moi sur ton corps, avec mon feu et le tien ne formant plus qu’un seul brasier, avec cette puissance que mon Origine n’avait jamais connue auparavant, tandis qu’à nos côtés demeure l’espoir ailé avec qui tu as décidé de continué d’avancer. Oui, à cet instant, malgré tout ce que je t’ai montré, tu marches vers la mort avec ce sourire aux lèvres, comme si tu avais enfin accepté de lui faire face.
Alors, oui, je ne pouvais pas faire autrement. Je me devais de te montrer mon passé, ma vie, mes souvenirs. Je me devais de te montrer ce que j’avais été, ce que j’avais vécu et ce que j’étais devenue après avoir traversé tant de siècles.
Mais surtout, je me devais de te montrer ce que je suis redevenue grâce à toi.
Grâce à toi, j’ai retrouvé mon identité. Grâce à toi, j’ai retrouvé cette part de moi que la peur, la douleur et les siècles de solitude avaient enfouie sous les cendres de mon propre passé. Grâce à toi, j’ai enfin pu te dévoiler une vérité que personne ne connaît, une vérité que les générations ont déformée jusqu’à transformer mon histoire en une légende qui ne ressemble plus à ce que j’ai réellement vécu. Une vérité que même le Sanctuaire n’a jamais répertoriée, parce que ceux qui l’ont écrite n’étaient pas là lorsque tout cela s’est produit.
Et si nous venons à survivre à cette dernière bataille, j’espère que tu pourras rétablir cette vérité qui nous concerne car, désormais, je comprends pourquoi les hommes ont fini par parler de toi comme de l’unique Enfant Phénix.
Tu es celui dont le Cosmos a su réveiller le mien sans chercher à le posséder. Celui dont le feu a su me rejoindre sans jamais tenter de l’asservir. Celui qui, malgré la haine, la douleur et toutes les blessures qui auraient pu consumer ton âme, a conservé au fond de lui cette étincelle que j’avais reconnue autrefois.
Oui Ikki… tu es celui que l’on nomme l’Enfant Phénix… l’enfant pure au cœur de braise… et, surtout, celui qui rétablira la vérité cachée sous mes cendres…